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jeudi 30 avril 2009

Corée du nord : la menace d'un essai nucléaire et d'un tir de missile

Le 29 avril, Pyongyang a menacé de procéder à un essai nucléaire (le second de son histoire) et à un tir de missile balistique intercontinental. La Corée du nord demande des excuses de la part du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a aussi laissé entendre qu’elle commencerait à développer les technologies d’enrichissement de l’uranium, en construisant des centrales à eau légère afin de produire lui-même le combustible nucléaire. Elle aurait déjà repris le retraitement des barres de combustible nucléaire irradiées.
L'escalade sécuritaire monte lentement mais sûrement sans que l'administration Obama ne montre franchement sa force. Est-ce le temps d'un compromis avec le dernier régime stalinien de la planète ?
Lire aussi : http://pourconvaincre.blogspot.com/search/label/cor%C3%A9e

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Encore un blog dans mon blogroll

Je signale le blog de Thomas Bonte, l'Art de la Défense et de la Sécurité. Je l'ai juste ajouté à mon blogroll. Un exemple de plus (et plus ancien que mon blog) de la vitalité de la blogosphère francophone de défense.

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mercredi 29 avril 2009

L'armée américaine surveille l'épidémie de grippe porcine (complément)

Ce n’est pas une grande surprise, un membre des forces armées américaines est atteint par la grippe Nord-américaine (porcine). Un marine du Marine Corps Air Ground Combat Center, Twentynine Palms, Californie, serait contaminé et attendrait la confirmation du CDC d’Atlanta, selon le général James T. Conway . 37 autres marines ont été mis sous traitement et restreints dans leurs déplacements. Au Texas, deux membres de familles de militaires ont été atteintes.
C'est pour l'instant anecdotique mais révélateur d'une donnée de toute crise : il faut amputer les effectifs disponibles des forces de sécurité du personnel touché par la crise. Une évidence souvent oubliée.

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L'armée russe se modernise

L’armée russe évolue et le conflit avec la Géorgie d’août 2008 n’y est pas étranger.
Selon le général Vladimir Popovkine, vice-ministre de la Défense en charge des armements, une étude approfondie sur le rôle des chars de combat doit être menée par des experts russes. Il a affirmé que l’époque des batailles de chars était révolue et qu’un processus de retour d’expérience devait être mené. Il a ajouté que « les armées de blindés étaient conçues pour percer la défense ennemie sur des tronçons délimités du front » et que « le char était un engin de grandes dimensions qui représente une cible privilégiée pour les armes à haute précision ». Selon lui, la guerre d'août 2008 en Ossétie du Sud l’a démontré une nouvelle fois.
En outre, le général Vladimir Popovkine a annoncé que des drones russes seraient mis en service dans l’armée russe en 2010. Une fois de plus, l’armée russe semble tirer les leçons de la guerre d’Ossétie. Il a également confirmé que la Russie avait signé avec Israël un contrat prévoyant la livraison d'un certain nombre de drones israéliens, à titre de dotation intérimaire.

Ces annonces montrent que les Russes mènent une transformation rapide et pragmatique de leur outil de défense, fondée sur les conflits récents. Comme nombre d’armées, elle se numérise et resserre ses effectifs. La renaissance d’une école doctrinale russe forte et autonome (par rapport aux conceptions occidentales) n’est pas à exclure.

Lire :

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mardi 28 avril 2009

Un avion russo-indien en 2017

Le gouvernement russe a débloqué 50 millions d'euros pour lancer la création avec l'Inde d'un avion de transport militaire MTA, selon M. Viktor Livanov, le PDG d'Iliouchine et vice-président du Groupe aéronautique unifié russe (OAK) . Le développement de ce programme devrai prendre 8 ans. Moscou et New Delhi avaient signé un accord portant création d'un avion de transport militaire à la fin de 2007.
HAL
En février dernier, le président d'OAK, Alexeï Fedorov a annoncé aux journalistes que la coentreprise russo-indienne qui construira un avion moyen de transport militaire pourrait être créée dans un délai de deux ou trois mois. The Hindustan Aeronautics Ltd pour l'Inde et une société de la division aviation de transport d'OAK pour le côté russe.
Le nouvel appareil sera développé sur la base d'une conception d'Iliouchine (Il). Le coût du projet est estimé à 600 millions de dollars, la Russie et l'Inde y participeront à égalité. L'armée de l'air indienne commanderait 45 avions et les forces aériennes russes 100. (Source Novosti)
HAL
La construction de cet avion militaire ne devrait pas reprendre les mêmes erreurs que l'A400m et devrait allier rusticité et technologie suffisante, pour un rapport qualité prix correct.

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lundi 27 avril 2009

L'armée américaine surveille l'épidémie de grippe porcine

Le département à la Défense américain surveille de près la situation liée à la grippe porcine dans le but de protéger la population militaire selon son porte-parole, M. Bryan Whitman. Tout comme pour le ministère de la Santé et d'autres agences fédérales, le but de conserver le potentiel humain en appliquant les CONPLAN (contingency plans) prévus pour ce type de situation. L'objectif avancé est la préservation du potentiel de combat. En outre, des stocks de relenza et de tamiflu sont entreposés dans des emprises militaires aux Etats-Unis et à l'étranger.
La préservation du potentiel humain est non seulement un enjeu pour la sécurité militaire du pays mais aussi pour la sécurité civile pour gérer les conséquences d'une éventuelle pandémie. En effet, sans action préventive, les agents de l'Etat sont touchés au même titre que le reste de la population alors que ce genre de situation nécessite des effectifs importants.
Voir aussi :

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Abolition de l'esclavage

Hier, je parlais brièvement de la traite en Amérique latine. Comme nous sommes le 27 avril, c'est une bonne occasion de mettre en ligne le décret du 27 avril 1848.
Le décret abolissant l'esclavage est d'une simplicité dans sa rédaction que l'on retrouve peu dans
les textes actuels. Les raisons de ce décret sont intéressantes : les principes dans la République et la sécurité dans les colonies. C'est un exemple des liens qui existent entre l'application de nouveaux principes et les risques sécuritaires.
Décret du 27 avril 1848
Le Gouvernement provisoire,
Considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine ; qu'en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Egalité, Fraternité.
Considérant que si des mesures effectives ne suivaient pas de très près la proclamation déjà faite du principe de l'abolition, il en pourrait résulter dans les colonies les plus déplorables désordres,
Décrète :
Article 1er :
L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits.
Article 2 :
Le système d'engagement à temps établi au Sénégal est supprimé.
Article 3 :
Les gouverneurs ou commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe et dépendances, à l'île de la Réunion, à la Guyane, au Sénégal et autres établissements français sur la côte occidentale d'Afrique, à l'île Mayotte et dépendances et en Algérie.
Article 4 :
Sont amnistiés les anciens esclaves condamnés à des peines afflictives ou correctionnelles pour des faits qui, imputés à des hommes libres, n'auraient point entraîné ce châtiment. Sont rappelés les individus déportés par mesure administrative.
Article 5 :
L'Assemblée nationale réglera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons.
Article 6 :
Les colonies, purifiées de la servitude, et les possessions de l'Inde seront représentées à l'Assemblée nationale.
Article 7 :
Le principe que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche est appliqué aux colonies et possessions de la République.
Article 8 :
A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français.
Néanmoins les Français qui se trouvent atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s'y conformer. Ceux qui deviendront possesseurs d'esclaves en pays étrangers, par héritage, don de mariage, devront, sous la même peine, les affranchir ou les aliéner dans le même délai, à partir du jour ou leur possession aura commencé.
Article 9 :
Le ministre de la Marine et des Colonies et le ministre de la guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.
Fait à Paris, en Conseil du Gouvernement, le 27 avril 1848
Wikisource

