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lundi 30 novembre 2009

Le programme de Stockholm

Le citoyen au centre de l'espace européen de liberté, de sécurité et de justice : le programme de Stockholm est un rapport du sénat qui vient d'être publié. Déposé le 19 novembre 2009 par Mme Annie DAVID et MM. Jean-Claude PEYRONNET et Hugues PORTELLI, a été rédigé au nom de la commission des affaires européennes.
Dans ce dossier, on apprend que :
La Commission européenne propose de mettre en place une politique européenne de lutte contre la criminalité organisée qui soit fondée sur la mobilisation optimale de tous les outils disponibles. Cinq grands types de criminalité seront ciblés en priorité : la traite des êtres humains, l'exploitation sexuelle des enfants et lapédopornographie, la cybercriminalité, la criminalité économique et lalutte contre la drogue.
Ce dossier traite des convergences de politique de sécurité, d'immigration et de justice au niveau européen.
US Gov
Présentation officielle du dossier :
Le Conseil européen des 10 et 11 décembre 2009 sera appelé à adopter les priorités pour l'espace de liberté, de sécurité et de justice en Europe. Ces priorités composeront le nouveau programme pluriannuel destiné à s'appliquer sur la période 2010-2014 (« programme de Stockholm »).
Ce programme concerne des domaines dans lesquels la « plus-value » européenne est clairement perçue par les citoyens. Il doit permettre de définir un meilleur équilibre entre la priorité de la sécurité qui demeure et la nécessaire protection des droits fondamentaux. L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne aura un impact direct sur son contenu.
Ce rapport s'attache à évaluer la mise en oeuvre du précédent programme (« programme de La Haye ») qui a couvert la période 2004-2009. Il présente les orientations susceptibles d'être retenues pour le futur programme de Stockholm.

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Yémen, un débat

La guerre des communiqués et la guerre se poursuit toujours au Yémen. La bataille continue, alternant frappes aériennes et combats au sol. Le principal résultat est que la rébellion Houthi ne cède toujours pas.
PressTv
Je conseille l'écoute d'un débat qui s'est tenu sur RFI, le samedi 28 novembre :
Les invités étaient :
  • Hélène Thiollet : Docteur en Sciences Politiques, chercheur à Oxford, enseignante à Sc Po et Paris 13 U.
  • Anne Giudicelli : Experte indépendante. Auteur de Le risque anti-terroriste.
  • Samy Dorlian : Spécialiste du Yémen. Enseignant à Sciences-Po Aix.
  • Dominique Thomas : Spécialiste des Mouvements islamistes. Chercheur Doctorant à l'EHESS.
Le débat fut un peu partial dans sa présentation de l'internationalisation du conflit et quelques approximations ont été faites concernant le trafic d'arme. L'ensemble vaut le cout d'être écouté.

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dimanche 29 novembre 2009

Encore quelques lectures : Afghanistan, Bosnie et Palestine

Le temps manque souvent pour lire mais je souhaitais signaler la parution des dossiers suivants de l'ICG :
Les liens pointent vers les résumés sur le site de l'ICG (http://www.crisisgroup.org/home/index.cfm) et les documents.
US Gov
Bonne lecture.

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samedi 28 novembre 2009

H1N1 : également un problème sécuritaire !

Nous y sommes. La pandémie H1N1 n'est pas qu'un problème de santé publique mais bien celui de l'ensemble de la nation, avec des implications sécuritaires. Le 26 novembre dernier, la police est intervenue à Lyon pour calmer la population dans un centre de vaccination. L'annonce de la mutation du virus en France ne devrait pas refroidir certains esprits malgré l'augmentation du nombre de centres décidée par le Président de la République.
Je cite le Figaro :
La journée a mal commencé, hier matin, au gymnase de la Ficelle, l’un des trois centres de vaccination contre le virus H1N1 de Lyon. Ouvert à 9 h 30, il a dû fermer ses portes à 10 h 30. Complet. N’arrivant pas à juguler le trop-plein de personnes venues se faire vacciner, les responsables du centre ont décidé d’appeler la police pour empêcher les gens de rentrer. Les services de police municipale, eux aussi débordés, ont décliné et c’est finalement une équipe de la Brigade anticriminalité (BAC) qui est intervenue pour disperser les troupes. Ce qui n’a guère contribué à détendre l’ambiance.
US Gov
Tout cela pose la question de la résilience réelle de la population française que j'estime peu élevée face à des catastrophes naturelles ou des pandémies. Peu de morts et déjà des paniques collectives et des comportements égoïstes à grande échelle ! Cela pose la question du corps médical et des soignants dont certains membres ont perturbé la campagne de vaccination par des déclarations publiques intempestives que l'avenir jugera peut-être sévèrement, selon le bilan humain final. Cela pose la question de la liste de priorité qui ne prend ni en compte les forces armées, ni la police alors que des problèmes sécuritaires supplémentaires pourraient survenir (à l'instar d'autres pays). Cela pose la question de l'aptitude de l'État et des collectivités à réagir, après la suppression du service national et la réduction (optimisation) des effectifs de la fonction publique calibrés pour des situations normales et non d'exception. Cela pose la question de la culture du risque dans notre société.
Ce qui est clair, c'est que l'heure n'est pas aux réponses mais à l'action et au civisme.
Lire aussi :

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vendredi 27 novembre 2009

L'APL manoeuvre sous forte contrainte de guerre électronique

L'armée chinoise est souvent présentée comme une armée aux effectifs pléthoriques et peu performante technologiquement. Entre les dossiers américains et les communiqués de l'armée chinoise, je commence à avoir des doute sur le fait que cette armée ne soit pas un peu performante (ce que certains "experts" sous-entendent régulièrement dans les médias). Les exercices qui sont menés prennent en compte la guerre de l'information et la guerre électronique.
L'exercice Iron Fist -2009 qui a eu lieu au Centre d'entraînement tactique de Queshan, du 18 au 23 novembre dernier, aurait été mené dans une ambiance de guerre électronique (brouillage avec des émetteurs de 1000 W, écoute et localisation) qui posait de sérieux problèmes aux systèmes C4ISR. Les deux divisions engagées l'une contre l'autre se seraient opposées dans le spectre électromagnétique, en restituant des techniques et des tactiques travaillées depuis 3 ans.
La Chine semble s'entraîner à une guerre de l'information ou à une cyberguerre, impliquant des forces classiques à grande échelle. Préparer les conflits d'aujourd'hui est une impérieuse nécessité mais il ne faudrait pas qu'un jour, l'arbre des opérations actuelles cache la forêt de conflits de haute intensité utilisant des technologies avancées.

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jeudi 26 novembre 2009

COIN : quelques billets

Je souhaite signaler l'article sur le COIN du général Gambotti, paru dans l'AGS : Contre-insurrection et stratégie oblique. Il faut absolument l'avoir lu lorsque l'on s'intéresse au COIN. Autre billet, celui de F de St V (Mars attaque) qui revient sur le récent colloque du CDEF "des armes et des coeurs".
Voir aussi En vérité (blog spécialisé dans le COIN par Stéphane Taillat)

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mercredi 25 novembre 2009

Technocratie, histoire et géographie

J'ai pensé d'abord à une mauvaise blague. Non, c'est vrai. La technocratie a encore frappé! La suppression (option) de l'histoire et de la géographie dans les filières scientifiques pourrait devenir une erreur similaire à celle des cours de sciences optionnels dans les filières littéraires. Un conséquence parfois fâcheuse est que certains "littéraires" voient la science ou les technologies presque comme de la "magie" (souvent néfaste) car ils n'ont pas eu le minimum de culture scientifique. Je ne peux pas croire que l'on voudrait que la plupart (coefs obligent) des "scientifiques" n'aient aucune notion solide d'histoire et de géographie, matières déjà trop marginales dans les programmes des séries S.
Pourtant, l'histoire et la géographie ont besoin des sciences. Les sciences ont besoin de l'histoire et de la géographie. Comment étudier sérieusement Pythagore, Pascal, ou Bachelard sans étudier toute leur oeuvre (mathématiques, physique, philosophie) dans le contexte historique ? Comment étudier l'histoire sans avoir au moins des notions du développement des technologies et des sciences ? Comment étudier la démographie sans probabilités et bien comprendre les probabilités sans applications pratiques ?
L'école républicaine doit permettre aux futurs citoyens de s'insérer pleinement dans la nation par l'acquisition de vastes connaissances, avant même de former des futurs fonctionnaires ou des employés du secteur privé. Elle doit faire face aux défis de l'acquisition de connaissances, de la citoyenneté et de la volonté de vivre ensemble.
Les raisonnements technocratiques pour gagner quelques millions d'euros et quelques milliers de postes ne permettront pas de renforcer la cohésion nationale, bien au contraire !

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mardi 24 novembre 2009

La guerre du Golfe à découvrir autrement

Je souhaite vous faire découvrir les deux pages de Pierre Bayle sur son expérience pendant la guerre du Golfe, par deux liens vers son blog, Pensées sur la planète :
Vous y découvrirez le quotidien d'un journaliste qui a suivi des forces militaires. La rédaction sous forme de carnet personnel et les nombreuses images rendent ce témoignage accessible à tous. C'est absolument à lire pour se faire une autre idée de cette guerre, bien différente de celle que CNN et d'autres nous avaient "vendu" à l'époque.

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lundi 23 novembre 2009

Quelques vidéos d'essais nucléaires

Quelques vidéos d'essais d'armes nucléaires tactiques :

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Quelques éléments sur l’utilisation des armes nucléaires tactiques

Déjà publié hier, sur le site de l'AGS.

*

Dès son élaboration, la bombe atomique a été pensée comme pouvant être utilisée contre les villes, dans le cadre d’un bombardement stratégique, mais surtout contre des forces ennemies. Lors des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, en août 1945, la bombe atomique n’était considérée que comme une arme plus puissante, remplaçant des vagues de bombardiers. La graduation de sa puissance en équivalent TNT est particulièrement révélatrice. L’utilisation de la bombe atomique sur le champ de bataille fut au cœur de l’évolution des forces américaines et soviétiques au cours de la guerre froide.

Les débuts de l’arme nucléaire, reine virtuelle du champ de bataille ? (1945 au milieu des années 60)

Les milieux militaro-industriels américains, malgré la présence de penseurs de la dissuasion comme Brodie, ont très tôt développé l’arme atomique avec pour objectif une utilisation généralisée sur les champs de bataille : miniaturisation, multiplication des vecteurs, études d’impacts sur les troupes avec essais réels, etc. Pour les soviétiques, les forces conventionnelles ont même parfois été considérées comme étant la réserve des forces nucléaires. Au début des années 60, dans Stratégie militaire, le maréchal Vassili Sokolovski affirmait que la future guerre mondiale serait marquée par une utilisation massive des armes nucléaires dès sa phase initiale – voire de manière préventive, visant à obtenir « l’anéantissement ou la capitulation de l’adversaire dans les plus brefs délais ». Selon lui, les forces terrestres au contact avaient pour mission d’exploiter la destruction de l’adversaire.

Ceci n’a évidement pas exclu le développement d’une utilisation stratégique, comme l’illustre la doctrine Foster Dulles, dite des représailles massives. L’accès des soviétiques à l’arme nucléaire, en 1949, et le premier essai de bombe H, en 1952, ont quelque peu changé la donne. Confrontés au risque d’anéantissement total de leur pays, les théoriciens soviétiques et américains ont progressivement évolué vers la définition de doctrines de conflits nucléaires limités. L’adoption de la doctrine Mc Namara de frappes contre les forces est l’aboutissement occidental de ces réflexions sur la puissance démesurée de ces armes. Le débat existait également au sein de l’appareil politico-militaire soviétique. Malgré le discours officiel de Moscou qui clame que le conflit nucléaire ne peut être que mondial, progressivement l’URSS s’oriente vers la préparation d’une guerre nucléaire limitée.

Pour les puissances nucléaires, la crise de Cuba avait marqué un changement. Elles ont pris pleinement conscience que l’arme atomique était d’abord politique – comme la guerre.

