samedi 31 juillet 2010
Les armées russes font peau neuve
vendredi 30 juillet 2010
Wikileaks : conserver les informations cachées ?

La nécessité de conserver l'information peut paraître paradoxale. Il faut tout de même se souvenir qu’historiquement l'information a plus souvent été cachée que mise à disposition de tous. Le secret était la norme en ce qui concerne les données sensibles des États. Le développement des NTIC et l'apparition d'acteurs non étatiques dans les relations internationales remet souvent en cause cette situation. Dans ces conditions, pourquoi garder un secret qui sera rendu public dans peu de temps ?
Cette question peut amener des réponses hétéroclites au niveau de la stratégie de chaque État. Pour les opérations de stabilisation, dont les objectifs stratégiques sont clairement fixés par un mandat, l'exigence de transparence semble plus importante que le principe de secret systématique, pour être efficace : dire ce qu'on va faire et faire ce qu'on a dit.
Cependant, certaines informations ne peuvent être diffusées pour des raisons de sécurité ou de légalité. C'est le cas du nom de certaines victimes ou l'image de personnes capturées. Il est donc possible d'appliquer le principe suivant : toute information, qui n'atteint ni la sécurité, ni le droit, peut être diffusée.
mardi 27 juillet 2010
Les passagers clandestins et la défense européenne
samedi 24 juillet 2010
Lire Enjeux diplomatiques et stratégiques 2010
- Les défis diplomatiques
- Les dynamiques géopolitiques
- La nouvelle donne stratégique
- Les enjeux politiques du développement
dimanche 18 juillet 2010
Ralentissement opérationnel
samedi 17 juillet 2010
Expérimentation de lasers "offensifs" en Afghanistan : green light

Le recherche opérationnelle : un cahier du CDEF
vendredi 16 juillet 2010
L'artillerie laser ou un futur de l'artillerie
Le thème de juillet est l’artillerie ou plutôt les artilleries. Je souhaitais brièvement évoquer quelques considérations sur l’artillerie laser qui relève autant de la guerre électronique que de l'artillerie. Non, elle n'existe pas encore, mais c'est peut-être pour bientôt. Dans ce cas, il s'agit non plus de projeter des objets matériels mais une puissance électromagnétique.
Déjà, lors de l’attaque de Syracuse par la flotte romaine (215 av J-C), la légende prête à Archimède d’avoir utilisé des miroirs géants pour concentrer les rayons du soleil dans les voiles romaines et ainsi, les enflammer. Les Soviétiques avaient développé un programme de lasers tactiques dans les années 1980 qui était considéré comme performant à l’époque. Selon les Etats-Unis, ils auraient testé des lasers en Afghanistan, durant leur déploiement. Actuellement, les technologies sur les lasers, utilisés comme artillerie, ne sont toujours pas au point mais avancent très vite.
Le 26 janvier 2009, un laser ATL (Advanced tactical laser) de la société Boeing, monté sur un Avenger, avait réussi à descendre un drone en vol, dans un contexte se rapprochant du contexte opérationnel. Le 30 août dernier, aux alentours de la base de Kirtland (Nouveau Mexique), Boeing et l’US Air Force ont réussi à acquérir puis à détruire un véhicule au sol, à partir d’un C-130H équipé d’ATL. Ce test était plus difficile à réaliser que celui du 26 janvier, en raison des conditions de vol par rapport à un radar au sol. Le 11 février 2010, dans le cadre de la défense anti-missile balistique, les Etats-Unis ont prouvé qu’ils étaient capables de détruire un missile balistique dans un test opérationnel, au-dessus du Pacifique.
D’autres exemples d’expérimentations existent comme celui du Mobile Tactical High Energy Laser (MTHEL) de Northrop Grumman Corporation, lancé durant les années 1990 par les Etats-Unis et Israël. Au début des années 2000, ce laser a permis de détruire des roquettes et des obus en vol. Ces travaux permettront de créer un véritable bouclier laser.
En 2009, selon M. Greg Hyslop, vice-président de la firme et manager général de Boeing missile defense systems, les armes à énergie dirigée vont transformer l’espace de bataille et sauver des vies en donnant aux combattants une capacité d’engagement hyperprécise à la vitesse de la lumière, tout en réduisant les dommages collatéraux.