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dimanche 26 avril 2009

Quelques réflexions sécuritaires parcellaires sur la grippe porcine

Le début d’épidémie ou de la pandémie de grippe porcine, l’avenir le dira, a brutalement rappelé que les maladies pouvaient tuer massivement. Ironie du monde de l’information, elle survient le lendemain de la journée pour la lutte contre le paludisme qui intéresse peu et tue beaucoup, mais pas dans les pays développés.
Les quelques réflexions suivantes sont sans doute discutables
1/La période actuelle est quelque peu propice aux pandémies
Kenneth Arrow, repris par M. Jacques Fontanel, économiste et universitaire français, dans ses cours d’économie de la défense et de la sécurité, caractérise la mondialisation. Je cite : « Il est possible de distinguer au moins cinq aspects différents de la globalisation: le commerce international, les mouvements de capitaux, la migration des peuples, la migration des biotopes exotiques (incluant les pathogènes) et la diffusion et l’homogénéisation possible des cultures et des idées de tout genre ».
La globalisation du commerce et les mouvements de capitaux sont une réalité, ce que confirme la crise. La migration des peuples est aussi une réalité depuis longtemps. L’homogénéisation des cultures est en cours même si de nombreuses résistances sont à l’œuvre et j’ai du mal à le déplorer. Et les migrations de pathogènes ? Cela existe tous les ans, pour les épidémies de grippes par exemple, mais les conséquences sécuritaires ne sont pas significatives.
On pourrait ajouter l’urbanisation qui regroupe les humains et favorise la contagion.
2/Les pandémies ont eu de graves conséquences sécuritaires et sociales
Les épidémies de grippes ont été meurtrières au XXème siècle (lire). D’autres pandémies ont eu des conséquences sécuritaires majeures au cours de l’histoire.
La peste noire (1347-1351 en Europe) causa en autres :
  • 7 millions de morts en France sur 17 millions d’habitants
  • Une pénurie de main d’œuvre qui entraina le retour en friche de certaines zones
  • Désurbanisation massive
  • Présécutions de populations et troubles à l’ordre public

La conquête de l’Amérique latine a également causé des épidémies :

Les épidémies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de diphtérie (1614), de rougeole (1618) auraient tué plus de 95% de la population indigène. Cela a précipité l’effondrement des sociétés locales et a incité les européens à développer la traite négrière pour remplacer la force de travail des indigènes. Encore une fois, on ne peut pas nier les conséquences sécuritaires.

Peste noire

3/ Une crise à prendre au sérieux sans céder à l'irrationnel

En résumé, il faut prendre au sérieux le risque de pandémie (comme le fait le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale) dans ses dimensions sécuritaires :

  • Collectivement, par le rôle de l’État (plans et mise en œuvre) et par la cohésion du corps social
  • Individuellement, en adoptant un comportement raisonnable, en ne cédant pas à la panique et en adoptant une attitude civique

Pour être positif, la crise sanitaire actuelle devrait au moins être une bonne occasion de s’assurer de la pertinence de mesures envisagées et de les adapter.

Voire aussi :

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Une initiative originale

Le Department of veterans affairs a développé une initiative originale un blog pour les veterans de l'Irak et de l'Afghanistan, dans le cadre d'un site qui leur est dédié. Il leur permet d'aborder le problèmes qui correspondent à leurs préoccupations sociales ou leurs handicaps. C'est une initiative originale pour contribuer à traiter les problèmes des anciens des théâtres. Les médailles et l'argent ne suffisent pas !
US DoD VA

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samedi 25 avril 2009

Une insurrection à la française au XXème siècle

L'insurrection à la française n'est pas souvent étudiée. Pourtant, le pays de la Révolution, des chouans, des camisards et des jacqueries n'est pas en reste. Le modèle de la Résistance, avec lequel Hezbollah libanais se plaît (à tord sur les objectifs) à s'identifier, devrait nous permettre de mieux comprendre le phénomène de l'insurrection. En lisant le programme du Conseil national de la résistance, qui a un peu plus de 65 ans, j'ai découvert un exemple très intéressant d'action globale qui prend en compte toutes les dimensions (ou presque) d'une lutte de libération : politique, militaire, judiciaire, agricole, sanitaire, culturelle, éducative, économique et social.
Ce programme est divisé en deux parties : le plan d'action immédiate et les meures à appliquer dès la libération du territoire.
Il aborde de nombreuses actions réalisées après le 6 juin 1944, comme l'édification d'un gouvernement d'union nationale, le châtiment des traîtres, le soutien aux forces militaires débarquées, etc.
Un peu de lecture avec le programme du CNR :
Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.
Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.
Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.
I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE
Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en œuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.
Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :

D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés. Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.

Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.

Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.

Ces comités devront :

  • Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;
  • Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;
  • Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;
  • Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;
  • En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;
  • Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;
  • Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;
  • Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française. Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre : (1) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ; (2) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.

Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :

  • Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;
  • Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;
  • Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;
  • Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.

Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.

Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.

Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.

II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :

  • Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;
  • Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;
  • Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;
  • Afin d’assurer : l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ; la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ; la liberté d’association, de réunion et de manifestation ; l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ; le respect de la personne humaine ; l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
  • Afin de promouvoir les réformes indispensables : Sur le plan économique : - l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ; - une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ; - l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ; - le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ; - le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ; - le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie. Sur le plan social : - le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ; - un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ; - la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ; - la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ; - un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ; - la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ; - l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ; - une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ; - le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste. Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales. La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.

L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.

En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !

En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !

LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE

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vendredi 24 avril 2009

Petraeus : les mois prochains seront difficiles en Afghanistan

Le général David H. Petraeus a déclaré le 21 avril dernier, à Harvard, que la coalition en Afghanistan allait faire face à des mois difficiles, sans aucun doute. Il a affirmé qu’il pensait réussir à vaincre l’insurrection mais pas en utilisant exactement la même stratégie qu’en Irak. « Quand vous allez dans les sanctuaires de l’ennemi, des zones où il est capable de planifier et de préparer des attaques, il va combattre pour les conserver. » Il a listé quelques différences fondamentales entre les théâtres irakien et afghan : centralisation de l’Etat, culture, populations, etc. En résumé, il faut adapter le Surge à l’Afghanistan.
US DoD
Cette déclaration intervient alors que les offensives de printemps des Taliban vont s’intensifier. La reconquête des zones occupées par les insurgés sera incontestablement difficile malgré un renforcement de 17 000 soldats américains. Une victoire significative dans la guerre pourrait laisser espérer le gain de la guerre. Cela pourrait aussi convaincre des alliés d'envoyer plus de forces ou de laisser leurs forces en place.