L’arme nucléaire tactique comme moyen de rétablir un rapport de force (années 60 au début des années 90)

Les armes nucléaires tactiques ont progressivement changé de statut, passant d’une arme comme les autres du champ de bataille à une arme pouvant être utilisée pour rétablir un rapport de force ou asséner un ultime avertissement qui montre une volonté politique. Le colonel Andrei Alekseevich Sidorenko, un penseur soviétique réputé du champ de bataille nucléaire, faisait valoir en 1970 que l’utilisation de l’arme atomique ne faisait pas que détruire l’ennemi, elle détruisait aussi les infrastructures et contaminait le milieu. Selon lui, ceci constituait un inconvénient majeur, loin d’être insurmontable lors d’une offensive, pour faire manœuvrer des armées constituées de masses blindées.

Pourtant, au cours des années suivantes, chacun des adversaires faisant la loi de l'autre (Clausewitz), l’arme nucléaire tactique apparaît, dans les deux blocs, comme un ultime recours pour rétablir un rapport de force, dans ce cadre d’emploi. Par exemple, le missile français Pluton (1974-1993) de 15 à 25 Kt avait une portée opérationnelle de 17 à 120 km et constituait plus un avertissement préstratégique qu’une arme tactique. La prise de conscience semble claire dans les deux camps. Selon le maréchal Ogarkov, au début des années 80, « l’URSS ne peut miser sur une victoire dans la guerre nucléaire » face à une OTAN qui se veut comme purement défensive.

Néanmoins, l’arme atomique tactique, si elle n’a jamais été utilisée lors d’opérations, a contribué, avec d’autres facteurs, à faire évoluer l’organisation et les tactiques des unités conventionnelles, en raison des menaces sur les concentrations de forces. Au plan doctrinal, une division soviétique en 1945 avait une densité d’environ 500 hommes par km2 pour tomber à 20 hommes/km2 en 1985. Autre exemple, côté occidental, le combat en ambiance nucléaire a été l’objet d’entraînements par les forces terrestres au moins jusqu’au milieu des années 1990.

Par ailleurs, les traités de désarmement (SALT ou START) ont progressivement marginalisé l’emploi de l’arme atomique tactique. Bien que traitant peu d’armes tactiques, ils ont contribué à diffuser largement la pensée selon laquelle l’arme atomique était une arme de non-emploi ou l’ultima ratio regum.

Et maintenant ?

Depuis la fin de la guerre froide, l’évocation de l’arme nucléaire tactique sur un champ de bataille classique est restée limitée dans les doctrines. Avec le temps, l’utilisation théorique de l’armement nucléaire a presque exclusivement rejoint le champ stratégique mais il ne faudrait pas oublier qu’il existe toujours des armes nucléaires sub-stratégiques et que leur emploi tactique théorique pourrait revenir à la mode, à la faveur d’une rupture stratégique. Le dernier épisode fut la polémique – résultant d’un amalgame médiatique de concepts - concernant l’usage de « mininukes » contre des installations souterraines. D’autres scénarios restent envisageables comme celui d’une utilisation terroriste.

Pour terminer, je me contenterai de citer le livre blanc de la défense et de la sécurité nationale (p 89) :

La rupture du tabou nucléaire elle-même n’est plus improbable. Les circonstances ont changé depuis l’équilibre dissuasif atteint dans les années 1960. De nouvelles puissances nucléaires sont apparues, dont les doctrines, lorsqu’elles existent, sont mal connues. L’arme nucléaire est présente dans plusieurs régions sensibles où subsistent des contentieux territoriaux. Par ailleurs, il est établi que certains groupes terroristes cherchent à accéder à des matières ou à des engins radiologiques ou nucléaires.

Sources principales :

· ISC – CFHM - IHCC

· FRS

· Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale

· The future of land warfare par Chris Bellamy

Crédit Photo : gouvernement des Etats-Unis

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dimanche 22 novembre 2009

Yémen, la guerre continue

La guerre au Yémen se poursuit dans l'indifférence. L'internationalisation du conflit continue.
Selon l'ONU, il y aurait maintenant 25 000 réfugiés de plus qu'en octobre. Les humanitaires ont le plus grand mal a apporter des soins à la population.
Selon la presse iranienne, des commandos jordaniens aurait récemment renforcé les forces yéménites. Ils seraient engagés dans la région du Mont Al-Dukhan dans la lutte contre les rebelles houthis (opération terre brûlée). Les Houthis se seraient emparés le 21 novembre, des Mont-Al-Dukhan, Al-Ramih et Al-Doud.
Le 22 novembre, des pêcheurs yéménites se seraient plaints d'être harcelés par des militaires iraniens déployés sur des cargos de ce pays. Des gardes-cotes yéménites ont été dépêchés sur place et l'incident diplomatique semble avoir été évité. Les troupes yéménites auraient aussi capturé 26 somaliens qui combattaient avec les Houthis.
La flotte saoudienne surveillerait toujours les cotes yéménites pour éviter les infiltrations d'armement. Des combats auraient lieu dans le port de Maydi, le long de la frontière saoudienne pour couper cet axe de ravitaillement logistique houthi.
Par ailleurs, la cohésion de l'armée yéménite a été remise en cause par certains médias du Golfe, en raison du grand nombre de zaidites dans les rangs de l'armée régulière.
Ce conflit commence à durer et pourrait rapidement s'avérer une impasse pour le gouvernement yéménite et, indirectement, pour la communauté internationale.

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Avoir du recul par rapport à la profusion d'informations quotidiennes

Il y a quelques jours, j’entendais une conversation (tendue) sur la situation en Afghanistan. La situation se détériore-t-elle ? Chacun a sa réponse et ses arguments. Certains sont très convaincus d’avoir raison et d’avoir trouvé une solution définitive à la question de l’évolution de la situation en Afghanistan. Pour ma part, pour être très honnête, je n’en sais rien et je n’ai pas de boule de cristal. Plutôt, il reste encore un éventail d’évolutions possibles qui défieront les pronostics probables avec les informations actuelles. Nous connaitrons peut-être la réponse ou plus certainement un élément de réponse, lorsque cette guerre sera terminée. Il suffit de regarder les différences d’interprétation historique sur un même conflit pour se persuader que l’on a des difficultés à comprendre le passé et je ne parle même pas des prédictions.
Pour répondre à la question de l'évolution d'une situation, l’immense majorité des gens se fonde sur les informations des médias du court terme : quotidiens, radio, journaux télévisés, etc.
Prenons une courbe d’évolution théorique d’une situation. Il est possible de la tracer à partir d’indicateurs quantitatifs ou qualitatifs.
En bleu, la courbe correspond à l’évolution durant un temps T. Le plus souvent les médias vont décrire, ou mettre en bonne place, la situation pendant une partie t de ce temps T. L’échantillon vert apparaitra peu dans les médias car la situation est stable. Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent presque personne, sauf lorsqu’ils sont toujours en retard. L’échantillon rouge est intéressant pour les médias, car les lecteurs ou auditeurs seront intéressés. De la place de l’auditeur ou du lecteur, il sera « informé » plus souvent des augmentations de violence que des périodes de calme (qui ne l’intéressent pas, il considère même souvent que ce n’est pas une information !). Il aura même l’impression que la situation se dégrade presque tout le temps alors qu’elle varie globalement autour d'une courbe moyenne.
*
Pour s’apercevoir des variations réelles d’une situation, il faut la comparer à plusieurs autres points dans le passé et changer d’échelle, surtout lorsque l’on a la prétention de prédire l’avenir. Ainsi la même courbe d’évolution que j’ai prise en exemple prise dans un contexte plus général (11 fois l’échantillon de temps) montre que l’évolution est plus lente qu’imaginée, lorsqu'elle est contextualisée dans le temps (en vert). Vous me direz que c’est normal, celui qui lit des hebdomadaires, des mensuels et des trimestriels aura bien plus de recul vis-à-vis de l’information quotidienne.
C’est vrai. Mais, attention ! Tout est une question d’échelle et de représentation mentale ou physique. La même courbe, représentée différemment ci-dessous, nous donne une autre impression.
En résumé, pour bien comprendre une information, il est souvent utile de l'analyser, dans son contexte, selon des échelles de temps et d’espace variées. Il faut la comparer à d’autres informations dans le temps (histoire) dans l’espace (géographie), par rapport à des rivalités territoriales (géopolitiques), à des rivalités politiques (sciences politiques), etc. Les angles d'approche doivent être large et divers pour se faire une idée correcte d'une situation complexe. L'analyste (au sens large) doit se méfier de lui-même car paradoxalement, plus l'on s'informe trop souvent et mal, plus l'on est désinformé.
Et puis, les conseils de Socrate ne sont pas forcément mauvais : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ».
*
* *
Crédit Photo : US National Guard
Crédit graphiques : Blog Pour convaincre
L'échelle 11 fois T est totalement arbitraire et reste un exemple

