Pages

jeudi 29 avril 2010

Le parlement européen et la PSDC

Une résolution du Parlement européen du 10 mars sur la mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité et la politique de sécurité et de défense commune indique les grandes lignes de la stratégie européenne. C'est à lire pour avoir une vue d'ensemble sur l'engagement européen en matière de sécurité.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

mardi 27 avril 2010

Carnets d'Ivoire : entre opérations et réflexions

J’avais en décembre 2009 salué la sortie de Carnets de d’Ivoire de François-Régis Jaminet. Ayant un peu plus de temps, j’ai décidé de le commenter. De manière générale, j’aime les carnets de guerre, de campagne ou d’opérations, d’Orages d’acier à Journal de Kaboul. En effet, les descriptions générales se mêlent aux pensées profondes et aux réflexions sur les petits détails de la vie. Le carnet reflète à la fois une époque que l’on sent bien souvent révolue mais qui ne cesse de rappeler que le passé et le présent sont rarement séparés. J’évoque en quelques lignes ces carnets, tout en ne révélant pas l’ensemble du livre qui mérite d’être lu, pour les faits et les analyses, et relu, pour les réflexions.

L’ouvrage débute par une préface du général Bentégeat, chef d’état-major des armées françaises à l’époque du récit. Il souligne l’importance de ce livre-témoignage pour la formation des officiers et la compréhension future de la crise ivoirienne. Le premier chapitre retrace quelques réflexions sur le début de carrière de l’auteur, depuis son passage à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr. C’est le passage de la Guerre froide à la Guerre au sein des populations qui est décrit. C’est un peu emblématique d’une jeune génération d’officiers supérieurs entrés dans l’armée au début des années 1990. Ensuite l’auteur entre dans le vif du sujet, du début de la crise ivoirienne au déploiement de son unité, en 2004. « L’amour » de la Côte d’ivoire, et plus largement de l’Afrique, suinte au long du texte. Les relations complexes avec la population, les bruits, les paysages, etc. ponctuent le récit. Les erreurs commises sont analysées. Les enseignements positifs aussi. Le recul du temps (parution 5 ans après) n’éclipse en rien le recul difficile de l’instant. Recul de l’instant qui a permis d’éviter de nombreux drames, j’en suis convaincu.

Trois évènements majeurs sont décrits avec précision et clarté. Une rare clarté sur ces actions que l’on ne retrouve pas toujours dans d’autres écrits d’opérations. Ces trois évènements ont lieu du 6 et 10 novembre 2004. Le premier est le bombardement perfide des forces françaises stationnées à Bouaké : 9 morts et 39 blessés. Le second est l’engagement, non voulu, des blindés du RICM dans la rue de la présidence ivoirienne. Une erreur de navigation arrive dans tous les contextes. Ce qui aurait pu être pris comme une pression militaire sur l’appareil politique ivoirien se règle par une intelligence de situation des deux parties. Le dernier évènement se déroule à l’hôtel Ivoire. Une situation d’exception, sans aucun doute. Un hôtel, quatre zones, des appels aux exactions contre les étrangers : civils ivoiriens massés à l’extérieur (Ndr l’arme de la foule), ressortissants civils de nombreux pays à l’intérieur, zone commerciale de l’hôtel (toujours en activité), les chambres (quelques dizaines de minutes de repos). Beaucoup ont parlé de l’hôtel Ivoire. Cette fois, vous avez l’occasion d’entrer, sans haine et avec respect de l’adversaire, dans le camp des soldats français.

Je n’entrerai pas plus dans les détails de cet ouvrage dont je conseille vivement la lecture. Il perdrait de son intérêt ; ce n’est pas le but de ce billet. Avec un peu plus de cents pages de lecture, vous gagnerez des heures de réflexions. Rien n’est simple en opérations. Avant de finir, j’évoque l’hommage soutenu que l’auteur rend, au fil des lignes, à ses marsouins, et plus largement aux soldats français engagés en opérations.

Voilà une belle démonstration.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

lundi 26 avril 2010

Le FM 5-0, une révolution intellectuelle de l'armée américaine ?

