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samedi 31 octobre 2009

La militarité des gendarmes

L'intégration de la Gendarmerie dans le MIOMCT pose la question de la nécessité de cette force de sécurité qui, de prime abord, ressemble à la Police nationale. La Loi n° 2009-971 du 3 août 2009 relative à la gendarmerie nationale conserve le statut militaire de la Gendarmerie. Pourquoi faut-il que cette force reste militaire ? Les exemples peuvent être multipliés mais ce qui me semble déterminant est l'engagement des gendarmes outre-mer et surtout en opérations extérieures : Liban, Kosovo, Bosnie, Cote d'Ivoire, etc. et maintenant Afghanistan voire lutte contre la piraterie.
defense.gouv.fr
Les propos du DGGN à l'Assemblée nationale, sur la piraterie :
Pour ce qui est de la piraterie maritime, je suis en discussion avec le chef d’état-major des armées et le chef d’état-major de la marine. Je n’ai cessé de confirmer la disponibilité de la gendarmerie pour assurer une présence sur les bâtiments. Il est vrai que chaque maison a sa culture propre. Pour moi, l’important est que chacun apporte sa pierre dans son domaine d’excellence.
J'estime que pouvoir disposer d'une force militaire de police, qui permet de graduer l'emploi de la force en opérations est un atout, sur le territoire et aux côtés des forces françaises en OPEX. Les futurs engagements des gendarmes vont peut-être faire taire les pro-fusion avec la police.

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vendredi 30 octobre 2009

Point de situation sur l'Irak et l'Afghanistan

Vous trouverez deux points de situations sur l'Irak et l'Afghanistan. Il est plus particulièrement intéressant de lire les progrès de la montée en puissance des forces locales ("Irakisation" et "Afghanisation") :
Bonne lecture.

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jeudi 29 octobre 2009

Hasard et incertitude

Je conseille la lecture du dernier numéro de Pour la science. C'est parfois un peu compliqué mais un peu de connaissances scientifiques, c'est compréhensible. Ce numéro traite principalement de l'incertitude et du hasard.
En termes de gestion des crises (cela intéressera PM), je suggère la lecture des articles suivants :
  • Le casse-tête des petits effets. Andrew Gelman et David Weakliem.
  • La statistique face aux évènements graves. Rama Cont.
  • Comment prévoir l'imprévisible ?. Christian Gollier.

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mercredi 28 octobre 2009

Le Hezbollah chercherait à s'équiper au Etats-Unis

Le Hezbollah n'hésiterait pas à chercher à s'équiper chez son adversaire américain (grand Satan). Deux New-yorkais viennent d'être inculpés pour avoir voulu fournir des armes, des munitions, des véhicules, des gilets pare-balles et des jumelles de vision nocturne au Parti de Dieu. Un des deux serait toujours en fuite. Le pragmatisme de ce mouvement ne s'arrête pas aux oppositions politiques et aux risques d'opérer sur le territoire américain.

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Une absence de quelques jours

En cette période de vacances, je vais faire chauffer la mise en ligne automatique car Internet n'est pas encore arrivé partout. Bonnes lectures sur Pour convaincre ou d'autres blogs de défense.

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mardi 27 octobre 2009

La Corée du nord, un Etat d’un autre âge ?

Un billet publié hier sur http://www.alliancegeostrategique.org/
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La Corée du nord apparaît souvent comme un Etat d’un autre âge, atypique dans le monde actuel. Pourtant, au-delà de son archaïsme, ce régime autoritaire se maintient grâce une politique alliant le soft et le hard power. En quelques mots, je propose de mettre en relief certains points de la stratégie de cette Corée du nord, peu connue et souvent agressive.
U.S. Gov
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La Corée du nord, un héritage anachronique du XXème siècle
La Corée du nord est tout d’abord le dernier régime stalinien de la planète. Chose plus cocasse, le régime, sensé être une émanation du peuple, est devenu héréditaire. Pourtant, selon sa constitution, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est un État socialiste souverain qui représente les intérêts de tout le peuple coréen - y compris au sud. Début 2009, Kim Jong-Il, le numéro un nord-coréen qui a succédé à son père Kim Il-Sung en 1994, aurait désigné Jong-Un, son troisième fils pour prendre sa succession. Il serait sous l'influence de Jang Song-Taek, son beau-frère et responsable du parti communiste qui contrôle l’armée et la police depuis 2007. A 26 ans, Kim Jong-un, le troisième fils de Kim Jong-Il, d’ores et déjà été promu à la tête des puissants services secrets. Le hasard ou la vertu ne sont pas pour grand-chose dans cette nomination.
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Face à sa sœur ennemie du sud avec laquelle elle est toujours en guerre, la Corée du nord entretient une armée pléthorique et imposante, sur le papier. L'Armée populaire de Corée, cinquième armée du monde en effectif - et non en efficacité, disposerait de 1.100.000 militaires d'active et de 4.700.000 réservistes. Cette armée s’étend sur l’ensemble du territoire et en particulier le long de la zone démilitarisée qui la sépare de la Corée du sud. La marine alignerait 650 navires dont 3 frégates et 23 sous-marins et l’armée de l’air disposerait de 1.600 appareils, peu modernes pour la plupart. Ce pays disposerait, depuis 50 ans, d’un programme d'armes chimiques. Selon des députés sud-coréens, il aurait entre 2.500 et 5.000 tonnes d'agents chimiques militaires. En outre, il posséderait 13 sortes de virus et de bactéries, à utiliser dans le cadre d'une guerre bactériologique, dont des souches du choléra, de la fièvre jaune, du typhus ou de la dysenterie.
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Par ailleurs, la Corée du nord a oublié les droits les plus élémentaires de ses habitants. Elle entretiendrait toujours des camps de prisonniers politiques. Selon un député sud-coréen, M. Yoon Sang-Hyun, la Corée du nord détiendrait environ 154.000 prisonniers politiques, retenus dans six camps de travail, répartis sur son territoire. Ils n'auraient pas eu de procès et pour la grande majorité, ils purgeraient des peines de prison à perpétuité. Le régime de travail serait très éprouvant et la nourriture serait plus que comptée. Le crime « contre le régime » resterait donc traité dans des camps, version locale du goulag, dans lesquels la torture, le viol ou l’exécution publique ne seraient pas exceptionnels. Récemment, des soupçons d'eugénisme pesaient également sur ce pays. Selon Amnesty international, près d'un million de personnes seraient décédées des suites de graves pénuries alimentaires, depuis le milieu des années 1990. Des millions d'autres habitants souffriraient de malnutrition chronique, en raison d’une économie en faillite et de la fermeture du pays aux organisations internationales et non gouvernementales. Malgré le risque de peine capitale, par milliers, les Nord-Coréens continuent donc de gagner la Chine voisine qui fait figure d’Eldorado.
La Corée du nord apparaît comme une dictature surannée et surréaliste mais il ne faut pas s’y tromper. Les politiques nord-coréens ont une véritable stratégie, adaptée au monde actuel, à leurs objectifs et à leurs moyens.
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La Corée du nord, un Etat « voyou » qui développe une stratégie efficace (smart power)
La RPDC cherche des attributs de puissance qui lui permettent de faire perdurer le régime et surtout ses dirigeants. Le développement de l’arme nucléaire et de technologies de missiles balistiques illustrent la volonté de puissance de cet Etat. Elle a effectué de nombreux tirs de missiles au printemps 2009 et, le 25 mai, a procédé à son deuxième essai nucléaire. Condamnée par les résolutions 1718 (2006) et 1874 (2009) du Conseil de sécurité des Nations unies, la Corée du nord reste hermétique aux injonctions de la communauté internationale. Les pourparlers diplomatiques à six - Chine, Russie, Corée du sud, Corée du nord, Japon et Etats-Unis – sont presque au point mort. Cette stratégie lui permet de peser sur la sécurité de la région et d’échanger cette sécurité contre des avantages politiques ou plus prosaïquement une aide humanitaire.
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Pyongyang semble avoir investi des « nouvelles formes de guerre ». Les sites Internet de la présidence sud-coréenne, du ministère de la Défense, du ministère des Affaires étrangères, de certaines banques et de plusieurs portails ont subi le 6 juillet d’importantes perturbations simultanées. Vingt-cinq sites dont ceux de la Shinhan Bank et de la Korea Exchange Bank ont été touchés. Ils auraient subi une attaque informatique coordonnée, pendant de nombreuses heures. La KISA, l’Agence coréenne de la sécurité de l’information, a affirmé qu’il semblait s’agir d’attaques massives et ciblées de type dit de DDoS, ou « déni de service distribué ». Le NIS, le service de renseignement sud-coréen, a aussi laissé entendre que cette attaque aurait pu être orchestrée par la Corée du Nord ou certains de ses partisans, selon député sud-coréen. La cyber-attaque permet de mettre la pression sans être forcément un casus belli. La RDPC a également utilisé l’arme environnementale contre son voisin du sud. Selon le ministre de l’Unification, le 6 septembre 2009, M. Hyun In-Taek, la RDPC aurait lâché intentionnellement 40 millions de m3 d’eau et provoqué une crue sur le fleuve Imjin, en Corée du sud. Le bilan fut de six morts et de trois disparus. La Corée du nord a mis plus d’un mois pour exprimer ses « regrets ».
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Pyongyang s’appuie sur la force, plus ou moins brutale, mais aussi sur un réseau d’alliances et des actions diplomatiques. Depuis la signature du Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle, en 1961, la Chine soutient le régime nord-coréen, au plan économique mais aussi politique. C’est un des rares pays à avoir une réelle influence sur les dirigeants de la RDPC. La Russie a également resserré ses liens avec la Corée du nord depuis 2000. Elle adopte, sur nombre de sujets, une neutralité bienveillante. La RDPC entretient des relations étroites avec des pays « marxistes » : Laos, Vietnam et Cuba. Par ailleurs, le développement du dialogue intercoréen, crée en 1972 et intensifiée depuis 2000, permet de disposer d’un levier politique envers la Corée du sud, bien plus puissante économiquement et militairement. Des officiels de haut rang des deux Corées se seraient rencontrés récemment à Singapour, dans le plus grand secret. M. Kim Yang-gon, chef du département du Front uni du Parti des travailleurs et M. Won Dong-Yeon, directeur du comité pour la paix de l’Asie-Pacifique, auraient représenté Pyongyang pour la préparation d’un sommet avec Séoul. Néanmoins, la question de la réunification demeure entière.
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En définitive, la RDPC survit grâce à une stratégie diversifiée, s’appuyant sur des facteurs de puissance et d’influence militaires, diplomatiques et politiques plutôt classiques. Elle ne semble pas négliger des formes d’actions plus asymétriques, comme les cyber-attaques ou l’utilisation de « l’arme environnementale ».
Il convient tout de même de noter que ce régime est fragile et que la succession de Kim Jong-Il pourrait être problématique, au plan sécuritaire. Vingt ans après la chute du mur de Berlin, il reste à espérer que le peuple nord-coréen puisse bientôt vivre correctement et que la réunification coréenne se déroule pacifiquement, à l’instar de l’exemple allemand.

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lundi 26 octobre 2009

Attaques contre les employés de la mine de Grasberg (Indonésie)

Les attaques d'employés de la firme américaine Freeport-McMoRan Copper & Gold Inc de la mine de Grasberg (une des plus grandes réserves mondiales de cuivre et d'or) se poursuivent. Respectivement le 20 et le 22 octobre dernier, deux employés et un militaire ont été blessés par balles, sans créer d'impact sur la production. Freeport-McMoRan aurait déjà été la cible d'attaques de l'Armée de libération nationale de l'Organisation pour une Papouasie libre, commandée par le "général" Goliath Tabuni.
flickr.com
Il est toutefois difficile de faire la part des choses entre la propagande gouvernementale et commerciale, la concurrence entre les forces de sécurité, le crime organisé et l'insurrection papoue. Ce qui est sûr, c'est qu'il existe un enjeu financier très important autour de cette mine.

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dimanche 25 octobre 2009

Giap et Clausewitz : un commentaire

Je conseille la lecture de "Giap et Clausewitz", de T. Derbent, Giap et Che Guevara. Ce recueil de textes courts est éclairant sur la guerre révolutionnaire et nationale, menée en Indochine et au Vietnam. Il faut dépasser la rhétorique révolutionnaire pour bien comprendre les ressorts de cette insurrection.
Il convient de noter la reconnaissance des mérites militaires du général Navarre par le général Giap. Il constate qu'il est toujours facile après la bataille de dire que telle ou telle décision n'était pas fondée. Il reproche tout de même à son adversaire de Dien Bien Phu de ne pas avoir compris les principes de la guerre révolutionnaire et d'avoir sous-estimé les capacités d'innovation logistique (qui ont été appuyé par 300.000 vietnamiens pour la bataille) et tactique du Vietminh (qui avait adopté des nouveaux modes d'action).
Présentation de l'éditeur :
Le 22 décembre 1944, un jeune communiste vietnamien, Vo Nguyen Giap est placé par son parti à la tête de la branche armée du mouvement de libération : trente et un hommes, trois femmes, deux revolvers, quelques fusils, une mitrailleuse.
Le 7 mai 1954, dans la vallée de Dien Bien Phu, les trente-quatre combattants de Giap sont devenus 55000 soldats aguerris qui infligent une défaite écrasante au Corps expéditionnaire français : 5400 morts, dix mille prisonniers dont un général, seize colonels et lieutenants-colonels, 1749 officiers et sous-officiers. C'est la fin du colonialisme français en Indochine, le prélude à l'intervention américaine et à une nouvelle guerre que Giap mènera avec autant de détermination, d'intelligence, et de succès.
Le général Giap s'est ainsi révélé être un des meilleurs praticiens de la guerre populaire, théorisée au début du XIXe siècle par Carl von Clausewitz dans son monumental " Vom Kriege " (" De la guerre "). Quelles relations peut-on établir entre la théorie de Clausewitz et les analyses, les choix et la personne du général Giap, qui fut un lecteur attentif de " Vom Kriege " ? C'est cette question qui intéresse tant l'histoire de la stratégie que celle des luttes révolutionnaires qu'étudie ici T. Derbent, déjà auteur de " Clausewitz et la guerre populaire " aux éditions Aden (2004). Le texte de T. Derbent est complété par la " Contribution à l'histoire de Dien Bien Phu " du général Giap (Hanoi, 1965) et par un texte, inédit en français, d'Ernesto Che Guevara : " Préface au livre du général Giap : Guerre du peuple, Armée du peuple " (La Havane, 1964).