Quels seront les avantages des lasers ? :
Diminuer les flux logistiques dont l’artillerie consomme une très bonne partie
Avoir une portée accrue (à vue seulement) par rapport aux projectiles
Quasi instantanéité des attaques (absence de problématique du vol du projectile)
Possibilité, à terme, de traiter des projectiles de petites tailles durant leur progression balistique
Un potentiel évident de destruction anti-personnel (sujet encore tabou)
Etc.
En définitive, le développement des lasers constitue une avancée majeure dans l’histoire de l’armement. Il préfigure, à long terme, une “révolution” dans l’art de la guerre. Les lasers sont précis et peuvent délivrer leur puissance de manière presque instantanée à très grande distance. Lorsque les techniques nécessaires (source d’énergie compacte, stabilisation, poursuite, détection, etc.) seront pleinement opérationnelles, pour un coût acceptable, la destruction de mobiles sera plus facile qu’avec des projectiles qui ont un temps de vol et une précision moindre.
Le refus de la technologie ou le manque d’investissement dans le domaine des lasers de combat de forte puissance, pourraient devenir rapidement dangereux pour ceux qui ne possèderaient pas de telles armes. Il est facile d’écrire que ces armes ne sont pas opérationnelles. C’est vrai. Mais lorsqu’elles le seront, les pays qui maîtriseront les premiers les lasers, comme d’autres types d’armes électromagnétiques, auront un avantage indéniable sur les autres, au XXI° siècle.
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jeudi 15 juillet 2010
2 ans déjà

mercredi 14 juillet 2010
La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle
On connaît rarement l'année - 1880 - qui marque pour la France la consécration du 14 Juillet comme fête nationale. Voici les textes fondateurs : comme le dit Henri Martin, rapporteur au Sénat de la loi du 6 juillet faisant du 14 juillet une "journée Fête Nationale annuelle", "ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France [...] mais la révolution a donné à la France conscience d’elle-même".
En 1878, le ministère Dufaure avait fixé au 30 juin une fête parisienne en l’honneur de la République. Elle est immortalisée par un tableau de Claude Monet. Le 14 juillet 1879 prend un caractère semi-officiel. Après une revue des troupes à Longchamp (le 13 juillet), une réception est organisée le 14 à la Chambre des députés à l’initiative de Gambetta qui la préside, une fête républicaine a lieu au pré Catelan en présence de Louis Blanc et de Victor Hugo. Dans toute la France, note Le Figaro : "on a beaucoup banqueté en l’honneur de la Bastille" (16 juillet 1879).
Le 21 mai 1880, Benjamin Raspail dépose une proposition de loi signée par 64 députés, selon laquelle " la République adopte comme jour de fête nationale annuelle le 14 juillet ". L’Assemblée vote le texte dans ses séances des 21 mai et 8 juin ; le Sénat l’approuve dans ses séances des 27 et 29 juin 1880 à la majorité de 173 contre 64, après qu’une proposition en faveur du 4 août eut été refusée.
La loi est promulguée le 6 juillet 1880. Le ministre de l’intérieur prescrit aux préfets de veiller à ce que cette journée " soit célébrée avec autant d’éclat que le comportent les ressources locales ".
La fête célébrée cette année-là fut à la mesure de l'événement.
Documents
Sénat, séance du 29 juin 1880
Discussion du projet de loi ayant pour objet l'établissement d'une fête nationale
M. Le président. La parole est à M. le rapporteur.
M. Henri Martin, rapporteur. Messieurs, nous ne pouvons que remercier l'honorable orateur, auquel je réponds, de l'entière franchise, de l'entière loyauté avec laquelle il a posé la question comme elle doit être posée, entre l'ancienne société et la société nouvelle, issue de la Révolution.
Cette ancienne société, cette monarchie, messieurs, nous vous l'avons dit bien des fois, nous en acceptons tout ce qui a été grand, tout ce qui a été national, tout ce qui a contribué à faire la France.
Mais où en était-elle, à la veille du 14 juillet 1789 ?
Vous le savez : la royauté, arrivée au pouvoir le plus illimité qu'on ait vu en Europe, était devenue incapable d'en user ; elle-même se vit contrainte d'en appeler à la nation, après un siècle et trois quarts d'interruption des Assemblées nationales de l'ancien régime. (C'est vrai ! - Très-bien ! à gauche.)