Le FM 5-0, The operation process est un document fondamental de l'armée de Terre américaine. La nouvelle version a été adoptée fin mars 2010. Cette mise à jour à été réalisée à partir de l'expérience de 8 années de guerre en Afghanistan et 6 en Irak. Tout ne change pas dans ce document. La planification, la production d'ordres, le processus d'évaluation, etc. sont toujours présents.
Ce qui est nouveau, c'est la prise en compte réelle de la complexité des opérations, de la nécessité de comprendre les situations et de se doter des outils d'analyse systémique et de présentation des résultats.
L'introduction de la notion de Design (modélisation serait le terme français le plus approchant) représente une révolution intellectuelle et la fin de la vision mécanique des opérations, au moins en apparence.
Design is a methodology for applying critical and creative thinking to understand, visualize,and describe complex, ill-structured problems and develop approaches to solve them. Critical thinking captures the reflective and continuous learning essential to design. Creative thinking involves thinking in new, innovative ways while capitalizing on imagination, insight, and novel ideas. Design is a way of organizing the activities of battle command within an organization. Design occurs throughout the operations process before and during detailed planning, through preparation, and during execution and assessment.
La pensée critique et la pensée créative sont au coeur de ce processus de Design dont le but est de comprendre la situation. L'intuition, la créativité et l'initiative prennent maintenant toute leur place dans un processus d'état-major qui avait eu tendance à les minimiser à leur plus simple expression.
Critical thinking is key to understanding situations, identifying problems, finding causes, arriving at justifiable conclusions, making quality plans, and assessing the progress of operations. Creative Thinking :Vision and imagination that leads to new insights, novel approaches, fresh perspectives, and new ways of understanding and conceiving ideas
Le terme mission narrative a également été introduit dans la doctrine. Le but est simple : détailler les effets souhaités pour une mission donnée pour s'assurer de la compréhension de la lettre et de l'esprit de celle-ci par tous les subordonnés.
La notion de centres de gravité, qui semble au coeur du processus de décision des méthodes de l'OTAN, semble citée pour mémoire. C'est une tendance qu'il faudra vérifier dans les prochains documents de doctrine sur la planification.
Sur le site du CAC, des documents d'information dont un ppt très clair peuvent être téléchargés.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

dimanche 25 avril 2010

Tartous et la flotte de la mer noire

La flotte russe restera encore en Crimée jusqu'en 2042. Une demi-surprise. Selon Novosti, la base navale de Tartus, en Syrie, serait prête à accueillir la flotte russe de la mer Noire. Un billet abordait le sujet en juillet dernier. La flotte de la mer Noire pourrait également mouiller dans ce port, selon la marine russe. Cela constituerait une poursuite de la politique maritime soviétique. La 5e escadre soviétique de la Méditerranée qui était stationnée à Tartous et faisait face à la VIème flotte américaine, a été dissoute en 1991. Les quelques navires russes qui seront déployés à Tartous constitueraient un changement géopolitique significatifs au Proche-Orient. Les relations entre Israël et ses voisins en seront modifiées. La Russie semble vraiment de retour en Méditerranée. A suivre...

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

vendredi 23 avril 2010

Armes nouvelles : dépasser le trop et le trop peu !

