Pages

lundi 31 août 2009

Une insurrection oubliée en Papouasie indonésienne

Au moins 600 militaires indonésiens supplémentaires seraient en cours de déploiement dans la province papoue d'Indonésie, pour soutenir les policiers et les gardes privés chargés de protéger les installations minières de la firme américaine Freeport-McMoRan Copper & Gold Inc. Cette dernière exploite la mine de Grasberg qui est une des plus grandes réserves mondiales de cuivre (40% des réserves de la firme pour environ 100 milliards d'euros) et la plus grande réserve d'or. Elle rapporterait annuellement 1 milliards de dollars à l'Etat indonésien, d'où son importance.
Freeport-McMoRan a récemment été la cible de nouvelle attaques de l'Armée de libération nationale de l'Organisation pour une Papouasie libre, commandée par le "général" Goliath Tabuni. Cette guérilla (terroriste pour l'Indonésie) mène une contre insurrection de faible intensité depuis presque un demi-siècle. Elle dispose de peu d'armes à feu ; certains "soldats" sont équipés seulement d'armes traditionnelles papoues ! En juillet, elle déploya son drapeau dans un de ses bastions à la frontière avec la Papouasie-Nouvelle Guinée.
Le mode d'action adopté est de lâcher des rafales sur les bus d'employés, lors d'embuscades. Ces attaques se sont multipliées les derniers semaines, sans diminuer la production minière. Le 12 août 2009, un convoi de 16 bus fut attaqué, protégé par 20 policiers, ce qui provoqua la mort de 2 hommes et 5 blessés.
Les militaires indonésiens déployés auraient principalement pour mission de protéger l'exploitation minière (lucrative) et de combattre les rebelles (plus risqué et moins lucratif). Il est difficile de croire que l'insurrection indépendantiste ait une chance d'arriver à ses fins par les armes. Néanmoins, peser sur les cours de l'or ou du cuivre est sans doute une stratégie plus payante même s'il n'ont certainement pas les moyens de la mettre en oeuvre efficacement à court terme.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire