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mercredi 25 août 2010

La guerre dans Paradis sur mesure

La science fiction permet d’aborder les questions de défense autrement et pas seulement sous l’angle technologique. C’est une projection des rêves et des cauchemars de l’humanité. Bernard Werber, célébrissime auteur des Fourmis et de l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu (entre autres), aborde le thème de la guerre et du conflit dans presque tous ses romans. Paradis sur mesure offre une vision, par l’intermédiaire de 17 histoires, décrivant des mondes possibles ou probables. Ce n’est pas son meilleur livre mais cela se laisse lire.
US Gov
Ce sont des scénarios généralement oubliés ou recalés dans les études prospectives mais à leur lecture, on peut se dire pourquoi pas ? Dans une des nouvelles, il décrit un monde dans lequel un trou dans la couche d’ozone déclenche des cataclysmes, une dictature écologiste mondiale puis un ensemble de guerres internationales puis civiles. Dans une autre histoire, il décrit une civilisation disparue, en raison des guerres incessantes, explorée par un archéologue d’une autre espèce. Un de ses récits aborde l’émergence potentielle d’une humanité composée de femmes en raison d’un conflit potentiel lié aux armes de destruction massive. Une autre histoire toute aussi passionnante se situe après une troisième guerre mondiale avec 5 milliards de morts. A la suite de ce conflit, les dirigeants décident la fin des religions, des nations, de l’histoire et d’autres notions importantes, dans une ambiance d’autodafé. Un récit aussi savoureux qu’étrange raconte une guerre des marques entre entreprises dont les armées et les organisations se sont substituées aux Etats, sur terre et dans l’espace. Une bataille qui oppose Microsoft contre Apple et Nokia est gagnée par ces derniers grâce à leurs brouilleurs… J’arrête là l’inventaire de ces fictions.
Ce que je trouve intéressant dans ces histoires, c’est qu’elles racontent des guerres totales, souvent à mort entre nations, entreprises, entités. Cela tranche avec des avenirs possibles qui sont rarement vus comme une confrontation mondiale. J’ai récemment lu peu de scénarios prospectifs incluant une guerre nucléaire à plus ou moins grande échelle. Il y a seulement 20 ans, ces scénarios étaient dans les plus probables et pourquoi ne le seraient-ils pas dans 20 ans ? A l’heure des conflits généralement limités et non interétatiques, la science fiction permet de continuer à penser le possible (hasard sauvage) et à se dégager du probable (hasard sage).
Certains penseront que j’exagère et que ces scénarios sont fantaisistes. Sûrement. Aussi sûrement que le scénario de Dette d’honneur (1994), dans lequel un avion s’écrasait sur le Capitole…

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