L'armement et peut-être l'art de la guerre changent sous nos yeux incrédules. Après un XXème siècle qui a porté l'association chars-avions-radio sur terre, le porte-avions et le sous-marins sur mer, et l'avion dans les airs (l'aérostat existait avant), le XXème siècle verra l'arrivée de nouvelles gammes d'armement pour faire la guerre dans les trois espaces du siècle précédent mais également dans l'espace exoatmosphérique et le cyberespace (incluant l'espace électromagnétique). EGEA nous propose récemment un billet sur les lasers, Nihil novi sub sole un billet sur le Prompt global strike, Zone militaire sur le lancement du X-37B. Le Darpa nous (plus exactement leur) prépare plein d'armes nouvelles.
Pas de stress, tout de même. Pas de modifications fondamentales en vue pour la prochaine décennie voire plus !
Néanmoins, à force de regarder l'armement évoluer en se disant qu'il n'est pas au point, il arrive d'être dépourvu lorsqu'il devient opérationnel. Deux choses menacent le développement de l'armement : le trop et le trop peu (pour paraphraser P. Valéry). Le trop, c'est la confiance aveugle dans la technologie pour gagner les conflits, comme si l'outil faisait le savoir-faire de l'ouvrier. Cette dérive est celle de la RMA, sous nombre d'aspects. La technologie n'a ni fait fléchir les Iraquiens ni les insurgés afghans.
Le trop peu, ce sont les doutes récurrents sur la nécessite de développer des technologies militaires fondés sur des arguments plus ou moins scientifiques. Je rappellerai que le 15 juillet, veille de l'essai de Trinity, la bombe atomique restait une hypothèse (très probable) de laboratoire auquel la masse des physiciens de cette époque n'auraient pas compris grand chose. Les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki ont été effectué avec des prototypes... De même, la mission Apollo XI, équipée de prototypes, n'aurait aucune chance de partir dans le contexte actuel de sécurité des vols spatiaux.
Les quelques années qui viennent nous offrent l'opportunité de réfléchir aux changements que ces armes nouvelles vont occasionner sur l'art de la guerre. Au delà du simple bon technologique, il faut adapter les doctrines, les stratégies, les tactiques, etc. A quelques jours de l'anniversaire de la défaite française de 1940, il me semble qu'il faut prendre en compte les ruptures technologiques en cours, sans excès (trop et trop peu). Sinon, la prochaine rupture stratégique pourrait être une surprise stratégique bien peu surprenante.
A lire sur Mon blog défense, des citations sur la surprise stratégique.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

jeudi 22 avril 2010

Pasdaran vs PJAK ?

Le 20 avril, trois pasdaran, corps d'élite iranien ont été tués lors d'un accrochage avec des "rebelles contre-révolutionnaires" d'appartenance présumée au PJAK, près de la ville de Khoy (nord-ouest). Les affrontements sont réguliers dans cette région. Le 18 janvier dernier, M. Vali Haji-Gholizadeh, procureur de Khoy, aurait été assassiné par des séparatistes kurdes.
L'Iran doit faire face au séparatisme kurde, à son nord-ouest, et au terrorisme de Jund allah, à l'est. Il ne semble pas capable de juguler cette menace "intérieure" à moyen termes, malgré sa puissance militaire significative. Cela pose la question de "l'utilité de la force" (pour paraphraser Sir Ruppert Smith), y compris pour des nations non occidentales.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

mercredi 21 avril 2010

L'exposition universelle de Shanghaï sous haute sécurité

L'exposition universelle de Shanghaï débute dans 9 jours. Cela représente un grand rendez-vous pour la Chine et plus largement pour le reste de l'humanité (les quatre autres cinquièmes).
La Chine soigne la sécurité de cet évènement. La police et la milice sont sur les dents. 6 000 personnes auraient été arrêtées pour sécuriser la ville et le métro. Pour sécuriser l'environnement de 70 millions de visiteurs, 47 000 policiers de Shanghai (dont 1 000 réservistes) ont été renforcés par 8 000 policiers d'autres régions. Les gardes-côtes conduiront des missions de surveillance en permanence à la mer et l'appel au "civisme" des citoyens a été effectué pour la sécurité générale.
Faisons confiance à la Chine pour mettre en place un système draconien face à des menaces bien réelles de manifestations ou d'attentats terroristes. Après le 60ème anniversaire de l'APL, l'empire du milieu va encore une fois nous montrer qu'il est de retour et qu'il faut compter avec lui.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

mardi 20 avril 2010

Yemen : nord instable mais en paix !