Je n'ai pas la prétention de vous refaire l'histoire de cette grande année 1789 ; mais enfin, puisqu'on vient de faire ici le procès du 14 juillet, puisqu'on a symbolisé, dans ce petit acte de guerre qu'on appelle la prise de la Bastille (Rires ironiques à droite) et qui est un très-grand événement historique, tout l'ensemble de la Révolution, il faut bien que nous nous rendions compte, en quelques mots, de la situation où étaient alors Paris et la France.
Le 17 juin 1789, le Tiers Etat s'était déclaré Assemblée nationale. Le 20 juin, la salle de l'Assemblée nationale fut fermée par ordre de la cour. Vous savez où se transporta l'Assemblée, à la salle du Jeu de Paume ! Vous savez aussi quel serment elle y prononça ! L'ère moderne tout entière est sortie de ce serment.
Le 23, déclaration du roi annulant tous les actes de l'Assemblée nationale et la sommant de se séparer.
L'Assemblée ne se sépara pas. La cour parut céder. Mais, le 11 juillet, le ministre populaire, qui était l'intermédiaire entre la cour et le pays, M. Necker, fut congédié, remplacé par un ministère de coup d'Etat ; en même temps, on appela, on concentra autour de Paris une armée entière, une armée, ne l'oubliez pas, messieurs, en très-grande partie étrangère.
A gauche. C'est vrai ! Très-bien !
M. le rapporteur. Et le même jour, le nouveau conseil décida l'émission de cent millions de papier-monnaie, attendu qu'il ne pouvait plus espérer obtenir des ressources de l'Assemblée nationale. C'était la préface de la banqueroute, comme la préface d'un coup d'Etat.
Le malheureux Louis XVI était retombé dans les mains de ceux qui devaient le mener à sa perte. Eh bien, le même jour, dans Paris, vous vous rappelez ce qui se passa au Palais-Royal, cet épisode fameux d'où sortit le grand mouvement des trois journées qui suivirent. Cette petite action de guerre à laquelle je faisais allusion tout à l'heure, en manifestant la force populaire, mit à néant tout les projets arrêtés contre l'Assemblée nationale ; cette petite action de guerre sauva l'avenir de la France. Elle assura l'existence et la puissance féconde de l'Assemblée nationale contre toutes les tentatives de violence qui la menaçaient (Nouvelle approbation sur les mêmes bancs).
On parlait de conflit du peuple et de l’armée, dont il ne fallait pas réveiller le souvenir ; mais contre qui le peuple, soutenu par les gardes françaises, avait-il été engagé, dans les rues, sur les places de Paris, durant les deux journées qui ont précédé le 14 juillet ? Qu’est-ce qu’il y avait autour de Paris et surtout dans Paris ? De l’infanterie suisse, de la cavalerie allemande, de la cavalerie hongroise, dix régiments étrangers, peu de troupes françaises, et c’est contre ces régiments étrangers que les gardes-françaises avaient défendu le peuple et l’Assemblée.
Laissons donc ces souvenirs qui ne sont pas ceux d’une vraie guerre civile.
Il y a eu ensuite, au 14 juillet, il y a eu du sang versé, quelques actes déplorables ; mais, hélas ! dans tous les grands événements de l’histoire, les progrès ont été jusqu’ici achetés par bien des douleurs, par bien du sang. Espérons qu’il n’en sera plus ainsi dans l’avenir. (Très bien ! à gauche. - Interruptions à droite.)
A droite. Oui, espérons !
M. Hervé de Saisy. Nous n’en sommes pas bien sûrs !
M. le rapporteur. Nous avons le droit de l’espérer. Mais n’oubliez pas que, derrière ce 14 juillet, où la victoire de l’ère nouvelle sur l’ancien régime fut achetée par une lutte armée, n’oubliez pas qu’après la journée du 14 juillet 1789 il y a eu la journée du 14 juillet 1790. (Très-bien ! à gauche.)
Cette journée-là, vous ne lui reprocherez pas d’avoir versé une goutte de sang, d’avoir jeté la division à un degré quelconque dans le pays, Elle a été la consécration de l’unité de la France. Oui, elle a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé.
