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mercredi 31 mars 2010

A400M, cela glisse dans le temps mais cela arrrive

A lire pour les amateurs du feuilleton A400M, l' audition de M. Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, sur le programme A400M devant la commission de la défense de l'Assemblée. Un extrait emblématique :
M. Laurent Collet-Billon. [...]
Le travail que nous avons réalisé maintient notre commande de 50 avions. Le premier avion sera livré à la France au début de l’année 2013, nous disposerons de sept avions à la fin de 2014 et de 35 appareils à la fin de 2020, le dernier avion étant livré en 2024. Le nouveau calendrier induit donc un retard de quatre à cinq ans dans la mise en place de cette capacité opérationnelle nouvelle. J’insiste sur ce point : outre la dimension financière, les États font bien un effort conséquent en assouplissant le calendrier des livraisons.
Pour compenser ce retard, le ministère de la défense prévoit, pour le transport tactique, de prolonger certains C160 Transall entre 2015 et 2018 et d’acquérir huit cargos légers de type Casa CN-235. Pour le transport stratégique, la défense aura recours, en fonction de ses besoins, à des locations notamment dans le cadre du contrat SALIS qui sera prolongé au-delà de 2010. En cas de besoin, nous pourrions également avoir accès aux contrats de location de C17 de l’OTAN.
Les besoins financiers du programme A400M et les coûts des mesures palliatives resteront dans l’enveloppe totale prévue pour le programme A400M dans la loi de programmation militaire 2009-2014. La charge financière supplémentaire apparaîtra au-delà de 2020 et sera étalée sur plusieurs années, en accompagnement du nouveau calendrier de livraison des avions. La répartition par année pourra être précisée lorsque les plans de paiement sur la période 2010-2014 auront été affinés.
L’investissement français dans le cadre de l’Export Levy Facility serait quant à lui de l’ordre de 400 millions d’euros.
C’est donc un très bon accord qui va conforter une activité industrielle majeure employant quelque 12 000 personnes en France et plus de 40 000 en Europe.
Quelles leçons devons-nous tirer de ces difficultés ? Je crois avant tout qu’il faut écarter définitivement les contrats commerciaux. On peut bien sûr également parler de la problématique de la coopération, des difficultés à aligner les positions des uns et des autres, de la relation entre les pays clients et l’industriel à travers l’OCCAR, mais il faut être lucide sur le constat principal : l’industriel n’a pas su exécuter le contrat tel qu’il l’avait signé. Il y a clairement eu un problème d’organisation et de pilotage industriel. EADS et Airbus en ont tiré les conséquences en matière d’organisation mais ils doivent entreprendre un travail plus profond sur leurs capacités de conduite des programmes.
M. le président Guy Teissier. Vous avez indiqué que les surcoûts n’affecteraient pas l’équilibre de la LPM 2009-2014. Vous soulignez pourtant que l’État va les prendre en charge. Comment concilier ces deux engagements ? Par ailleurs, il a été fait état de dépenses supplémentaires pour les États de l’ordre de 3,5 milliards d’euros. Pouvez-vous confirmer ce chiffre ?
M. Laurent Collet-Billon. Le surcoût net s’élève à 2 milliards d’euros auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d’euros d’investissement. Pour cette dernière somme, il ne s’agit pas d’une nouvelle dépense puisque c’est une subvention remboursable, comme je l’ai précédemment indiqué. J’ajoute que nous devons garder à l’esprit que les États ont renoncé à exiger 1,2 milliard d’euros de pénalités ; nous avons donc fait un effort très conséquent..
M. le président Guy Teissier. Comment seront financées ces dépenses ? Seront-elles prélevées sur le seul budget de la défense ?
M. Laurent Collet-Billon. Les sommes que j’évoquais sont globales et concernent tous les pays parties au contrat. S’agissant des 1,5 milliard d’investissement, la France en prendra à sa charge 400 millions d’euros sur un financement interministériel.
Les engagements financiers de la LPM seront respectés et le budget de la défense ne sera pas dégradé. Pour préserver cet équilibre, nous avons toutefois accepté de décaler les livraisons et de ne disposer que de 35 appareils en 2020.