Echos du Moyen-Orient nous apprend que le conflit armé entre les Houthis et le gouvernement du Yémen et ses alliés saoudiens aurait pris une forme inattendue : une cyberattaque. Après la force brutale, la force numérique. La guerre se poursuit après la guerre dans le cyberespace.
Malgré des non-respects dans le cessez-le-feu du 12 février 2010, comme le mitraillage d'un Antonov le 15 avril, la paix semble certes précaire mais effective.
Par ailleurs, Amnesty international a fourni récemment des photos des destructions réalisées durant les derniers combats. De grosses destructions qui semblent avoir peu entamé les rebelles mais avoir déplacé des dizaines de milliers de personnes.
L'ONU demande de l'argent pour s'occuper des réfugiés qui sont les grands perdants de ce conflit. En définitive, la paix est fragile mais cela reste la paix.
Communiqué de l'ONU :
Le Représentant du Secrétaire général des Nations Unies pour les droits de l'homme des personnes déplacées, Walter Kaelin, a insisté sur les dangers que font peser le manque de financements humanitaires à des centaines de milliers de personnes déplacées par les conflits au Yémen.
« Les déplacés, par la nature même de leurs déplacements, et surtout ceux qui ont été confrontés plusieurs fois à cette situation, n'ont plus les moyens de s';adapter », a-t-il déclaré après une visite dans le pays.
« Une réduction importante de l'assistance humanitaire ne causerait pas seulement une grave crise qui touchera à leurs droits à la nourriture, à la santé et à un abri adéquat, il existe également un risque important qu'elle déclenche une nouvelle période d';instabilité dans une situation où la paix est déjà très fragile », a-t-il averti.
Certaines agences humanitaires ont annoncé que faute de nouveaux fonds, elles seraient obligées d';interrompre certaines opérations au Yémen dans les prochains mois. « Les conséquences d'un tel retrait seraient graves », a insisté Walter Kaelin.
Malgré un cessez-le-feu le 11 février dernier entre le gouvernement du Yémen et Al-Houthi, le pays compte toujours plus de 250.000 déplacés, dont la majorité vit hors des camps dans des sites dispersés, parfois à l';insu des communautés. L'inaccessibilité à certains districts des gouvernorats de Sa'ada, Al Jawf et Amran empêche les Nations Unies et leurs partenaires humanitaires de tous les atteindre.
En outre, le cessez-le-feu n'a pas encore permis une paix durable dans le nord du pays, déchiré par les conflits, les conditions de sécurité y restant très précaires en raison de la présence de mines et d'autres engins explosifs, ainsi que d';un manque de confiance de la population en la pérennité de la paix.
« La majorité des déplacés ne sera pas en mesure de rentrer chez eux dans un futur proche et personne ne doit être encouragé ou forcé au retour en raison d';un manque d'assistance humanitaire, alors que la sécurité n'est pas assurée », a souligné le Représentant spécial.
« La décision du retour doit être véritablement volontaire », a-t-il insisté après deux visites de terrain dans les camps d'Al-Mazrak et sur des campements dispersés à Amran, où des déplacés vivent hors des camps.
Walter Kaelin a appelé les parties au conflit dans le pays à mettre en oeuvre les dispositions du cessez-le-feu et à travailler ensemble à garantir la sécurité des déplacés ainsi que l'accès pour les humanitaires.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

Une conférence et un blog : Géorgie et Afghanistan

Deux infos :
NASA

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

lundi 19 avril 2010

Les peuples en armes, un petit tour du monde historique

Fin février 2010, je visitais le cimetière militaire de Colleville-sur-mer qui domine Omaha Beach. J’étais reconnaissant envers tous ces hommes en terre d’avoir combattu pour libérer notre pays du joug nazi et fasciste. Je me faisais la même réflexion six mois plus tôt, au cimetière militaire français de Venafro (Italie).

Ces combattants principalement chrétiens, musulmans, juifs, athées et, pour certains, peut-être francs-maçons, pour la plupart non militaires avant la guerre, restaient unis ici pour nous rappeler le prix d’une liberté à laquelle d’autres renoncent avec tant de facilité.

[...]

Colleville

[...] Je propose un petit et rapide « tour du monde », non exhaustif, depuis la fin de l’Empire romain et jusqu’à la Révolution française.

Lire l'intégralité sur Alliance géostratégique

Les commentaires sont fermés sur Pour convaincre mais sont ouverts sur AGS.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

Une nouvelle semaine de cendres sur les aéroports ?

L'éruption d'un volcan en Islande et le transport aérien se grippe dans le nord de l'Europe.
La précaution et l'expérience des dégâts potentiels poussait à des décisions draconiennes. La planche de Novosti en fait une synthèse. Ce phénomène reste mal connu au regard des vols d'essais effectués les derniers jours, par des compagnies aériennes.
RIA NovostiLe danger de la cendre volcanique pour les avions   Le danger de la cendre volcanique pour les avions

18:35 16/04/2010 La cendre volcanique est composée de fines particules abrasives de roches et de minéraux rejetées dans l'atmosphère lors des éruptions volcaniques.>>

Les aéroports du sud de la France viennent de réouvrir. C'est sans doute une bonne chose pour les voyageurs.
Quelques commentaires :
  • Cet épisode de gestion des risques nous montre que les sociétés actuelles sont rapidement atteintes par les aléas de la vie en raison des interconnexions mondiales (population, cyber, etc.).
  • En outre, il est toujours facile après de dire que l'on a pas pris la bonne solution avant (celle évidente après). Le hasard est aussi sauvage. Cela rend la prise de décision difficile.
  • Finalement, une semaine après le crash de l'avion de M. Lech Kasinski, qui vient de décapiter la direction politique et militaire de la Pologne, certains commencent à dire qu'il fallait prendre le risque de voler sous le nuage, dès la semaine dernière. Raisonnable ?
Au fait, qui veut monter dans l'avion dans ces conditions ?
RIA Novosti
Ash clouds from Iceland volcano disrupt flights in EuropeAsh clouds from Iceland volcano disrupt flights in Europe

20:06 18/04/2010 The Eyjafjallajokull volcano erupted on April 14, 2010 >>

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

dimanche 18 avril 2010

Le guide de l'influence par Vincent Ducrey

Je viens de terminer l'excellent livre de Vincent Ducrey, nommé Le guide de l'influence. Cet ouvrage est un guide irremplaçable pour comprendre les mécanismes de diffusion de l'information en temps réel. Ce livre est d'abord simple d'accès et de compréhension, grâce à ses nombreux exemples et schémas. Il combine à la fois stratégie, tactique et technique, sans pour autant avoir la prétention de créer une théorie universelle. L'auteur prévoit déjà qu'une actualisation pourrait être nécessaire relativement rapidement.
La théorie s'inspire d'une pratique du monde de l'information et d'ouvrages issus des mondes militaires, informatiques et économiques. Je citerai Contre-insurrection de Galula, La cyberguerre d'Arpagian ou le manuel de Tactique générale de l'armée de terre française.
L'auteur expose d'abord la théorie de l'influence fondée sur la structure du Hub (Cf. blog hub management) et sa partition en 4 zones (16 composantes). Les mécanismes d'influence sont disséqués par médias et par générations. Le livre aborde ensuite des stratégies, des tactiques et des techniques dont je laisse le soin au lecteur de le découvrir. Des cas concrets et des avis d'experts rendent très pragmatique cet ouvrage, comme les outils du hub management.
Les applications militaires de cet ouvrage sont nombreuses, notamment dans le domaine de l'info ops et des opérations d'influence. La théorie n'est pas transposable en l'état dans tous les pays (Hubs différents) mais offre des possibilités de peser sur l'information en maitrisant quelque peu les effets.
Je le conseille vivement aux chefs d'entreprises, aux professionnels ou amateurs du monde de l'information (dont les blogueurs).
Présentation de l'éditeur
A l'heure de l'information live et de la multiplicité des supports, les anciens schémas de communication sont devenus obsolètes. Il revient aux décideurs d'aujourd'hui de réinventer leur stratégie de communication globale avec des outils innovants. C'est pour répondre à cet enjeu que Vincent Ducrey a écrit Le guide de l'influence. Grâce à la cartographie exhaustive des relais médiatiques et la démonstration de leur pilotage en temps réel, il présente une méthode de gestion de l'information optimale : centralisée et systématisée. Que vous soyez une grande ou une petite entreprise, une association ou une collectivité locale, un leader ou un outsider, cet ouvrage a été pensé pour vous.
Biographie de l'auteur
Vincent Ducrey est un expert en management de l'information, spécialisé dans sa propagation en temps réel. Une expertise qu'il a acquise au cours de ses dix années de carrière, dans tous les domaines du marketing et de la communication : entrepreneur, consultant en stratégie, conseiller en mobilisation en ligne, et enfin conseiller communication Internet au sein du gouvernement. Tout au long de son expérience professionnelle, Vincent Ducrey a collecté un grand nombre d'observations et d'analyses sur les mécanismes de l'influence et sur les nouveaux circuits de l'information qu'il a formulé en une méthode : le hub management. Cette dernière théorise l'ensemble de ses recherches sur l'influence " globale ", incluant tous les types de médias ainsi que le terrain. Elle modélise également les rapports de force, les complémentarités et le positionnement en termes de réactivité de l'ensemble des relais de la sphère médiatique. A partir de cette cartographie, simple et inédite, Vincent Ducrey a identifié des actions, des outils, des profils pour optimiser sa communication " en temps réel ". Plusieurs mois auront été nécessaires à Vincent Ducrey pour enrichir sa méthode, par l'expérience mais aussi par l'échange. Par l'expérience, puisqu'il s'est attaché à la pratiquer au quotidien, tant dans la sphère privée que dans la sphère publique, afin de l'adapter au plus grand nombre de secteurs d'activité et de situations possibles. Dans l'échange aussi, puisque ses rencontres avec des experts de tous les domaines de l'influence ont permis d'ajuster, d'affiner, de perfectionner et de valider son approche. C'est le résultat de cette méthodologie que Vincent Ducrey a souhaité faire partager au travers de son livre, Le guide de l'influence, premier ouvrage sur le management de l'information en temps réel. Une démarche qu'il complète par l'animation régulière de keynotes dans divers congrès et colloques internationaux en Europe, en Afrique et aux Etats-Unis.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

samedi 17 avril 2010

Les guerres et batailles de l'histoire de France

Comme pour certains ce sont les vacances, je conseille la lecture du Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France ; la lecture car, contrairement à son titre, il n'est pas toujours évident de retrouver une bataille alors qu'il est très complet. Vous pourrez apprécier les récits qui sont relativement synthétiques et ne se perdent pas dans des détails inutiles. Quelques cartes permettent de cadrer le sujet dans l'espace. Une bonne idée de lecture.
Présentation de l'éditeur :
Guerres et batailles ont modelé la France.
En guerroyant sans relâche, Capétiens, Valois, Bourbon lui auront donné sa physionomie.
La Terreur est indissociable des conquêtes de la Révolution, de même que l'Empire l'est des campagnes napoléoniennes.
Dans ce temps long, certaines batailles cruciales se détachent.
Malplaquet sauve le pays de l'invasion, Trafalgar confirme la suprématie navale de l'Angleterre, Iéna consacre la quasi-disparition de l'Allemagne, Sedan signe la fin du Second Empire.
D'autres, de simples combats, n'en n'ont pas moins frappé les esprits : Poitiers, Roncevaux, Valmy.
Il était temps de donner, dans un ouvrage de référence, une vision d'ensemble à cet extraordinaire foisonnement.
Ce dictionnaire brosse le tableau des guerres et des batailles où les Français ont été engagés depuis la prise de Rome par les Gaulois en 390 avant JC,
jusqu'à leur participation à la guerre du Kosovo (1998-1999), qu'elles se soient produites sur le sol national ou à l'étranger, sur terre ou sur mer.
Les auteurs, spécialistes de leur période, dissèquent les éléments propres à faire comprendre le déroulement d'une bataille ou d'un siège : forces en présence, conditions climatiques et topographiques, tactiques et stratégies, progression des opérations, bilan, conséquences politiques.
S'agissant des guerres, tout en en restituant le déroulement, ils s'attachent à souligner leurs enjeux diplomatiques et politiques.
Une nomenclature finale, selon l'ordre chronologique, permet de retrouver d'un seul coup d'œil une bataille à l'intérieur d'une guerre.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

jeudi 15 avril 2010

Des infos sur le déroulement des élections de mars en Iraq

Les élections de mars dernier en Iraq étaient sous haute surveillance. Le témoignage de MM. Maurice Leroy et René Rouquet, à la suite de leur mission d’observation des élections législatives en Irak, le 7 mars 2010, montre une autre vision d'une situation qualifiée de bourbier par de nombreux observateurs, il y a seulement un peu plus d'un an.
M. le président Axel Poniatowski. Je vous remercie, Messieurs, d’avoir accepté de partager avec les membres de la Commission des affaires étrangères leur expérience d’observateurs des élections législatives irakiennes du 7 mars dernier.
Vous vous êtes rendus en Irak du 5 au 8 mars, à l’invitation du président de la République de ce pays et du président du Conseil des Représentants. Vous étiez accompagnés de deux sénateurs ainsi que d’une députée européenne, et une vingtaine d’observateurs non parlementaires complétait cette délégation.
Ce scrutin était particulièrement important puisqu’il s’agissait des deuxièmes élections législatives depuis le changement de régime, mais des premières auxquelles l’ensemble des partis politiques avait appelé les Irakiens à participer. En dépit des risques pour leur sécurité, près de 62 % d’entre eux sont allés voter.
Les résultats, très serrés, ont été officiellement annoncés vendredi dernier par la commission électorale : le Bloc irakien de M. Allaoui a obtenu 91 sièges – contre 89 pour l’Alliance pour l’État de droit de M. Maliki – sur un total de 325 sièges. Alors que le vainqueur a lancé samedi les négociations pour tenter de former une coalition gouvernementale avec l’ensemble des forces politiques, le premier ministre sortant, M. Maliki, a sévèrement critiqué dimanche l’envoyé spécial de l’ONU en Irak, M. Ad Melkert, qu’il accuse d’inaction face aux accusations de fraude. M. Melkert a qualifié les élections de « crédibles ». Partagez-vous, chers collègues, ce sentiment ?
Par ailleurs, pourriez-vous décrire le dispositif mis en place par les Nations unies à l’occasion de ce scrutin ?
Comment la sécurité des bureaux de vote était-elle assurée ? Plus généralement, comment avez-vous perçu la situation sécuritaire dans l’ensemble du pays ?
En outre, quels thèmes avez-vous abordés au cours de votre discussion avec le président de la commission des affaires étrangères du Parlement irakien ? Avez-vous évoqué la question de l’influence de l’Iran sur l’Irak ?
M. Maurice Leroy. M. René Rouquet et moi-même sommes très heureux de faire part à votre Commission de ce que nous avons observé en Irak.
Je précise tout d’abord que, invités par le gouvernement et le parlement irakiens, nous représentions en Irak le bureau de l'Assemblée nationale.
Nous avons été d’autant plus impressionnés par la qualité de l’organisation des élections que, comme la presse française et la presse internationale l’ont rapporté, elles se sont déroulées dans un climat tendu : je rappelle que la veille et le jour même du scrutin, Al Qaïda a revendiqué plusieurs attentats qui ont fait 38 morts et 118 blessés. De plus, à la différence de nos collègues sénateurs, MM. Jacques Gautier et Aymeri de Montesquiou, qui se sont rendus dans une zone totalement sécurisée à Erbil, dans le Kurdistan irakien, nous étions en plein cœur de Bagdad.
Par ailleurs, il est notable que, à l’exception de l’aéroport qui demeure sous leur garde, plus aucun soldat américain n’est présent dans la capitale : ce sont bien l’armée et la police irakiennes qui y assurent la sécurité.
Si 125 observateurs européens ont été déployés dans le pays – dont de nombreux diplomates –, la délégation parlementaire française était la plus nombreuse, comme n’ont pas manqué de le souligner la presse, unanime, ainsi que le président de la haute commission électorale indépendante irakienne (HCEI), celui du Conseil des Représentants et celui de la commission des affaires étrangères de ce même Conseil.
L’organisation des bureaux de vote était, quant à elle, remarquable malgré des conditions de sécurité draconiennes – même si le dispositif été assoupli en cours de journée –puisque la circulation automobile était interdite afin de prévenir toute tentative d’attentat. Les bureaux de vote, pour la plupart, étaient installés dans des écoles, chacun d’eux n’accueillant pas plus de 500 électeurs. Nous en avons visité trois – dont le seul qui était ouvert à la presse irakienne et internationale – où nous avons été notamment frappés par la présence de nombreuses femmes, tant parmi les électeurs que parmi les responsables des bureaux et les assesseurs des partis politiques, lesquels ont bien entendu contribué également à vérifier la régularité du scrutin.
Le vote s’est déroulé dans une atmosphère « bon enfant », inattendue compte tenu des difficultés – check points à franchir, menaces terroristes. Les électeurs se sont déplacés en famille et à pied, en un véritable élan populaire dont témoigne le taux de participation de 62 %. La lecture du bulletin de vote n’était pourtant pas aisée, en raison de son très grand format et d’une division en deux parties – liste des candidats, puis liste des partis politiques associée à leurs logos. Par ailleurs, les candidats étaient 6 171 pour 325 sièges et le Conseil des Représentants doit comporter, constitutionnellement, 25 % de femmes !
Dans ces conditions, les contestations du premier ministre sortant, M. Maliki, sont un peu étonnantes – il ne me semble d’ailleurs pas qu’il ait émis des doutes lorsqu’il pensait sortir victorieux de cette consultation électorale. Cela étant, il n’est, et il n’a jamais été question pour nous de nous immiscer dans les affaires intérieures de l’Irak et nous nous sommes bornés à jouer notre rôle d’observateurs.
De surcroît, contrairement à l’élection précédente, ce ne sont pas des listes confessionnelles, en l’occurrence sunnites et chiites, ou des listes représentatives d’une division entre le nord et le sud du pays qui se sont affrontées : c’est un véritable processus démocratique qui a été engagé.
En ce qui concerne le dépouillement des bulletins de vote, le cahier des charges de la HCEI était assez strict puisque l’affichage obligatoire des résultats dans chacun des bureaux de vote, sitôt cette opération achevée, a permis à toutes les formations politiques d’exercer pleinement leur droit de contrôle.
Je considère qu’avec ces élections les Irakiens ont manifesté leur volonté politique de vivre ensemble indépendamment de toute autre considération, notamment, je le répète, confessionnelle.
US Gov