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mardi 21 avril 2009

La Commission européene a pris des mesures pour protéger l'Europe des cyberattaques

Mais que fait la Commission européenne ? En ce temps de précampagne électorale européenne (elle est lancée?), un exemple intéressant (fin mars 2009) de prise en compte de cybermenaces au plan communautaire :
"L'ensemble de l'économie européenne repose sur les services et réseaux de communications électroniques. 93 % des entreprises de l'UE et 51 % des Européens ont utilisé l'internet de manière active en 2007.
Toutefois, les catastrophes naturelles, les attaques terroristes, les actes de malveillance et les défaillances matérielles peuvent faire courir des risques sérieux aux infrastructures d'information critiques européennes. Les cyberattaques de grande envergure lancées récemment contre l'Estonie, la Lituanie ou la Géorgie ont bien montré que les services et réseaux de communications électroniques essentiels étaient constamment menacés. La nouvelle stratégie proposée aujourd'hui par la Commission européenne vise à préparer l'Europe à réagir en cas de perturbations ou d'attaques graves.
«La société de l'information nous offre d'innombrables opportunités nouvelles, et il est de notre devoir de veiller à ce qu'elle se développe sur une base solide et durable. L'Europe doit être à l'avant-garde et elle doit inciter les citoyens, les entreprises et les administrations publiques à œuvrer pour améliorer la sécurité et la résilience des infrastructures d'information critiques européennes. Il ne doit pas y avoir de maillon faible dans la cybersécurité de l'Europe,» a déclaré Madame Reding, membre de la Commission chargée de la société de l'information et des médias.
En 2007, après des cyberattaques de grande envergure, le Parlement estonien avait dû mettre son système de courrier électronique à l'arrêt pendant 12 heures et les deux plus grandes banques d'Estonie avaient été contraintes d'interrompre leurs services en ligne. La probabilité d'une défaillance grave des réseaux de télécommunications dans les dix prochaines années est de 10 à 20 %, et son coût économique potentiel, sur le plan mondial, avoisinerait les 193 milliards d'euros (250 milliards de dollars). La cause pourrait en être une catastrophe naturelle, une défaillance matérielle, la rupture d'un câble sous-marin (50 incidents de ce type ont été enregistrés dans l'Océan atlantique pour la seule année 2007) ou bien des actions humaines telles que des actes terroristes ou des cyberattaques, qui deviennent de plus en élaborées.
Le bon fonctionnement des infrastructures de communication a une importance vitale pour l'économie et la société européennes. En outre, les réseaux de communication sont à la base de la plupart des activités de notre vie quotidienne. En 2007, les achats et les ventes effectués par l'intermédiaire des réseaux électroniques représentaient 11 % du chiffre d'affaires total des entreprises de l'UE. 77 % des entreprises accédaient aux services bancaires via l'internet et 65 % des sociétés utilisaient les services publics en ligne. En 2008, le nombre de lignes téléphoniques mobiles correspondait à 119 % de la population de l'UE. Les infrastructures de communication sous-tendent également le fonctionnement de secteurs essentiels, qui vont de la distribution d'énergie et de la fourniture d'eau aux transports, à la finance et à d'autres services d'importance cruciale.
La Commission a préconisé aujourd’hui des mesures visant à protéger ces infrastructures d'information critiques en améliorant l'état de préparation et la résistance de l'EU face aux cyberattaques et aux perturbations. Actuellement, les approches et les capacités varient considérablement selon les États membres. Or, un faible niveau de préparation dans un pays peut accroître la vulnérabilité des autres, et un manque de coordination diminue l'efficacité des contre-mesures.
La Commission européenne souhaite que toutes les parties concernées, et en particulier les entreprises, les administrations publiques et les citoyens se penchent sur les aspects suivants :
  • Préparation et prévention : favoriser la coopération, les échanges d'informations et le transfert de bonnes pratiques entre États membres dans le cadre d'un forum européen et établir un Partenariat public privé européen pour la résilience, qui aidera les entreprises et le secteur public à mettre en commun leur expérience et leurs informations. Les secteurs public et privé devraient coopérer afin de garantir que des mesures de prévention, de détection, d'action en cas d'urgence et de récupération sont mises en place, de manière adéquate et cohérente dans tous les États membres.
  • Détection et réaction : soutenir le développement d'un système européen de partage d'information et d'alerte.
  • Atténuation et récupération : renforcer la coopération entre États membres grâce à des plans nationaux et multinationaux en cas d'urgence et organiser régulièrement des exercices portant sur la réaction en cas d'incident de grande envergure affectant la sécurité des réseaux et sur la récupération après défaillance grave.
  • Coopération internationale : susciter un débat de dimension européenne pour définir les priorités de l'UE en ce qui concerne la stabilité et la résilience à long terme de l'internet, en vue de proposer des principes et lignes directrices qui pourront être promus au niveau international.
  • Établissement de critères pour les infrastructures critiques européennes dans le secteur des TIC : les critères et les approches varient actuellement selon les États membres.

La Commission a invité aujourd'hui l'Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l'information (ENISA) à soutenir cette initiative en favorisant un dialogue entre tous les acteurs ainsi que la coopération nécessaire au niveau européen.

© Communautés européennes, 1995-2009"

Lire aussi :

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dimanche 19 avril 2009

Des blogs à connaître

Des nouveaux blogs dans mon blogroll, ce week-end :

  • Secret Défense nous a présenté hier le Mamouth, Les défenses, intérieure et extérieure, le blog du journaliste Jean-Marc TANGUY. Ce blog fournit de nombreuses informations spécialisées sur le monde militaire et sécuritaire avec de courtes analyses. J'aime déjà.
  • Je souhaitais signaler également le blog Pensées sur la planète "libre et solidaire dans un monde indifférent" du journaliste Pierre Bayle. C'est une vision un peu différente des questions de défense et de politique. A découvrir.

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Une pause

Je n'aurai pas d'accès Internet pendant les quatre prochains jours. La publication automatique fonctionnera mais je ne pourrai pas modérer les commentaires avant le week-end prochain. Ce sera une bonne occasion de lire les anciens billets.
De toute façon, les blogs de la blogosphère de défense ne manquent pas de fournir presque quotidiennement des billets que l'on peut consulter avec plaisir et intérêt... (Cf. Blogroll).

