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vendredi 16 octobre 2009

Guinea: Military Rule Must End par l'ICG

L'International Crisis group vient de publier un document sur les évènements qui secouent la Guinée. Ils ont été éclipsés par l'affaire Polanski. L'information est hiérarchisée et les grandes souffrances de certains ne (semblent?) valent pas grand chose. Je suggère de consulter le résumé qui évite de lire le rapport pour le lecteur pressé.
US DoD
Vous trouverez ci-dessous un extrait du résumé du document (voir le rapport complet en anglais)
La tuerie qui a fait au moins 160 morts parmi les manifestants, le viol de nombreuses femmes et l’arrestation de dirigeants politiques par les forces de sécurité lors d’une manifestation pacifique à Conakry le 28 septembre 2009 ont mis en évidence les dangers que représente le maintien au pouvoir des militaires pour la stabilité de la Guinée et d’une sous-région dont trois Etats fragiles commencent tout juste à se remettre de guerres civiles.
La junte, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), nie ses responsabilités pourtant évidentes et tente de gagner du temps en proposant aux partis d’opposition ce qu’elle appelle un « gouvernement d’union nationale ». Mais, alors que dans la rue, la patience vis-à-vis de la junte s’amenuise, l’instabilité risque d’augmenter à moins que les communautés internationale et nationale ne décident d’exercer une pression commune pour forcer la junte à quitter le pouvoir.
[...]
Les événements tragiques du 28 septembre soulignent la nécessité de mettre au point une stratégie de départ du pouvoir pour la junte afin de préserver la transition démocratique et d’établir les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres et équitables.
Les mesures suivantes doivent être prises :
  • La junte doit prendre en compte le fait qu’une large majorité de la population n’acceptera pas un autre régime militaire, et que sa tentative de maintien au pouvoir risque fort de plonger le pays dans une guerre civile ou dans l’anarchie. Elle doit se retirer maintenant et laisser la place à un gouvernement civil de transition qui inclue une large représentation des Forces Vives – le groupe de coordination des partis d’opposition et de la société civile – et accepter l’offre de la CEDEAO de servir de médiateur dans les négociations qui lui permettront de quitter le pouvoir dignement.
  • Les membres de la junte doivent explicitement et définitivement renoncer à tout projet de participer aux élections de quelque façon que ce soit et accepter les conditions d’un processus global de réforme du secteur de la sécurité. Cela devra inclure en tout premier lieu un retour aux casernes et l’application de mesures pour faire respecter la discipline et mettre fin à l’impunité au sein des troupes. Ces mesures seraient un premier pas vers une réforme plus globale du secteur de la sécurité qui comprendrait la professionnalisation de l’armée et la création d’une force de police civile plus efficace.
  • La médiation du président Compaoré au nom de la CEDEAO devrait s’appliquer à faire admettre au CNDD l’ultimatum électoral de l’UA et à mettre au point les conditions de départ du pouvoir des plus hauts dirigeants.
  • La CEDEAO devrait envisager l’envoi d’une mission militaire en Guinée, éventuellement conduite par des chefs d’état-major, pour déterminer les mesures à prendre pour stabiliser le pays, désarmer toutes les milices, assurer la sécurité pendant les élections et lancer un programme global de réforme du secteur de la sécurité. Cette mission pourrait également inclure un élément civil de suivi politique.
  • Le Rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires devrait envisager une mission urgente en Guinée afin d’entamer une enquête criminelle des événements du 28 septembre, tandis que d’autres partenaires internationaux devraient soutenir financièrement et politiquement les organisations guinéennes des droits de l’homme qui rassemblent sur le terrain des informations sur les crimes commis.
  • Si la junte s’obstine, la communauté internationale devrait isoler le régime en commençant par imposer des sanctions sévères et ciblées contre les membres du CNDD et leurs soutiens-clés. L’UA et les partenaires concernés tels que la France, les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) devraient simultanément offrir leur soutien aux pays voisins pour la mise en place de sanctions et la préparation, avec les forces de la CEDEAO, d’une intervention militaire régionale rapide si jamais la Guinée devait connaître de nouvelles violences.
Ajout : Selon l'AFP, "Inquiète d'une escalade de la violence à Conakry où la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader, la France a demandé à ses ressortissants résidant en Guinée de quitter le pays, à la veille de probables sanctions internationales contre la junte au pouvoir." Lire la suite.
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