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samedi 21 novembre 2009

Rapport parlementaire sur les enjeux géostratégiques de la prolifération

Le nucléaire est le thème du mois de l'AGS (il faut aller voir les billets). Je signale les discussions autour de l'examen du rapport d’information sur les enjeux géostratégiques de la prolifération – MM. Jean-Michel Boucheron et Jacques Myard, rapporteurs.
Extrait :
M. Jean-Michel Boucheron, rapporteur : Nous présentons aujourd’hui, Jacques Myard et moi-même, le résultat d’une étude à laquelle nous avons consacré près de dix huit mois.
Nous avons voulu établir un état des lieux et répondre aux questions suivantes :
– Vivons-nous des temps nouveaux qui appellent des réponses nouvelles en matière de prolifération ? Cela fait l’objet du chapitre I.
– Pourquoi les Etats veulent-ils disposer d’armes de destruction massive. Quel est le sens de cette recherche ? Cette question est traitée dans le chapitre II.
– Vivons-nous des temps plus dangereux qu’avant, avec la dissémination des technologies proliférantes, en raison de la libéralisation du commerce international ? Le risque d’un attentat terroriste nucléaire, chimique ou biologique est-il réel ou est-ce un fantasme ? Nous avons abordé cette question au chapitre III.
– Enfin, la diplomatie peut-elle apporter une solution au risque de prolifération ? Le droit international peut-il prévenir ou contenir ce phénomène ? Ceci est traité au chapitre IV.
*
Notre rapport conclut – cela ne surprendra pas – à la validité du concept de la dissuasion, qui demeure la pierre angulaire de la défense française. Il rappelle également l’importance des armes nucléaires lorsqu’une nation veut accéder au rang de puissance globale et souligne parallèlement le déclin des armes biologiques et chimiques. En revanche, il met en lumière la montée des menaces cybernétiques, contre lesquelles notre pays a récemment réagi par la création d’une agence nationale, l’ANSI. L’effort de la France est toutefois d’une moindre ampleur que celui qu’accomplissent les Etats-Unis et la Chine dans le même domaine.
*
L’un des principaux points du rapport porte évidemment sur l’Iran, au cœur de l’actualité. Nous ne savons pas si l’Iran veut la bombe. Nous avons en revanche la certitude qu’il maîtrise l’ensemble du cycle qui va de l’enrichissement jusqu’à l’explosion d’un engin à fission et les moyens balistiques, avec maîtrise de la balistique. Si l’Iran a la bombe, nous considérons que cela ne change rien à la stratégie de défense des pays occidentaux qui disposent, ainsi qu’Israël, d’une capacité de dissuasion. Le langage guerrier que tient le Président Ahmadinejad à l’égard d’Israël a pour fonction de rassurer les Etats sunnites du Moyen-Orient. Bien évidemment, il faudra observer à la loupe les réactions des deux alliés des Etats-Unis, l’Arabie saoudite et la Turquie. Ryiadh et Ankara sont très discrètes sur la question. Dans les deux cas, il faudra observer l’attitude des Etats-Unis car les diplomaties de ces deux pays s’alignent de moins en moins sur Washington.
*
Le fait que l’Iran soit probablement en possession de tous les éléments constitutifs d’une arme nucléaire à fission n’est pas une menace sécuritaire pour l’Europe ou les Etats-Unis, ni même pour Israël. Ceux-ci disposent de moyens de rétorsion nucléaire suffisants. Aucun Etat, quel que soit son régime, n’est candidat au suicide, et l’Iran ne risquera pas sa survie.
Ce que change la bombe iranienne est tout autre : en devenant une puissance globale, Téhéran accentuera la tendance de ces dernières années, à savoir contester l’hégémonie politique de Washington au Moyen-Orient.
*
D’une certaine manière, les Etats-Unis tirent un parti diplomatique de la menace iranienne en cherchant à persuader leurs alliés européens de recourir au bouclier antimissile. Le projet auquel le Président Obama vient de renoncer rencontrait l’hostilité de la Russie car il permettait techniquement aux radars américains de couvrir tout l’Ouest de la Russie, jusqu’à l’Oural. L’abandon de ce schéma ne signifie pas la renonciation à un projet antimissile. Les radars comme les lanceurs seront positionnés dans d’autres pays. Comme l’ont montré les propos de M. Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, qui appelle à une défense antimissile à l’échelle de l’Alliance atlantique (otanisation de la défense antimissile), les Etats-Unis mettent désormais en route une stratégie consistant à faire payer aux Européens un système dont ils conserveraient la clé. Outre que la fiabilité d’un système anti missile est largement sujette à caution et affaiblit le concept de dissuasion, il concentrerait les efforts de recherche et de développement des alliés européens sur ce seul système (comme dans le passé pour l’avion de combat F 35) au détriment d’autres programmes technologiques. Les pays européens trouveraient plutôt avantage à coordonner leur recherche sur les programmes de détection avancée. Derrière cette bataille doctrinale qui s’annonce, se profile un enjeu économique très important pour les principales entreprises aéronautiques et spatiales américaines.
*
J’en arrive à la Corée du Nord. Les moyens nucléaires militaires nord-coréens servent à prolonger la survie d’un régime prêt à toutes les provocations pour négocier en position d’égalité avec les grandes puissances. Ils ne représentent pas réellement une menace pour notre sécurité. En revanche, il s’agit du pays le plus proliférant, tant en matière nucléaire que balistique. Quant à l’Inde et au Pakistan, au cœur d’une région traversée de plusieurs conflits (Cachemire, Afghanistan), le caractère limité des conflits qui les ont mis aux prises depuis 1998, année de l’explosion de leur bombe, démontre que la détention de l’arme nucléaire évite toute escalade dans les conflits.
*
La menace d’un attentat utilisant des moyens de destruction massive est possible, mais il faut faire la part des choses. L’utilisation par un groupe terroriste d’une bombe nucléaire relève de l’illusion. En revanche, le recours à des armes radiologiques est possible. La surveillance des éléments de fabrication de telles armes doit être renforcée, notamment pour les éléments radioactifs présents dans des lieux civils.
Lire le rapport (ajout du 2 décembre 09)

