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dimanche 31 janvier 2010

Renseignement : attentats, cybercriminalité, otages, services, M .Bajolet s'exprime

Je conseille vivement la lecture de l'audition de M. Bernard Bajolet, coordonnateur national du renseignement à la Présidence de la République, devant la commission de la défense à l'Assemblée nationale. M. Barjolet revient sur ce qui a été fait depuis le Livre blanc de 2008, au sujet de l'amélioration de la synergie entre services. Il aborde, lors d'une série de questions et de réponses courtes, des thèmes variés comme la situation des otages français, le risque d'attentats jugé très élevé, les équipements en termes de renseignement électromagnétique ou d'origine image, etc.
Picture of Globe
nsa.gov
M. le président Guy Teissier. Nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui l’ambassadeur Bernard Bajolet, coordonnateur national du renseignement.
M. Bajolet exerce ces fonctions depuis le 21 juillet 2008, après avoir été notamment ambassadeur en Algérie, en Irak et en Jordanie. Je rappelle qu’il est le premier titulaire de ce poste, dont la création a été préconisée par le Livre blanc et décidée par le Président de la République. Vous êtes d’ailleurs placé, monsieur Bajolet, directement auprès du chef de l’État.
Vous allez nous exposer l’état d’avancement de la réforme des services de renseignement. Où en sont, en effet, les différents chantiers lancés dans ce domaine, qu’il s’agisse de l’amélioration de l’organisation des services, de l’accroissement des moyens recommandé par le Livre blanc ou de la gestion des ressources humaines ? Où en est notamment le projet de création d’une académie du renseignement et quelle forme celle-ci devrait-elle prendre ?
Par ailleurs, je pense que nos collègues seraient intéressés de connaître votre analyse sur les principales menaces en cours au regard de notre défense et de notre sécurité nationale.
Je vous cède donc la parole et je ne doute pas que nous serons nombreux à vous poser des questions à la suite de votre exposé.
M. Bernard Bajolet, coordonnateur national du renseignement. Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, je suis très honoré d’être entendu par votre commission pour vous présenter l’état de la réforme des services de renseignement. Je suis accompagné de deux de mes trois adjoints, le général Christophe Gomart et M. Jérôme Poirot. La structure que je dirige est relativement modeste avec ses 16 personnes. Ces effectifs, cependant, nous conviennent. Nos partenaires américains sont assez surpris de ce nombre dans la mesure où leur structure dispose d’environ 150 fois plus de personnels pour coordonner l’activité de dix fois plus de personnes, sans pour autant que leurs résultats soient systématiquement meilleurs que les nôtres. Je m’appuie en outre sur les structures du secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale et, notamment, sur le secrétariat du conseil national du renseignement qui comprend une demi-douzaine de personnes. Ce dernier anime des groupes de travail thématiques ou géographiques en liaison avec ma propre équipe.
La réforme des services de renseignement a commencé en 2007 avec la création de la délégation parlementaire au renseignement, qui est mon interlocuteur principal au sein du Parlement. J’ai déjà été reçu deux fois par vos collègues, ma dernière intervention ayant porté entre autres sur le deuxième site nucléaire iranien. La réorganisation s’est poursuivie en 2008 par la mise en place de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), fusion partielle des renseignements généraux (RG) et de la direction de la sécurité du territoire (DST). Cette évolution a été consacrée par le Livre blanc, qui recommandait que soit créée une structure unique de coordination du renseignement. Le Président de la République m’a confié ce travail par une lettre de mission le 23 juillet 2008 et j’ai été confirmé dans mes fonctions à la suite de la publication du décret du 24 décembre 2009 relatif aux institutions de défense et de sécurité. Le conseil de défense est devenu le conseil de défense et de sécurité nationale – avec ses deux formations spécialisées que sont le conseil national du renseignement (CNR) et le conseil des armements nucléaires – tandis que le SGDN est devenu le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, le SGDSN. Puis, le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, ses adjoints et le coordonnateur national du renseignement ont été nommés lors du conseil des ministres du 13 janvier dernier.