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mardi 30 mars 2010

Le Hamas exécuteur

Le 24 mars, le Hamas, au pouvoir à Gaza, a annoncé la prochaine exécution de "collaborateurs avec Israël", sans préciser le nombre. Les protestations des organisations de défense des droits de l'Homme sont restées lettres mortes. Selon la loi palestinienne, l'approbation du président de l'Autorité palestinienne serait nécessaire, mais le Hamas ne reconnaît pas la légitimité de M. Mahmoud Abbas.
Contrairement à son message médiatique, le Hamas n'est pas un parti de résistance romantique et démocrate comme cet évènement et des exécutions sommaires le confirment. La réalité est bien plus sombre...

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lundi 29 mars 2010

Iran, numérique et géopolitique

L'Iran va lancer un câble de télécommunications sous-marin dans le Golfe persique, selon Mohammad Baqer Zohourifar, Directeur général des infrastructures de télécommunications iraniennes. Un programme de connexion au réseau mondial de fibres est en cours d'exécution. Le prochain objectif est de connecter l'Iran à la Turquie et à l'Arménie. Les flux numériques deviennent de plus en plus stratégiques. Le passage des câbles devient un enjeu de puissance et de développement, tant le numérique irrigue notre vie. Une géopolitique des flux numériques dans le cyberespace reste sans doute à écrire, notamment dans les régions crisogènes et en développement.

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dimanche 28 mars 2010

Pour convaincre sur Twitter

Juste un petit mot pour rappeler que Pour convaincre est sur Twitter. En plus des billets, quelques articles intéressants que j'ai lu sont signalés http://twitter.com/pourconvaincre (également dispo en haut à gauche du blog). Je viens de remettre à jour la liste des personnes que je vais suivre. Bons tweets.

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samedi 27 mars 2010

Découvrir Ultima ratio

Un nouveau blog, Ultima ratio, rejoint la blogosphère francophone de défense et de sécurité (anglais et français pour les posts), qui regroupe déjà au moins une cinquantaine de blogs. C'est un blog collectif d'anciens ou de chercheurs de l'IFRI. Bienvenue à Ultima ratio.
NASA

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vendredi 26 mars 2010

Turquie : le pouvoir de l'eau

La Turquie est un grand pays qui tire sa puissance de facteurs historiques et géopolitiques anciens. Elle reste l’héritière des empires seldjoukide et ottoman mais également de l’Empire byzantin que les Turcs ont soumis. Dans sa géographie actuelle, elle s’impose comme un acteur majeur du Moyen-Orient et une zone pivot entre l’Asie et l’Europe. Outre sa démographie (73 millions d’habitants), son développement économique (15ème économie mondiale) ou même sa puissance militaire (pays de l’OTAN), la Turquie détient un atout dans le grand jeu moyen-oriental : c’est le château d’eau de la région. L’eau, c’est véritablement le pétrole de la Turquie ! (publié simultanément sur AGS)

L’eau manque déjà au Moyen-Orient et elle manquera de plus en plus. Le croissant fertile qui fut le siège de grandes civilisations antiques et le berceau des grandes religions monothéistes, est irrigué principalement par le Tigre et l’Euphrate dont les sources sont en Turquie. Le Tigre prend sa source en Anatolie orientale puis parcourt la Turquie sur 400 km, avant de poursuivre sa course vers le Golfe persique. La moitié de l’eau de ce fleuve provient de la Turquie. L’Euphrate qui provient également des Monts Taurus, est alimenté à plus de 90% par les eaux turques, sur environ 450 km de traversée de ce pays. Les deux fleuves se caractérisent par une irrégularité très forte du débit saisonnier, des crues très importantes et une diminution du débit d’amont en aval. Ces eaux sont stratégiques pour la Turquie, l’Iraq et la Syrie.

De manière générale, l’eau manque cruellement au Moyen–Orient. Des stratégies alternatives ont été développées pour augmenter la ressource : dessalement, extraction des eaux fossiles, etc. Les ressources sont limitées et les besoins augmentent significativement. La croissance démographique est le premier facteur aggravant. Les populations turques, iraniennes ou syriennes ont doublé durant les 25 dernières années. La consommation des zones urbaines ne fait que s’amplifier. En effet, les comportements tendent à s’aligner sur ceux des pays européens. L’agriculture absorbe plus des trois quarts de l’eau potable. La concurrence entre les eaux urbaines et agricoles s’accroit et génère des tensions internes et externes. Aucune solution satisfaisante à moyen terme n’est envisageable car l’eau est un produit qui se transporte mal.

Au plan local, dans le bassin du Tigre et de l’Euphrate, la gestion de l’eau s’avère un facteur de différends transfrontaliers. L’exploitation hydraulique est ancienne. Au début du XXème siècle, la Turquie envisage de maîtriser ces fleuves. Entre les deux guerres, l’irrigation est développée et le barrage d’Hindiya sur l'Euphrate, construit de 1911 à 1913, est modernisé en 1927. Des aménagements équivalents sont réalisés sur le Tigre. La discorde débute évidemment avec le démembrement de l’empire Ottomans qui maîtrisait ces eaux jusqu’au Golfe persique et la « création » de la Syrie, sous mandat français et de l’Iraq, sous mandat britannique. D’autres projets ont été développés depuis.

Le projet de Güneydogu Anadolu Projesi (GAP) qui vise à l’aménagement de ces deux fleuves a entrainé des conflits qui auraient pu dégénérer en affrontement militaire. En 1989, la chasse syrienne avait descendu un avion turc à proximité du chantier de construction du barrage Atatürk ! Ce projet représente un enjeu national de prestige et de souveraineté vis-à-vis du Kurdistan. Il devrait permettre de doubler les terres irriguées de la Turquie. Le but est de construire 22 barrages et de stocker 110 milliards de m3. Pour illustrer le côté gigantesque, le remplissage du barrage Atatürk, à partir de 1992, a fait baisser le débit de l’Euphrate d’un quart. En 1992, M. Karman Inan, ministre turque de l’intérieur, lors de la mise en eau du barrage Atatürk, déclarait : « l'eau sera la ressource la plus importante au Proche-Orient dans les décennies à venir, et nous sommes les plus riches propriétaires de cette ressource dans la région. Ces fleuves sont là depuis des millions d'années. Nous voulons les utiliser pour apporter leurs bienfaits aux enfants de ce pays ». Tout était dit ou presque ! Cette situation pourrait empirer durant les prochaines années, en l’absence d’accord tripartite entre la Turquie, l’Iraq et la Syrie.

Selon Frédéric Lasserre, en 1990, la Syrie et la Turquie ont menacé d’en venir aux armes pour régler leur différend. De même, « lors de la crise d’octobre 1998, au cours de laquelle étaient entremêlées les questions du soutien syrien au PKK en Turquie et du partage des eaux de l’Euphrate, la Syrie a dû plier face aux menaces explicites d’Ankara ». Le GAP devrait permettre de produire de l’hydroélectricité et de développer le « Kurdistan turc » et ainsi, l’ancrer dans le destin national. La population kurde est répartie sur les territoires de la Turquie, de l’Iraq, de la Syrie, de l’Iran et de l’Arménie, depuis le traité de Lausanne de 1923. Il convient donc de coupler la problématique de l’eau et celle du Kurdistan turc : sous-développement, terrorisme, séparatisme, etc. L’eau est un moyen de gestion des kurdes de l’intérieur et de l’extérieur, comme la puissance militaire qui fait régner l’ordre à l’intérieur et intervient chaque fois que nécessaire à l’extérieur, notamment au Kurdistan iraquien comme en février 2008. Le smart power turc est simple, clair et efficace : la gestion de l’eau (soft power) et la pression militaire (hard power), le château d’eau et le château fort.

L’eau est donc un instrument de puissance qui alliée à la puissance militaire et politique turque lui permet de peser directement sur quelques pays de la région, notamment l’Iraq. Le « Kurdistan turc » qui n’a pas la chance d’avoir du pétrole, comme son frère iraquien, est lié à l’enjeu de l’eau. Cette gestion de l’eau permet de peser sur la politique iraquienne et syrienne, dans une moindre mesure. C’est un des principaux leviers pour limiter l’autonomie du Kurdistan iraquien. Rien n’empêche de penser qu’une entente avec l’autre puissance de la région, l’Iran, pourrait transformer l’Iraq en Etat tampon sous double influence. Cette question reste entière concernant l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne (UE). En l’absence d’accord sur l’eau entre les pays du bassin du Tigre et de l’Euphrate, l’UE peut-elle réellement cautionner une politique turque qui vise à assurer son propre développement en risquant d’empêcher des populations voisines de produire leur nourriture et d’avoir un juste accès aux ressources hydrauliques ?

Sources :

  1. La gestion de l'eau et son impact sur le droit international par Moussa Elimane Sall
  2. Dispute autour du Tigre et de l'Euphrate par Christophe Rymarski
  3. Site du GAP
  4. Guerres de l’eau : paradigme des guerres du XXIe siècle ? Fréderic Lasserre
Sources : GAP

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mercredi 24 mars 2010

Center for complex operations

Encore un site à découvrir, le Center for complex operations. Au programme, stabilisation, contre insurrection et guerre irrégulière. Bonne découverte.

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mardi 23 mars 2010

Le rapport Chevènement sur le nucléaire

Je prend juste le temps de signaler DÉSARMEMENT, NON-PROLIFÉRATION NUCLÉAIRES, SÉCURITÉ DE LA FRANCE, le Rapport d’information n° 332 (2009-2010) de M. Jean-Pierre CHEVENEMENT pour la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat. Je n'ai eu le temps de lire que le résumé et que quelques passages. Cela me semble intéressant pour comprendre quelques enjeux actuels de la stratégie nucléaire de la France.
US army
Le résumé du Sénat sur senat.fr :
A l'approche de la conférence quinquennale d'examen du traité de non-prolifération nucléaire, qui aura lieu aux Nations unies à New York au mois de mai 2010, le débat international sur le désarmement et la non-prolifération nucléaires s'amplifie.
Alors que les crises iranienne et nord-coréenne ne sont pas résolues et que la communauté internationale s'interroge sur sa capacité à enrayer la prolifération nucléaire, les prises de position du président Obama et la perspective d'un nouveau traité de réduction des armes stratégiques entre les Etats-Unis et la Russie ont créé de nouvelles attentes en matière de désarmement nucléaire. Par ailleurs, l'intérêt d'un nombre croissant d'Etats pour le nucléaire civil donne une actualité nouvelle à la mise en oeuvre du troisième « pilier » du TNP, sur les accès aux usages pacifiques de l'énergie nucléaire.
A travers ce rapport d'information, la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a souhaité éclairer les principaux enjeux de ce débat et leurs implications pour la France.
Ce rapport souhaite répondre aux questions suivantes:
- à quelles conditions peut-on se diriger vers des progrès significatifs en matière de désarmement nucléaire tout en renforçant la stabilité et la sécurité internationales ?
- comment lutter plus efficacement contre la prolifération nucléaire tout en répondant aux attentes des pays désireux d'accéder aux bénéfices de l'énergie nucléaire civile ?
Le rapport se prononce sur les positions que la France devrait adopter au regard de ces objectifs, mais également de sa sécurité et de celle de l'Europe.

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lundi 22 mars 2010

L'eau tue plus que la guerre

L'eau souillée tue plus que la guerre. C'est le constat de Ban Ki Moon : « Ces morts sont un affront à notre humanité commune et sapent les efforts de nombreux pays pour réaliser leur potentiel de développement »
Je suis assez d'accord. Ce qui me semble plus étrange, c'est qu'il y ait tant de manifestations contre les guerres et que l'on accepte si facilement les morts de faim et de manque d'eau potable, qu'il y ait toutes les semaines des appels à la solidarité (en plus du welfare state) si peu de recherches contre le paludisme (lié indirectement au traitement de l'eau). Étrange...
Site de l'ONU sur l'eau.

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dimanche 21 mars 2010

Après la bataille par Victor Hugo

J'aime beaucoup ces quelques vers de La légende des siècles.
*
* *
Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d’une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l’ombre entendre un faible bruit.
C’était un Espagnol de l’armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu’à moitié,
Et qui disait : « À boire ! à boire par pitié ! »
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit : « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. »
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l’homme, une espèce de Maure,
Saisit un pistolet qu’il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant : « Caramba ! »
Le coup passa si près, que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
« Donne-lui tout de même à boire, » dit mon père.

