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vendredi 12 février 2010

Réconciliation ou impunité ?

Le 9 février 2010, Amnesty International a demandé au président afghan Hamid Karzaï et au Parlement afghan de suspendre immédiatement la loi controversée qui accordera l'immunité judiciaire aux auteurs de graves atteintes aux droits humains, y compris de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, commises au cours des 30 dernières années.
Selon le site de cette association : "Ce projet de loi sur la réconciliation nationale et la stabilité a été adopté par les deux chambres du Parlement afghan début 2007 et publié au Bulletin officiel en novembre 2008. Toutefois, chose surprenante, il a fallu attendre janvier 2010 pour qu'il soit révélé publiquement. "
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Les politiques de réconciliation sont toujours suspectes ou suspectées car certaines victimes ne verront jamais les crimes commis contre elles pris en compte. De même, certains coupables, proches ou non du pouvoir, pourront poursuivre leur vie presque comme si rien ne s'était passé. A un moment, il faut oublier les fautes, ce qui passe par une reconstruction de l'histoire et une amnistie pour rendre possible une vie en commun dans le futur. Cela va à l'encontre des évolutions du droit international (transnational ?) qui juge de plus en plus souvent les individus (CPI, TPR, TPIY).
Un exemple historique est celui de la concorde en Algérie. Un autre exemple est celui de la Libération en France. Je signale au passage la sortie de l'ouvrage La mémoire désunie d'Olivier Wieviorka qui revient sur cet épisode encore mal digéré par la société, les victimes prenant le pas sur les héros et les clivages idéologiques toujours présents...
Présentation de l'éditeur :
Contrairement à la Première Guerre mondiale, l’expérience de la Seconde ne fut que marginalement celle d’un conflit armé : elle fut bien davantage marquée par les conditions de l’Occupation, le régime de Vichy et la déportation. Un lourd héritage que la mythologie gaulliste s’efforça de masquer. L’homme du 18 juin favorisa au contraire le récit d’une France massivement résistante et armée contre son ennemi historique. Cette représentation unificatrice ne put cependant résister à la montée des divisions et des revendications rivales. À partir des années soixante-dix, les victimes prennent le pas sur les héros. Depuis longtemps déjà, la reconnaissance des différentes catégories de victimes avait posé de redoutables problèmes à la puissance publique. Mais c’est surtout la lente prise de conscience de ce que furent la France de Vichy et la Shoah qui modifia fondamentalement la représentation des années sombres et rouvrit de profonds clivages idéologiques. Loin de conduire à une lecture pacifiée de cette période, ce processus de désarmement de la mémoire contribua à la balkaniser un peu plus.

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