Même si le décret donne une base forte à notre action, nous avions entamé dès 2008 d’importants travaux de réflexion et de modernisation du renseignement. En ce qui concerne les ressources humaines, une mission a été confiée à Bernard Pécheur, Conseiller d’État. Son rapport, remis en juin dernier, formule treize recommandations, dont la mise en œuvre a été débattue dans le cadre d’un groupe de travail présidé par le CNR et réunissant des représentants du Premier ministre, des ministères et des services. Nous sommes parvenus à un accord sur tous les points, ce qui devrait permettre de faciliter la mobilité entre les différents services et donner plus de souplesse dans le recrutement de contractuels de haut niveau.
La formation a pour sa part fait l’objet d’une réflexion menée par Florian Blazy, maître des requêtes au Conseil d’État, dont le rapport a également été rendu en juin dernier. Celui–ci porte notamment sur la création d’une académie du renseignement. Il ne s’agit nullement de créer une structure physique de formation des agents, mais bien de développer un programme de formation commun, ou au moins partagé, pour l’ensemble des services concernés. Pour ce faire, nous mettons en place une mission de préfiguration dirigée par un spécialiste de l’ingénierie de la formation. Il lui appartiendra d’organiser la première session après avoir défini le contenu, la forme juridique et les moyens humains et budgétaires nécessaires à ce programme de formation. Nous ne cherchons pas à recréer de toutes pièces une structure, mais à partir de ce qui existe pour mutualiser les efforts et gagner en efficacité.
Sur le plan budgétaire, une mission a été confiée à l’inspecteur général des finances Yves Bonnet, qui a proposé, dans un rapport remis l’été dernier, une vue d’ensemble des moyens consacrés aux services de renseignement.
Je veux enfin insister sur l’investissement, bien que nous ayons la conviction forte que l’effort technologique ne doit pas se faire au détriment du renseignement humain, pierre angulaire du dispositif français de renseignement. Il n’en reste pas moins que nos équipes doivent disposer des outils adaptés à leurs missions. Je préside plusieurs comités interministériels d’investissement qui examinent ces questions. Nous veillons à développer les moyens des services, qu’il s’agisse du renseignement d’origine électromagnétique (ROEM) ou du renseignement d’origine image (ROIM).
Ces travaux montrent que nous avons franchi des étapes importantes, mais que la réforme n’est pas pour autant achevée. Notre objectif est bien de créer une véritable communauté française du renseignement. Je me réjouis d’ailleurs que ce terme ait été repris par le décret du 24 décembre dernier. Concrètement, cela se traduit, entre autres, par une réunion mensuelle de l’ensemble des responsables du renseignement, qui sont appelés à former une équipe, et par la tenue d’autres réunions à géométrie variable. Il s’agit bien de mutualiser nos pratiques et surtout de faciliter la circulation de l’information entre les services. C’est clairement la priorité, car on ne nous pardonnerait pas de ne pas avoir réagi à une tentative d’attentat en raison d’une mauvaise coordination des services.
Je tiens à remercier le Parlement, qui soutient, à l’occasion de la loi de finances, les moyens alloués aux services, tant pour le fonctionnement que pour l’investissement.
J’en viens maintenant à l’évaluation de la menace.
La tentative d’attentat sur le vol Amsterdam-Detroit du 25 décembre dernier nous interpelle et nous oblige à un examen rétrospectif. Nous avons déjà pris des mesures en conséquence, mais cela nous incite à ne pas relâcher nos efforts. Nous ne devons néanmoins pas nous focaliser sur un seul mode opératoire, mais envisager toutes les possibilités, sans exclure les attaques par voie maritime ou terrestre, tout en évitant de susciter l’inquiétude dans l’opinion.
La question de la prolifération nucléaire compte aussi parmi nos priorités et ne se limite pas au seul cas de l’Iran.
Nous sommes enfin très mobilisés sur le contre-espionnage, ayant constaté une hausse de l’activité de certains services sur notre territoire ou à l’encontre de nos intérêts. La menace est politique mais aussi et surtout économique. La délégation interministérielle à l’intelligence économique créée en juillet 2009 est en charge de ce dossier et veille à protéger les entreprises françaises contre toutes les menaces, qu’il s’agisse de l’espionnage industriel ou des prises de contrôle non souhaitées par exemple. En ce domaine, la lutte informatique est déterminante. L’agence nationale de sécurité des systèmes d’information, placée auprès du SGDSN, travaille activement sur ce dossier, mais nous devons encore faire un effort dans ce domaine.
M. le président Guy Teissier. Deux pays au moins ont été touchés par des attaques relevant de la cybercriminalité. Nos services assurent-ils une veille en ce domaine ? La France dispose-t-elle des capacités suffisantes pour y faire face ?

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Planifier la guerre aérienne selon Warden

La campagne aérienne, publication en vue du combat par John Warden III, est un ouvrage peu lu en France mais qui mérite d’être lu. L’auteur John Warden III est colonel en retraite de l’US Air Force. Né le 21 décembre 1943, il a écrit cet ouvrage alors qu’il était encore en activité.
Ce livre est très connu pour sa théorie des 5 cercles. Il est certes daté mais il ne faut pas pour autant tout rejeter en bloc. Cet ouvrage, simple et clair de lecture, permet de comprendre les grandes lignes de la stratégie aérienne et de sa déclinaison au niveau opératif. Ce livre ne se place résolument pas au niveau technico-tactique. Il s’appuie sur les exemples des guerres de Corée, du Vietnam et de la seconde guerre mondiale.
Le premier chapitre traite de la supériorité aérienne qui selon l’auteur fait la différence entre la victoire et la défaite. Il propose 5 cas de guerre sous l’angle de la guerre aérienne et 4 variables de la supériorité aérienne.
Cas de guerre :
  • Capacité et volonté d’attaquer les bases aériennes adverses pour les 2 adversaires
  • Capacité et volonté d’attaquer les bases aériennes adverses pour un adversaire et seulement la capacité d’attaquer la ligne de front pour l’autre
  • Un des belligérants est vulnérable aux attaques de l’autre mais n’est pas en mesure de l’atteindre
  • Aucun des protagonistes ne peut agir sur les arrières de l’ennemi
  • Pas d’utilisation de l’aviation de combat
Dans les chapitres suivants, il revient abondamment sur les notions d’offensive et de défensive aérienne. Il vient ensuite sur la notion d’interdiction : dans la profondeur, intermédiaire, rapprochée.
Si le commandement est certain que l’issue d’une guerre se décidera avant qu’un quelconque effet d’une action donnée se manifeste, alors il est inopportun de gaspiller des ressources dans cette entreprise. (À propos de l’interdiction dans la profondeur).
L’appui aérien rapproché (action dans la limite de portée d’artillerie des forces terrestres pour différencier par rapport aux interdictions) est ensuite abordé. Selon l’auteur, il est utile soit comme réserve, soit comme effet « coup de butoir ».
Le chapitre sur les réserves aériennes est très intéressant car ce concept est parfois controversé. Les réserves augmentent les facteurs d’incertitude. L’auteur est convaincant dans ses exemples et, notamment, celui de la Bataille d’Angleterre. Les anglais ont conservé des réserves stratégiques et opératives au plus fort de la bataille d’Angleterre, malgré l’étendue des destructions militaires et civiles. Une concentration opportune des réserves a permis de faire céder la Luftwaffe.
L’ouvrage se termine par des considérations permettant de combiner les actions aériennes. Il aborde la problématique des frappes contre le centre de gravité de l’ennemi.
Warden développe 5 principes sur la conduite de la guerre :
  • L’ennemi résiste jusqu’à ce qu’il considère que toute poursuite de la lutte serait futile
  • Le degré de souffrance qu’un Etat est prêt à endurer est proportionnel à ce qu’il risque de perdre
  • « Il n’y a pas de laides amours ». Ex : l’Indochine : un joyau pour le Vietminh et une jungle humide pour les américains
  • Le camp qui possède le plus d’intérêt dans le conflit détermine son intensité
  • Les objectifs militaires de la campagne doivent être liés aux buts politiques en considérant le point de vue de l’ennemi, non le sien propre
La théorie développée par Warden est intéressante mais elle est trop rigide dans la description du système ennemi (5 cercles / Direction au centre puis fonctions organiques essentielles, infrastructures, population, forces déployées). Les principes me semblent bons mais certains détails, trop peu évolutifs, sclérosent la pensée. La vision de la guerre (aérienne) par Warden reste fondée sur la guerre interétatique et l’affrontement entre blocs d’alliance.
Des passages pleins de bon sens et brillants font tout de même de ce livre une référence.
Pour terminer, je citerai :
  • Si le monde était prédictible, la guerre en serait bannie. Les belligérants en connaissant l’issue, grâce à l’analyse mathématique, signeraient les termes de l’armistice avant même que les premières balles ne soit tirées.
  • La composante terrestre doit être dominante si le temps est une donnée essentielle du conflit et s’il est acquis qu’une action terrestre permet d’atteindre le but politique de la guerre sensiblement plus vite qu’une action aérienne
  • L’aviation doit être la composante dominante lorsque les forces terrestres ou navales ne sont pas en mesure d’atteindre les objectifs, soit en raison d’effectifs insuffisants, soit en raison d’une incapacité à toucher le centre de gravité militaire de l’ennemi. […] Enfin, il peut être judicieux de retenir l’aviation comme composante dominante dans un éventail plus large de circonstances, dès lors que le temps ne constitue pas une contrainte significative.
Publié également sur Lignes stratégiques.
Crédits images : US Air force

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samedi 30 janvier 2010

Terre fraternité : une solidarité indispensable

"La solidarité n'est pas obligatoire. Elle est juste indispensable." C'est la devise de Terre fraternité et avec ces mots tout est presque dit. Terre Fraternité est née en 2005 sous l'impulsion du Général d'armée Bernard THORETTE (ancien CEMAT), des conséquences dramatiques du massacre de Bouaké (novembre 2004) et des besoins nouveaux qui sont apparus à l’égard des familles, des veuves… La France a eu tous les ans des morts ou des blessés en opérations ces dernières années. Cela augmente régulièrement. Au-delà des statistiques, des familles de soldats morts ou blessés et des militaires blessés ont besoin d'être soutenus après avoir été au bout de leur engagement pour la défense de la République, au sein de son armée.
A titre d'exemple, 4 000 militaires sont actuellement déployés en Afghanistan. L'armée de terre a enregistré 300 blessés depuis 2005 dont environ la moitié en 2009. Un peu de solidarité ne nuit pas.

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vendredi 29 janvier 2010

Je perds mon latin

Je perds mon latin mais je devrais pouvoir me raccrocher au français. Il me semblait qu'il existait des principes linguistiques en France. Je croyais que l'effort était mis sur l'apprentissage de la langue française mais ne sommes-nous pas en train de construire une nouvelle Babel ?
Je cite la constitution française :
Article 2
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
La langue de la République est le français.
L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
L'hymne national est la « Marseillaise ».
La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
[...]
Article 75-1
Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.
Que propose t-on (l'Education nationale) aux élèves d'élémentaire, depuis peu, en raison d'accords internationaux ? Apprendre une langue étrangère dès la primaire : Tunisie, Algérie, Maroc, Croatie, Serbie, Espagne, Italie, Portugual, Turquie. (pour mieux comprendre cliquer sur un lien)
Il ne s'agit pas de nier les origines de certains enfants ou le grand intérêt des langues étrangères, mais je constate que :
  • les jeunes ont des difficultés à assimiler le français (comme nous à l'époque). C'est encore plus difficile lorsqu'on leur ajoute des heures de cours
  • toutes les langues ne sont pas représentées : langues d'Afrique noire, langues asiatiques ?
  • les langues régionales françaises sont très peu enseignées en France (je ne m'en plains pas mais je peux comprendre cet attachement)
  • l'anglais langue véhiculaire internationale est enseigné, a minima, faute de temps
Ce n'est pas très expliqué, tout cela.
Veut-on un français, actuellement vernaculaire en France (véhiculaire et vernaculaire dans la Francophonie), qui devienne une langue véhiculaire en France (et vernaculaire dans certaines zones seulement du pays) ?
J'en perds mon latin.

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jeudi 28 janvier 2010

Découvrir : écoute et renseignement

Encore un blog à signaler. Cela montre la bonne santé de la blogosphère francophone de défense et de stratégie. Ecoute & renseignement est le blog d'Alain Charret, le rédacteur en chef de l'excellent Renseignor. L'info est souvent un peu brute (je ne suis pas sûr que tout le monde mesure la difficulté de ce travail) mais cela vaut un détour régulier sur ce blog et sur le très élaboré Renseignor, disponible sur le site du CF2R.

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mercredi 27 janvier 2010

Des forces spéciales américaines et pakistanaises au Yémen ?

Selon le Washington post, les Etats-Unis auraient déployé des forces spéciales au Yémen, pour former l'armée de ce pays. Ceci n'est pas un scoop. Ce qui est plus intéressant, c'est que des forces spéciales américaines mèneraient actuellement des opérations dans ce pays : combat, renseignement, etc. Des sites d'Al-Qaïda auraient été frappés grâce à ces actions. Ce nouveau "front" serait donc celui d'une guerre secrète contre Al-Qaïda beaucoup moins médiatisée que celle menée en Afghanistan.
File:JSOC emblem 2.jpg
Par ailleurs, selon le quotidien pakistanais Jang, 300 hommes des forces spéciales pakistanaises auraient été déployées au Yémen, pour lutter contre la rébellion Houthi. Info ou Intox ? L'avenir le dira mais cela commence à faire "beaucoup de monde" dans ce pays.
Une réunion internationale a eu lieu à Londres aujourd'hui, sur le Yémen, pour traiter du problème du terrorisme international dans ce pays. Quelles en seront les conséquences concrètes ?
Alors que le conflit contre les Houthis s'enlise, que va devenir la lutte contre les djihadistes ? Opération limitée ou de grande ampleur ? A suivre...

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mardi 26 janvier 2010

Découvrir Lignes stratégiques

L'Alliance géostratégique (AGS) a mis en ligne un nouveau blog qui permet de mutualiser toutes les notes de lecture des blogeurs du webzine, ainsi que des comptes-rendus de films, d'expositions, de lectures diverses...
Lignes stratégiques a pour ambition de devenir une importante base de connaissances sur toute littérature sur les questions de défense (stratégie, géopolitique, géographie, histoire, relations internationales...). A découvrir impérativement.

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lundi 25 janvier 2010

Service civique : obligatoire ou non ?

L'Assemblée nationale s'est penchée, le 20 janvier dernier, sur le service civique (proposition de loi votée par le Sénat). Le débat est passionnant et passionné. La fin (suspension) du service national a laissé un vide dans la construction de la citoyenneté en France. Personnellement, je suis pour le rétablissement d'un service civique obligatoire, pour remplir des missions de sécurité au sens large et inculquer les valeurs républicaines à la jeunesse. Vous avez un sondage en haut à gauche pour exprimer votre point de vue à ce sujet et les commentaires sont activés.
M. le président Guy Teissier. Mes chers collègues, je suis particulièrement heureux de vous retrouver. Je vous souhaite à tous une très bonne nouvelle année, qu’elle nous permette de continuer à travailler dans la sérénité et la courtoisie qui nous sont coutumières.
Nous sommes réunis pour examiner la proposition de loi sur le service civique. Avant d’entendre le haut commissaire et d’examiner le texte, je voudrais vous indiquer que le rapporteur que nous avions désigné, M. Christophe Guilloteau, m’a informé avant les vacances qu’il souhaitait se démettre cette fonction. Je vous propose donc la candidature de Mme Françoise Hostalier, qui a depuis plusieurs semaines beaucoup travaillé sur le sujet, notamment au sein d’un groupe de travail constitué par le groupe UMP.
Puisqu’il n’y a pas d’objection à cette nomination, je vous propose de passer à l’audition de M. Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et haut commissaire à la jeunesse, qui a souhaité venir nous présenter le texte.
M. Martin Hirsch, haut commissaire à la jeunesse. Mesdames et messieurs les députés, vous comprendrez aisément que je formule le vœu que l’année 2010 permette de voir la naissance d’un service civique ambitieux qui puisse prendre de l’ampleur dans les années qui viennent. Je souhaite qu’il soit à la hauteur des défis, aussi bien pour les jeunes que pour la Nation.
Il s’agit de faire en sorte que tous les jeunes puissent s’investir dans un service civique. Avec ce dispositif, nous visons aussi bien les jeunes qui ne trouvent pas aujourd’hui de réceptacle à leur volonté d’engagement que les jeunes en voie de marginalisation. Pour ces derniers, le service civique doit leur redonner envie de s’engager, aussi bien pour eux que pour la collectivité. Il faut bien rappeler que le service civique est un engagement au service de la Nation. Nous voulons construire un dispositif dont on puisse mesurer les effets non seulement auprès des jeunes mais aussi en termes d’intérêt général. Il ne s’agit pas d’un projet abstrait, mais bien de grandes causes que nous voulons faire progresser. À ce titre, il est fondamental de bien définir les missions et les conditions d’encadrement, afin que ce service civique ne serve pas seulement à occuper les volontaires.
Nous sommes partis d’une proposition de loi sénatoriale déposée par le président du groupe RDSE, M. Yvon Collin, et adoptée à la quasi-unanimité au Sénat. Le travail a continué à l’Assemblée nationale au sein de la commission des affaires culturelles avec son rapporteur, Mme Claude Greff, et au sein de votre propre commission avec Mme Françoise Hostalier qui s’est d’emblée beaucoup impliquée dans les travaux préparatoires et qui vous proposera d’ailleurs plusieurs amendements.
M. Patrick Beaudouin, au titre de sa mission sur la rénovation de la journée d’appel et le parcours civique des jeunes, a lui aussi travaillé avec nous à la mise en place d’un service civique volontaire.
Je note par ailleurs que vous avez été nombreux dans cette commission à avoir signé des appels en faveur d’un service civique au moment de la dernière campagne présidentielle. Il avait alors été question de créer un mécanisme obligatoire. Nous avons écarté cette option, choisissant plutôt un service civique assis sur le volontariat. Ce choix n’est pas d’abord justifié par des impératifs budgétaires : il paraît avant tout impossible d’obliger des jeunes à accomplir un service civique alors même qu’ils ont des difficultés à entrer dans la vie active. Le service civique pourrait alors être perçu comme un pis-aller fort peu attractif. La question pourra peut-être se reposer dans un autre contexte économique et social. On ne peut envisager d’y faire droit tant que le chômage des jeunes demeure au niveau que nous connaissons.
Nous avons également écarté l’idée d’un stage civique extrêmement court. Je préfère le concept d’un service indemnisé qui s’inscrit dans la durée, entre six et douze mois, et qui s’effectue, en France ou à l’étranger, auprès d’un organisme de l’État, des collectivités territoriales, des associations, ou des fondations, avec une mission à accomplir. J’ajoute qu’une formation civique et citoyenne sera dispensée pendant cette période.
Je tiens aussi à ce que ce service civique puisse être valorisé pour tous les jeunes, quels que soient leur parcours ou leur situation. Il faut donc une reconnaissance aussi bien dans les études que dans la vie professionnelle.
Pour ce qui concerne les études, la proposition de loi contient une disposition qui impose aux établissements d’enseignement supérieur de permettre l’accomplissement du service civique sans pénaliser l’étudiant dans son cursus. Ce service devrait également faire l’objet d’une validation au titre des différents crédits.
Sur le plan professionnel, la valorisation est beaucoup plus difficile à définir sur le plan législatif. Il s’agirait de faire en sorte que le service civique soit reconnu par les employeurs comme un atout supplémentaire pour les jeunes qui le réalisent.
Nous proposons également que le service civique compte pour les droits à la retraite comme une période de travail, l’ensemble des droits sociaux étant à la charge de l’État.
Par rapport à la proposition de loi initiale, beaucoup de choses évolueront à l’Assemblée nationale si vous adoptez ce texte et les amendements qui vous sont proposés par votre rapporteur, celui de la commission des affaires culturelles et par le Gouvernement.
J’aimerais toutefois attirer d’ores et déjà attirer votre attention sur plusieurs points. Je sais que vous demandez que les domaines de la défense, de la sécurité et de la prévention soient inscrits parmi les champs du service civique. Le Gouvernement dans son ensemble, ministre de la défense inclus, y est tout à fait favorable. Le champ des possibles est immense et, à côté des pompiers volontaires, il y a une place pour d’autres formes de volontariat dans ces secteurs.
Le deuxième point concerne l’âge d’accès au service civique. Je crois que votre rapporteur préfèrerait qu’il soit réservé aux majeurs. Nous plaidons plutôt pour un accès dès 16 ans, avec, comme le suggère la commission des affaires culturelles, un encadrement et des missions différentes pour les mineurs. Dans le cadre global de la politique de prise en charge des jeunes entre 16 et 18 ans, il est important que le service civique puisse offrir une perspective à tous les jeunes susceptibles de décrocher. Aujourd’hui, ils peuvent déjà s’engager volontairement dans l’armée, par exemple comme mousse. Il faut que le service civique soit pour eux une nouvelle possibilité. Le Gouvernement déposera un amendement précisant que les pouvoirs publics ont une obligation de prise en charge de l’ensemble des jeunes de 16 à 18 ans en veillant à ce qu’ils soient en formation, en emploi, ou, s’ils le veulent, en service civique. Il s’agit de ne pas se priver d’un nouvel instrument et de l’intégrer dans ce dispositif.
De la même façon je crois que vous défendez l’idée de renforcer la formation civique dispensée dans le cadre du service civique. J’y suis tout à fait favorable.
Nous sommes également d’accord pour réfléchir à la notion de réserve du service civique. Nous avons demandé à l’amiral Béreau de réfléchir à la mobilisation des anciens du service civique ; il faut que nous dispositions d’une réserve mobilisable dans des situations d’urgence, de catastrophes, c’est-à-dire des périodes au cours desquelles on peut avoir besoin de faire appel à ce vivier.
À la demande de votre rapporteur, nous réfléchissons également à un service civique senior permettant à des personnes plus âgées de prendre en charge l’encadrement des volontaires de moins de 25 ans.
Le Gouvernement a décidé de prendre totalement à sa charge l’indemnité des volontaires, contrairement à ce qui existe aujourd’hui pour les engagés du service civil volontaire. L’État demande en effet dans ce cas une quote-part aux associations ou aux collectivités territoriales.
Pour conclure, je crois que nous devons mobiliser suffisamment de jeunes avec ce dispositif. Il aura une signification réelle à partir du moment où un jeune sur dix l’effectuera chaque année. Nous avons donc l’objectif d’atteindre en cinq ans entre 70 000 et 80 000 jeunes par an en service civique. Cela impliquera de dégager les financements correspondants au fur et à mesure de la montée en charge du projet. Pour 2010, nous nous sommes fixés un objectif de 10 000 jeunes.
Lire l'intégralité du rapport sur www.assemblee-nationale.fr