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cyberattaque contre votre voiture ?

En écoutant France info, j'ai eu l'exemple d'une cyber action, criminelle, mais qui pourrait avoir des applications militaires. M. Omar Ramos-Lopez, 20 ans, s’est vengé de sa concession qui venait de se séparer de lui, en piratant à distance les véhicules de clients texans innocents. Résultats : des voitures qui refusent de démarrer, qui s’arrêtent d’un seul coup ou dont le klaxon se met à rugir en pleine nuit, etc. Ce piratage informatique démontre une nouvelle fois que la confrontation, au sens large, dans le cyberespace n'est ni de la science fiction, ni une vue de l'esprit pour obtenir des budgets. Il y a 100 ans, certains ne croyaient pas du tout à l'avion de combat, l'histoire a jugé...

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samedi 20 mars 2010

Brouillage de masse de Voice of America en Ethiopie

Le 18 mars, l'on apprenait que le Premier ministre éthiopien, M. Meles Zenawi, avait demandé à ses services de préparer le brouillage de l'émission de Voice of America en Amharic (langue la plus parlée dans ce pays). Des tests auraient déjà été menés. VOA a déjà été brouillée par le passé en Ethiopie, durant les périodes de campagnes électorales, mais jamais officiellement. En mars 2006, cinq journalistes éthiopiens travaillant pour VOA avaient été arrêtés pour trahison par le gouvernement éthiopien.
US senate
M. Zenawi aurait comparé cette radio à la funeste Radio des milles collines qui fut un des principaux vecteurs de coordination du génocide du Rwanda (1994). M. Danforth Austin, directeur de VOA, déplorant cette forme de censure, trouve cette comparaison abusive et inopportune. Le gouvernement américain a condamné cette décision, en raison de cette comparaison avec le Rwanda et de la liberté de la presse.
VOA a déjà été brouillée de nombreuses fois par le passé durant la seconde guerre mondiale par les Allemands, durant la guerre froide, etc. Ce type de pratiques, difficiles à mettre en oeuvre avec efficacité à grande échelle et fréquentes par le passé, est quelque peu devenu désuet au fil du temps. Mais, encore une fois, les vieilles méthodes ne sont pas oubliées par tout le monde...
Et, finalement, encore une fois, il faut constater que la guerre de l'information et la guerre électronique font bon ménage.

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jeudi 18 mars 2010

Vulnérabilité des réseaux américains

Les Etats-Unis veulent renforcer leurs lois pour limiter leurs cybervulnérabilités. Selon quelques uns de leurs sénateurs, ils seraient en danger. Lire l'article de l'AFP.

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mercredi 17 mars 2010

Sévices publics, recherche d'audience, information ou éducation ?

Ce soir, sur France 2, nous assistons au jeu de la mort animé par Tania Young. Il reproduit l'expérience Milgram. Cette expérience est tout aussi controversée que l'expérience de Stanford, dite expérience Zimbardo.
Pourquoi ces expériences sont-elles dérangeantes au-delà de leurs déficiences scientifiques et la recherche d'audience à bon compte ?
Quelques éléments de réponse :
  • individuellement, lorsque nous sommes soumis à une autorité, nous pouvons tous ou presque basculer dans un rôle de tortionnaire
  • collectivement, nous pouvons très facilement basculer dans une situation de soumission ou d'oppression anormales
Cela pose une question presque philosophique : comment un individu "normal" peut-il basculer dans l'horreur ? Dans quelles circonstances ? Pour quelles causes ?
Une chose dont je suis persuadé, peut-être à tort, c'est que l'on bascule moins vite lorsque l'on est conscient que cela peut vous arriver.
Voir des réactions sur le site de philosophie magazine qui est partenaire de cette émission (la zone eXtrème).