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jeudi 19 novembre 2009

Piraterie : tel est pris qui croyait prendre ?

Aujourd'hui, des pirates somaliens ont libéré le MV Almezan, un navire capturé le 7 novembre 2009. Selon l'AFP qui reprend une information (cocasse s'il ne s'agissait d'un sujet grave) de l'ONG environnementale Ecoterra International, qui suit de près la piraterie somalienne, ce bateau aurait transporté une cargaison d'armes. Certains pirates l'avaient déjà capturé puis libéré au printemps dernier...
US Navy
Cela appelle quelques commentaires d'ordres divers :
  • des armes circulent tous les jours sur les mers du monde et pas forcément très loin de nous
  • il n'est pas possible de se désintéresser des livraisons d'armes dans les pays instables car ce n'est parfois qu'une étape
  • une marine puissante, cela peut servir à contrôler les flux et à protéger les intérêts nationaux
  • EUSEC Somalia risque de ne pas être au chômage avant longtemps
  • les pirates semblent avoir du bon sens quand ils sentent que le rapport de force est potentiellement très défavorable
En résumé, il est plus dangereux de s'attaquer à des marchands d'armes ou à leurs clients qui livrent leurs produits à Mogadiscio (destination du bateau) qu'à des transports de marchandises classiques !

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mercredi 18 novembre 2009

Sérendipité ?