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dimanche 24 janvier 2010

Information ou attaque médiatique contre l'armée française, en février ?

Je n'ai pas que les grands auteurs stratégiques dans mes lectures du week-end. Après avoir vu un encart dans ma revue télé hebdomadaire, je me renseigne sur la toile, sur différents sites. Que peut-on lire, par exemple sur television.portail.free.fr :
L’Armée française : elle va faire l'objet d'un documentaire sur Canal+.
Canal+ proposera en février prochain un documentaire sur la pauvreté de l’Armée française. Canal+ diffusera un documentaire choc (TAC Production) en février sur la pauvreté de l’Armée française. Au menu ? Le manque de moyens, les gaspillages, les mauvais choix stratégiques…
Wiki
C'est bien mystérieux et racoleur. J'en frémis d'avance !

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samedi 23 janvier 2010

Désarmer les milices palestiniennes en dehors des camps libanais ?

Le Front populaire de libération de la Palestine - Commandement général existe toujours (pour ceux qui l'avaient oublié). Il a même débuté aujourd'hui des exercices militaires aux environs de sa base de Qoussaya dans la Bekaa (Liban). Des sons d'obus d'artillerie, de roquettes, et de canons anti aériens auraient été entendus. Selon la presse libanaise, l'armée libanaise s'est déployée autour de ce camp historique de ce mouvement.
medium_occupationsyrie.jpg
chroniquesbeyrouthines.20minutes-blogs.fr
*
Cette information relativement anecdotique (ce type d'entraînement est régulier) me fait penser à quelques commentaires :
  • les Palestiniens au Liban disposent de nombreuses armes en dehors des camps officiels, en violation de la souveraineté libanaise et de la résolution 1559 de l'ONU. A quand leur désarmement ?
  • le problème palestinien n'est pas limité au territoire de la Palestine historique. Centrer le règlement de ce problème sur l'occupation par Israël de territoires ne permet pas d'avoir une approche globale.
  • il n'y a pas que des groupes terroristes jihadistes dans le monde et notamment dans le monde arabe
  • A plus long terme, le désarmement des Palestiniens dans leurs camps devra être réalisé d'une manière ou d'une autre. Au regard du drame de Nahr El-bared (Tripoli), un désarmement pacifique des Palestiniens me parait plus pertinent, en commençant par les mouvements terroristes jihadistes ou nationalistes, pour favoriser le Fatah (groupe actuellement modéré)
Le FPLP-CG et Fatah Al-Intifada ont déjà annoncé qu'ils ne voulaient pas désarmer... Nous allons donc vers de nouveaux renoncements ou de nouveaux conflits armés.

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vendredi 22 janvier 2010

Après les centrales nucléaires, les aéroports en état d'alerte en Inde

L'Inde vient de renforcer ses mesures de sécurité dans ses aéroports, en raison des risques accrus de détournement par des mouvements proches d'Al-Qaïda. Selon l'AFP, l'alerte émane du ministère indien de l'Aviation civile selon lequel des vols de la compagnie Air India, notamment, pourraient être la cible de groupes islamistes proches d'Al Qaïda ou du Lashkar-e-Taïba (LeT). L'Inde fait face à des menaces terroristes régulières depuis longtemps. Certaines se sont concrétisées fin novembre 2008 à Bombay. En novembre 2009, les centrales nucléaires indiennes avaient été placées en état d'alerte.