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41ème rencontre consultative de sécurité américano-coréenne

Les Etats-Unis et la Corée du sud se sont réunis le 22 octobre 2009, à Séoul, au cours de la 41ème rencontre annuelle militaire entre les deux pays, en présence du ministre coréen de la Défense Kim Tae-young et de son homologue américain Robert Gates.
Ils ont adopté un communiqué commun en 16 points qui sont résumés ci-dessous :

  • Présentation de la 41ème rencontre consultative de sécurité américano-coréenne et du 31ème comité militaire américano-coréen (21 octobre 09)
  • Les ministres de la défense ont réaffirmé leur volonté de construire une alliance stratégique globale entre les deux pays, dans un contexte bilatéral, régional et mondial, fondée sur des valeurs communes et une confiance mutuelle. Tout cela est décrit dans la Joint Vision for the Alliance of the ROK and the U.S du 16 juin 2009
  • Les deux pays ont déclaré qu’ils n’accepteront pas une Corée du nord avec des armes nucléaires (cela sous-entend qu’ils pensent que les essais nord-coréens n’ont pas encore mené à des armes opérationnelles). Ils ont souhaité la poursuite du dialogue dans le cadre d’un dialogue pacifique
  • Les Etats-Unis soutiennent les efforts de la Corée du sud réduire les tensions dans la péninsule coréenne et réaffirment l’importance de l’alliance entre la ROC et eux.
  • Les deux pays réaffirment leur engagement de défense mutuelle et les Etats-Unis maintiendront leur effectif en ROC
  • Les Etats-Unis réaffirment leur engagement d’englober la Corée du sud dans leur dissuasion, y compris nucléaire
  • Les deux pays vont poursuivre leur coopération pour renforcer la sécurité régionale et mondiale
  • Ils ont affirmé que leur alliance jouait un rôle majeur pour la paix, la stabilité et la prospérité dans la région
  • M. Robert Gates a loué les efforts de la Corée du sud pour la lutte contre la piraterie dans le Golfe d’Aden et pour le maintient de la paix au Liban
    • Les deux ministres ont reçu un rapport du comité militaire américano-coréen qui précise la posture de défense commune. Les forces sont décrites comme capables de « combattre ce soir » (court préavis), contre toute agression
    • Le transfert des forces coréennes sous OPCON américain en temps de guerre a été abordé
    • Les Etats-Unis vont poursuivre leur fourniture de capacités militaires
    • Les ministres ont reçu un rapport sur la mise en œuvre de la ROK-U.S. Security Policy Initiative (SPI)
    • La restructuration du dispositif militaire américain en Corée du sud a été également abordée
    • Les deux ministres ont exprimé leur satisfaction concernant le 8th Special Measures Agreement (SMA), qui régit le partage des coûts de défense entre les deux nations
    • La prochaine réunion se tiendra en 2010 à Washington D.C.

    Quelques commentaires :

    • L’administration Obama s’inscrit dans la politique stratégique de ses prédécesseurs
    • Un clair message a été donné à la Corée du nord qui souffle le chaud et le froid depuis le début de l’année
    • Une réunification pacifique et démocratique des deux Corées semble toujours aussi lointaine mais nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne surprise

    Photos : US Gov

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    samedi 24 octobre 2009

    L’Arabie saoudite intervient-elle à la frontière avec le Yémen ?

    Depuis le 19 octobre 2009, les rebelles Houthis, au nord du Yemen, affirment qu’ils ont été attaqués par les forces armées saoudiennes, le long de la frontière. Selon des médias proches des rebelles, des douzaines de personnes auraient été tués et blessés, dans la région d’Al-Hasama, par des tirs d’armes automatiques sur une foule dans un marché. Les forces saoudiennes appuieraient l’offensive des forces gouvernementales du Yémen. L’Arabie saoudite a démenti. A plusieurs reprises, les rebelles avaient accusé les Saoudiens d’effectuer des bombardements aériens.
    rebelles Houthis
    Depuis le 11 aout, l’armée yéménite est engagée dans l’opération Scorched Earth (terre brulée) contre les rebelles zaidites. Il y aurait d’ores et déjà plus de 150.000 réfugiés, des centres de soin de MSF attaqués (15 et 16 octobre 2006- hôpital de Razeh), des prisonniers zaidites ont été condamnés à mort cette semaine, etc. La guerre des communiqués fait rage entre décompte des pertes et intox. Cette guerre n'est pas encore finie malgré les déclarations optimistes du gouvernement : le général de brigade Omar Ali Al-Issa qui commande une division d'infanterie engagée dans les combats aurait été tué, avec plusieurs soldats, le 23 octobre, par une roquette.
    armée régulière
    Cela contredit ceux qui pensent que les guerres et leurs conséquences sont en cours de disparition…
    Autres billets sur le Yémen Photos : presstv.ir

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    vendredi 23 octobre 2009

    Les gardiens de la révolution ne décolèrent pas !

    Le 18 octobre dernier, dans la province iranienne du Sistan-Balouchistan, à la frontière avec le Pakistan, un attentat frappait les gardiens de la révolution. Il aurait fait au moins 42 morts dont 6 chefs des pasdaran et 28 blessés. Les Etats-Unis (de nouveau) et la Grande Bretagne ont été accusés par Téhéran de soutenir le groupe jihadiste Joundallah qui a revendiqué l’action. Les sanctuaires de ce groupe seraient au Pakistan. L’Iran a demandé au gouvernement pakistanais de remettre les rebelles responsables de l’attentat suicide et le chargé d’affaires pakistanais a été convoqué pour recevoir une protestation officielle de Téhéran. Plusieurs suspects auraient déjà été arrêtés.
    Le groupe Joundallah, qui serait dirigé par Abdel Malek Rigi, réclame plus d’autonomie pour la province, à minorité sunnite. En février 2007, il avait organisé un attentat à la voiture piégée contre un bus des pasdaran (13 morts). Il a commis un attentat (25 morts) à la voiture piégée contre une mosquée chiite de Zahedan, chef lieu de la province, en mai 2009. Ce groupe pourrait être lié à Al-Qaïda et aux taliban afghans.
    Comme on peut s’en douter, les pasdaran n’ont pas du tout apprécié et le risque de dérapage sécuritaire est non nul. Le général de brigade Hossein Salami a déclaré que « les éléments derrière ces attaques terroristes devaient savoir que nous [pasdaran] allions les traquer maisons par maisons et que nous allions les punir pour leur acte honteux et diabolique. », lors des funérailles du générak General Rajabali Mohammad Zadeh, commandant les pasdaran du Sistan-Balouchistan. Le général de brigade Mohammad Pakpour, le 20 octobre, aurait demandé au gouvernement l’autorisation d’attaquer les bastions de Joundallah au Pakistan. Déjà, le 19 octobre, le major général Mohammad Ali Jafari, commandant les pasdaran, avait annoncé une riposte appropriée. Le 23 octobre, une délégation de responsables politiques et sécuritaires iraniens, menée par M. Mostafa Mohammad-Najjar, s’est rendue au Pakistan pour rencontrer des homologues.
    Si le Pakistan ne réagit pas suffisamment fortement, l’Iran pourrait être tenté d’agir par ses propres moyens en territoire pakistanais (la puissante force Al-Qods ou des forces plus régulières). Dans tous les cas le gouvernement pakistanais sera sans doute obligé d’ouvrir un nouveau front contre Al-Qaida alors qu’il peine à combattre les talibans et d’autres groupes jihadistes.

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    jeudi 22 octobre 2009

    Un blog à découvrir : good morning Afrika

    Encore un blog à signaler et vraiment à visiter. Good morning Afrika traite de la géopolitique de l'Afrique., notamment subsaharienne. Sonia Le Gouriellec, doctorante en sciences politiques (Paris 5) décrypte les affaires de ce continent capable du pire et du meilleur.
    US DoD

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    mardi 20 octobre 2009

    Un emploi ?

    Stent, l'auteur de La plume et le Sabre, en fin d'étude, est en recherche d'emploi. Pour ceux qui seraient intéressés par son profil : http://www.laplumelesabre.com/index.php?
    N'hésitez pas à aller voir.

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    lundi 19 octobre 2009

    L'asymétrie bien comprise

    Parfois, il existe des gens qui sont décalés par rapport aux réalités. Pendant la guerre d'Indochine, la journaliste Brigitte Friang demandait à un officier d'état-major français ce qu'il pensait de Giap. Réponse : " Ma chère, comment voulez-vous qu'il gagne ? Il n'a même pas fait l'école de guerre!".
    Sans commentaire.

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    Nouveau conseil de sécurité de l'ONU

    L'Assemblée Générale des Nations unies a élu 5 pays membres non-permanent du Conseil de Sécurité. Leur mandat dure du 1er janvier 2010 au 21 décembre 2011.
    Le conseil, en 2010, sera composé de :
    1. Les Etats-Unis (permanent)
    2. La Russie (permanent)
    3. La Chine (permanent)
    4. Le Royaume uni (permanent)
    5. La France (permanent)
    6. La Bosnie (2010-11)
    7. Le Brésil (2010-11)
    8. Le Liban (2010-11)
    9. Le Nigéria (2010-11)
    10. Le Gabon (2010-11)
    11. La Turquie (2009-10)
    12. L'Australie (2009-10)
    13. Le Japon (2009-10)
    14. Le Mexique (2009-10)
    15. L'Ouganda (2009-10)
    Parmi ces pays, certains ont connu des guerres récemment ou une certaine instabilité politique. La présence de membres permanents permet de stabiliser le Conseil de sécurité et de lui donner toute la force dont il a besoin pour se faire respecter.

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    dimanche 18 octobre 2009

    La Corée du nord, une grande démocratie !!!!

    Selon un député sud-coréen, la Corée du nord détiendrait environ 154.000 prisonniers politiques, retenus dans six camps de travail, répartis sur son territoire. Ils n'auraient pas procès et pour la grande majorité, ils purgeraient des peines de prison à perpétuité. Le régime de travail est simple : plus de 10 heures de travail quotidien, peu de nourriture (200g/j), peu ou pas de soins, pas de communication avec les familles, Ces six camps de travail n'accueilleraient pas de détenus coupables de crimes (meurtre, viol., etc.), à part celui de "crime contre le régime". Selon le communiqué du député Yoon Sang-hyun, "la Corée du Nord commet divers crimes contre l'humanité, tels que les exécutions en public, la torture ou le viol sur les personnes qui tentent de fuir".
    La Corée du nord, dernier régime stalinien, nie bien évidemment la présence de goulags (camps de concentration) sur son territoire. Pourtant, cette République populaire et démocratique de Corée, est bien peu "populaire" et "démocratique". Récemment, des soupçons d'eugénisme pesaient sur ce pays.
    Tout cela rappelle certains régimes connus pour leurs crimes contre l'humanité, au XXème siècle. Encore une fois, lorsque cela cessera, on pourra dire que l'on ne savait pas...
    Autres billets sur la Corée

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    samedi 17 octobre 2009

    Des membres du Hezbollah au Yémen ?

    Une rumeur sur la participation du Hezbollah libanais se diffuse actuellement dans des médias du Proche-Orient. Selon eux, des membres présumé du parti de Dieu auraient été tués dans les récents combats au nord du Yémen, aux côté des rebelles zaidites (chiites). Des spécialistes des explosifs ou des armes antiaérienne de courte portée seraient présents sur ce théâtre. Ce n'est pas confirmé.
    Si cela devait s'avérer vrai, ce signifierait une internationalisation du conflit du nord du Yémen avec la participation de l'Iran et de certains groupes étrangers inféodés (adeptes de la révolution islamique à l'iranienne). Déjà terre de jihad international au sud (Al-Qaïda), le Yémen pourrait concentrer rapidement les maux du Moyen-Orient et de la corne de l'Afrique.
    Ci-dessous une vidéo sur les combats au Yemen (Je n'ai pas la traduction de la bande son) :
    www.marebvideo.com (Bataille de Harf Sufian)

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    vendredi 16 octobre 2009

