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mercredi 14 avril 2010

Plus de "militaire" dans le civil et démilitarisation des esprits

Je m'étonne toujours de l'utilisation croissante du vocabulaire militaire dans d'autres domaines, alors que le poids des armées dans la nation diminue. C'est vrai en France et dans de nombreux pays occidentaux. J'avais abordé ce thème pour le rugby. Aujourd'hui, c'est le tour du ministre de l'intérieur de parler de Task Force. Je n'ai rien contre et aucun avis sur le fond de la proposition ministérielle.
www.stellamadison.com
Ce qui me semble paradoxal est que l'armée sert de plus en plus de référence au civil depuis quelques années alors que la défense est souvent perçue comme une variable d'ajustement budgétaire et un domaine lointain des préoccupations des citoyens. Les tenues de combat ou les vêtements camouflés s'affichent dans les rues, le vocabulaire stratégique et tactique irrigue l'économie et le sport, la police adopte des grades militaires et une formation qui s'en rapproche sous certains aspects, les jeux vidéos guerriers prospèrent. Et pourtant, les sujets de défense ne passionnent pas et la guerre est un ultima ratio honteux, dans tous les contextes.
US Gov
En définitive, plus la société s'approprie les "codes" militaires, plus les armées semblent disparaître de l'horizon social des citoyens. Quelqu'un a une explication ?
China gov

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3 commentaires:

  1. C'est une réflexion juste, que je ne m'étais pas faite. Néanmoins je pense voir que l'aspect rigide des sociétés à rendement profile assez facilement cette dérive. De plus, je me demande si cela ne vient pas non plus du fait qu'aujourd'hui on n' a plus besoin de militariser les gens, ils militarisent tout seuls, comme de bons petits soldats.

    Marie

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  2. La militarisation de la société est purement cosmétique ! On réutilise certains tics militaires, certains motifs camouflages, des équipements en se disant que ça marchera...
    Sur le fond, pas grand chose. Aucune valeur n'est reprise par exemple.
    Elle masque bien souvent via un discours martial une médiocrité stratégique : je roule des épaules, j'empoigne mon nettoyeur haute-pression, et je vais rétablir l'ordre.
    Mais, je ne décide rien, je ne change pas grand chose sur le fond.

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  3. A remarquer aussi l'utilisation du terme caveat en dehors du seul domaine des règles d'engagement, cf les derniers articles de Politique étrangère, voir § 6 d ce billet : http://www.egeablog.net/dotclear/index.php?post/2010/04/14/Dossier-Turquie-de-PE-%28IFRI%29.

    égéa

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