US Gov

Outre leur fond de commerce de terreur, ces groupes pourraient chercher à plomber la détente indo-pakistanaise actuelle ou à détourner un avion pour échanger les passagers contre des jihadistes emprisonnés en Inde (précédent en 1999 sur un vol d'Air India, entre Katmandou et Kandahar). La situation au Yémen, l'attentat manqué de noël sur l'Amsterdam-Détroit, les menaces sur l'Inde montre que les groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ne sont pas morts et même toujours actifs... Reste à ne pas se laisser endormir...

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Découvrir Chroniques persannes

Encore un blog qu'il faut aller voir sans attendre : Chroniques persanes, le blog de Vincent Eiffling sur l'analyse de la politique iranienne et de ses enjeux géopolitiques et géostratégiques. Ainsi, vous pourrez mieux connaître l'Iran. Bienvenue dans la blogosphère francophone de défense, de géopolitique et de stratégie.
NASA

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jeudi 21 janvier 2010

Au secours, encore une théorie du complot

Chaque catastrophe amène sa théorie du complot. Selon Presstv (sa source serait Spanish newspaper ABC), un organe de presse iranien, Hugo Chavez, président venezuelien, le 20 janvier 2010, a accusé les Etats-Unis d'avoir causé le tremblement de terre haïtien, en testant une nouvelle arme tectonique. Il a déclaré que les Etats-Unis jouaient à être Dieu et qu'ils testaient une arme environnementale dans le but ultime de frapper l'Iran. Ils les a accusé d'occuper militairement ce pays...
Devant ce type de déclaration, on hésite entre le rire et la colère. Mieux vaut envoyer des secours que de développer ce type de théories. Il faudrait bien que les adeptes de la théorie du complot se calment un jour mais j'ai bien peur que ce ne soit pas pour demain.
En tout cas, on peut vraiment dire que la vérité est ailleurs !
Crédits : US Gov

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mercredi 20 janvier 2010

Une alliance de sécurité collective autour de l'Iran ?

Le général Ahmad Vahidi, le 19 janvier 2010, ministre iranien de la défense, a réitéré la nature défensive de la puissance militaire iranienne. Selon lui, les armes iraniennes ont pour but de dissuader les puissances qui voudraient attaquer l'Iran. Il a accusé la doctrine américaine d'être agressive. Il a ajouté que Téhéran était prêt à signer un accord de sécurité collective avec d'autres Etats du Golfe arabo-persique.
presstv
Cette déclaration s'inscrit dans la lignée de la politique de défense iranienne. Une alliance de sécurité collective avec l'Iran a peu de chance d'arriver mais, si elle voyait le jour, constituerait une rupture stratégique majeure dans la région. Quels pays pourraient se joindre à l'Iran ? La Syrie, hypothèse la plus probable (même si cette probabilité est faible) ? L'Irak, hypothèse la moins probable tant que des troupes américaines seront en Irak ? Le Liban, hypothèse difficilement acceptable par Israël.
Au-delà de l'effet d'annonce, l'Iran cherche toujours à sanctuariser son territoire (missiles + technologie nucléaire) et à rompre "l'encerclement" du pays par des forces américaines.

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mardi 19 janvier 2010

Historicoblog : le retour

Historicoblog est de retour. Il porte le numéro 3. Stéphane Mantoux, un blogueur émérite vient de fermer Ifrikiya, spécialisé sur l'Afrique, et d'ouvrir son nouveau blog Historicoblog3. C'est difficile à prononcer mais agréable à lire. Allez-y!
NASA

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lundi 18 janvier 2010

Haïti : de l’insécurité sanitaire à la guerre sans ennemi

Billet publié simultanément sur le site de l'AGS

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L’Organisation mondiale de la santé a déjà publié un dossier préliminaire concernant la situation sanitaire en Haïti : Public health risk assessment and interventions, Earthquake: Haiti. L’aspect sanitaire de la crise cache quelque peu l’enjeu sécuritaire actuel dans ce pays qui ressemble maintenant à un pays en guerre. Après avoir exposé les grandes lignes de ce dossier, il convient d’exposer les caractéristiques sécuritaires de cette crise, avec toute l’humilité que requièrent les commentaires sur cette situation d’exception.

L’évaluation de la situation et les recommandations de l‘OMS

Le 12 janvier dernier, peu avant 17h00 (locale,), un tremblement de terre de 7.0 sur l’échelle de Richter a ravagé la région de Port-au-Prince, capitale d’Haïti. Des répliques de 6.0 ont été enregistrées peu après (niveau de celui de l’Aquila en Italie en février 2009). Environ 3,5 millions de personnes vivent dans les zones dans lesquelles les destructions sont les plus graves. Ce tremblement de terre s’ajoute à des années de crises politiques, de catastrophes naturelles (ouragans, tempêtes tropicales, etc.). La plupart des infrastructures sont détruites dans la zone critique : transport, électricité, téléphone, hôpitaux, distribution d’eau, etc. Le personnel chargé de réparer et de faire fonctionner ces services publics (internationaux, nationaux ou privés) sont également victimes de cette catastrophe. Déjà en temps normal, la moitié de la population n’a pas accès à l’eau potable et s’avère en état de malnutrition. Quatre personnes sur cinq n’ont pas les moyens d’avoir des soins corrects.

