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mercredi 30 septembre 2009

Troubles dans le sud du Yémen

Selon Le monde, le 30 septembre, une vive tension a émergé dans trois villes (Daleh, Zinjibar, Lahej) du sud du Yémen et une manifestation a dégénéré en heurts avec la police faisant au moins quatre blessés. Selon d'autres sources, il y aurait un tué et seize blessés, dont sept soldats et deux policiers.
crédit : armée yéménite
Le risque de tentative de sécession du sud est non négligeable et compliquerait sérieusement l'équation sécuritaire du gouvernement yéménite, en pleine offensive contre les Zaïdites du nord. Rien ne va plus ?

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Yemen : suite d'un conflit oublié

La situation sécuritaire dans la province yéménite de Sa'ada reste toujours particulièrement tendue. Je copie ci-dessous un communiqué du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), qui fait un point de situation humanitaire (cf. http://www.un.org/french/newscentre/).
« Un calme fragile aurait régné durant le week-end à Sa'ada, une ville qui est pratiquement coupée du reste du monde depuis plus de six semaines. Les membres de la communauté locale et les personnes déplacées continuent à être confrontées à une situation humanitaire dramatique, ils ne peuvent quitter la ville assiégée pour rechercher sécurité et abri ailleurs. Bien qu'il ne soit toujours pas possible d'accéder à la ville de Sa'ada, le HCR a réussi à distribuer de l'assistance via une ONG locale partenaire », a précisé un porte-parole du HCR.
Le HCR est préoccupé par de récentes informations faisant état d'affrontements près du camp d'Al Sam, l'un des trois camps restants hébergeant des personnes déplacées dans la province de Sa'ada. L'agence des Nations Unies a aussi reçu des informations préoccupantes sur une attaque menée contre une installation de fortune où sont hébergés des déplacés internes à Al-Azqool, également dans la province de Sa'ada. Il n'a été fait état d'aucune perte en vie humaine.
Le camp d'Al Mazraq dans la province voisine d'Hajjah continue à grossir et quelque 7.000 déplacés y sont désormais hébergés. Il a dépassé sa capacité prévue car des personnes continuent à arriver depuis la province de Sa'ada. Grâce à la coopération avec les autorités yéménites centrales et locales, le HCR a identifié un nouveau site lundi et travaille actuellement à la création d'un nouveau camp qui va immédiatement commencer à accueillir des déplacés.
Dans la province d'Amran, un autre site pour y établir un nouveau camp a été identifié près de la ville d'Amran et, avec ses partenaires locaux, le HCR a commencé à concevoir le camp. Un second site pour établir un camp dans cette province a également été identifié hier près de la ville d'Amran et le HCR a commencé mardi à créer le camp.
Parallèlement en Arabie saoudite, le HCR a reçu ce week-end un accord formel des autorités saoudiennes pour mener une opération transfrontalière visant à apporter un soutien aux populations déplacées dans le nord du Yémen.
Le HCR a préparé du côté saoudien de la frontière des tentes, des matelas, des couvertures et d'autres articles d'aide pour plus de 2 000 personnes. Les deux gouvernements souhaitent soutenir cette opération transfrontalière pour accéder aux déplacés dispersés à Alb, un village situé à seulement quelques kilomètres de la frontière, et leur porter assistance. Le gouvernement yéménite a également demandé un soutien pour monter un camp pour 2.000 personnes dans la zone située près de la frontière.
Pour répondre au récent appel publié par le HCR, le Royaume d'Arabie saoudite a annoncé le versement d'un million de dollars pour l'assistance humanitaire aux déplacés yéménites. A ce jour, la réponse d'urgence du HCR au Yémen a également reçu 1,2 million de dollars de la part des Etats-Unis et 732.000 dollars de la part de la Suède, a indiqué le porte-parole.
« L'opération manque toujours de financement, à hauteur de deux millions de dollars. Des contributions en temps voulu permettraient au HCR d'organiser la gestion des camps, d'accélérer l'enregistrement et la protection des déplacés et de fournir des tentes ainsi que d'autres articles d'assistance humanitaire d'ici la fin de l'année », a-t-il dit.
En plus de cette population estimée à 150.000 personnes affectées par les combats au Yémen depuis 2004, le pays héberge aussi quelque 150.000 réfugiés et demandeurs d'asile ayant effectué la périlleuse traversée vers le Yémen à travers le golfe d'Aden et la mer Rouge.
Les mois de septembre et octobre représentent le pic de la saison de navigation et le nombre des arrivées par la mer est effrayant. Plus de 50.400 personnes sont déjà arrivées cette année à bord de 994 bateaux au Yémen depuis la corne de l'Afrique, dépassant ainsi le total observé pour toute l'année 2008 avec 50.091 personnes qui avaient alors effectué la traversée. C'est une augmentation de 50% en comparaison de cette même période de neuf mois l'année dernière qui avait vu l'arrivée de 33.596 boat people.
Selon le personnel du HCR au Yémen, 266 personnes sont déjà décédées par noyade cette année et quelque 153 autres sont portées disparues. Pour toute l'année dernière, le bilan s'élevait à 589 personnes ayant trouvé la mort et 359 personnes portées disparues.
Plus de la moitié des arrivants sont, cette année, des Ethiopiens (27.633) alors que le reste est constitué pratiquement exclusivement de Somaliens (22.791) qui reçoivent automatiquement le statut de réfugié au Yémen. Ceux qui effectuent la traversée fuient des situations dramatiques comme la guerre civile, l'instabilité politique, la pauvreté, la sécheresse et la famine en Somalie et dans la corne de l'Afrique.
voir aussi : autres billets sur le Yémen
crédits photos : armée yéménite

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mardi 29 septembre 2009

L'UNWRA a 60 ans

L'UNWRA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees) fêtera ses soixante ans, le 8 décembre prochain. Ce n'est pas une bonne nouvelle en soi mais pour les réfugiés palestiniens, c'est mieux que rien. Trois générations de palestiniens sont nés dans les camps du Liban, de Gaza, de Cisjordanie, de Jordanie ou de Syrie. Pas d'avenir et pas de solutions en vue pour la population.
Photos : crédits ONU

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lundi 28 septembre 2009

Les militaires chinois dans les opérations de maintien de la paix

La Chine devient lentement et silencieusement une puissance mondiale. Outre la démonstration de puissance qui aura lieu le 1er octobre prochain, depuis quelques années, elle participe aux opérations de maintien de la paix, à hauteur d'environ 2150 hommes : FINUL, MINUAD, MINURSO, MINUS, MINUSTAH, MINUT, MONUC, ONUCI et ONUST.
A titre d'illustration de l'implication chinoise, le général Zhao Jingmin est le Commandant de la Force de la Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) depuis le 28 août 2007.
Cela peut paraître peu mais c'est un début pour une armée traditionnellement peu portée à l'intervention extérieure et disposant d'effectifs pléthoriques qui ne sont pas toujours opérationnels. A l'avenir, la courbe du nombre de soldats chinois impliqués dans le maintien de la paix pourra être un indicateur de la volonté de puissance chinoise, à l'échelle mondiale.
Lire en complément : China's Growing Role in UN Peacekeeping (ICG)

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dimanche 27 septembre 2009

La chute de Quebec, il y a 250 ans, je me souviens

Le 18 septembre 1759, après presque 3 mois de siège devant Québec, les troupes françaises capitulent et livrent la Nouvelle France à l'Angleterre. Les articles de capitulation sont signés au nom des couronnes française et britannique, respectivement, par Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay, lieutenant du roi, l'amiral Charles Saunders et le général George Townshend. Le marquis de Montcalm mourut 4 jours plus tôt et "n'eut pas à voir les Anglais dans Québec".
La guerre se poursuit mais elle est déjà perdue pour les français et leurs alliés indiens. Montréal tombe un an plus tard, le 8 septembre 1960. Le traité de Paris, le 10 février 1763, mettra fin à la guerre de sept ans et à la présence française en Amérique du nord (pas seulement au Canada) réduite à des possessions symboliques. Cela marque la fin de la première grande période coloniale française et ouvre une nouvelle histoire pour le Canada, grande nation francophone et anglophone.
"Je me souviens" est la devise du Quebec

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samedi 26 septembre 2009

Un blog à découvrir : Actu Défense

Je souhaitais présenter Actu Défense, le blog défense de Romain Mielcarek, qui existe depuis fin mai 2009. Il aborde quotidiennement des questions relatives aux questions de défense. Il a également pour but de rendre les questions de défense accessibles au plus grand nombre. Ses billets sont très intéressants. Un seul bémol, il n'a pas de blogroll pour renvoyer vers d'autres blogs. Cela viendra peut-être avec le temps.
Allez le visiter...

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Iskander contre NMD : pas de Pologne, pas de Kaliningrad...

Le bouclier antimissiles américain était une cause de conflit diplomatique important entre la Russie et les Etats-Unis de l'administration Bush. Elle avait mis la pression sur l'administration Obama, dès sa prise de pouvoir, par diverses déclarations et un renforcement de l'OTSC.
A la suite du renoncement des Etats-Unis au déploiement d'une partie de son système en République tchèque et en Pologne (cf. Mon blog défense), le 17 septembre dernier, la Russie décide donc de renoncer au déploiement de missiles Iskander dans la région russe de Kaliningrad (Baltique), selon le président russe Medvedev, lors d'une conférence de presse, lors du sommet du G20 de Pittsburgh.
Une remarque plus générale, le G20 de Pittsburg brille plus par ses déclarations en matière de sécurité que par celles sur l'économie mondiale, sans grandes surprises notables. La crise économique serait-elle terminée ?
Crédits photos : US DoD

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vendredi 25 septembre 2009

L'Iran doit rentrer dans le rang....

Le 25 septembre, à Pittsburg, en marge du G20, les présidents Obama (US) et Sarkozy (FR) ainsi que le premier ministre Brown (UK) ont effectué une déclaration commune sur le programme nucléaire iranien. La conférence de presse est transcrite ici en anglais et en français.
Official White House Photo by Samantha Appleton
Cette déclaration fait suite au vote de la résolution 1887 du 24 septembre 2009 qui traite de désarmement nucléaire et à la déclaration iranienne à l'AIEA d'un second centre d'enrichissement d'uranium, le 21 septembre dernier. Le ton est donc monté et l'Iran s'expose à de nouvelles sanctions économiques et prend le risque d'une éventuelle escalade militaire hasardeuse pour toutes les parties.
Il sera intéressant de suivre les suites de ce communiqué qui, allié à la résolution 1887, semble faire partie d'une stratégie commune qui pourrait clôturer la période de divergences observées ces derniers mois. A suivre...

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jeudi 24 septembre 2009

Le Conseil de sécurité pour le désarmement nucléaire : historique ?

Le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni de façon historique au niveau des chefs d'Etat, a adopté à l'unanimité, le 24 septembre, une résolution engageant tous les Etats à adopter le traité de non-prolifération nucléaire. Ses membres se sont engagés à un désarmement nucléaire.
Cette réunion fut présidée par le président des Etats-Unis Barack Obama. Les chefs d'Etat des 4 autres puissances nucléaires officielles étaient présents :
  • le président Nicolas Sarkozy (France)
  • le président Hu Jintao (Chine)
  • le président Dmitri Medvedev (Russie)
  • le Premier ministre Gordon Brown (Royaume-Uni)
M. Ban Ki Moon, secréataire général de l'ONU, et M. Mohamed El-Baradei, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique étaient également présents.
Selon le centre d'information de l'ONU :
La résolution 1887 (2009) appelle « tous les Etats qui ne sont pas parties au TNP à y accéder en tant qu'Etat ne disposant pas de l'arme nucléaire afin de parvenir à une adhésion universelle dans un avenir proche ».
Elle appelle aussi les parties au TNP à « poursuivre des négociations de bonne foi sur des mesures efficaces liées à la réduction des stocks d'armes nucléaires et au désarmement nucléaire ».
Il demande aussi à tous les Etats de s'abstenir de procéder à des essais nucléaires et à signer le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Il appelle la Conférence du désarmement à négocier dès que possible un traité interdisant la production de matériaux fissiles pour la fabrication d'armes nucléaires ou d'autres matières nucléaires explosives.
Enfin, la résolution réaffirme l'assurance donnée par les cinq pays disposant de l'arme nucléaire de ne pas utiliser l'arme nucléaire contre des Etats parties au TNP qui n'en disposent pas. Elle réaffirme aussi les piliers du TNP : non-prolifération, usage pacifique de l'énergie nucléaire et désarmement.
Tant que les armes nucléaires existent, le risque de prolifération, celui d'un usage catastrophique des armes nucléaires et la menace du terrorisme nucléaire existent également, a dit le Secrétaire général.
« Le désarmement nucléaire est la seule voie saine vers un monde plus sûr », a-t-il noté, appelant à un renforcement des moyens de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Cette résolution s'inscrit dans le cadre des pourparlers russo-américains de désarmement nucléaire START (lire aussi). L'avenir dira si les principes rédigés dans cette résolution seront appliqués : texte historique qui remet en cause partiellement le principe de dissuasion ou déclarations d'intentions ...
Crédits photos : ONU

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Une finalité du métier militaire

Une citation vaut parfois mieux qu'un long discours.
"Toute activité guerrière se rapporte donc nécessairement à l'engagement, que ce soit de façon directe ou indirecte. Le soldat est recruté, vêtu, armé, instruit ; il dort, mange, boit et marche uniquement en vue de combattre au bon moment et au bon endroit".
Clausewitz. De la guerre.
US DoD

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mardi 22 septembre 2009

La Chine et la Birmanie

China’s Myanmar Dilemma est le dernier rapport de l'International Crisis Group qui examine les relations politiques nationales et locales chinoises vis-à-vis de la Birmanie. L'influence chinoise reste limitée et n'a pas réussi à infléchir la politique dure de la junte au pourvoir au Myanmar.
Lire aussi :