    Guinea: Military Rule Must End par l'ICG

    L'International Crisis group vient de publier un document sur les évènements qui secouent la Guinée. Ils ont été éclipsés par l'affaire Polanski. L'information est hiérarchisée et les grandes souffrances de certains ne (semblent?) valent pas grand chose. Je suggère de consulter le résumé qui évite de lire le rapport pour le lecteur pressé.
    US DoD
    Vous trouverez ci-dessous un extrait du résumé du document (voir le rapport complet en anglais)
    La tuerie qui a fait au moins 160 morts parmi les manifestants, le viol de nombreuses femmes et l’arrestation de dirigeants politiques par les forces de sécurité lors d’une manifestation pacifique à Conakry le 28 septembre 2009 ont mis en évidence les dangers que représente le maintien au pouvoir des militaires pour la stabilité de la Guinée et d’une sous-région dont trois Etats fragiles commencent tout juste à se remettre de guerres civiles.
    La junte, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), nie ses responsabilités pourtant évidentes et tente de gagner du temps en proposant aux partis d’opposition ce qu’elle appelle un « gouvernement d’union nationale ». Mais, alors que dans la rue, la patience vis-à-vis de la junte s’amenuise, l’instabilité risque d’augmenter à moins que les communautés internationale et nationale ne décident d’exercer une pression commune pour forcer la junte à quitter le pouvoir.
    [...]
    Les événements tragiques du 28 septembre soulignent la nécessité de mettre au point une stratégie de départ du pouvoir pour la junte afin de préserver la transition démocratique et d’établir les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres et équitables.
    Les mesures suivantes doivent être prises :
    • La junte doit prendre en compte le fait qu’une large majorité de la population n’acceptera pas un autre régime militaire, et que sa tentative de maintien au pouvoir risque fort de plonger le pays dans une guerre civile ou dans l’anarchie. Elle doit se retirer maintenant et laisser la place à un gouvernement civil de transition qui inclue une large représentation des Forces Vives – le groupe de coordination des partis d’opposition et de la société civile – et accepter l’offre de la CEDEAO de servir de médiateur dans les négociations qui lui permettront de quitter le pouvoir dignement.
    • Les membres de la junte doivent explicitement et définitivement renoncer à tout projet de participer aux élections de quelque façon que ce soit et accepter les conditions d’un processus global de réforme du secteur de la sécurité. Cela devra inclure en tout premier lieu un retour aux casernes et l’application de mesures pour faire respecter la discipline et mettre fin à l’impunité au sein des troupes. Ces mesures seraient un premier pas vers une réforme plus globale du secteur de la sécurité qui comprendrait la professionnalisation de l’armée et la création d’une force de police civile plus efficace.
    • La médiation du président Compaoré au nom de la CEDEAO devrait s’appliquer à faire admettre au CNDD l’ultimatum électoral de l’UA et à mettre au point les conditions de départ du pouvoir des plus hauts dirigeants.
    • La CEDEAO devrait envisager l’envoi d’une mission militaire en Guinée, éventuellement conduite par des chefs d’état-major, pour déterminer les mesures à prendre pour stabiliser le pays, désarmer toutes les milices, assurer la sécurité pendant les élections et lancer un programme global de réforme du secteur de la sécurité. Cette mission pourrait également inclure un élément civil de suivi politique.
    • Le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires devrait envisager une mission urgente en Guinée afin d’entamer une enquête criminelle des événements du 28 septembre, tandis que d’autres partenaires internationaux devraient soutenir financièrement et politiquement les organisations guinéennes des droits de l’homme qui rassemblent sur le terrain des informations sur les crimes commis.
    • Si la junte s’obstine, la communauté internationale devrait isoler le régime en commençant par imposer des sanctions sévères et ciblées contre les membres du CNDD et leurs soutiens-clés. L’UA et les partenaires concernés tels que la France, les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) devraient simultanément offrir leur soutien aux pays voisins pour la mise en place de sanctions et la préparation, avec les forces de la CEDEAO, d’une intervention militaire régionale rapide si jamais la Guinée devait connaître de nouvelles violences.
    Ajout : Selon l'AFP, "Inquiète d'une escalade de la violence à Conakry où la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader, la France a demandé à ses ressortissants résidant en Guinée de quitter le pays, à la veille de probables sanctions internationales contre la junte au pouvoir." Lire la suite.
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    jeudi 15 octobre 2009

    Coup de gueule à la commission de la défense de l'Assemblée

    Le 13 octobre, la commission de défense de l'Assemblée nationale a examiné le point d’étape sur la mission d’information sur la mise en œuvre et le suivi de la réorganisation du ministère de la défense (MM. Bernard Cazeneuve et François Cornut-Gentille, rapporteurs). Les rapporteurs se sont plaints de la collaboration du ministère de la défense pour fournir des chiffres, du manque de lisibilité sur la vente des fréquences de la défense et la question de l'efficacité des bases de défense a été remise en question. En résumé, ces députés se posent des questions sur l'évolution de la réforme. Encore une fois, il faut se faire soi-même son idée.
    US DoD
    Vous pourrez lire les débats ci-dessous ou ici :
    Point d’étape sur la mission d’information sur la mise en œuvre et le suivi de la réorganisation du ministère de la défense (MM. Bernard Cazeneuve et François Cornut-Gentille, rapporteurs)
    La séance est ouverte à seize heures quarante-cinq.
    • M. le président Guy Teissier. Nous débutons la séance de cet après-midi par un nouveau point d’étape de la mission d’information sur la mise en œuvre et le suivi de la réorganisation du ministère de la défense. Un premier rapport a été publié en février de cette année, les rapporteurs avaient fait à cette occasion un certain nombre de propositions. Nous allons voir si elles ont été suivies d’effet et nous saurons si la réforme respecte les délais qu’elle s’était fixés.
    • M. François Cornut-Gentille, rapporteur. Je pense que la communication d’aujourd’hui est l’occasion de faire état des difficultés que nous rencontrons pour disposer de tous les éléments nécessaires à notre mission. Comme je l’avais déjà évoqué l’année dernière, il nous est difficile d’apprécier la réforme puisque le ministère rechigne à nous adresser régulièrement des informations précises et complètes. En 2008, nous n’avions reçu des informations chiffrées que la veille de la présentation de notre point d’étape ; cette année nous nous trouvons dans la même situation puisque nous n’avons eu communication qu’hier d’éléments concernant les bases de défense. J’indique d’ailleurs que ce qui nous a été transmis reste à un niveau très général et ne permet aucune analyse contradictoire ni aucun recoupement. Cette situation est d’autant plus insatisfaisante que j’ai demandé de façon informelle dès le mois de septembre à avoir ces données et que nous avons formellement adressé un questionnaire en ce sens à la direction des affaires financières dès le 16 septembre dernier. Au final nous n’avons que des éléments de langage, comme si notre mission visait à contrôler et à suivre la communication du ministère et non la réforme elle-même ! Face à cette difficulté structurelle, je souhaite que nous bénéficiions du soutien de la commission. L’état des relations avec le ministère est d’autant plus dommageable que l’appréciation globale que je porte sur la réforme est positive et qu’il me semble que notre travail est l’occasion pour le ministère de montrer qu’il remplit effectivement ses objectifs. Le ministère ne peut se satisfaire d’un fonctionnement endogamique et doit accepter les analyses extérieures, qu’il s’agisse du Parlement, du ministère du budget ou de la Cour des comptes. Il me semble primordial que ces échanges soient organisés et qu’ils se fassent en toute transparence. J’ai en effet le sentiment que les informations qui nous sont transmises sont trop retravaillées, comme si le ministère ne voulait pas assumer la réalité des chiffres. Dans ce cadre renouvelé, je souhaite que nous puissions examiner en détail quatre aspects. Il faut tout d’abord nous assurer de la réalité financière de la réforme : les économies sont-elles au rendez-vous ? Il convient ensuite de veiller à la « manœuvre RH » sur le plan quantitatif mais aussi et surtout sur le plan qualitatif. Les bases de défense constituent un autre point essentiel de la réforme : quel en est le bilan précis ? Le ministre déclare vouloir accélérer la généralisation du modèle, mais sur quel fondement ? S’agit-il d’une simple mesure d’affichage ou cette décision correspond-elle à un véritable besoin opérationnel ? Enfin, nous devons travailler sur le projet de regroupement des administrations centrales à Balard. Ce projet est emblématique et nécessaire à la réforme ; nous devons donc nous assurer de sa viabilité et de sa solidité. Il faut pour cela que le ministère nous fournisse toutes les données.
    • M. le président Guy Teissier. Je ressens une certaine amertume dans les propos du rapporteur, notamment en ce qui concerne sa relation avec le ministère.
    • M. Bernard Cazeneuve, rapporteur. Alors que nous engageons la discussion budgétaire, il me semble nécessaire de revenir sur l’équation globale de la réforme. Faute de disposer d’éléments précis, nous sommes contraints de continuer à nous interroger sur son économie. La réduction de 54 000 emplois doit permettre de générer près de 4 milliards d’euros d’économies entièrement reversées au profit des équipements. Pour y parvenir, le ministère devra engager quelque 1,2 milliard d’euros pour les infrastructures, ces dépenses devant néanmoins être couvertes par la baisse équivalente des dépenses de fonctionnement. En outre, le ministère pourra compter sur 3,7 milliards d’euros de recettes exceptionnelles tirées de la vente d’emprises et de fréquences. Au final, ce schéma devrait permettre de réduire définitivement le décalage persistant entre les prévisions de la programmation et sa réalisation. Face à ce montage, j’ai toujours des doutes mais désormais, j’ai aussi des certitudes inquiétantes. J’observe tout d’abord que les ressources exceptionnelles présentées comme imminentes en 2009 tardent à arriver au point que le chef d’état-major des armées a manifesté un certain scepticisme en la matière à l’occasion de sont audition devant notre commission. Je partage sa réserve puisque ni Matignon ni l’ARCEP n’ont autorisé la vente des fréquences. Le plan de relance permet certes de faire face aux besoins de trésorerie, mais il ne règle pas le problème au fond. En ce qui concerne les bases de défense, je comprends que la mutualisation du soutien permettra de réaliser des économies d’échelle et ainsi de réduire les dépenses de fonctionnement. Mais justement, si ce modèle fonctionnait aussi bien que le ministre le prétend, comment se fait-il qu’il ne soit pas en mesure de nous le démontrer, chiffres à l’appui ? Il serait normal que nous ayons, pour chaque base, les économies réalisées et en regard les dépenses qui ont dû être faites. Nous avons adressé un questionnaire à la direction des affaires financières sur ce point le 16 septembre dernier et nous n’avons obtenu de retour qu’après un courrier de relance adressé au ministre le 29 septembre. Les éléments apportés me semblent d’ailleurs très sibyllins puisque le directeur adjoint du cabinet se contente d’expliquer que « les économies attendues de la réforme du ministère sont bien au rendez-vous, comme en témoigne le modèle financier actualisé dont vous disposez, en réponse au questionnaire que vous avez adressé au directeur des affaires financières du ministère. Toutefois, il m’est impossible pour le moment d’isoler et de chiffrer la part de ces économies qui revient aux seules bases de défense expérimentales puisque les réductions d’effectifs obtenues grâce à cette action sont ventilées dans les projets fonctionnels relevant du soutien […]. De même, les économies générées grâce à la rationalisation des achats qui passe notamment par la réduction du nombre des acheteurs, sont comptabilisées et centralisées au titre de la fonction achat ». Je ne peux que constater que le ministère est dans l’incapacité d’isoler les économies générées par les bases de défense. Cela signifie-t-il qu’aucun indicateur de suivi n’existe, contrairement à ce qui nous est annoncé ? Cela peut aussi vouloir dire que le ministre dispose des données mais ne souhaite pas nous les transmettre car elles ne sont pas conformes aux résultats attendus. Je ne comprendrais pas en effet qu’il se refuse à prouver qu’il atteint ses objectifs ! L’autre hypothèse possible est plus grave : le ministère ne dispose peut-être d’aucun élément, c'est-à-dire qu’il n’est pas en mesure d’assurer le suivi de la réforme.
    • M. Jacques Lamblin. Mais n’est-il pas un peu prématuré d’exiger un bilan d’une réforme qui commence à peine ?
    • M. Bernard Cazeneuve, rapporteur. Cet argument n’est pas recevable dès lors que le ministre considère que les bases fonctionnent tellement bien qu’il peut accélérer leur mise en œuvre. Nous ne voulons pas instruire a priori un quelconque procès contre la réforme mais bien nous assurer qu’elle remplit les objectifs qu’elle s’est elle-même assignés. Il y a clairement un décalage entre ce que le ministre annonce et la réalité du suivi interne des restructurations. Je tiens également à souligner que nous faisons face à une multiplication des structures que ce soit la mission de coordination de la réforme confiée au général Thierry Cambournac, le comité financier interministériel ou encore le comité ministériel d’investissement. De même, des indicateurs extrêmement sophistiqués semblent être créés. Les réponses transmises par la direction des affaires financières font par exemple état de « la mise en place de la trajectoire réévaluée des besoins (TRB) […] qui retrace, dans le cadre pluriannuel de la planification ministérielle, les évolutions des dépenses d’investissement relatives au périmètre physique arrêté par la version actualisée du référentiel de programmation ». Mais plus il y a de structures et plus il y a d’indicateurs, plus le ministère est muet. On peut légitimement se demander si la réforme est contrôlée, d’autant que ni la direction générale de la modernisation de l’État, ni l’inspection des finances, ni la Cour des comptes ne participent pour l’heure à cet exercice de contrôle. Finalement, le schéma financier actualisé montre que la réforme va coûter 35 millions d’euros en 2010 alors qu’elle devait permettre d’en économiser 26. Le ministère prévoit une inversion de la tendance et un rattrapage final mais sans que nous sachions pourquoi ni comment il s’opérera. L’éclatement de la fonction financière me semble très clairement montrer que le ministère n’est pas en mesure de piloter sa réforme de façon aussi efficace que nécessaire. Dans ce contexte, je crois qu’il faut que le Parlement joue pleinement son rôle et exerce l’ensemble de ses pouvoirs de contrôle face à un ministère par trop récalcitrant, en affirmant clairement sa volonté d’exercer ses prérogatives.
    • M. le président Guy Teissier. Je vous félicite pour ce travail prospectif. Il vous place à l’avant-garde de la mission de contrôle que nous confie la Constitution et qui est au cœur de la réforme des institutions. J’aurais cependant un regret : pourquoi n’avez-vous pas abordé cette question lors de l’audition du ministre ? Face aux difficultés que vous rencontrez, je vous propose que nous rédigions une lettre conjointe au ministre pour que vous obteniez effectivement les renseignements indispensables au bon déroulement de votre mission. Sans rien excuser, j’observerai toutefois que ce phénomène n’est pas nouveau, il est à mon avis culturel et ces difficultés sont amplifiées par la complexité du budget de la défense. En ce qui concerne les bases de défense, vous êtes-vous rendus sur l’une d’entre elles ?
    • M. François Cornut-Gentille, rapporteur. Avant de nous rendre sur le terrain, nous souhaitions disposer de l’analyse globale de l’expérimentation. Ce n’est qu’une fois munis de ces données que nous pourrons utilement vérifier si elles correspondent à la réalité.
    • M. le président Guy Teissier. Je pense que les deux logiques peuvent se justifier, les informations recueillies auprès des services centraux et dans les bases de défense devant, en toute logique, concorder. Le ministre nous a indiqué que malgré le peu de recul, il semble que certains critères doivent d’ores et déjà être corrigés. Je pense notamment à l’approche géographique, la règle des 30 kilomètres semblant trop rigide. Par exemple, la mise en œuvre de la base expérimentale de Marseille fait aujourd’hui l’objet d’ajustements : dans les projets initiaux, le premier régiment étranger de la légion étrangère installé à Aubagne devait constituer sa propre base de défense, ce qui n’était pas forcément justifié. Il est désormais prévu de l’intégrer dans la base de Marseille. Concernant les difficultés que vous rencontrez pour obtenir des informations, je constate que le phénomène tend à se généraliser. Je les ai moi-même connues au cours de mes travaux relatifs au contrôle des crédits ou à la révision générale des politiques publiques (RGPP). J’ai par exemple peiné à faire entendre au ministère qu’il n’était pas pertinent d’empêcher le mouvement de certains civils volontaires sous prétexte qu’ils n’appartenaient pas à une unité restructurée. L’approche doit être plus souple, prendre en compte les réalités locales et essayer de respecter, autant que possible, les souhaits des personnels.
    • M. Bernard Cazeneuve, rapporteur. J’ai choisi de ne pas interroger directement le ministre car cela ne correspond pas à l’esprit qui anime notre commission ni à l’esprit de courtoisie auquel nous sommes ensemble attachés, d’autant que le délai imparti aux services pour répondre venait tout juste de s’écouler. Par ailleurs, je me félicite de votre proposition et je signerai très volontiers le courrier que vous évoquez.
    • M. le président Guy Teissier. Nous pourrons procéder en deux temps : adresser un courrier au ministre et, si nous n’avons pas obtenu satisfaction, nous pourrons l’inviter à venir s’exprimer devant la commission sur ce sujet spécifique.
    • M. Bernard Cazeneuve, rapporteur. Pour que les membres de la commission comprennent la situation dans laquelle nous nous trouvons, je souhaiterais vous lire un extrait de la lettre que nous a fait parvenir le ministère au sujet du projet de Balard. « S’agissant du projet de regroupement des administrations centrales sur le site de Balard, je suis au regret de ne pouvoir donner suite à votre demande de transmission de l’étude préalable au contrat de partenariat. Ce document contient en effet de nombreuses informations dont la publication, totale ou partielle, nuirait gravement aux intérêts de l’État ».
    • M. Christophe Guilloteau. C’est scandaleux !
    • M. le président Guy Teissier. Je tiens pourtant à souligner le caractère exemplaire de notre commission, aucune des informations classifiées qui ont pu nous être transmises n’a jamais été communiquée à l’extérieur de cette enceinte.
    • M. François Cornut-Gentille, rapporteur. Je vous remercie de votre soutien. Pour ma part, je n’ai pas interpellé le ministre car j’avais reçu des assurances de la part de ses services sur le fait que nous aurions des données, certes tardives, mais complètes. Je constate malheureusement que le contenu n’a pas été à la hauteur de ce qui nous avait été promis. Je ne peux que me sentir profondément agacé de ce jeu de dupes !
    • M. Michel Voisin. Pour nuancer ce qui vient d’être dit, je souhaite souligner qu’au niveau local, d’importants efforts de communication ont été entrepris. Dans ma circonscription, le modèle de base de défense est expérimenté au sein de la base de La Valbonne. Un inspecteur général des armées est venu en visite d’inspection et a invité les élus locaux concernés à faire le point sur les modalités d’accueil et sur l’organisation de la base.
    • M. Gilbert Le Bris. Je soutiens le projet de démarche solennelle du président. Je tiens également à souligner ma satisfaction par rapport au travail de nos collègues qui a le mérite d’une grande franchise. Il me semble assez grave de voir que bien que nous soyons la commission de référence en matière de défense, nous avons les plus grandes peines à obtenir des informations précises. Mais je pense que si les rapporteurs se rendent sur une base de défense, ils risquent fort de se heurter au poids de la hiérarchie. Nous voulons un contrôle global et non local, or le ministère pourrait trouver plus confortable que nous nous engagions dans des démarches sans fin sur le terrain. Nous devons au contraire exiger d’avoir accès aux éléments dont les échelons centraux ont connaissance. Par ailleurs, je profite de cette intervention pour vous signaler ma préoccupation au sujet des externalisations devenues le « prêt à penser » du ministère de la défense. Il faut engager une réflexion sur ce sujet.
    • M. Nicolas Dhuicq. Il me paraît difficile d’évaluer les résultats d’une réorganisation aussi récente. Par ailleurs, la réforme étant un objet nouveau, il n’est pas illogique que les indicateurs qui doivent la mesurer soient en train d’être créés. S’agissant des bases de défense, vous avez évoqué une possible augmentation de leur nombre. Cela ne consiste-t-il pas à nommer « bases de défense » des bases qui n’en sont pas ?
    • M. Bernard Cazeneuve, rapporteur. Au contraire, le nombre de bases de défense devrait baisser. Le ministre a annoncé que 70 bases de défense devraient finalement suffire à couvrir le territoire.
    • M. Christophe Guilloteau. Je suis très mécontent des difficultés que vous rencontrez dans ce travail de contrôle. Nous assistons finalement à une sorte de discours à deux volets : d’une part un échelon local et un ministre qui font montre d’une grande transparence, et, d’autre part, des échelons intermédiaires faisant preuve d’opacité. Je m’associe à la proposition du président Teissier de saisir le ministre en notre nom à tous ! Il est de notre responsabilité de dire combien l’attitude que prennent certains généraux envers la représentation nationale n’est pas acceptable.
    • M. Jean-Louis Bernard. Je suis déçu de ne pas pouvoir disposer d’informations précises sur le coût des restructurations. Cela me déçoit d’autant plus que je pensais que les rapporteurs auraient pu obtenir toutes les données dont ils ont besoin. Il est anormal que vous ne puissiez pas mener à bien votre mission ! Comme mon collègue Christophe Guilloteau, je soutiens sans réserve la proposition du président Teissier.
    • M. Franck Gilard. Quelles sont les conditions de réemploi des biens fonciers libérés lorsque les structures ferment ? Les cessions d’actifs pour un euro symbolique sont-elles systématiquement accompagnées de projets sérieux de reconversion ?
    • M. le président Guy Teissier. C’est normalement la règle : le repreneur doit présenter un projet d’aménagement de la zone.
    • M. François Cornut-Gentille, rapporteur. Ces projets sont en effet obligatoires pour les cessions à l’euro symbolique.
    • M. Michel Voisin. Jeudi dernier, lors de la réunion du comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale, MM. Claude Goasguen et Jean Malot, rapporteurs, ont indiqué que les ministères avaient fait preuve dans l’ensemble d’un bon esprit de coopération mais qu’une certaine obstruction avait été constatée de la part du ministère de la défense. Pour approfondir ce sujet, il serait bon que nos collègues François Cornut-Gentille et Bernard Cazeneuve soient associés de ce comité.
    • M. François Cornut-Gentille, rapporteur. Je souhaite vraiment que notre mission soit l’occasion de moderniser les relations entre notre commission et le ministère, à l’instar des initiatives prises par le président Teissier. Je voudrais par ailleurs indiquer qu’en tant que rapporteur budgétaire, je dois faire face à une classification abusive des documents qui me sont transmis. Si toutes les informations sont classifiées « confidentiel défense », il m’est impossible de publier le moindre élément alors même que certains se retrouvent dans la presse !
    • M. Jean-Louis Bernard. J’observe le même phénomène et il me semble qu’il faudrait opérer une sélection plus fine de façon à ce que les informations figurant sur internet ne soient pas inutilement classifiées.

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    mercredi 14 octobre 2009

    A lire

    A lire sur le blog de Jacques Attali : L'irénisme nucléaire. C'est bien vu.

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    mardi 13 octobre 2009

    Projet de loi de finances pour 2010 (I)

    Comme tous les ans, les auditions sur le projet de loi de finances pour 2010 ont commencé à la commission de la défense de l'Assemblée nationale :
    US DoD

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    lundi 12 octobre 2009

    Yémen et Somalie : une déstabilisation durable

    La situation dans le nord du Yémen reste tendue et instable a affirmé, le 9 octobre, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), John Holmes. Il a indiqué que pour certains des habitants de Mazrak, c'était la deuxième ou la troisième fois qu'ils étaient déplacés : « Les gens qui ont fui vers les camps ont peu de ressources de survie. Nombre d'entre eux vivaient déjà dans une grande pauvreté et ont maintenant perdu le peu qu'ils avaient ; il faut donc les aider sur tous les plans, de l'abri à l'eau et à la nourriture. Mais il faut aussi aider les milliers de personnes qui, pour une raison ou une autre, préfèrent ne pas vivre dans les camps ».
    Nasa
    Par ailleurs, un ancien chef houti a déclaré que les rebelles du nord du Yemen souhaitaient étendre la rebellion à la région Hajjah au nord et Mareb, à l'est, selon l'agence Saba. Abdullah Al-Mahdoun a affirmé que les insurgés recevaient une aide étrangère en matériel et en instruction militaire en sous-entendant une action iranienne. Les instructeurs locaux auraient été entraînés au Sud-Liban et en Iran, il y a quelques années. Selon Al-Mahdoun, les trêves avec les troupes gouvernementales serviraient à refaire les forces de la rébellion.
    Pour l'instant, pas de trêve sérieuse à l'horizon. Les combats font rage. Durant les 20 derniers jours, les rebelles auraient perdu 600 hommes, tués, blessés ou capturés. De nombreux autres se seraient rendus selon le gouvernement.
    Yemen gov
    La Somalie pèse aussi sur la situation yéménite. Des réfugiés arrivent régulièrement. 227 réfugiés somaliens, dont 51 femmes, sont arrivés, le 11 octobre dernier, sur les côtes du Yémen. Plus de 50.400 personnes sont déjà arrivées cette année à bord de 994 bateaux au Yémen, depuis la corne de l'Afrique. Cela dépasse le total observé pour toute l'année 2008 avec 50.091 personnes.
    De nouveaux combats ont éclaté selon l'ONU, depuis fin septembre, en Somalie. 145 personnes auraient été tuées et 285 autres blessées au cours d'affrontements violents survenus à travers la Somalie, principalement à Kismayo, Beled Weyne et Mogadiscio. Des violences ont éclaté à Kismayo entre deux groupes islamistes, Al-Shabaab et Hisb-ul-Islam, qui collaboraient auparavant pour renverser le gouvernement somalien. Des combats ont également eu lieu, début octobre, entre les forces gouvernementales et Hisb-ul-Islam pour le contrôle de Beled Weyne à la frontière entre la Somalie et l'Éthiopie. Des confrontations ont eu lieu dans Mogadiscio entre les forces gouvernementales et les groupes d'opposition.
    Par ailleurs, ce week-end, des troupes éthiopiennes lourdement armées auraient franchi la frontière somalienne, dans la région de Beled Weyne, pour capturer des combattants islamistes.
    Yemen Gov
    En définitive, la Somalie, pour laquelle il faut ajouter la piraterie et le Yémen, aussi miné par Al-Qaïda, sont en train de sombrer (à nouveau) dans le chaos. Pourra-t-on éviter, à terme, une intervention militaire internationale, pour rétablir l'ordre dans cette zone stratégique ?

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