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Piraterie : la position américaine

Selon M. Robert Gates, secrétaire américain à la défense, et l'amiral Mike Mullen, président des comités des chefs d'état-major, ont affirmé le 18 avril que la lutte contre la piraterie nécessitait un effort international et une approche gouvernementale complémentaire de l'acton militaire. L'amiral Mullen a demandé aux compagnies maritime de ne pas donner de rançons aux pirates. Il a estimé que d'avantage devait être fait contre les pirates et pour améliorer la situation de la Somalie.
Il y aurait eu 80 attaques de navires dans le Golf d'Aden, depuis le début de l'année. Actuellement des navires de guerre venant de 16 nations essaient de surveiller une zone de 1.1 million de km2.
Lire aussi : Lutter contre la piraterie

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samedi 18 avril 2009

Que cherche la Corée du nord ?

La Corée du Nord ne cesse de réagir au texte du Conseil de sécurité des Nations unies qui condamne le lancement d'une fusée (missile), le 5 avril dernier.
Le 14 avril, Pyongyong a annoncé qu’il ne participerait plus aux pourparlers à six pays sur ses programmes nucléaires militaires. Le 15 avril, il a annoncé la cessation immédiate de toute coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique et le redémarrage de ses installations nucléaires. Les inspecteurs de l'agence doivent quitter le pays au plus tôt.
La tension continue donc de monter dans la péninsule coréenne. Cette situation constitue un vrai test pour l'administration Obama et plus largement la communauté internationale car :
  • la Corée du nord est proche de l'élaboration d'une bombe atomique viable
  • elle disposera bientôt des moyens de toucher tous les pays du globe grâce à sa technologie spatiale et nucléaire. L'effet induction électromagnétique (IEM) d'une seule bombe est suffisamment dissuasif face à un ennemi développé
  • le régime est peu solide avec la maladie de Kim Jong-il et les problématiques de succession

Cette fuite en avant laisse penser que la crise ne fait que débuter.

Voir aussi : La Corée du nord a lancé sa fusée

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vendredi 17 avril 2009

L'echec d'une attaque terroriste maritime au large de Gaza

Le 13 avril 2009, un bateau de pêche palestinien piégé a explosé au large de la bande de Gaza. Selon Tsahal (IDF), il se dirigeait vers le nord, en direction du territoire israélien pour mener une attaque terroriste. Il avait à bord des centaines de kilogrammes d’explosifs selon le Lieutenant général Gabi Ashkenazi, chef de l’état-major général. Selon certains sites israéliens, ce bateau qui ne disposait pas d’équipage à bord (confirmé par Tsahal) aurait été radiocommandé. Cela constituerait, à ma connaissance, la première tentative d’attaque par engin explosif improvisé radiocommandé de type maritime même si cette menace (non radiocommandée) est ancienne (Cf. attentat du 12 octobre 2000 contre l'USS Cole).

US Navy (archives)

Les IDF examinent les restes de l’engin et tentent vraisemblablement une rétroconception de celui-ci. La cible de l’attaque n’a pas pu être déterminée. Une attaque contre un navire israélien ou une infrastructure civile ou militaire est probable.
Il sera intéressant de voir si ce type d’actions maritimes qui ne sont pas totalement au point, se multiplieront à l’avenir. En cas de réponse positive, cela constituerait un enjeu aussi important que l’apparition des engins explosifs improvisés sur les théâtres (terrestres) irakiens ou afghans.

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jeudi 16 avril 2009

Lutter contre la piraterie

Les États-Unis ont débuté une vaste revue de la stratégie de lutte contre la piraterie au large de la Somalie. La piraterie est un problème pour l’ensemble des nations maritimes. Environ 20 000 cargos et 5 000 pétroliers passent tous les ans dans cette zone. L’État somalien n’est pas en mesure de faire valoir sa souveraineté sur ses rivages et dans ses eaux territoriales.

US Navy

Actuellement 16 nations de l’ensemble de la planète ont déployé des navires de guerre dans la région pour lutter contre la piraterie. Ils contribuent à améliorer la situation mais la tâche est immense ! Ils font un travail exceptionnel qu'il faut reconnaître et soutenir. Le président américain a déclaré le 13 avril, à ce sujet, qu'il fallait prévenir les actes de piraterie, se préparer à les contrer et traduire les coupables en justice pour leurs crimes. Il fait suite à de nombreuses déclarations politiques similaire, à commencer par la France.
Le même jour, le chef d'un groupe de pirates, Abdi Garad, avait promis de venger la mort de ses 3 hommes tués récemment par les forces spéciales américaines. Le 15 avril, les pirates sont montés d'un cran en s'attaquant, à coup d'armes automatiques et de RPG, au Liberty sun, un bateau civil américain qui transportait 20 américains et des vivres du Programme alimentaire mondial, en représailles des opérations militaires de la semaine précédente.

US Navy

Quelles solutions sont envisageables à part payer des rançons :
  • A court terme, armer les navires comme ce fut le cas lors de périodes historiques précédentes, escorter militairement les navires marchands et prononcer un effort de renseignement sur les réseaux de piraterie
  • A moyen terme, par une puissante opération interarmées internationale sous l’égide des Nations unies, détruire les embarcations des pirates. Ensuite, pour les capturer et les juger, traquer les pirates dans leurs bastions au sol sans chercher à tenir le terrain, avec le risque de pertes collatérales à assumer (les cibles des pirates sont des civils...)
  • A long terme, aider l’État somalien à recouvrer sa souveraineté et offrir d’autres moyens de survie aux populations

Certes, rien n’est simple pour lutter contre la piraterie mais la première question à se poser est : est-elle tolérable ?

Lire aussi :

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mercredi 15 avril 2009

L'Iran pourrait aussi entraîner la police afghane et ainsi aider indirectement ... l'OTAN

L’Iran aurait offert d’entraîner la police en Afghanistan dans le cadre de son aide à la reconstruction. M. Ismail Ahmadi Moghadda, commandant de la police iranienne, a déclaré que son pays ne reconnaissait aucune autorité à l’OTAN mais que son pays reconnaissait le gouvernement Afghan comme unique interlocuteur. L’Iran n’est pas foncièrement opposé à l’intervention de l’Alliance dans ce pays car elle combat les Taliban et Al-Qaïda qui sont ses ennemis. L’Iran est également intéressé par la lutte contre la production de drogue. En effet, elle constitue une zone de transit pour le crime organisé et un débouché de la production afghane avec ses 1,2 million de consommateurs de stupéfiants, selon le gouvernement. Durant les 20 dernières années, les trafiquants de drogue auraient tué 3 600 représentants de la loi. Les Iraniens ont d’ores et déjà saisi 3 000 tonnes de drogue afghane depuis le début de l’année.

DoD

L’Iran trouve donc que l’OTAN est peu efficace dans la lutte contre la drogue en Afghanistan ce qu’il est difficile de nier. En aidant le gouvernement afghan, l’Iran deviendrait un partenaire de fait de l’Alliance en Afghanistan. Elle s’attaquerait aux ressources financière des Taliban (la drogue) pendant que les forces militaires de l’OTAN s’attaqueraient aux insurgés. En résumé, l’Iran deviendrait membre de la coalition, pour sauvegarder ses intérêts, sans en faire partie. A suivre…

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mardi 14 avril 2009

Programmation militaire pour les années 2009 à 2014 (suite)

La suite du billet Programmation militaire pour les années 2009 à 2014 : Suite de l’examen du projet de loi (n° 1216) relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 (examen des articles) (MM. Patrick Beaudouin et Yves Fromion, rapporteurs). Cliquer ici.

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Un blog à découvrir, G e O s t r a t O s

G e O s t r a t O s ( http://geostratos.wordpress.com/ ) est un blog géopolitique qui traite principalement de terrorisme. A découvrir. Ci-dessous une partie de sa présentation.
Pas vraiment. Au lieu de parler des sujets déjà traités de multiples fois sous tous les aspects possibles, nous nous intéressons à ce qui se passe derrière le rideau. Nous allons parler des problèmes qui sont de « basse intensité » aujourd’hui mais qui pourraient devenir les préoccupations majeures de demain… Nous allons essayer de décortiquer les informations officielles pour en retirer ce qui se cache derrière la langue de bois. Des exemples ? “Quelles sont les vraies raisons de la volonté d’intervention turque en Irak ?”- “L’implantation en Europe de groupes terroristes dont on parle peu, malgré leur dangerosité : le PKK et le DHKP-C turc, les Moudjahidine du Peuple Iranien,etc…” - “Les liens entre certains groupes terroristes et des services de renseignements occidentaux” - “Les techniques de blanchiment d’argent par les états dits bandits” - “Des renseignements économiques qui touchent la géopolitique”.

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lundi 13 avril 2009

Démantèlement des armes chimiques en Russie

La Russie devrait détruire ses stocks d'armes chimiques avant 2012. Cette date a été fixée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). La date initiale de 2007 avait été repoussé de 5 ans. Selon Novosti, la Russie réalise la troisième étape de son programme fédéral de destruction des armes chimiques qui prévoit le démantèlement d'au moins 18 000 tonnes d'armes chimiques (45% des stocks russes) avant le 29 décembre 2009. Le pays a déjà détruit 12 000 tonnes (30,1%) d'agents toxiques. En Russie, 9.500 personnes participent aux travaux de démantèlement, dans le cadre de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques que ce pays a signé en 1997.
Les six États qui ont déclaré des armes chimiques doivent détruire 8,67 millions d'éléments, y compris des munitions et conteneurs représentant au total 71 316 tonnes d'agents chimiques extrêmement toxiques. Pour se représenter les effets, une gouttelette d'agent neurotoxique, pas plus grosse qu'une tête d'épingle, suffit à tuer un adulte en quelques minutes.

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dimanche 12 avril 2009

L'Iran, une puissance régionale montante

Dans le billet d'aujourd'hui, je reviens sur quelques considérations sur la problématique sécuritaire iranienne. Elles sont partielles et j'espère qu'elles ne sont pas partiales...
Depuis son arrivée au pouvoir, l’administration Obama envoie des gages de bonne volonté à la République islamique d’Iran qui vote le 12 juin 2009. Cette « détente » est un nouvel avatar des relations tumultueuses entre ces deux puissances qui se sont affrontées indirectement en Iraq. En effet, traditionnellement, l'Iran cherche à s'imposer en tant que puissance chiite au sein du monde musulman, notamment en Iraq. Plus largement, l’Iran cherche à obtenir des gains stratégiques pour sa sécurité, ce qui n’est pas dans les plans américains.
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  1. L'Iran cherche à s'imposer comme une puissance politique et religieuse régionale
L'Iran s'est pensé comme la « capitale spirituelle et politique du monde chiite » bien avant la révolution islamique de 1979.
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  • Conquérir la suprématie sur le monde musulman?
L'Iran n'a jamais totalement réussi à s'imposer dans le monde musulman. En effet, il est essentiellement composé de Perses différents ethniquement et historiquement des Arabes. Bien que tous musulmans, il existe une réelle ligne de fracture entre ces deux peuples.
Par ailleurs, la construction nationale des États actuels a été façonnée différemment : la logique religieuse a moins prévalu à la construction nationale iranienne qui s’appuie également sur une histoire préislamique. Les principaux lieux saints du Chiisme sont situés en Iraq. Kerbala, ville irakienne située à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad et 3ème lieu saint des chiites, fut le lieu d'une bataille qui se solda par la mort de l'Imam Husayn. Cet épisode est commémoré par les chiites, tous les ans, lors de la fête de l'Achoura. Elle reste le lieu originel où l'imaginaire chiite produit la plupart de ses symboles martyrologiques. Cette lutte, vieille de presque 14 siècles, rythme toujours les relations complexes entre un monde arabe sunnite morcelé et un monde chiite dont le centre de gravité se situe en Iran mais qui représente seulement 12 à 15% des 1,3 milliard de musulmans.
Cependant, si la majorité des chiites est iranienne, le berceau historique reste en Iraq ; il devient donc un enjeu majeur pour les chefs religieux chiites à travers le monde. La course à la suprématie sur la communauté des croyants, l' « oumma », a été exacerbée par le terrorisme islamique international, la « victoire du Hezbollah » sur Israël en juillet 2006 et surtout la guerre en Irak depuis 2003. Pour l’Iran, l’objectif de la communauté des croyants est limité à sa région. En effet, la majorité de la population sunnite est localisée à l'est de l'Indus, contrairement à la répartition des musulmans dans le monde un siècle après l'hégire. Il apparaît donc clairement que c'est l'hégémonie au Moyen-orient qui reste l'objectif, au moins à moyen terme. La dimension historique et la recherche de légitimité théologique de la République islamique d'Iran conduit donc à considérer le facteur géopolitique du problème.
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  • Retrouver un rôle géopolitique régional
Le Khouzistan, annexé par l'Iran dans les années 20, est au coeur des relations de ce pays avec l'Irak. Région pétrolifère peuplée principalement d'Arabes, elle s'avère vitale pour Téhéran et s'impose comme une source d'inquiétude permanente. Des revendications identitaires locales plus ou moins intense restent résiduelles. Le découpage des frontières coloniales a eu aussi dans ce cas des effets néfastes sur les relations internationales en fractionnant de part et d'autre de la frontière une population arabe qui parle même dialecte. Le danger principal, pour l’Iran, réside donc dans le risque d'un Irak fédéral qu’il ne contrôlerait pas. Une déstabilisation de cette région économiquement clé serait alors possible. Le déplacement du Guide suprême de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei, en février 2006, atteste de l'intérêt vital que représente le Khouzistan.
Il est aussi intéressant de noter que cette région était l'un des objectifs territoriaux principaux de Saddam Hussein lorsqu'il a attaqué l'Iran en 1980. Les raisons invoquées étaient le rattachement à son pays de cette région composée d'Arabes chiites. La réduction de l'influence chiite en Irak était déjà un but de guerre. Les combats furent âpres durant des années et ponctués de contre-offensives iraniennes nommées « Kerbala ». Leur but était de mettre en place, au minimum dans le sud de l'Irak, un pouvoir islamique chiite. L'invasion américaine l'a paradoxalement permis à partir de 2003. Les élections du 30 janvier 2005 ont consacré l'arrivée au pouvoir des chiites même si le Surge a un peu remis au premier plan la communauté sunnite.
Toutefois, cette analyse (partielle) doit être replacée dans un contexte militaire et politique plus large.
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  1. L'Iran veut sanctuariser son pays.
L'Iran dispose d'un rôle régional particulier. Il se situe à l'intersection des cultures turques, arabes et indiennes tout en représentant la culture persane plus que millénaire. Il doit trouver et conserver sa place.
*
  • Rompre l'encerclement
Les antagonismes et les confrontations historiques qui datent des différents empires perses reviennent régulièrement au premier plan. Il en découle une logique obsidionale pour l'Iran qui a été renforcée par l'arrivée en masse dans la région du « grand Satan » : les États-Unis. A la faveur de la guerre contre le terrorisme, les américains et leurs alliés ont renforcé leur dispositif, entre 2001 et 2003, à la frontière iranienne : implantation au Qatar, guerre d'Irak, guerre d'Afghanistan, « alliance stratégique » avec le Pakistan contre Al-Qaïda, renforcement de US Navy dans le golfe arabo-persique et dans l'océan indien, bases de l'OTAN en Turquie...
Stratégiquement encerclé, l'Iran a dû trouver des palliatifs à son déficit de puissance. Les négociations sur l'accès du pays au nucléaire civil ont été menées en parallèle d'une action à l'intérieur de l'Irak. Signataire du traité de non prolifération nucléaire (TNP), l'Iran possède le droit de développer un programme nucléaire civil. Toutefois, le développement de missiles balistiques de portée de plus en plus grande et le déficit de puissance iranien laisse penser qu'un programme nucléaire civil cacherait des applications militaires. A cela s’ajoutent les déclarations régulières du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, sur la destruction d'Israël, qui lui permettent de s'imposer comme leader de l’antisionisme dans le monde musulman et de renforcer sa position dans le dossier « nucléaire », en usant de menaces durant les phases de négociation.
Entré dans une « logique d'endiguement » en Irak, l'Iran a pris le contrôle de la partie chiite du pays et a soutenu des mouvements "terroristes" dans le reste du pays, en particulier grâce au rôle des pasdaran. Les forces armées iraniennes n’hésitent pas à faire survoler le territoire irakien par leurs drones malgré la supériorité aérienne américaine (février 2009). L’Iran devient ainsi un élément incontournable de la normalisation du pays à moyen terme, après le départ des troupes combattantes américaines.
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  • Sanctuariser l'Iran
Protégée juridiquement par le TNP et politiquement par la situation en Irak, la République islamique d'Iran peut échanger l’élaboration d’une éventuelle bombe nucléaire contre une ingérence faible en Irak et surtout la reconnaissance internationale de son rôle régional. Tout cela n'est pas acceptable en l'état par les occidentaux et surtout les américains.
Les sanctions économiques sont illusoires contre le 2ème producteur de pétrole de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole même en période de faible tension sur les marchés internationaux. Le réseau de soutien diplomatique de l'Iran contient des pays comme le Venezuela ou la Syrie qui se caractérisent par une opposition stratégique aux États-Unis. Le soutien ambigu et ambivalent des Russes aux Iraniens doit aussi être considéré selon le prisme énergétique. La stratégie américaine de contournement de la Russie, visant à développer des « pipe-line » entre l'Asie centrale et la Méditerranée, sera un échec tant que l'Iran, l'Irak et la Syrie ne seront pas plus favorable à l'Occident.
Improbable mais pas impossible, une attaque militaire des sites nucléaires iraniens serait hasardeuse militairement et vraisemblablement désastreuse stratégiquement. Personne ne semble capable de se substituer aux États-unis pour cette action sans changer durablement les équilibres régionaux. Israël ne possède pas de moyens militaires et de réseaux diplomatiques suffisants pour mener à bien une opération indépendamment des capacités américaines. Néanmoins, Israël a montré par le passé qu’il était capable de mener des opérations particulièrement risquées lorsque sa survie est en jeu. L’Iran, grâce à son allié libanais du Hezbollah, dispose d’un moyen de fixation stratégique de l’Etat Hébreu.
En résumé, pas grand monde ne peut actuellement faire pression efficacement sur l’Iran qui reste, il faut le souligner, dans une posture stratégique globalement défensive.
*
* *
Aux antagonismes ancestraux entre Perses et Arabes, entre chiites et sunnites, à l'échelle internationale s'ajoute l'opposition stratégique entre Iraniens et occidentaux sur un dossier nucléaire toujours aussi conflictuel. Cette opposition à l'Occident demeure bien réelle et ne se limite pas à la rhétorique.
Les principales menaces contre l'Iran proviennent de son orient. Le Pakistan, l'Inde et la Chine sont des puissances nucléaires qui peuvent pour des raisons énergétiques ou politiques, vouloir réduire le rôle de l'Iran en Asie Centrale et dans le Golfe arabo-persique. Une coalition pragmatique de fait entre des pays occidentaux et l’Iran pourrait donc paradoxalement émerger dans les prochaines années, si les différends actuels arrivent à être dépassés. Pourquoi pas ?
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samedi 11 avril 2009

Préparer la saison des ouragans au plan sécuritaire

Du 6 au 10 avril dernier, la 31ème conférence annuelle sur les ouragans a permis aux différents acteurs de la prévention des ouragans de préparer et surtout d’améliorer leurs plans d’intervention. Organisée cette année à Austin, Texas, a regroupé un millier de responsables des agences fédérales et locales, des services d’urgence, des organisations de volontaires, des ingénieurs, des planificateurs, des journalistes, des météorologistes, etc. Ils ont participé à une quarantaine de groupes de travail, de formations, de séance d’information et de retour d’expérience…. Le rôle des radios amateurs dans la gestion de la crise ou de l’évacuation des déchets ont été abordés.
Ce type de conférence permet de préparer bien avant les évènements les réponses aux situations les plus probables et d’étudier des cas non conformes aux prévisions mais toujours possibles. La Garde nationale américaine et d'autres agences continuent de se préparer à faire face à la saison des ouragans qui devrait débuter dans quelques mois. La saison s'étend de juin à novembre avec une intensité maximum entre août et octobre.
Ces préparatifs incluent un exercice de poste de commandement programmé les 14 et 15 avril prochains à Fort Belvoir en Virginie. Il devrait comprendre 150 participants provenant de nombreuses agences fédérales et des armées et de la Garde nationale des États potentiellement affectés par les ouragans. Cette exercice sera une répétition (Rehearsal) du plan d’intervention. Le but est de synchroniser les actions et d’étudier les mesures de coordination à améliorer. Les États pourront mettre à jour leur plan contingency plan (CONPLAN). Ces exercices permettent d’affiner les plans. La Garde nationale de Floride, par exemple, affine annuellement son plan.
Force est de constater que les Etats-Unis ne laissent pas "aux bons soins" du destin la planification des secours, en cas de catastrophe naturelle prévisible. Chacun doit connaître son poste et les actions qu'il doit mener (but des rehearsal). Il ne reste qu'à gérer l'incertitude, le hasard et la friction. C'est très militaire tout cela.
Lire aussi :

Quelques stats du Centre canadien de prévision d'Ouragan :

  • les plus intenses en Atlantiques sont : Gilbert (1988), Mitch (1998), Hugo (1989), Andrew (1992), Camille (1969)
  • Ouragan dont l'intensification a été la plus rapide : le typhon Forrest
  • L'onde de tempête la plus haute : pendant l'ouragan de Bathurst Bay (Australie, 1899), l'onde de tempête a atteint 13 mètres
  • L'ouragan le plus vaste : le typhon Tip (dans le nord-ouest du Pacifique, octobre 1979), rafales de vent sur un rayon de 1100 kilomètres
  • L'ouragan qui a duré le plus longtemps : l'ouragan/typhon John (août-septembre 1994), qui a duré 31 jours
  • L'ouragan le plus mortel : le cyclone du Bangladesh, en 1970, qui a fait 300 000 morts, dans l'Atlantique, c'est 22 000 morts en octobre 1780 - la Barbade, la Martinique, St. Eustache

Crédits US DoD

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vendredi 10 avril 2009

Programmation militaire pour les années 2009 à 2014

La commission de la défense de l'Assemblée nationale a examiné, le 7 avril 2009, le projet de loi (n° 1216) relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 (discussion générale et examen des articles) (MM. Patrick Beaudouin et Yves Fromion, rapporteurs).
Si la tradition avait été respectée, la loi de programmation aurait due être adopté à l'automne 2008, si possible avant l'adoption de la loi de finances 2009 (1ère année de la loi de programmation). Sous réserve de confirmation, le projet pourrait être examiné les lundi 18 et mardi 19 mai 2009. La semaine dernière, un examen à l'automne 2009 avait été évoqué.
Je vous propose donc de lire le compte rendu de la séance.
"M. le président Guy Teissier. Je me réjouis que nous examinions – enfin ! – le projet de loi de programmation militaire que le Gouvernement a déposé en novembre dernier. Nous sommes tous conscients de la nécessité de débattre de ce texte très attendu par toute la communauté militaire et de défense, surtout en cette période de profonde réorganisation du ministère. Je salue d’ailleurs la présence de monsieur le ministre.
Je vais vous redire un mot de la procédure qui sera appliquée, sachant que je vous ai déjà adressé un courrier à ce propos et informés de vive voix lors de nos séances précédentes. Nos rapporteurs, MM. Patrick Beaudouin et Yves Fromion, vont nous rappeler les principales dispositions du projet et nous donner le fruit de leur réflexion, le ministre nous ayant déjà présenté le texte le 25 novembre dernier.
Nous aurons ensuite une discussion générale puis nous passerons à l’examen des articles et des amendements, sachant que ceux qui seront adoptés seront intégrés au texte qui servira de base à la discussion en séance publique. Je crois pouvoir être l’interprète de tous – et sans doute de vous-même, monsieur le ministre –, pour souhaiter un examen au plus tôt en séance publique. Or les choses semblaient compromises la semaine dernière. J’ai évoqué cette question lors de la conférence des Présidents et adressé des courriers au Président de la République et au Président de l’Assemblée pour leur faire part de notre préoccupation. Et j’ai de bonnes nouvelles à vous annoncer : sous réserve de confirmation, le projet devrait être examiné les lundi 18 et mardi 19 mai.
Pour en revenir au déroulement de la séance, je salue également la présence des rapporteurs des deux commissions saisies pour avis, M. Émile Blessig, pour la commission des lois, et M. Loïc Bouvard pour la commission des affaires étrangères.
J’ai procédé, comme le veut la nouvelle procédure, à un examen en amont de la recevabilité financière des amendements. Ceux qui ont été déclarés irrecevables ne viendront bien évidemment pas en discussion.
Je signale aussi la présence de collaborateurs de groupes, comme l’a récemment autorisé la Conférence des Présidents. Ils ne peuvent être appelés à s’exprimer et devront respecter les règles de confidentialité des travaux lorsqu’il s’agira d’informations non rendues publiques.
Enfin, monsieur le ministre, vous interviendrez bien évidemment lorsque vous le souhaiterez. Vous avez d’ailleurs des amendements à nous présenter. Dès que vous me les avez transmis je les ai adressés, comme je m’y étais engagé, aux membres de la commission... "

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La guerre de l’information a un cout

Le Pentagon a dépensé plus 100 millions de dollars US dans les 6 derniers mois pour protéger ses systèmes d’information. Le général (USAF) Kevin P. Chilton, commandant de l’U.S. Strategic Command, a déclaré que les menaces sur les opérations en réseaux étaient équivalentes aux menaces dans les espaces terrestres, aériens et maritimes.

DoD

Le Cyberespace est un véritable espace de combat. Les réseaux de la défense américaine sont attaqués des milliers de fois chaque jour, par des assaillants allant de l’adolescent désabusé au criminel, en passant par des membres présumés de services étrangers. Maintenir le réseau information mondial américain est une composante vitale de la sécurité américaine. Le 6 avril dernier, M. Robert Gates, ministre américain de la défense, avait affirmé qu’il voulait augmenter le nombre d’expert du cyberespace en passant d’un recrutement annuel de 80 à 250 en 2011.

Le cyberespace est de plus en plus un enjeu sécuritaire et là où il y a enjeu, il y a conflit. Dès maintenant, il faut être prêt à se défendre, à attaquer et à se renseigner dans cet espace. Une surprise stratégique pourrait venir bien plus surement du cyberespace que d'un corps blindé mécanisé.

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jeudi 9 avril 2009

Le génocide rwandais, 15 ans après

Le 6 avril 1994, le président rwandais Juvénal Habyarimana fut assassiné, par des tirs dans son avion à l'atterrissage. L'avion transportait également le président burundais Cyprien Ntaryamira. Pendant la nuit du 6 au 7 avril, la Radio des Mille Collines commence à émettre ses slogans appelant au génocide comme : « Abattez les grands arbres » ou « Vous tuez, n’épargnez personne ». Les massacres commencèrent aussitôt et simultanément dans une grande partie du Rwanda. Le 7 avril , dix Para-Commando belges, du 2e bataillon commando, furent à leur tour assassinés par les Forces armées rwandaises (FAR).

Wiki

Dès le 8 avril 1994 la France (opération Amaryllis), puis la Belgique, (Silver Back) et l'Italie évacuèrent leurs ressortissants ainsi que ceux d'autres pays occidentaux. Durant les 100 jours suivants, un génocide allait tuer 800 000 Tutsis (principalement) et Hutus, selon les chiffres de l'ONU, l'OUA et de l'US State Department.