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lundi 21 septembre 2009

Le Yemen ou la reproduction d'erreurs afghanes et somaliennes

Le Yemen est un État tourmenté par la guerre et réunifié seulement en 1990.
Il est miné par :
  • la faiblesse de l'Etat
  • la pauvreté généralisée (35% de la population sous le seuil de pauvreté, 40% de chômage, 1.100$ de PIB/ha/an)
  • le faible développement humain de la population
  • la baisse de la production de pétrole
  • la baisse des réserves d'eau potable (une bonne partie est utilisé pour l'irrigation du qat)
  • dans le sud, la présence d'Al-Qaïda qui regroupe ses éléments fuyant l'Arabie saoudite, à la suite des nouvelles mesures antiterroristes
  • dans le nord, la rebellion zaidite
  • sur les côtes, le développement de la piraterie
  • le crime organisé et la délinquance
Ce constat fait penser à un mélange de la situation en Afghanistan au début des années 1990 et en Somalie actuellement, avec évidemment des paramètres purement locaux. Ce pays pauvre a une place stratégique pour le commerce international et son instabilité est difficilement tolérable dans la durée.
Une différence notable est que l'Etat yéménite existe toujours et son armée également. Même s'il n'est pas parfait, il peut encore agir mais il a besoin de soutien extérieur. Il serait sans doute nécessaire de l'aider militairement et économiquement, indirectement et directement, tant qu'il est encore temps. Cela n'avait pas été fait à temps en Afghanistan et en Somalie, au début des années 90, pour plein de bonnes et de mauvaises raisons.
Parfois, il vaut mieux éteindre rapidement les étincelles car, comme le relevait Richelieu dans Testament politique, les grands embrasements naissent de petites étincelles.

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dimanche 20 septembre 2009

Police de l'Essone : le mail de la discorde ?

La police de l'Essonne, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), vient d'ouvrir une adresse électronique pour que les habitants puissent transmettre des renseignements sur des infractions dont ils auraient connaissance : police-ddsp91@interieur.gouv.fr ("Confidentialité garantie")
Cette annonce a fait l'objet des cris d'orfrai de la part de personnes, médias et organisations opposés à cette initiative. Ces réactions sont-elles justifiées ? Je ne suis par sûr.
  1. Tout d'abord, l'Essonne connaît des problèmes importants de délinquance urbaine, notamment dans le nord du département mais aussi rurale, dans le sud. Sans l'aide de la population, il me semble difficile de résoudre le problème sans recruter de nombreux policiers. C'est au-delà des moyens de l'Etat et des communes qui ont déjà fait beaucoup d'efforts en la matière. La videosurveillance a ses limites.
  2. Les mails ne constituent pas plus un appel à la délation que l'inscription d'un fait sur une main courante, le coup de téléphone d'un voisin bien intentionné ou la conversation avec un policier ou un gendarme.
  3. J'aimerai bien savoir où habitent les gens qui sont opposés à ce dispositif. Certains d'entre eux, répondent uniquement par posture morale. Il ne faut pas oublier que le dispositif peut permettre d'identifier les délinquants mais également, parmi les gens qui ont vraiment besoin de l'aide de la police, les vrais délateurs...
  4. L'Etat démocratique oblige ses citoyens à renoncer à faire justice eux-même car l'Etat doit punir sur son territoire ceux qui violent la loi. Le crime doit-il profiter aux délinquants ? La loi du silence est-elle civique ?
  5. En outre, comparer un processus pour dénoncer des actes de délinquances pourrissant la vie de populations et les dénonciations contre les juifs et/ou les résistants, sous le régime de Vichy, est profondément choquant. Tout ne se vaut pas et comparaison n'est pas raison.
  6. Néanmoins, ce type de dispositif d'information sur la population n'est valable que s'il est traité dans un dispositif d'ensemble de renseignement : recherche toutes sources, tri des informations pertinentes, interconnection avec des bases de données, cotation des sources et des informations, analyse de l'imagerie, etc. Cela demande des effectifs et des moyens qui ne seront peut-être pas au rendez-vous.
  7. Par ailleurs, cela pourrait poser quelques problèmes de libertés publiques, liés aux bases de données, qui sont normalement encadrées par la CNIL et cela pose des questions sur la confidentialité réelle des mails envoyés à la police.
En résumé, le diable est dans les détails. Il ne faut pas évacuer ce type de solutions qui demandent des moyens et des résultats (question de crédibilité). Pourquoi ne pas essayer ? Il faudra aller aux résultats et, le mail, c'est aussi de la police de proximité... Si rien n'est fait pour faire baisser significativement la délinquance dans certains territoires, un jour, les citoyens se constitueront en milices et là, l'Etat sera menacé dans ses fondements...
Des éléments juridiques sur journal d'un avocat

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L'étoffe des héros chinois ... et des héroïnes

La Chine recrute pour son programme spatial au sein de ses forces aériennes. 30 hommes et 15 femmes, âgés de 27 à 34 ans, ont d'ores et déjà été présélectionnés parmi les pilotes. 5 hommes et 2 femmes (c'est inédit) devraient finalement faire partie du programme et rejoindre la China national space administration.
Zhai Zhigang, Liu Boming and Jing Haipeng en 2008 (archives Xinhua)
Ils rejoindront le club fermé des astronautes chinois dont 6 sont allés dans l'espace depuis 2003. A bord d'une fusée Shenzhou-5, Yang Liwei fut le premier chinois dans l'espace. Zhai Zhigang, le 27 septembre 2008, fut le premier Chinois à sortir dans l'espace.
La Chine considère ses activités spatiales comme un moyen :
  • de développement, dans le cadre d'une stratégie globale de développement et de puissance
  • de coopération internationale, sur les plans scientifiques et techniques
  • de s'implanter à long terme dans l'espace
Xinhua (femmes pilotes de chasse)
Le lundi 14 septembre 2009, la Chine, qui veut envoyer des hommes sur la Lune vers 2020, aurait entamé la construction de son quatrième site de lancement, à Hainan, une île de la mer de Chine méridionale.
La Chine poursuit sa politique de puissance mondiale qui ne peut être dissociée de la conquête de l'espace. Une belle épopée en perspectives pour les prochaines décennies.

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samedi 19 septembre 2009

L'action d'un caporal peut-elle avoir des répercussions stratégiques ?

En janvier 1999, le général Charles Krulak, ancien commandant de l'USMC écrivait un article développant la notion de caporal stratégique, dans le Marine Corps Gazette : “The Strategic Corporal: Leadership in the Three Block War”. Cette notion a été reprise dans des documents doctrinaux comme et surtout il est abondamment cité dans de nombreux articles. A son acception originelle et positive (formation, initiative, performance, responsabilité des plus bas niveaux), s'est trop souvent substitué son avatar négatif : le caporal stratégique -en raison de ses bourdes.
Bien sûr, ces bourdes auraient des conséquences stratégiques. L'exemple d'Abou Ghraïb est particulièrement prégnant. Il est vrai que cela arrive mais le dénommé "caporal stratégique" relève de l'effet papillon. Non, il ne s'agit pas exactement de la légende urbaine sur l'effet papillon selon laquelle un battement d'aile de papillon en Amazonie pourrait déclencher une tornade au Texas. Il s'agit de l'effet papillon tel que l'a décrit Edward Lorenz en 1972.
Remplaçons le papillon par le caporal stratégique et traitons le problème, par analogie avec le raisonnement de Lorentz.
Une action d'un caporal en opération peut-elle avoir une répercussion stratégique ?
Deux propositions :
  • si une action d'un caporal en opérations peut avoir une répercussion mondiale alors, il en va de même de toutes les actions de cet individu et de tous les autres caporaux stratégiques sur le terrain
  • si l'action d'un caporal stratégique peut avoir une répercussion mondiale, elle peut aussi l'empêcher
En définitive, dans l'immense majorité des cas, les conséquences stratégiques potentielles des action d'un militaire sur le terrain peuvent être et sont annulées par d'autres. Un soldat ne combat pas seul (1ère semaine de classes). Surestimer les conséquences stratégiques des actions des soldats s'apparenterait à faire la même erreur ontologique que de nier toute conséquence stratégique.
Il me semble qu'il faudrait donc garder à l'esprit de la notion de caporal stratégique originelle (Cf. général Krulak). Il est nécessaire de former les soldats et les cadres au niveaux les plus bas pour qu'ils puissent faire preuve d'initiative, de sens du commandement et, ainsi, combattre si besoin de manière très décentralisée.
Pour le reste, la notion de friction résume beaucoup de choses et il ne serait pas réaliste de demander à tous les soldats d'être parfaits, en situation opérationnelle. Ils ont beaucoup à faire, sans assumer sur leurs épaules les conséquences stratégiques potentielles (même désagréables) de leurs actes qui sont gérées, normalement, par leur commandement dont c'est la responsabilité.

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vendredi 18 septembre 2009

Sous-munitions et piraterie au Sénat

Le parlement s'est remis au travail ; c'est la rentrée pour tout le monde.
Deux projets de lois récents à découvrir sur le site du Sénat, dans le texte (c'est toujours un fastidieux mais c'est plus précis) :
Ces deux textes renvoient à deux problématiques actuelles en opérations : les sous-munitions qui polluent et tuent longtemps après la la fin de la guerre, et le statut juridique des interventions contre les pirates, dont les actions se multiplient au large de côtes africaines.
Crédit photos : US DoD

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jeudi 17 septembre 2009

Le phénomène guerre

Je viens de terminer le livre d'un auteur qui m'avait été conseillé et que j'avais envie de découvrir depuis longtemps : Gaston Bouthoul. La lecture de Le phénomène guerre permet de mieux comprendre la guerre sous tous ses aspects. Le recul historique de l'auteur permet de prendre un peu de distance avec les réflexions actuelles sur la contre-insurrection qui, si elles sont importantes et nécessaires pour comprendre et agir aujourd'hui, ne sont parfois que des pensées partielles ou inabouties au sujet d'un avatar de la guerre, parmi tant d'autres.
Gaston Bouthoul, fondateur et promoteur du terme polémologie, après avoir défini les méthodes de sa discipline, définit et décrit la guerre, aborde l'évolution de la technique guerrière ainsi que les éléments démographiques et économiques, relatifs à la guerre. Il ne serait pas sérieux de résumer cet excellent ouvrage en quelques lignes, tant il est dense. Seul bémol, ce livre n'est qu'un extrait de Les guerres paru en 1951 et devenu Traité de polémologie. Sociologie des guerres en 1970.
Comme la guerre est, sans conteste, le plus violemment spectaculaire d'entre tous les phénomènes sociaux, je vous souhaite une bonne lecture.

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mercredi 16 septembre 2009

50 ans du début du processus d'autodétermination de l'Algérie

Le 16 septembre 1959, le général de Gaulle prononçait un célèbre discours sur l'autodétermination de l'Algérie, alors française.
En pleine guerre, après un bilan de la pacification, il esquisse trois destins possibles :
  • la sécession
  • la francisation complète
  • l'union au sein d'une fédération
L'histoire a parlé, avec son lot de souffrance et d'injustices, après une guerre civile complexe, entre français et algériens, entre français et entre algériens.
Vous pourrez lire ci-dessous, cela vaut mieux qu'un long discours de ma part.
Notre redressement se poursuit. Certes, il ne faut pas nous vanter. Dans le domaine technique, par exemple, nous n'en sommes pas encore au point de lancer des fusées dans la lune. Cependant, depuis quinze mois, nos affaires ont avancé.
L'unité nationale est ressoudée. La République dispose d'institutions solides et stables. L'équilibre des finances, des échanges, de la monnaie, est fortement établi. Par là même, la condition des Français et, d'abord, celle des travailleurs industriels et agricoles, échappe au drame de l'inflation et à celui de la récession. Sur la base ainsi fixée et à mesure de l'expansion nouvelle, on peut bâtir le progrès social et organiser la coopération des diverses catégories dont l'économie dépend, poursuivre la tâche essentielle de formation de notre jeunesse, développer nos moyens de recherche scientifique et technique. D'autre part, la Communauté est fondée, entre la France, onze États d'Afrique et la République malgache. Enfin, au milieu d'un monde où il s'agit tout à la fois de sauvegarder la liberté et de maintenir la paix, notre voix est écoutée.
Pourtant, devant la France, un problème difficile et sanglant reste posé : celui de l'Algérie. Il nous faut le résoudre. Nous ne le ferons certainement pas en nous jetant les uns aux autres à la face les slogans stériles et simplistes de ceux-ci ou bien de ceux-là qu'obnubilent, en sens opposé, leurs intérêts, leurs passions, leurs chimères. Nous le ferons comme une grande nation et par la seule voie qui vaille, je veux dire par le libre choix que les Algériens eux-mêmes voudront faire de leur avenir.
A vrai dire, beaucoup a été fait déjà pour préparer cette issue. Par la pacification, d'abord. Car rien ne peut être réglé tant qu'on tire et qu'on égorge. A cet égard, je ne dis pas que nous en soyons au terme. Mais je dis qu'il n'y a aucune comparaison entre ce qu'était, voici deux ou trois ans, la sécurité des personnes et des biens et ce qu'elle est aujourd'hui. Notre armée accomplit sa mission courageusement et habilement, en combattant l'adversaire et en entretenant avec la population des contacts larges et profonds qui n'avaient jamais été pris. Que nos soldats, en particulier les 120.000 qui sont musulmans, aient fléchi devant leur devoir, ou bien que la masse algérienne se soit tournée contre la France, alors, c'était le désastre ! Mais, comme il n'en a rien été, le succès de l'ordre public, pour n'être pas encore imminent, se trouve désormais bien en vue.
La deuxième condition du règlement est que tous les Algériens aient le moyen de s'exprimer par le suffrage vraiment universel. Jusqu'à l'année dernière, ils ne l'avaient jamais eu. Ils l'ont, à présent, grâce à l'égalité des droits, au Collège unique, au fait que les communautés les plus nombreuses, celles des Musulmans, sont assurées d'obtenir dans tous les scrutins la grande majorité des élus. Ç'a été là un changement de la plus vaste portée ; littéralement une révolution.
Le 28 septembre dernier, les Algériens ont, par référendum, adopté la Constitution et marqué leur intention que leur avenir se fasse avec la France. Le 30 novembre, ils ont élu leurs députés ; le 19 avril, leurs Conseils municipaux ; le 31 mai, leurs sénateurs. Sans doute ne manque-t-il pas de gens pour prétendre que, dans la situation on se trouvaient les électeurs, pressés par les forces de l'ordre et menacés par les insurgés, ces consultations n'ont pu être sincères que dans une mesure limitée. Cependant, elles ont eu lieu, dans les villes et dans les campagnes, avec une grande masse de votants. Et même, lors du référendum, le concours fut général, spontané et enthousiaste. En tout cas, la voie est ouverte. Dès que viendra l'apaisement, elle pourra être utilisée encore plus librement et encore plus largement. L'an prochain, aura lieu l'élection des Conseils généraux, d'où seront tirés, par la suite, certains grands Conseils administratifs, économiques et sociaux, qui délibéreront, auprès du Délégué général, du développement de l'Algérie.
Car, résoudre la question algérienne, ce n'est pas seulement rétablir l'ordre ou donner aux gens le droit de disposer d'eux-mêmes. C'est aussi, c'est surtout traiter un problème humain. Là végètent des populations qui, doublant tous les 35 ans, sur une terre en grande partie inculte et dépourvue de mines, d'usines, de sources puissantes d'énergie, sont, pour les trois quarts, plongées dans une misère qui est comme leur nature. Il s'agit que les Algériens aient de quoi vivre en travaillant, que leurs élites se dégagent et se forment, que leur sol et leur sous-sol produisent bien plus et bien mieux. Cela implique un vaste effort de mise en valeur économique et de développement social. Or, cet effort est en cours.
En l959, la France aura dépensé en Algérie, pour ne parler que des investissements publics et des frais de gestion civile, environ 200 milliards. Elle en dépensera davantage durant chacune des prochaines années à mesure que se réalisera le plan de Constantine. Depuis dix mois, une centaine d'usines ont demandé à s'installer. 8000 hectares de bonnes terres sont en voie d'attribution à des cultivateurs musulmans. 50.000 Algériens de plus travaillent dans la métropole. Le nombre de Musulmans occupant des emplois publics s'est augmenté de 5.000. A l'actuelle rentrée, les écoles reçoivent 860 000 enfants, au lieu de 700.000 lors de la rentrée précédente et de 560.000 l'année d'avant. Dans six semaines, le pétrole d'Hassi-Messaoud arrivera sur la côte, à Bougie. Dans un an, celui d'Edjelé atteindra le golfe de Gabès. En 1960, le gaz d'Hassi R'Mel commencera d'être distribué à Alger et à Oran, en attendant de l'être à Bône. Que la France veuille et qu'elle puisse poursuivre avec les Algériens la tâche qu'elle a entreprise et dont elle seule est capable, l'Algérie sera dans quinze ans un pays prospère et productif.
Grâce au progrès de la pacification, au progrès démocratique, au progrès social, on peut maintenant envisager le jour où les hommes et les femmes qui habitent l'Algérie seront en mesure de décider de leur destin, une fois pour toutes, librement, en connaissance de cause. Compte tenu de toutes les données, algériennes, nationales et internationales, je considère comme nécessaire que ce recours à l'autodétermination soit, dès aujourd'hui, proclamé. Au nom de la France et de la République, en vertu du pouvoir que m'attribue la Constitution de consulter les citoyens, pourvu que Dieu me prête vie et que le peuple m'écoute, je m'engage à demander, d'une part aux Algériens, dans leurs douze départements, ce qu'ils veulent être en définitive et, d'autre part, à tous les Français d'entériner ce que sera ce choix.
Naturellement, la question sera posée aux Algériens en tant qu'individus. Car, depuis que le monde est le monde, il n'y a jamais eu d'unité, ni, à plus forte raison, de souveraineté algérienne. Carthaginois, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes syriens, Arabes de Cordoue, Turcs, Français, ont tour à tour pénétré le pays, sans qu'il y ait eu, à aucun moment, sous aucune forme, un État algérien. Quant à la date du vote, je la fixerai le moment venu, au plus tard quatre années après le retour effectif de la paix ; c'est-à-dire, une fois acquise une situation telle qu'embuscades et attentats n'auront pas coûté la vie à 200 personnes en un an. Le délai qui suivra étant destiné, à reprendre la vie normale, à vider les camps et les prisons, à laisser revenir les exilés, à rétablir l'exercice des libertés individuelles et publiques et à permettre à la population de prendre conscience complète de l'enjeu. J'invite d'avance les informateurs du monde entier à assister, sans entraves, à cet aboutissement décisif.
Mais le destin politique, qu'Algériennes et Algériens auront à choisir dans la paix, quel peut-il être ? Chacun sait que, théoriquement, il est possible d'en imaginer trois. Comme l'intérêt de tout le monde, et d'abord celui de la France, est que l'affaire soit tranchée sans aucune ambiguïté, les trois solutions concevables feront l'objet de la consultation.
  • Ou bien : la sécession, où certains croient trouver l'indépendance. La France quitterait alors les Algériens qui exprimeraient la volonté, de se séparer d'elle. Ceux-ci organiseraient, sans elle, le territoire où ils vivent, les ressources dont ils peuvent disposer, le gouvernement qu'ils souhaitent. Je suis, pour ma part, convaincu qu'un tel aboutissement serait invraisemblable et désastreux. L'Algérie étant actuellement ce qu'elle est, et le monde ce que nous savons, la sécession entraînerait une misère épouvantable, un affreux chaos politique, l'égorgement généralisé et, bientôt, la dictature belliqueuse des communistes. Mais il faut que ce démon soit exorcisé et qu'il le soit par les Algériens. Car, s'il devait apparaître, par extraordinaire malheur, que telle est bien leur volonté, la France cesserait, à coup sur, de consacrer tant de valeurs et de milliards à servir une cause sans espérance. Il va de soi que, dans cette hypothèse, ceux des Algériens de toutes origines qui voudraient rester Français le resteraient de toute façon et que la France réaliserait, si cela était nécessaire, leur regroupement et leur établissement. D'autre part, toutes dispositions seraient prises, pour que l'exploitation, l'acheminement, l'embarquement du pétrole saharien, qui sont l'oeuvre de la France et intéressent tout l'Occident, soient assurés quoi qu'il arrive.
  • Ou bien : la francisation complète, telle qu'elle est impliquée dans l'égalité des droits ; les Algériens pouvant accéder à toutes les fonctions politiques, administratives et judiciaires de l'État et entrer dans tous les services publics, bénéficiant, en matière de traitements, de salaires, de sécurité sociale, d'instruction, de formation professionnelle, de toutes les dispositions prévues pour la métropole ; résidant et travaillant où bon leur semble sur toute l'étendue du territoire de la République ; bref, vivant à tous les égards, quelles que soient leur religion et leur communauté, en moyenne sur le même pied et au même niveau que les autres citoyens et devenant partie intégrante du peuple français, qui s'étendrait, dès lors, effectivement, de Dunkerque à Tamanrasset.
  • Ou bien : le gouvernement des Algériens par les Algériens, appuyé sur l'aide de la France et en union étroite avec elle, pour l'économie, l'enseignement, la défense, les relations extérieures. Dans ce cas, le régime intérieur de l'Algérie devrait être de type fédéral, afin que les communautés diverses, française, arabes, kabyle, mozabite, etc., qui cohabitent dans le pays, y trouvent des garanties quant à leur vie propre et un cadre pour leur coopération.
Mais, puisqu'il est acquis depuis un an, par l'institution du suffrage égal, du Collège unique, de la représentation musulmane majoritaire, que l'avenir politique des Algériens dépend des Algériens ; puisqu'il est précisé formellement et solennellement qu'une fois la paix revenue, les Algériens feront connaître le destin qu'ils veulent adopter, qu'ils n'en auront point d'autre et que tous, quel que soit leur programme, quoi qu'ils aient fait, d'où qu'ils viennent, prendront part, s'ils le veulent, à cette consultation, quel peut être le sens de l'insurrection ?
Si ceux qui la dirigent revendiquent pour les Algériens le droit de disposer d'eux-mêmes, eh bien ! Toutes les voies sont ouvertes. Si les insurgés craignent qu'en cessant la lutte ils soient livrés à la justice, il ne tient qu'à eux de régler avec les autorités les conditions de leur libre retour, comme je l'ai proposé en offrant la paix des braves. Si les hommes qui constituent l'organisation politique du soulèvement entendent n'être pas exclus des débats, puis des scrutins, enfin des institutions, qui régleront le sort de l'Algérie et assureront sa vie politique, j'affirme qu'ils auront, comme tous autres et ni plus ni moins, l'audience, la part, la place, que leur accorderont les suffrages des citoyens. Pourquoi donc les combats odieux et les attentats fratricides, qui ensanglantent encore l'Algérie, continueraient-ils désormais ?
A moins que ne soit à l'oeuvre un groupe de meneurs ambitieux, résolus à établir par la force et par la terreur leur dictature totalitaire et croyant pouvoir obtenir, qu'un jour, la République leur accorde le privilège de traiter avec eux du destin de l'Algérie, les bâtissant par là même comme gouvernement algérien. Il n'y a aucune chance que la France se prête à un pareil arbitraire. Le sort des Algériens appartient aux Algériens, non point comme le leur imposeraient le couteau et la mitraillette, mais suivant la volonté qu'ils exprimeront légitimement par le suffrage universel. Avec eux et pour eux, la France assurera la liberté de leur choix. Au cours des quelques années qui s'écouleront avant l'échéance, il y aura beaucoup à faire pour que l'Algérie pacifiée mesure ce que sont, au juste, les tenants et les aboutissants de sa propre détermination. Je compte moi-même m'y employer.
D'autre part, les modalités de la future consultation devront être, en temps voulu, élaborées et précisées. Mais la route est tracée. La décision est prise. La partie est digne de la France.
Le général de Gaulle, Président de la République
Voir la vidéo, la fondation de Gaulle et les autres billets sur l'Algérie

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10 ans de concorde civile en Algérie

Le 16 septembre 1999, 17 millions d'Algériens étaient appelés aux urnes sur le projet de concorde civile du président Bouteflika qui prévoyait une amnistie partielle ou totale pour les islamistes, principalement du Front islamique du salut (FIS), qui déposeraient les armes .
Avec une participation de 85%, le projet a reçu un "oui" massif, avec 98,63% des voix, d'un peuple qui voulait en finir avec la guerre civile débutée le 11 janvier 1992. Un mois plus tard, 700 islamistes avaient déposé les armes. C'est un moyen de juguler et de réduire une contre-insurrection.
Les combattants islamistes ont peu poursuivi le combat, à l'exception notable du GSPC/AQMI, groupe terroriste opposé au gouvernement algérien et également à la France...
En définitive, la concorde civile a fait cesser la guerre civile mais n'a pas enrayé le terrorisme.

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