L’ancienne royauté avait fait pour ainsi dire le corps de la France, et nous ne l’avons pas oublié ; la Révolution, ce jour-là, le 14 juillet 1790, a fait, je ne veux pas dire l’âme de la France, - personne que Dieu n’a fait l’âme de la France, - mais la Révolution a donné à la France conscience d’elle-même(Très-bien ! sur les mêmes bancs) ; elle a révélé à elle-même l’âme de la France. Rappelez-vous donc que ce jour-là, le plus beau et le plus pur de notre histoire, que d’un bout à l’autre du pays, les Pyrénées aux Alpes et au Rhin, tous les Français se donnèrent la main. Rappelez-vous que, de toutes les parties du territoire national, arrivèrent à Paris des députations des gardes nationales et de l’armée qui venaient sanctionner l’œuvre de 89. Rappelez-vous ce qu’elles trouvaient dans ce Paris : tout un peuple, sans distinction d’âge ni de sexe, de rang ni de fortune, s’était associé de cœur, avait participé de ses mains aux prodigieux préparatifs de la fête de la Fédération ; Paris avait travaillé à ériger autour du Champ-de-Mars cet amphithéâtre vraiment sacré qui a été rasé par le second empire. Nous ne pouvons plus aujourd’hui convier Paris et les départements sur ces talus du Champ-de-Mars où tant de milliers d’hommes se pressaient pour assister aux solennités nationales.
M. Lambert de Sainte-Croix. Il faut faire dire une messe !
M. le rapporteur. Nous trouverons moyen de remplacer le Champ-de-Mars. Un peuple trouve toujours moyen d’exprimer ce qu’il a dans le cœur et dans la pensée ! Oui, cette journée a été la plus belle de notre histoire. C’est alors qu’a été consacrée cette unité nationale qui ne consiste pas dans les rapports matériels des hommes, qui est bien loin d’être uniquement une question de territoire, de langue et d’habitudes, comme on l’a trop souvent prétendu. Cette question de nationalité, qui a soulevé tant de débats, elle est plus simple qu’on ne l’a faite. Elle se résume dans la libre volonté humaine, dans le droit des peuples à disposer de leur propre sort, quelles que soient leur origine, leur langue ou leurs moeurs. Si des hommes associés de sentiments et d'idées veulent être frères, ils sont frères. Contre cette volonté, la violence ne peut rien, la fatalité ne peut rien, la volonté humaine y peut tout. Ce qu’une force fatale a fait, la libre volonté le défait. Je crois être plus religieux que personne en proclamant cette puissance et ce droit de la volonté humaine contre la prétendue force des choses qui n’est que la faiblesse des hommes. (Très-bien ! très-bien à gauche.)
Si quelques-uns d’entre vous ont des scrupules contre le premier 14 juillet, ils n’en ont certainement pas quant au second. Quelles que soient les divergences qui nous séparent, si profondes qu’elles puissent être, il y a quelque chose qui plane au-dessus d’elles, c’est la grande image de l’unité nationale, que nous voulons tous, pour laquelle nous nous lèverions tous, prêts à mourir, si c’était nécessaire. (Approbation à gauche.)
M. le vicomte de Lorgeril. Et l’expulsion de demain ? (Exclamations à gauche.)
M. le rapporteur. Oui, je ne doute pas que ce soit là un sentiment unanime, et j’espère que vous voterez unanimement cette grande date qu’aucune autre ne saurait remplacer ; cette date qui a été la consécration de la nationalité française et qui restera éternellement gravée dans le cœur des Français.
Sans doute, au lendemain de cette belle journée, les nuages s’assemblèrent de nouveau, la foudre en sortit : la France, en repoussant d’une main l’étranger, se déchira de l’autre main, mais, à travers toutes les calamités que nous avons subies, à travers tous ces courants d’action et de réaction qui ont si longtemps désolé la France, cette grande image et cette grande idée de la Fédération n’ont pas cessé de planer sur nos têtes comme un souvenir impérissable, comme une indomptable espérance.
Messieurs, vous consacrerez ce souvenir, et vous ferez de cette espérance une réalité. Vous répondrez, soyez-en assurés, au sentiment public, en faisant définitivement du 14 juillet, de cette date sans égale qu’a désignée l’histoire, la fête nationale de la France. (Applaudissements à gauche.)
fait au nom de la commission chargée d’examiner le projet de loi, adopté par la Chambre des députés, ayant pour objet l’établissement d’un jour de fête nationale annuelle, par M. Henri Martin, sénateur.
Messieurs, le Sénat a été saisi d’une proposition de loi votée, le 10 juin dernier, par la Chambre des députés, d’après laquelle la République adopterait la date du 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.
La commission, qui m’a fait l’honneur de me nommer son rapporteur, a délibéré sur le projet de loi dont vous avez bien voulu lui confier l’examen.
Deux de nos collègues ont combattu, non la pensée d’une fête nationale, mais la date choisie pour cette fête. Ils ont proposé deux autres dates, prises dans l’histoire de la Révolution, et qui, toutes deux, avaient, suivant eux, l’avantage de ne rappeler ni luttes intestines, ni sang versé. L’un préférait le 5 mai, anniversaire de l’ouverture des Etats généraux en 1789 ; l’autre recommandait le 4 août, dont la nuit fameuse est restée dans toutes les mémoires.
La majorité, composée des sept autres membres de la commission, s’est prononcée en faveur de la date votée par la Chambre des députés. Le 5 mai, date peu connue aujourd’hui du grand nombre, n’indique que la préface de l’ère nouvelle : les Etats généraux n’étaient pas encore l’Assemblée nationale ; ils n’étaient que la transition de l’ancienne France à la France de la Révolution.
La nuit du 4 août, bien plus caractéristique et plus populaire, si grand qu’ait été le spectacle qu’elle a donné au monde, n’a marqué cependant qu’une des phases de la Révolution, la fondation de l’égalité civile.
Le 14 juillet, c’est la Révolution tout entière. C’est bien plus que le 4 août, qui est l’abolition des privilèges féodaux ; c’est bien plus que le 21 septembre, qui est l’abolition du privilège royal, de la monarchie héréditaire. C’est la victoire décisive de l’ère nouvelle sur l’ancien régime. Les premières conquêtes qu’avait values à nos pères le serment du Jeu de Paume étaient menacées ; un effort suprême se préparait pour étouffer la Révolution dans son berceau ; une armée en grande partie étrangère, se concentrait autour de Paris. Paris se leva, et, en prenant la vieille citadelle du despotisme, il sauva l’Assemblée nationale et l’avenir.
Il y eut du sang versé le 14 juillet : les grandes transformations des sociétés humaines, - et celle-ci a été la plus grande de toutes, - ont toujours jusqu’ici coûté bien des douleurs et bien du sang. Nous espérons fermement que, dans notre chère patrie, au progrès par les Révolutions, succède, enfin ! le progrès par les réformes pacifiques.
Mais, à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire.
Elles ont passé trop vite, ces heures où tous les coeurs français ont battu d’un seul élan ; mais les terribles années qui ont suivi n’ont pu effacer cet immortel souvenir, cette prophétie d’un avenir qu’il appartient à nous et à nos fils de réaliser.
Votre commission, pénétrée de la nécessité de donner à la République une fête nationale ;
Persuadée par l’admirable exemple qu’a offert le peuple de Paris le 30 juin 1878, que notre époque est capable d’imprimer à une telle fête un caractère digne de son but ;
Convaincue qu’il n’est aucune date qui réponde comme celle du 14 juillet à la pensée d’une semblable institution,
Votre commission, messieurs, a l’honneur de vous proposer d’adopter le projet de loi voté par la Chambre des députés.
L’un de nos collègues avait pensé qu’il serait utile d’ajouter la qualification de légale à celle de nationale que la Chambre des députés a appliquée à la fête du 14 juillet, et ce afin de préciser les conséquences juridiques qui découleront de l’adoption de la présente loi.
Comme une fête consacrée par une loi est nécessairement une fête légale, votre commission a pensé que cette addition n’avait point d’utilité, et qu’il n’y avait pas lieu de modifier la rédaction du projet de loi qui vous est présenté ainsi qu’il suit.
Article unique. - La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle.
Programme de la fête nationale du 14 juillet 1880
Distribution de secours aux indigents. Grands concerts au jardin des Tuileries et au jardin du Luxembourg. Décorations de certaines places, notamment de la place de la Bastille et de la place Denfert où l’on verra le fameux Lion de Belfort qui figurait au Salon de cette année, monument élevé au colonel Denfert-Rochereau, de glorieuse mémoire - illuminations, feux d’artifices - ajoutons les fêtes locales, comprenant des décorations, des trophées, des arcs de triomphe et le tout organisé par les soins des municipalités de chaque arrondissement avec le concours des habitants.
Deux cérémonies importantes doivent dominer toute la fête : la distribution des nouveaux drapeaux à l’armée et l’inauguration, sur l’ancienne place du Château d’eau, du monument surmonté de la figure de la République, monument qui a fait l’objet d’un concours ouvert l’année dernière par la Ville de Paris.
mardi 13 juillet 2010
Découvrir chroniques méso-asiennes
Blogger
lundi 12 juillet 2010
Nouveau site Internet du ministère de la Défense
dimanche 11 juillet 2010
Pays-Bas Espagne : un derby ?

samedi 10 juillet 2010
Bilan social des armées 2009

- Chapitre 1 – Le personnel de la Défense
- Chapitre 2 – Les mouvements de personnel
- Chapitre 3 – Les dépenses liées au personnel
- Chapitre 4 – La formation
- Chapitre 5 – La reconversion
- Chapitre 6 – Les conditions de travail
- Chapitre 7 – Les relations professionnelles
- Chapitre 8 – La politique sociale
- Chapitre 9 – La réserve
vendredi 9 juillet 2010
La tactique du filet de pêche par Mao ou les principes de la guerre de partisans
- Disperser les forces pour soulever les masses, concentrer les forces pour faire face à l'ennemi
- L'ennemi avance, nous reculons ; l'ennemi s'immobilise, nous le harcelons ; l'ennemi s'épuise, nous le frappons ; l'ennemi recule, nous le pourchassons.
- Pour créer des bases révolutionnaires stables, recourir à la tactique de la progression par vagues. Au cas où l'on est talonné par un ennemi puissant, adopter la tactique qui consiste à tourner en rond.
- Dans le minimum de temps, avec les meilleures méthodes, soulever les masses les plus larges.

mardi 6 juillet 2010
Optronique et défense dans blogosphère de défense et de sécurité

lundi 5 juillet 2010
Vostok 2010 ou le retour militaire de la Russie ?




dimanche 4 juillet 2010
Artilleries, le thème de juillet d'AGS

samedi 3 juillet 2010
Cardinal Sfeir : le Hezbollah poursuit des objectifs qui lui sont propres et dispose de son armée

Quelques extraits :Nous sommes sûrs des liens historiques qui lient la France et le Liban. La France a été la puissance mandataire et à cette occasion se sont tissées des relations d’amitié qui remontent loin et nous entendons qu’elles restent ce qu’elles ont été. Les très nombreux jeunes Libanais qui étudient dans les universités françaises sont le gage de la pérennité de cette amitié. La France a toujours été au côté des Libanais, surtout dans les difficultés, et les difficultés actuellement ne manquent pas avec des pays bien connus de tous qu’il n’est pas besoin de nommer. J’espère que ces relations d’amitié continueront à produire des effets bénéfiques pour les deux pays.*Le Hezbollah poursuit des objectifs qui lui sont propres et dispose de son armée. Pourtant, dans aucun pays, on accepte que coexistent deux armées ! Cela crée évidemment des difficultés, d’autant que ce mouvement reçoit un soutien et des armes de pays voisins.*Le Hezbollah a des ambitions, il est soutenu par certains pays qui l’arment. Il défend ses positions, qui s’éloignent des positions officielles. Il ne faut pas s’en étonner : on ne peut avoir deux armées dans un même pays. Quant à Israël, pour tous les pays arabes, c’est l’ennemi, même si certains entretiennent des relations secrètes avec lui. On ne peut ignorer les ambitions d’Israël sur le Liban, qui a résisté à l’invasion.
vendredi 2 juillet 2010
L'interarmes et l'interarmées, une vision du 17ème siècle