Ce fut l'un des drames parmi les plus importants du XXème siècle. Ce ne fut pas la fin de la guerre dans cette région. Loin de là ! Les guerres des Grands lacs ont encore fait, depuis, 5 millions de morts et rien n'est réglé.

Lire aussi :

PS : Merci d'éviter les commentaires déplacés pour ceux qui seraient tentés !

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mercredi 8 avril 2009

Un blog sur La poste aux armées

La blogosphère offre de nombreuses ressources insoupçonnées. J'ai découvert "LA POSTE AUX ARMEES / INTERARMEES" au hasard de mes navigations. Il traite des "Articles et brèves sur la Poste aux armées, la Poste navale et la Poste interarmées françaises de 1945 à aujourd'hui ainsi que sur la poste militaire des forces de maintien de la paix de l'ONU, de l'OTAN ou de l'Union Européenne."
A découvrir avec intérêt : http://poste-aux-armees.blogspot.com/
Ajout du 8 avril soir :
Pony me signale un autre blog "postier militaire" : http://postiermili.blogspot.com qui traite également de la Poste aux armées de l'intérieur. A voir l'album de photos en opérations (2 000).

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mardi 7 avril 2009

La Terreur : "ils croient qu'on n'a rien fait tant qu'il reste quelque chose à faire"

Le 25 décembre 1793 (25 nivôse an II dans le calendrier républicain), en pleine Terreur, Robespierre a présenté, en séance publique de la Convention nationale, le Rapport du 5 nivôse an II sur les principes du Gouvernement révolutionnaire. Je l'ai découvert et lu récemment et il m'a paru nécessaire de faire découvrir ce texte qui tente de justifier les restrictions de liberté par les menaces extérieures et intérieures. Liberté ou sécurité ? La comparaison entre gouvernement constitutionnel et révolutionnaire est édifiante! Je laisse le lecteur juge.
"Les succès endorment les âmes faibles ; ils aiguillonnent les âmes fortes.
Laissons l'Europe et l'histoire vanter les miracles de Toulon et préparons de nouveaux triomphes à la liberté. Les défenseurs de la République adoptent la maxime de César ; ils croient qu'on n'a rien fait tant qu'il reste quelque chose à faire. Il nous reste assez de dangers pour occuper tout notre zèle.
Vaincre des Anglais et des traîtres est une chose facile à la valeur de nos soldats républicains ; il est une entreprise non moins importante et plus difficile, c'est de confondre par une énergie constante les intrigues éternelles de tous les ennemis de notre liberté, et de faire triompher les principes sur lesquels doit s'asseoir la prospérité publique. Tels sont les premiers devoirs que vous avez imposés à votre Comité de salut public.
Nous allons développer d'abord les principes et la nécessité du gouvernement révolutionnaire ; nous montrerons ensuite la cause qui tend à le paralyser dans sa naissance.
La fonction du Gouvernement est de diriger les forces morales et physiques de la nation vers le but de son institution..
Le but du gouvernement constitutionnel est de conserver la République ; celui du gouvernement révolutionnaire est de la fonder. La révolution est la guerre de la liberté contre ses ennemis ; la constitution est le régime de la liberté victorieuse et paisible.
Le Gouvernement révolutionnaire a besoin d'une activité extraordinaire, précisément parce qu'il est en guerre. Il est soumis à des règles moins uniformes et moins rigoureuses parce que les circonstances où il se trouve, sont orageuses et mobiles, et surtout parce qu'il est forcé à déployer sans cesse des ressources nouvelles et rapides, pour des dangers nouveaux et pressants.
Le gouvernement constitutionnel s'occupe principalement de la liberté civile ; et le gouvernement révolutionnaire, de la liberté publique. Sous le régime constitutionnel, il suffit presque de protéger les individus contre l'abus de la puissance publique ; sous le régime révolutionnaire, la puissance publique elle-même est obligée de se défendre contre toutes les factions qui l'attaquent.
Le gouvernement révolutionnaire doit aux bons citoyens toute la protection nationale ; il ne doit aux ennemis du peuple que la mort. Ces notions suffisent pour expliquer l'origine et la nature des lois que nous appelons révolutionnaires. Ceux qui les nomment arbitraires ou tyranniques sont des sophistes stupides ou pervers qui cherchent à confondre les contraires ; ils veulent soumettre au même régime la paix et la guerre, la santé et la maladie, ou plutôt ils ne veulent que la résurrection de la tyrannie et la mort de la Patrie. S'ils invoquent l'exécution littérale des adages constitutionnels, ce n'est que pour les violer impunément. Ce sont les lâches assassins qui, pour égorger sans péril la République au berceau, s'efforcent de la garrotter avec des maximes vagues dont ils savent bien se dégager eux-mêmes.
Le vaisseau constitutionnel n'a point été construit pour rester toujours dans le chantier ; mais fallait-il le lancer à la mer au fort de la tempête, et sous l'influence des vents contraires ? C'est ce que voulaient les tyrans et les esclaves qui s'étaient opposés à sa construction ; mais le peuple français vous a ordonné d'attendre le retour du calme. Ses vœux unanimes, couvrant tout à coup les clameurs de l'aristocratie et du fédéralisme, vous ont commandé de le délivrer d'abord de tous ses ennemis.
Les temples des dieux ne sont pas faits pour servir d'asile aux sacrilèges qui viennent les profaner, ni la Constitution pour protéger les complots des tyrans qui cherchent à la détruire. Si le gouvernement révolutionnaire doit être plus actif dans sa marche, et plus libre dans ses mouvements, que le gouvernement ordinaire, en est-il moins juste et moins légitime ? Non. Il est appuyé sur la plus saine de toutes les lois, le salut du peuple ; sur le plus irréfragable de tous les titres, la nécessité.
Il a aussi ses règles, toutes puisées dans la justice et dans l'ordre public. Il n'a rien de commun avec l'anarchie, ni avec le désordre ; son but au contraire, est de les réprimer, pour amener et pour affermir le règne des lois. Il n'a rien de commun avec l'arbitraire ; ce ne sont point les passions particulières qui doivent le diriger, mais l'intérêt public.
Il doit se rapprocher des principes ordinaires et généraux, dans tous les cas où ils peuvent être rigoureusement appliqués sans compromettre la liberté publique. La mesure de sa force doit être l'audace ou la perfidie des conspirateurs. Plus il est terrible aux méchants, plus il doit être favorable aux bons. Plus les circonstances lui imposent des rigueurs nécessaires, plus il doit s'abstenir des mesures qui gênent inutilement la liberté et qui froissent les intérêts privés, sans aucun avantage public.
Il doit voguer entre deux écueils, la faiblesse et la témérité, le modérantisme et l'excès ; le modérantisme, qui est à la modération ce que l'impuissance est à la chasteté, et l'excès, qui ressemble à l'énergie comme l'hydropisie à la santé."
Texte issu de Wikisource : fr.wikisource.org/

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