M. Laurent Collet-Billon. [...]Le travail que nous avons réalisé maintient notre commande de 50 avions. Le premier avion sera livré à la France au début de l’année 2013, nous disposerons de sept avions à la fin de 2014 et de 35 appareils à la fin de 2020, le dernier avion étant livré en 2024. Le nouveau calendrier induit donc un retard de quatre à cinq ans dans la mise en place de cette capacité opérationnelle nouvelle. J’insiste sur ce point : outre la dimension financière, les États font bien un effort conséquent en assouplissant le calendrier des livraisons.Pour compenser ce retard, le ministère de la défense prévoit, pour le transport tactique, de prolonger certains C160 Transall entre 2015 et 2018 et d’acquérir huit cargos légers de type Casa CN-235. Pour le transport stratégique, la défense aura recours, en fonction de ses besoins, à des locations notamment dans le cadre du contrat SALIS qui sera prolongé au-delà de 2010. En cas de besoin, nous pourrions également avoir accès aux contrats de location de C17 de l’OTAN.Les besoins financiers du programme A400M et les coûts des mesures palliatives resteront dans l’enveloppe totale prévue pour le programme A400M dans la loi de programmation militaire 2009-2014. La charge financière supplémentaire apparaîtra au-delà de 2020 et sera étalée sur plusieurs années, en accompagnement du nouveau calendrier de livraison des avions. La répartition par année pourra être précisée lorsque les plans de paiement sur la période 2010-2014 auront été affinés.L’investissement français dans le cadre de l’Export Levy Facility serait quant à lui de l’ordre de 400 millions d’euros.C’est donc un très bon accord qui va conforter une activité industrielle majeure employant quelque 12 000 personnes en France et plus de 40 000 en Europe.Quelles leçons devons-nous tirer de ces difficultés ? Je crois avant tout qu’il faut écarter définitivement les contrats commerciaux. On peut bien sûr également parler de la problématique de la coopération, des difficultés à aligner les positions des uns et des autres, de la relation entre les pays clients et l’industriel à travers l’OCCAR, mais il faut être lucide sur le constat principal : l’industriel n’a pas su exécuter le contrat tel qu’il l’avait signé. Il y a clairement eu un problème d’organisation et de pilotage industriel. EADS et Airbus en ont tiré les conséquences en matière d’organisation mais ils doivent entreprendre un travail plus profond sur leurs capacités de conduite des programmes.M. le président Guy Teissier. Vous avez indiqué que les surcoûts n’affecteraient pas l’équilibre de la LPM 2009-2014. Vous soulignez pourtant que l’État va les prendre en charge. Comment concilier ces deux engagements ? Par ailleurs, il a été fait état de dépenses supplémentaires pour les États de l’ordre de 3,5 milliards d’euros. Pouvez-vous confirmer ce chiffre ?M. Laurent Collet-Billon. Le surcoût net s’élève à 2 milliards d’euros auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d’euros d’investissement. Pour cette dernière somme, il ne s’agit pas d’une nouvelle dépense puisque c’est une subvention remboursable, comme je l’ai précédemment indiqué. J’ajoute que nous devons garder à l’esprit que les États ont renoncé à exiger 1,2 milliard d’euros de pénalités ; nous avons donc fait un effort très conséquent..M. le président Guy Teissier. Comment seront financées ces dépenses ? Seront-elles prélevées sur le seul budget de la défense ?M. Laurent Collet-Billon. Les sommes que j’évoquais sont globales et concernent tous les pays parties au contrat. S’agissant des 1,5 milliard d’investissement, la France en prendra à sa charge 400 millions d’euros sur un financement interministériel.Les engagements financiers de la LPM seront respectés et le budget de la défense ne sera pas dégradé. Pour préserver cet équilibre, nous avons toutefois accepté de décaler les livraisons et de ne disposer que de 35 appareils en 2020.
mercredi 31 mars 2010
A400M, cela glisse dans le temps mais cela arrrive
mardi 30 mars 2010
Le Hamas exécuteur
Blogger
lundi 29 mars 2010
Iran, numérique et géopolitique

