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jeudi 1 avril 2010

Peuples en armes

Le thème d'avril d'AGS

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Danton, le 2 septembre 1792, quelques jours avant l’abolition de la royauté en France (21 septembre), demandait au peuple et à ses représentants d’avoir de l’audace, toujours de l’audace. Il résume ainsi l’implication du peuple dans la guerre, une originalité à l’époque :« une partie du peuple va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements, et la troisième, avec des piques, défendra l’intérieur de nos villes. Paris va seconder ces grands efforts ».

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Actuellement, les conflits irréguliers nous font redécouvrir une vérité ancienne : ce sont souvent les peuples qui font la guerre.

Le peuple, comme nous le rappelle également la trinité clausewitzienne, est intimement lié à son armée et à la politique. Dans cette union à trois avec le peuple, chacun doit faire avec les deux autres. Les peuples comptent.

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Dans les formes néolithiques et antiques de la guerre et jusqu’à aujourd’hui, les armées régulières formées de vrais professionnels ou de mercenaires sont une exception. Deux cas s’avèrent très fréquents. Les hommes, parfois les femmes, portent les armes occasionnellement, en conservant simultanément leur fonction sociale, et participent à des forces « irrégulière »s (guérillas, milices, etc.). Ou bien, le service militaire, sous toutes ses formes (ost, levée en masse, conscription, réserves, etc.) permet de lever les forces « régulières » nécessaires pour mener une guerre ou, au moins, disposer de forces prêtes au combat. Les individus perdent alors temporairement leur fonction sociale initiale pour se « militariser ». Sparte et Athènes nous fournissent de beaux modèles de peuples en armes, comme Rome et les peuples germaniques. De même, actuellement, de nombreux pays ont conservé une conscription ou pensent à la remettre au gout du jour.

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Les forces mobilisées pour la guerre ne sont pas uniquement militaires. La mobilisation économique et sociale, des populations européennes durant les deux guerres mondiales confirme la nécessité de prendre en compte le facteur « peuple » dans la guerre et plus largement dans les conflits. Le programme du Conseil national de la résistance en 1943 témoigne de cela. Le modèle de révolution islamique, développée par l’Iran depuis 1979, offre un exemple supplémentaire et récent. La guerre révolutionnaire, notamment en France, en Russie ou en Chine, offre de beaux exemples à l’analyse. La contre-révolution également. Les guerres mondiales ou de décolonisations, comme les guerres interétatiques ou au sein des populations actuelles, montrent que cette dominante historique mérite quelques lignes. Il faut également prendre en compte que les menaces ont changé et la manière de combattre aussi.

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Le peuple en armes est également représenté par des cybernautes civils, comme en Chine, prêts à se mettre au service de leur pays, dans le cadre d’un cyber-conflit. Cette notion peut également s’appliquer à tous les secteurs stratégiques : agriculture, santé, environnement, industrie, commerce, etc.

Au mois d’avril, Alliance Géostratégique vous propose de revisiter, sous l’angle civil ou militaire, le rôle des peuples dans la guerre ou dans la préparation de la guerre, qu’elle soit totale ou non. Les contributions extérieures de qualité sont toujours les bienvenues, le thème doit être compris dans ses acceptions les plus larges, donc à vos plumes et claviers (alliancegeostrategique@gmail.com) !

S.D., Pour Convaincre

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