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samedi 5 décembre 2009

Ordre général à l'armée du Rhin

Le Maréchal Bazaine a eu une action (inaction) plus que controversée durant la guerre de 70. Le manque de clairvoyance est patent (perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine) mais c'est toujours facile lorsque l'on connaît la fin de l'histoire.
Vaincus par la famine, nous sommes contraints de subir les lois de la guerre en nous constituant prisonniers. A diverses époques de notre histoire militaire, de braves troupes commandées par Masséna, Kléber, Gouvion-Saint-Cyr, etc., ont éprouvé le même sort qui n'entache en rien l'honneur militaire quand, comme vous, on a aussi glorieusement accompli son devoir jusqu'à l'extrême limite humaine.
Tout ce qu'il était loyalement possible de faire pour éviter cette fin a été tenté et n'a pu aboutir. Quant à renouveler un suprême effort pour briser les lignes fortifiées de l'ennemi, malgré votre vaillance et le sacrifice de milliers d'existences qui peuvent encore être utiles à la Patrie, il eût été infructueux, par suite de l'armement et des forces écrasantes qui gardent et appuient ces lignes: un désastre en eût été la conséquence.
Soyons dignes dans l'adversité; respectons les conventions honorables qui ont été stipulées, si nous voulons être respectés comme nous le méritons: évitons surtout, pour la réputation de cette armée, les actes d'indiscipline, comme la destruction d'armes et de matériel, puisque d'après les usages militaires, places et armement devraient faire retour à la France lorsque la paix sera signée.
En quittant le commandement, je tiens à exprimer aux Généraux, Officier et Soldats toute ma reconnaissance pour leur loyal concours, leur brillante valeur dans les combats, leur résignation dans les privations, et c'est le cœur brisé que je me sépare de vous.
Au Grand Quartier général du Ban-Saint-Martin, le 28 octobre 1870.
Le Maréchal de France,
Commandant en chef,
Signé : BAZAINE.
Pour ampliation :
Le Général de division,
Chef d'État-major général,
L. JARRAS
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