dimanche 28 mars 2010
Pour convaincre sur Twitter

samedi 27 mars 2010
Découvrir Ultima ratio

vendredi 26 mars 2010
Turquie : le pouvoir de l'eau
L’eau manque déjà au Moyen-Orient et elle manquera de plus en plus. Le croissant fertile qui fut le siège de grandes civilisations antiques et le berceau des grandes religions monothéistes, est irrigué principalement par le Tigre et l’Euphrate dont les sources sont en Turquie. Le Tigre prend sa source en Anatolie orientale puis parcourt la Turquie sur 400 km, avant de poursuivre sa course vers le Golfe persique. La moitié de l’eau de ce fleuve provient de la Turquie. L’Euphrate qui provient également des Monts Taurus, est alimenté à plus de 90% par les eaux turques, sur environ 450 km de traversée de ce pays. Les deux fleuves se caractérisent par une irrégularité très forte du débit saisonnier, des crues très importantes et une diminution du débit d’amont en aval. Ces eaux sont stratégiques pour la Turquie, l’Iraq et la Syrie.
De manière générale, l’eau manque cruellement au Moyen–Orient. Des stratégies alternatives ont été développées pour augmenter la ressource : dessalement, extraction des eaux fossiles, etc. Les ressources sont limitées et les besoins augmentent significativement. La croissance démographique est le premier facteur aggravant. Les populations turques, iraniennes ou syriennes ont doublé durant les 25 dernières années. La consommation des zones urbaines ne fait que s’amplifier. En effet, les comportements tendent à s’aligner sur ceux des pays européens. L’agriculture absorbe plus des trois quarts de l’eau potable. La concurrence entre les eaux urbaines et agricoles s’accroit et génère des tensions internes et externes. Aucune solution satisfaisante à moyen terme n’est envisageable car l’eau est un produit qui se transporte mal.
Au plan local, dans le bassin du Tigre et de l’Euphrate, la gestion de l’eau s’avère un facteur de différends transfrontaliers. L’exploitation hydraulique est ancienne. Au début du XXème siècle, la Turquie envisage de maîtriser ces fleuves. Entre les deux guerres, l’irrigation est développée et le barrage d’Hindiya sur l'Euphrate, construit de 1911 à 1913, est modernisé en 1927. Des aménagements équivalents sont réalisés sur le Tigre. La discorde débute évidemment avec le démembrement de l’empire Ottomans qui maîtrisait ces eaux jusqu’au Golfe persique et la « création » de la Syrie, sous mandat français et de l’Iraq, sous mandat britannique. D’autres projets ont été développés depuis.
Le projet de Güneydogu Anadolu Projesi (GAP) qui vise à l’aménagement de ces deux fleuves a entrainé des conflits qui auraient pu dégénérer en affrontement militaire. En 1989, la chasse syrienne avait descendu un avion turc à proximité du chantier de construction du barrage Atatürk ! Ce projet représente un enjeu national de prestige et de souveraineté vis-à-vis du Kurdistan. Il devrait permettre de doubler les terres irriguées de la Turquie. Le but est de construire 22 barrages et de stocker 110 milliards de m3. Pour illustrer le côté gigantesque, le remplissage du barrage Atatürk, à partir de 1992, a fait baisser le débit de l’Euphrate d’un quart. En 1992, M. Karman Inan, ministre turque de l’intérieur, lors de la mise en eau du barrage Atatürk, déclarait : « l'eau sera la ressource la plus importante au Proche-Orient dans les décennies à venir, et nous sommes les plus riches propriétaires de cette ressource dans la région. Ces fleuves sont là depuis des millions d'années. Nous voulons les utiliser pour apporter leurs bienfaits aux enfants de ce pays ». Tout était dit ou presque ! Cette situation pourrait empirer durant les prochaines années, en l’absence d’accord tripartite entre la Turquie, l’Iraq et la Syrie.

Selon Frédéric Lasserre, en 1990, la Syrie et la Turquie ont menacé d’en venir aux armes pour régler leur différend. De même, « lors de la crise d’octobre 1998, au cours de laquelle étaient entremêlées les questions du soutien syrien au PKK en Turquie et du partage des eaux de l’Euphrate, la Syrie a dû plier face aux menaces explicites d’Ankara ». Le GAP devrait permettre de produire de l’hydroélectricité et de développer le « Kurdistan turc » et ainsi, l’ancrer dans le destin national. La population kurde est répartie sur les territoires de la Turquie, de l’Iraq, de la Syrie, de l’Iran et de l’Arménie, depuis le traité de Lausanne de 1923. Il convient donc de coupler la problématique de l’eau et celle du Kurdistan turc : sous-développement, terrorisme, séparatisme, etc. L’eau est un moyen de gestion des kurdes de l’intérieur et de l’extérieur, comme la puissance militaire qui fait régner l’ordre à l’intérieur et intervient chaque fois que nécessaire à l’extérieur, notamment au Kurdistan iraquien comme en février 2008. Le smart power turc est simple, clair et efficace : la gestion de l’eau (soft power) et la pression militaire (hard power), le château d’eau et le château fort.

L’eau est donc un instrument de puissance qui alliée à la puissance militaire et politique turque lui permet de peser directement sur quelques pays de la région, notamment l’Iraq. Le « Kurdistan turc » qui n’a pas la chance d’avoir du pétrole, comme son frère iraquien, est lié à l’enjeu de l’eau. Cette gestion de l’eau permet de peser sur la politique iraquienne et syrienne, dans une moindre mesure. C’est un des principaux leviers pour limiter l’autonomie du Kurdistan iraquien. Rien n’empêche de penser qu’une entente avec l’autre puissance de la région, l’Iran, pourrait transformer l’Iraq en Etat tampon sous double influence. Cette question reste entière concernant l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne (UE). En l’absence d’accord sur l’eau entre les pays du bassin du Tigre et de l’Euphrate, l’UE peut-elle réellement cautionner une politique turque qui vise à assurer son propre développement en risquant d’empêcher des populations voisines de produire leur nourriture et d’avoir un juste accès aux ressources hydrauliques ?
Sources :
- La gestion de l'eau et son impact sur le droit international par Moussa Elimane Sall
- Dispute autour du Tigre et de l'Euphrate par Christophe Rymarski
- Site du GAP
- Guerres de l’eau : paradigme des guerres du XXIe siècle ? Fréderic Lasserre
mercredi 24 mars 2010
Center for complex operations

mardi 23 mars 2010
Le rapport Chevènement sur le nucléaire

Le résumé du Sénat sur senat.fr :A l'approche de la conférence quinquennale d'examen du traité de non-prolifération nucléaire, qui aura lieu aux Nations unies à New York au mois de mai 2010, le débat international sur le désarmement et la non-prolifération nucléaires s'amplifie.Alors que les crises iranienne et nord-coréenne ne sont pas résolues et que la communauté internationale s'interroge sur sa capacité à enrayer la prolifération nucléaire, les prises de position du président Obama et la perspective d'un nouveau traité de réduction des armes stratégiques entre les Etats-Unis et la Russie ont créé de nouvelles attentes en matière de désarmement nucléaire. Par ailleurs, l'intérêt d'un nombre croissant d'Etats pour le nucléaire civil donne une actualité nouvelle à la mise en oeuvre du troisième « pilier » du TNP, sur les accès aux usages pacifiques de l'énergie nucléaire.A travers ce rapport d'information, la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a souhaité éclairer les principaux enjeux de ce débat et leurs implications pour la France.Ce rapport souhaite répondre aux questions suivantes:- à quelles conditions peut-on se diriger vers des progrès significatifs en matière de désarmement nucléaire tout en renforçant la stabilité et la sécurité internationales ?- comment lutter plus efficacement contre la prolifération nucléaire tout en répondant aux attentes des pays désireux d'accéder aux bénéfices de l'énergie nucléaire civile ?Le rapport se prononce sur les positions que la France devrait adopter au regard de ces objectifs, mais également de sa sécurité et de celle de l'Europe.
lundi 22 mars 2010
L'eau tue plus que la guerre

dimanche 21 mars 2010
Après la bataille par Victor Hugo

cyberattaque contre votre voiture ?
samedi 20 mars 2010
Brouillage de masse de Voice of America en Ethiopie

jeudi 18 mars 2010
Vulnérabilité des réseaux américains

mercredi 17 mars 2010
Sévices publics, recherche d'audience, information ou éducation ?

- individuellement, lorsque nous sommes soumis à une autorité, nous pouvons tous ou presque basculer dans un rôle de tortionnaire
- collectivement, nous pouvons très facilement basculer dans une situation de soumission ou d'oppression anormales

mardi 16 mars 2010
22 ans depuis le massacre d'Halabja


lundi 15 mars 2010
DSI, le nouveau site
dimanche 14 mars 2010
Une cyberguerre entre l'Iran et les Etats-Unis ?


- Les cyberféministes iraniennes récompensées pour leur courage (chroniques orientales Figaro)
- Vers une cyberpolice... en Iran
- Billet sur le cyber
Héros, victimes, action, pensée et sens de l'engagement
Non, dit le conquérant, ne croyez pas que pour aimer l’action, il m’ait fallu désapprendre à penser. Je puis parfaitement au contraire définir ce que je crois. Car je le crois avec force et je le vois d’une vue certaine et claire. Méfiez-vous des ceux qui disent: « Ceci, je le sais trop pour pouvoir l’exprimer. » Car s’ils ne le peuvent, c’est qu’ils ne le savent pas ou que, par paresse, ils se sont arrêtés à l’écorce.
[...]
Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. Ces déchirements sont affreux. Mais pour un cœur fier, il ne peut y avoir de milieu. Il y a Dieu ou le temps, cette croix ou cette épée. Ce monde a un sens plus haut qui surpasse ses agitations ou rien n’est vrai que ces agitations. Il faut vivre avec le temps et mourir avec lui ou s’y soustraire pour une plus grande vie.
samedi 13 mars 2010
Ghana versus Côte d'Ivoire : une guerre pour le pétrole ?


jeudi 11 mars 2010
L'insurrection papoue par l'ICG

mercredi 10 mars 2010
L'Iran poursuit sa préparation de la guerre asymétrique
















