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vendredi 23 octobre 2009

Les gardiens de la révolution ne décolèrent pas !

Le 18 octobre dernier, dans la province iranienne du Sistan-Balouchistan, à la frontière avec le Pakistan, un attentat frappait les gardiens de la révolution. Il aurait fait au moins 42 morts dont 6 chefs des pasdaran et 28 blessés. Les Etats-Unis (de nouveau) et la Grande Bretagne ont été accusés par Téhéran de soutenir le groupe jihadiste Joundallah qui a revendiqué l’action. Les sanctuaires de ce groupe seraient au Pakistan. L’Iran a demandé au gouvernement pakistanais de remettre les rebelles responsables de l’attentat suicide et le chargé d’affaires pakistanais a été convoqué pour recevoir une protestation officielle de Téhéran. Plusieurs suspects auraient déjà été arrêtés.
Le groupe Joundallah, qui serait dirigé par Abdel Malek Rigi, réclame plus d’autonomie pour la province, à minorité sunnite. En février 2007, il avait organisé un attentat à la voiture piégée contre un bus des pasdaran (13 morts). Il a commis un attentat (25 morts) à la voiture piégée contre une mosquée chiite de Zahedan, chef lieu de la province, en mai 2009. Ce groupe pourrait être lié à Al-Qaïda et aux taliban afghans.
Comme on peut s’en douter, les pasdaran n’ont pas du tout apprécié et le risque de dérapage sécuritaire est non nul. Le général de brigade Hossein Salami a déclaré que « les éléments derrière ces attaques terroristes devaient savoir que nous [pasdaran] allions les traquer maisons par maisons et que nous allions les punir pour leur acte honteux et diabolique. », lors des funérailles du générak General Rajabali Mohammad Zadeh, commandant les pasdaran du Sistan-Balouchistan. Le général de brigade Mohammad Pakpour, le 20 octobre, aurait demandé au gouvernement l’autorisation d’attaquer les bastions de Joundallah au Pakistan. Déjà, le 19 octobre, le major général Mohammad Ali Jafari, commandant les pasdaran, avait annoncé une riposte appropriée. Le 23 octobre, une délégation de responsables politiques et sécuritaires iraniens, menée par M. Mostafa Mohammad-Najjar, s’est rendue au Pakistan pour rencontrer des homologues.
Si le Pakistan ne réagit pas suffisamment fortement, l’Iran pourrait être tenté d’agir par ses propres moyens en territoire pakistanais (la puissante force Al-Qods ou des forces plus régulières). Dans tous les cas le gouvernement pakistanais sera sans doute obligé d’ouvrir un nouveau front contre Al-Qaida alors qu’il peine à combattre les talibans et d’autres groupes jihadistes.

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