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mardi 24 août 2010

Enseignement de défense à l'école

Lors d'un échange avec Romain Mielcarek, journaliste de défense, au sujet d'un de ses articles à lire (sur l'Afghanistan), nous convenions qu'il était nécessaire d'informer les populations sur les enjeux de défense. C'est pour moi une nécessité car, pour la France, les armées se battent au nom du peuple et à sa place (armée professionnelle permanente). Il est donc nécessaire de conserver une certaine adéquation dans le lien nation-armées. L'esprit de défense est censé naître dès l'enfance, à l'école et dans les familles.
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Pour ce qui est de l'Education nationale, il existe des textes de référence.
Je cite les buts exposés :
L'esprit de défense est une attitude active qui s'acquiert en premier lieu par l'enseignement de défense défini par les programmes, mais aussi par l'appropriation des valeurs fondamentales de notre pays, la prise de conscience des menaces qui peuvent peser sur ces valeurs et des vulnérabilités de nos sociétés.
Dans les documents d'accompagnement des programmes, il est indiqué que «le devoir de défense exige que l'École soit partie prenante d'une réflexion critique sur les moyens de préserver les valeurs, sur la sécurité collective des citoyens, sur le devoir d'ingérence...sur les engagements humanitaires.»
L'esprit de défense concerne bien sûr les élèves, mais aussi tous les adultes membres de la communauté scolaire, en tant que citoyens comme dans l'exercice de leurs responsabilités professionnelles.
Je trouve que l'enseignement de défense est trop souvent confondu avec l'instruction civique et qu'il reste le parent très pauvre des programmes, de la primaire au supérieur. Qu'en pensez-vous ?

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5 commentaires:

  1. Bonjour,

    Je rebondis sur ta dernière phrase qui me semble peut-être un peu large.

    Pour le secondaire, que je connais un peu maintenant, c'est plutôt vrai : les questions de défense ne sont abordées que dans le cadre des programmes d'éducation civique (3ème notamment, un chapitre). En histoire, on en parle assez peu car l'histoire "militaire" n'a pas trop la côte dans le supérieur, cette fois, et cela se ressent dans les intitulés des programmes. Par contre, en géographie, on a souvent l'occasion d'aborder des questions géopolitiques et donc, par contrecoup certains enjeux de défense. Je pense là au programme de 2nde, par exemple.

    Il ne faut pas oublier ensuite qu'il y a également l'opportunité de la JAPD, plus ou moins bien exploitée. De mon côté, j'ai eu l'occasion l'an passé de rencontrer les militaires chargés de mener à bien cette mission et d'autres dans ma région lors d'un stage, et visiblement leur efficacité s'est bien améliorée par rapport à l'époque où je l'ai moi-même passée (ça devait être en 1999 ou 2000). Je n'ai pas encore eu l'occasion de les faire intervenir avec une classe mais j'envisage de le faire ; le problème étant qu'ils se déplacent rarement pour un seul effectif étant donné la pénurie de moyens, il faut donc monter un projet à l'échelle de plusieurs établissements.

    Pour le reste, le tout est affaire d'opportunité. Personnellement je suis intéressé par ces questions, j'ai donc tendance à souvent en parler quand je le peux dans mes cours. D'autres collègues -une majorité ?- sont sans doute moins accrocs que moi. Et puis cela dépend aussi du public.

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  2. Merci du commentaire qui m'éclaire sur le secondaire. La question est effectivement un peu large ce qui peut me permettre à de nombreux profils de laisser un commentaire. J'ai quelques infos sur ce qui se fait (ou ne se fait pas) en primaire.
    Je suis, comme d'habitude, preneur d'autres avis et commentaires.

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  3. Les programmes scolaires français sont pourris.

    Les questions de défense sont vues sous l'angle du méchant militaire idiot qui tue des gens.
    D'ailleurs les guerres mondiales ne sont pas abordés d'un point de vue opérationnel dans les programmes d'histoire.

    Moi qui suit étudiant en géographie - et qui ait choisi la géographie dans l'espoir d'une
    quelquonque approche de ces questions dans les programmes - doit se contenter d'un cours, consacré à la géopolitique et géostratégie, d'un seul semestre d'une seule année.

    C'est frustrant et démoralisant quand la moitié des cours traite des cailloux et que les profs réclament de la polyvalence...

    Il ne reste que la prière pour espérer une filière d'enseignement supérieure qui traite
    de défense dès la license et pas dans quelques Master...

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  4. Un commentaire qui m'a été envoyé par mail :

    Je ne sais si la connaissance des élèves va évoluer positivement dans les temps à venir, mais j’en doute. Pour connaître de nombreux enseignants à tous niveaux du primaire comme du secondaire, la majorité semble plus très négative envers la défense des intérêts de la Nation qu’indifférente. On est loin de la IIIe République et de la gauche revancharde et du système éducatif qui a pour objectif de former des ouvriers et des soldats. D’ailleurs évoluer vers une circulaire demandant aux enseignants de dire que la Nation a des intérêts et que ceux-ci doivent être atteints ou protégés par des actions armées ferait du bruit.

    Nous vivons dans une ambiance de paix depuis 1962 (avec un fort antimilitarisme depuis 1946), où la majorité des citoyens pense que l’armée sert à transporter des sacs de riz et qu’elle coûte trop cher. Va falloir du doigté pour faire revenir l’aiguille vers la zone « intérêt national », que personne n’a abandonné en dehors de l’Europe et que nombreux sont ceux à voir comme un égoïsme. Sortir du monde des bisounours, à l’école, alors que tout doit être compréhensible et dans un temps très limité, ce n’est vraiment pas simple. Alors si en plus les enseignants sont contre …

    De plus, arrivent maintenant au collège les générations qui sont filles de celles qui n’ont pas connu le service ancienne mode mais que la JAPD, ce qui éloigne d’autant plus de l’expérience vécue de l’Armée (sans entrer dans le débat sur l’utilité du service avant réforme).

    Cordialement,

    Spurinna
    http://casalibri.blog.fr

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  5. Il est possible que la structure du monde actuelle ne soit plus adaptée à une armée de métier. En d'autres mots, que nos ennemis ne soit pas à l'extérieur avec un joli uniforme avec ennemi écris dessus, mais qu'il soit à l'intérieur entrain de détourner les biens de l'Etat, pousser les français dans la misère sans toit sans possibilité de production de richesses, ou encore accepter qu'il puisse exister des groupes d'influences ! A une époque un politique qui acceptait cela était guillotiné.
    Cordialement

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