Par conséquent et comme souvent dans les catastrophes de grande ampleur, la capacité locale à répondre à la crise est presque nulle ou insuffisante. L’aide doit donc venir de l’extérieur de la zone touchée. Malheureusement, des dommages importants ont touché le port de commerce et l’aéroport, ce qui transforme la situation en casse-tête logistique.

Les premières causes d’atteinte à la santé sont les traumas physiques : fractures simples ou multiples, brûlures, etc. En raison de la destruction de moyens chirurgicaux et de produits nécessaires pour opérer, des complications pourraient apparaître parmi les blessés : gangrène et tétanos. Par ailleurs, selon l’OMS, la population sera encore plus vulnérable à l’ensemble des maladies actuellement présentes : hépatite, paludisme, tétanos, grippe, etc. Un point est rappelé par l’OMS, les cadavres dus au tremblement de terre initial ne seraient pas un problème de santé publique, contrairement à ceux des personnes qui vont mourir de maladie ultérieurement.

L’OMS définit dans son rapport les priorités sanitaires :

  • L’accès aux soins médicaux, notamment chirurgicaux et obstétriques

  • Planification de la mise en place d’abris et de camps

  • Approvisionnement suffisant en eau potable

  • Vaccination prioritaires, dont la rougeole

  • Surveillance de l’émergence d’épidémie

  • Appui à la gestion de l’enfance (40% des 1,5 millions de réfugiés auraient moins de 14 ans)

  • Poursuivre des soins pour les maladies chroniques (comme le SIDA)

  • Information de la population

En définitive, il est possible de croire, à la lecture de ce rapport et des informations initialement disponibles dans les médias, que l’urgence de cette crise est d’abord sanitaire. Dès le départ, au-delà de la compassion naturelle, cette crise apparaît pourtant comme un problème logistique et sécuritaire.

map_haiti_earthquake

La gestion de cette catastrophe naturelle ressemble à celle d’une guerre sans ennemi

Mr René Préval, président haïtien, a déclaré le 15 janvier 2010 : « Les dégâts que j’ai pu constater ici sont comparables aux dégâts que l’on aurait pu voir dans un pays qui aurait été bombardé pendant 15 ans. C’est comme dans une guerre ». Le constat pourrait paraître anodin ou convenu mais il ne l’est pas.

Cette crise a effectivement les caractéristiques d’une guerre sans ennemi :

  • Destruction de villes (jusqu’à 90% des habitations)

  • 1,5 millions de réfugiés (les combats au Pakistan au printemps 2009 ont induit un million de réfugiés)

  • 50 à 200 000 morts en quelques heures (équivalent du bilan initial d’Hiroshima)

  • Médecine de guerre avec le tri des blessés (bien trop de personnes à traiter par rapport aux moyens)

  • Déploiement d’unités militaires de la 82ème division aéroportée américaine dès les premières heures (à son actif en autres : débarquement en Italie et en Normandie, Vietnam, Irak, Nouvelle-Orléans pour Katrina)

  • Prise en compte de l’aéroport de Port-au-Prince par l’US Air Force

  • Evacuation de ressortissants par moyens militaires

  • Envoi de navires militaires d’aide (porte-avions USS Carl Vinson, logistique, hôpital, etc.)

  • Concurrence apparente, au plan politique, entre les nations contributrices d’aide

La militarisation de la réponse initiale de crise semble une bonne chose, malgré les réticences idéologiques de certains, car :

  • Les forces armées américaines, de certains pays européens et de quelques autres grandes nations militaires savent intervenir en situation très dégradée

  • Elles disposent des moyens logistiques pour amener des vivres et des matériels de première nécessité dans des zones inaccessibles et de fournir des soins d’urgence

  • Leurs moyens de génie, de renseignement (images satellites, aéronefs, etc.) et de télécommunications permettent de réduire les effets des destructions sur les infrastructures critiques

  • Les unités militaires peuvent maintenir le minimum de sécurité nécessaire aux organisations internationales ou non gouvernementales pour agir

  • Les ONG, l’ONU et les services de l’Etat haïtien ont été touchés fortement par le tremblement de terre

Une militarisation de la réponse à cette crise ne semble pas une bonne solution à plus long terme. Si elle est sans doute la plus efficace lors de l’intervention initiale, la force militaire devrait reprendre sa place dans la phase ultérieure de reconstruction. La mise en place d’une approche globale (comprehensiveapproach), associant tous les acteurs sous l’égide d’un leader, comme l’ONU ou l’Etat haïtien, est la seule méthode qui peut permettre de coordonner l’action internationale à très grande échelle et dans la durée. Ce qui est clair, c’est que rien ne se fera sans un (r)établissement préalable de la sécurité. Espérons que cela ira aussi vite que possible pour cette population en état de survie.

Sources :

  1. Haiti: Earthquakes - Jan 2010 (cartographie du séisme haïtien)
  2. Public health risk assessment and interventions, Earthquake: Haiti (OMS)
  3. Crédits photos : US GOV sauf la dernière (Ministère de la défense)

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