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dimanche 22 novembre 2009

Avoir du recul par rapport à la profusion d'informations quotidiennes

Il y a quelques jours, j’entendais une conversation (tendue) sur la situation en Afghanistan. La situation se détériore-t-elle ? Chacun a sa réponse et ses arguments. Certains sont très convaincus d’avoir raison et d’avoir trouvé une solution définitive à la question de l’évolution de la situation en Afghanistan. Pour ma part, pour être très honnête, je n’en sais rien et je n’ai pas de boule de cristal. Plutôt, il reste encore un éventail d’évolutions possibles qui défieront les pronostics probables avec les informations actuelles. Nous connaitrons peut-être la réponse ou plus certainement un élément de réponse, lorsque cette guerre sera terminée. Il suffit de regarder les différences d’interprétation historique sur un même conflit pour se persuader que l’on a des difficultés à comprendre le passé et je ne parle même pas des prédictions.
Pour répondre à la question de l'évolution d'une situation, l’immense majorité des gens se fonde sur les informations des médias du court terme : quotidiens, radio, journaux télévisés, etc.
Prenons une courbe d’évolution théorique d’une situation. Il est possible de la tracer à partir d’indicateurs quantitatifs ou qualitatifs.
En bleu, la courbe correspond à l’évolution durant un temps T. Le plus souvent les médias vont décrire, ou mettre en bonne place, la situation pendant une partie t de ce temps T. L’échantillon vert apparaitra peu dans les médias car la situation est stable. Les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent presque personne, sauf lorsqu’ils sont toujours en retard. L’échantillon rouge est intéressant pour les médias, car les lecteurs ou auditeurs seront intéressés. De la place de l’auditeur ou du lecteur, il sera « informé » plus souvent des augmentations de violence que des périodes de calme (qui ne l’intéressent pas, il considère même souvent que ce n’est pas une information !). Il aura même l’impression que la situation se dégrade presque tout le temps alors qu’elle varie globalement autour d'une courbe moyenne.
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Pour s’apercevoir des variations réelles d’une situation, il faut la comparer à plusieurs autres points dans le passé et changer d’échelle, surtout lorsque l’on a la prétention de prédire l’avenir. Ainsi la même courbe d’évolution que j’ai prise en exemple prise dans un contexte plus général (11 fois l’échantillon de temps) montre que l’évolution est plus lente qu’imaginée, lorsqu'elle est contextualisée dans le temps (en vert). Vous me direz que c’est normal, celui qui lit des hebdomadaires, des mensuels et des trimestriels aura bien plus de recul vis-à-vis de l’information quotidienne.
C’est vrai. Mais, attention ! Tout est une question d’échelle et de représentation mentale ou physique. La même courbe, représentée différemment ci-dessous, nous donne une autre impression.
En résumé, pour bien comprendre une information, il est souvent utile de l'analyser, dans son contexte, selon des échelles de temps et d’espace variées. Il faut la comparer à d’autres informations dans le temps (histoire) dans l’espace (géographie), par rapport à des rivalités territoriales (géopolitiques), à des rivalités politiques (sciences politiques), etc. Les angles d'approche doivent être large et divers pour se faire une idée correcte d'une situation complexe. L'analyste (au sens large) doit se méfier de lui-même car paradoxalement, plus l'on s'informe trop souvent et mal, plus l'on est désinformé.
Et puis, les conseils de Socrate ne sont pas forcément mauvais : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ».
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Crédit Photo : US National Guard
Crédit graphiques : Blog Pour convaincre
L'échelle 11 fois T est totalement arbitraire et reste un exemple

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