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samedi 5 septembre 2009

Yemen : une pause durable dans la guerre ?

Le 4 septembre 2009, le gouvernement yéménite a annoncé qu'il allait suspendre à 18h GMT l'offensive militaire, lancée le 11 août contre les rebelles zaidites dans le nord du pays. Il répond ainsi à des besoins humanitaires (demande d'organisation humanitaires). Il s'agit de faire parvenir des vivres et du matériel de secours aux personnes déplacées (150 000 selon l'ONU). MSF, seule organisation médicale internationale sur place, éprouve de très nombreuses difficultés à se déplacer pour soigner les victimes. Je cite ci-dessous le point presse de l'ONU sur la situation.
Le HCR signale la poursuite de combats violents entre les forces Al Houti et les troupes gouvernementales dans le gouvernorat de Sa’ada, dans le nord du Yémen. Pour le HCR, la situation est particulièrement critique dans la ville de Sa’ada, qui est coupée du reste du monde depuis plus de deux semaines. La route d’accès à Sa’ada est très dangereuse parce que les affrontements continuent. Depuis le 12 août, Sa’ada est privée d’électricité et d’eau, selon le HCR. Les réserves alimentaires y atteignent des niveaux critiques et la situation devient invivable pour les familles, dont beaucoup ont accueilli des parents, des amis ou des voisins qui ont été déplacés à la suite de combats de rue. Le HCR ajoute qu’il n’a toujours pas accès à la province d’Al Jawf, où l’on estime à près de 4 000 le nombre de personnes déplacées cherchant refuge. Selon le HCR, 150 000 personnes ont été touchées par le conflit que connaît le Yémen, y compris celles déplacées dans le contexte les récentes hostilités.
La rébellion Al-Houthiste s'était engagée à retirer ses engins explosifs improvisés des routes et se dit prête à coopérer avec l'ONU pour l'ouverture d'un "corridor humanitaire".
Les forces gouvernementales semblent avoir enregistré de nombreux succès sur le terrain, sans pour autant être décisifs : morts de chefs rebelles, démantèlement de cellules IED, action contre les tentatives de ravitaillement, rebelles capturés et tués, etc.
Par ailleurs, une partie de la population dans la province de Saada semble s'être constituée en milices d'autodéfense pour lutter contre les rebelles qu'elle accuse de détruire l'infrastructure,de commettre des enlèvements, des sabotages et des pillages de biens publics et privés.
Cette guerre contient tous les ingrédients de la guerre de contre-insurrection : temps long, terrorisme, lutte pour le soutien populaire, réfugiés, guerre médiatique, etc. Je déplore juste qu'elle soit si peu médiatisée pour avoir des informations fiables et en tirer des enseignements.

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