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mardi 16 mars 2010

22 ans depuis le massacre d'Halabja

L'anniversaire du massacre d'Halabja, en Iraq, m'amène quelques réflexions rapides :
nijmannews.org
Contre les insurrections, la population est un enjeu essentiel. La guerre au sein des populations, telle qu'elle est menée par les démocraties, est critiquée pour les effets collatéraux des combats qui visent à neutraliser les insurgés. Je souhaite rappeler que les régimes autoritaires résolvent trop souvent ce problème en éliminant la population. Halabja n'est pas un exemple isolé, malheureusement !
wiki
Le régime de Saddam Hussein est parfois présenté avec nostalgie, en raison de la "stabilité" de l'Iraq de cette époque. Halabja nous rappelle que l'on confond souvent stabilité et terreur. La guerre Iran-Iraq, déclenchée par une agression irakienne, fut une boucherie pendant 8 ans, loin des bodycounts des opérations en Afghanistan et en Iraq (depuis 2003). Elle a fait entre 500 000 et 1,2 million de morts. Et à l'intérieur de l'Iraq, combien d'opposants éliminés ?
    wiki
Il existe toujours des armes chimiques dans le monde. Comme le relève le livre blanc français de la défense et la sécurité nationale, cette menace ne peut être négligée, dans le cadre d'un combat symétrique ou d'acte de violence asymétrique. Encore une fois, n'oublions pas trop vite !
US Gov
J'encourage donc les lecteurs à observer l'histoire récente ou ancienne pour se faire une idée de l'ampleur des évènements d'actualité. Un peu de mise en perspective ne nuit pas...

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lundi 15 mars 2010

DSI, le nouveau site

Vous trouverez le nouveau site de Défense et sécurité internationale (DSI magazine) à l'adresse suivante : http://dsi-presse.com/. A mettre en bonne place dans les blogroll.
NASA

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dimanche 14 mars 2010

Une cyberguerre entre l'Iran et les Etats-Unis ?

Selon l'agence iranienne FARS, plus d'une trentaine de personnes soupçonnées d'appartenir à un cyber réseau soutenu (?) par les États-Unis, auraient été arrêtées en Iran, le 13 mars 2010. Le groupe est accusé de réunir des informations sur les scientifiques nucléaires iraniens en recrutant par Internet, des personnes opposées à la République Islamique. Ces personnes seraient formées en Iraq au sein du groupe des Moudjahidine du Peuple. Ils ont été inculpés par la Cour de la Révolution et du peuple à Téhéran. Ce réseau aurait été particulièrement actif durant les manifestations de 2009 contre le régime. Cette annonce intervient après le durcissement du discours américain contre l'Iran dans le dossier nucléaire (cf. discours de M. Gates le 11/03).
Toujours selon FARS, le 14 mars 2010, en représailles, les Gardiens de la Révolution auraient piraté 29 sites web qu’ils soupçonnent de liens avec des réseaux d'espionnage américains. A l'instar de la police, les Pasdaran auraient développé des capacités de cyberguerre et de lutte contre la cybercriminalité. Leur centre aurait pour mission détection et la lutte contre le crime organisé, l'espionnage, la corruption "économique et sociale", le trafic financier et "l'invasion culturelle".
L'Iran semble investir avec le plus grand sérieux le cyberespace. Les déboires des régimes en 2009 sont sans doute à l'origine de ce sursaut. Il est intéressant de constater qu'une agence officielle iranienne n'hésite pas à parler d'attaques (donc revendiquées) et de cyberguerre.
Par ailleurs, le 28 février dernier, M. Heidar Moslehi, ministre iranien du renseignement, aurait demandé aux Palestiniens d'ouvrir un nouveau front dans le cyberespace contre Israël, dans une conférence de presse de la Conférence internationale "Solidarité islamique et nationale pour le futur de la Palestine". Il a suggéré que la prochaine intifada soit version cyber...
La suite de la confrontation indirecte irano-américaine va certainement nous offrir des surprises...
Voir aussi :
Copyright des photos US Gov

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Héros, victimes, action, pensée et sens de l'engagement

L'absurde est-il de ce monde ? Je n'ai pas la réponse. La question se pose toujours en ces temps d'opérations lointaines pour lesquelles le sens de la défense (de l'avant) du pays n'apparaît pas immédiatement à tous. La mort des soldats interpelle. Héros ou victimes ? Victime moderne ? Héros à l'ancienne, version Homère ou Raoul Walsh ?
Dans ces conditions, faut-il magnifier l'action ou la pensée ? J'ai souvent pensé qu'il fallait les deux, pas forcément simultanément, pour s'accomplir. Je vous livre quelques lignes de Camus à ce sujet, tirées de : Le mythe de Sisyphe.
Non, dit le conquérant, ne croyez pas que pour aimer l’action, il m’ait fallu désapprendre à penser. Je puis parfaitement au contraire définir ce que je crois. Car je le crois avec force et je le vois d’une vue certaine et claire. Méfiez-vous des ceux qui disent: « Ceci, je le sais trop pour pouvoir l’exprimer. » Car s’ils ne le peuvent, c’est qu’ils ne le savent pas ou que, par paresse, ils se sont arrêtés à l’écorce.
[...]
Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. Ces déchirements sont affreux. Mais pour un cœur fier, il ne peut y avoir de milieu. Il y a Dieu ou le temps, cette croix ou cette épée. Ce monde a un sens plus haut qui surpasse ses agitations ou rien n’est vrai que ces agitations. Il faut vivre avec le temps et mourir avec lui ou s’y soustraire pour une plus grande vie.
Trouver du sens ou vivre avec l'absurde, tout un programme !
Pour aller (juste un peu) plus loin :

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samedi 13 mars 2010

Ghana versus Côte d'Ivoire : une guerre pour le pétrole ?

Selon le ministre ivoirien des Mines, M.Augustin Kouadio Komoé, il n’y aura pas « de guerre du pétrole entre le Ghana et la Côte d'Ivoire ». Le conflit (pour l’instant non armé) provient du pétrole. Les deux géants du Cacao auraient-ils la fièvre de l’or noir ? Étonnant ?
Le Ghana a peur des visées attribuées à la Côte d’Ivoire sur une partie de son espace maritime, après la découverte d'un gisement pétrolier offshore. Selon l’AFP, le ministre ghanéen des Ressources naturelles, M. Collins Dauda, a déclaré le 12 mars 2010, que la Côte d'Ivoire réclamait une partie de l'espace maritime du Ghana et qu’en l’absence de délimitation des frontières maritimes, les deux voisins respectaient depuis des années « une ligne médiane ». Il aurait ajouté que « brusquement, avec cette découverte de pétrole, la Côte d'Ivoire revendique une partie de l'espace maritime, en dépit de cette ligne médiane que nous avons toujours respectée », en précisant qu'Abidjan avait envoyé une lettre au Ghana et aux Nations unies.
Cette situation rappelle celle du différend entre le Cameroun et le Nigéria, s’agissant de la presqu’île de Bakassi, qui a vu des affrontements armés entre les deux pays. L’affaire avait été portée devant la justice internationale.
La situation en Côte d’Ivoire est toujours précaire et la stabilité relative. Il sera nécessaire de rester attentif à ce différend. Pour la communauté internationale, la prévention et la diplomatie, appuyées par une crédibilité militaire, restent moins coûteuse que des opérations et des jugements internationaux a posteriori. Le smart power avant plutôt que le hard power après...

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jeudi 11 mars 2010

L'insurrection papoue par l'ICG

C'est tellement rare ! Je salue le rapport de l'ICG, nommé RADICALISATION AND DIALOGUE IN PAPUA, qui vient de sortir. Cette rébellion oubliée n'intéresse presque personne et pourtant... elle mériterait d'être étudiée sous ses aspects sécuritaires mais aussi économiques (cf. mine de Grasberg). A lire.
flickr.com

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mercredi 10 mars 2010

L'Iran poursuit sa préparation de la guerre asymétrique

Le général de brigade Ahmad Reza Pourdastan, s'adressant à des chefs d'une division des forces terrestres iraniennes, a souligné l'importance de se préparer à mener une guerre asymétrique, en cas d'attaque contre l'Iran. Ainsi, il a demandé aux troupes de se préparer pour des batailles classiques et des formes de combat asymétrique. Ce n'est pas une posture nouvelle, de la part des forces iraniennes :
presstv
Il sera intéressant de suivre cette hybridation des forces armées iraniennes...

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