Il est utile de lire car on apprend des nouveaux mots. Aujourd'hui, pour moi, ce fut sérendipité. Ce terme signifie "trouver la bonne information par hasard". Souvent, on cherche quelque chose que l'on compte trouver et l'on trouve quelque chose d'autre d'intéressant, par hasard.
Par exemple, c'est avoir un renseignement inattendu qui va changer l'issue de la bataille alors que sa recherche n'avait été demandée par aucune orientation et aucun plan. C'est l'histoire de la biche qui, lors d'une chasse, permet à Clovis de trouver un passage à gué lors de la bataille de Vouillé. Plus récemment, c'est le "miracle de Remagen" réalisé par les éclaireurs du lieutenant Karl H. Timmermann. En terme de renseignement, il s'agit d'une sorte de friction positive (pour celui qui trouve) de la guerre .
Il faut souvent beaucoup de gens qui cherchent pour quelques uns (chanceux?) qui trouvent, par hasard... Il ne faut donc pas obliger les chercheurs (capteurs pour le renseignement) à ne trouver que ce que l'on souhaite (et mettre le reste directement à la poubelle) mais toujours laisser une place pour les découvertes inopinées. Ainsi, l'incertitude ne doit pas toujours être considérée comme une contrainte absolue, pour les activités de renseignement, parfois elle fait de beaux cadeaux (surprises) et souvent de mauvais. Ce ne sont pas les supérieurs du lieutenant Timmermann qui auraient pu dire le contraire, au moins entre le 7 et le 17 mars 1945...

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mardi 17 novembre 2009

Quand les menaces extérieures s'invitent sur le territoire national : un exemple

Le physicien franco-algérien du CERN, le 12 octobre, arrêté pour avoir voulu commettre un attentat et être en lien avec Al-Qaida au Maghreb, aurait voulu s'en prendre à l'armée de Terre française, selon le Dauphiné libéré. Il aurait projeté de commettre un attentat contre un quartier du 27e bataillon des chasseurs alpins (BCA). Cette unité fut déployée en Afghanistan, en début d'année. Au sujet des menaces d'attentat, le colonel Pierre-Joseph Givre, chef de corps, a déclaré : "Cette affaire nous rappelle simplement que nous sommes une cible potentielle privilégiée." et "Nous sommes vigilants par nature et restons absolument sereins."
Dans ce contexte, on comprend mieux les mots du Président de la République, au début du Livre blanc de la défense et de la sécurité collective :
Le clivage traditionnel entre la sécurité intérieure et la sécurité extérieure s’est encore davantage effacé.
Plus loin page 57 :
La distinction traditionnelle entre sécurité intérieure et sécurité extérieure n’est plus pertinente. Le terrorisme agit sur les territoires des pays européens à partir d’implantations multiples, tout en cherchant à infiltrer les sociétés française et européennes.

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Les centrales nucléaires indiennes en état d'alerte

Selon Press trust of India et Reuters, le 16 novembre 09, la sécurité des centrales nucléaires indiennes a été renforcée, à la suite de menaces terroristes. Cette alerte a lieu peu avant le 1er anniversaire des attentats de Mumbai. Le Centre de recherche atomique de Bhabha (Mumbai) a été placé au niveau d'alerte le plus haut. Selon certains médias, l'information viendrait de l'interrogatoire d'un terroriste retenu au Etats-Unis. Un citoyen américain, David Headley, fut arrêté le 3 octobre dernier pour entreprise terroriste. Il aurait rencontré au Pakistan un leader de l'Harqat Al-Jihad Islami. Cela reste encore non confirmé.
US Gov
Les centrales nucléaires constituent une cible potentielle, à haute valeur ajoutée médiatique, pour les groupes terroristes. Cependant, la surveillance, plus ou moins lointaine, dont elles font l'objet, laisse penser que ce ne sont pas des cibles faciles. Pourtant, le passé nous a appris a nous méfier de nos certitudes.

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lundi 16 novembre 2009

Evolution de la situation en Irak

Un nouveau document RETEX sur l'évolution de la situation en Irak : Report to Congress on Measuring Stability and Security in Iraq (11/2009)
Ces rapports sont instructifs. Pour lire les précédents rapports : ici et ici.
US Army

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