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

mercredi 14 avril 2010

Plus de "militaire" dans le civil et démilitarisation des esprits

Je m'étonne toujours de l'utilisation croissante du vocabulaire militaire dans d'autres domaines, alors que le poids des armées dans la nation diminue. C'est vrai en France et dans de nombreux pays occidentaux. J'avais abordé ce thème pour le rugby. Aujourd'hui, c'est le tour du ministre de l'intérieur de parler de Task Force. Je n'ai rien contre et aucun avis sur le fond de la proposition ministérielle.
www.stellamadison.com
Ce qui me semble paradoxal est que l'armée sert de plus en plus de référence au civil depuis quelques années alors que la défense est souvent perçue comme une variable d'ajustement budgétaire et un domaine lointain des préoccupations des citoyens. Les tenues de combat ou les vêtements camouflés s'affichent dans les rues, le vocabulaire stratégique et tactique irrigue l'économie et le sport, la police adopte des grades militaires et une formation qui s'en rapproche sous certains aspects, les jeux vidéos guerriers prospèrent. Et pourtant, les sujets de défense ne passionnent pas et la guerre est un ultima ratio honteux, dans tous les contextes.
US Gov
En définitive, plus la société s'approprie les "codes" militaires, plus les armées semblent disparaître de l'horizon social des citoyens. Quelqu'un a une explication ?
China gov

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger