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dimanche 20 septembre 2009

Police de l'Essone : le mail de la discorde ?

La police de l'Essonne, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), vient d'ouvrir une adresse électronique pour que les habitants puissent transmettre des renseignements sur des infractions dont ils auraient connaissance : police-ddsp91@interieur.gouv.fr ("Confidentialité garantie")
Cette annonce a fait l'objet des cris d'orfrai de la part de personnes, médias et organisations opposés à cette initiative. Ces réactions sont-elles justifiées ? Je ne suis par sûr.
  1. Tout d'abord, l'Essonne connaît des problèmes importants de délinquance urbaine, notamment dans le nord du département mais aussi rurale, dans le sud. Sans l'aide de la population, il me semble difficile de résoudre le problème sans recruter de nombreux policiers. C'est au-delà des moyens de l'Etat et des communes qui ont déjà fait beaucoup d'efforts en la matière. La videosurveillance a ses limites.
  2. Les mails ne constituent pas plus un appel à la délation que l'inscription d'un fait sur une main courante, le coup de téléphone d'un voisin bien intentionné ou la conversation avec un policier ou un gendarme.
  3. J'aimerai bien savoir où habitent les gens qui sont opposés à ce dispositif. Certains d'entre eux, répondent uniquement par posture morale. Il ne faut pas oublier que le dispositif peut permettre d'identifier les délinquants mais également, parmi les gens qui ont vraiment besoin de l'aide de la police, les vrais délateurs...
  4. L'Etat démocratique oblige ses citoyens à renoncer à faire justice eux-même car l'Etat doit punir sur son territoire ceux qui violent la loi. Le crime doit-il profiter aux délinquants ? La loi du silence est-elle civique ?
  5. En outre, comparer un processus pour dénoncer des actes de délinquances pourrissant la vie de populations et les dénonciations contre les juifs et/ou les résistants, sous le régime de Vichy, est profondément choquant. Tout ne se vaut pas et comparaison n'est pas raison.
  6. Néanmoins, ce type de dispositif d'information sur la population n'est valable que s'il est traité dans un dispositif d'ensemble de renseignement : recherche toutes sources, tri des informations pertinentes, interconnection avec des bases de données, cotation des sources et des informations, analyse de l'imagerie, etc. Cela demande des effectifs et des moyens qui ne seront peut-être pas au rendez-vous.
  7. Par ailleurs, cela pourrait poser quelques problèmes de libertés publiques, liés aux bases de données, qui sont normalement encadrées par la CNIL et cela pose des questions sur la confidentialité réelle des mails envoyés à la police.
En résumé, le diable est dans les détails. Il ne faut pas évacuer ce type de solutions qui demandent des moyens et des résultats (question de crédibilité). Pourquoi ne pas essayer ? Il faudra aller aux résultats et, le mail, c'est aussi de la police de proximité... Si rien n'est fait pour faire baisser significativement la délinquance dans certains territoires, un jour, les citoyens se constitueront en milices et là, l'Etat sera menacé dans ses fondements...
Des éléments juridiques sur journal d'un avocat

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2 commentaires:

  1. hé guignol, avant d'écrire de telles âneries, peux tu me dire comment envoyer un mail de façon anonyme...

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  2. @ Anonyme,
    Achetez vous un manuel de courtoisie et de politesse et un dictionnaire ! Anonyme ne signifie pas confidentiel...
    Bref, lire un texte, c'est d'abord comprendre le sens des mots.

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