Pages

samedi 9 janvier 2010

M. Alain Le Roy (DOMP) à l'Assemblée nationale

Je souhaite signaler l'audition de M. Alain Le Roy, Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, à l'Assemblée nationale. Quelques chiffres et informations sont donnés, notamment sur les Grands lacs. Une réflexion intéressante également est développée sur les forces en alertes pour des opérations de l'ONU. Ce n'est pas gagné.
UN Photo/Eskinder Debebe
M. le président Axel Poniatowski. Monsieur le secrétaire général, c’est avec grand plaisir que nous vous recevons à nouveau, après vous avoir entendu présenter à la Commission des affaires étrangères, en janvier 2008, le lancement du projet d’Union pour la Méditerranée. C’est aujourd’hui en tant que secrétaire général adjoint des Nations unies, chargé des opérations de maintien de la paix, que nous vous accueillons.
Les opérations de maintien de la paix occupent une place prépondérante au sein des activités des Nations unies, dont elles constituent l’une des missions les plus visibles et les plus importantes. Ces opérations sont nombreuses – 17, nous a-t-on dit récemment à New York – et de plus en plus complexes. Elles nécessitent des moyens et, surtout, une professionnalisation, car la bonne volonté ne suffit plus. Il faut aussi réagir vite, coordonner des équipes et du matériel provenant de différents pays, ce qui rend ces opérations très lourdes à mettre en place.
La France participe très activement à ces opérations. Elle est présente dans 9 d’entre elles et contribue à la fois sur le plan financier – elle est le cinquième contributeur – et par la présence d’hommes sur le terrain, principalement au Liban, où se trouvent 1 445 des 1 883 soldats français engagés au total.
Les opérations de maintien de la paix ont récemment fait l’objet, à la suite des critiques qui leur avaient été adressées, d’une réforme de structure : à côte de votre département a été créé un département d’appui aux missions, plus spécialement chargé des aspects logistiques et confié à Mme Susana Malcorra, avec laquelle vous avez engagé une réflexion visant à définir un « nouvel horizon » pour les opérations de maintien de la paix des Nations unies.
M. Alain Le Roy, secrétaire général adjoint des Nations unies. Monsieur le président, je vous remercie de votre invitation. Je présenterai dans les grandes lignes les principaux défis auxquels nous sommes confrontés, avant de répondre à vos questions.
Je commencerai par quelques chiffres, pour situer l’horizon des activités de maintien de la paix des Nations unies. Alors que, voici moins de dix ans, 20 000 soldats du maintien de la paix étaient déployés dans le monde, ce sont aujourd’hui plus de 119 000 agents – soldats, policiers et civils – qui participent aux 17 missions en cours, dont 15 de maintien de la paix stricto sensu, les deux autres étant appelées « missions politiques spéciales » : l’une, de petite dimension, au Burundi et l’autre, de plus grande ampleur, en Afghanistan, aux côtés des forces de l’OTAN et de la coalition. En moins de dix ans, le volume des opérations a donc été multiplié par plus de 5.
Les effectifs mentionnés sont situés pour environ 60 % en Afrique. Cent dix-huit pays contribuent aux opérations de maintien de la paix.
En dépit du lieu commun selon lequel nous ne fermerions jamais nos opérations, je tiens à préciser que les missions engagées depuis très longtemps, comme celle conduite par l’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve au Proche-orient (ONUST) depuis 1948 , ou celle qui a été mise en place au Cachemire en 1949, sont des exceptions, et que nous avons fermé 48 des 63 missions ouvertes depuis 1948 – la dernière opération fermée étant celle qui avait été engagée en Géorgie et qui a été interrompue par le veto russe du 15 juin dernier.
Comme vous l’avez indiqué, monsieur le président, la composante du secrétariat chargé des opérations de maintien de la paix est désormais divisé en deux : le département des opérations de maintien de la paix (DOMP), que je dirige, chargé de la supervision politique de l’ensemble des missions ; et le département d’appui aux missions (DAM), qui assure le soutien et la logistique. Au total, ces deux départements réunissent un millier de personnes, chargées de superviser 119 000 agents sur le terrain – soit une personne au siège pour en superviser 118 en mission, contre un taux d’une pour quatre à l’OTAN, ce qui exprime bien le niveau de décentralisation de notre organisation et le niveau d’engagement de ceux qui travaillent à New York.
Lire la suite sur le site de l'Assemblée nationale.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire