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vendredi 7 août 2009

La guerre hors limites : nouvelle martingale pour jeu stratégique

Chapitre V
Le chapitre ente rapidement dans le vif du sujet. Qui a vu la guerre de demain ? Personne. Liang et Xiangsui constatent que la guerre préparée ou la dernière guerre n'est pas la guerre future. Ils donnent l'exemple de l'armée française entre la Première et la Seconde guerre mondiale. Fait "prémonitoire", ils font valoir que les futures guerres américaines seront différentes de "Tempête du désert" car il n'existe pas de "deuxième lapin" voulant jouer le rôle de SaddamHussein.
L'impréparation des Etats-unis à mener de nouvelles formes de conflits est relevée. Ils donnent l'exemple des 49 agences américaines chargées de la lutte antiterroriste. Le 11 septembre 2001 ne devait pas les démentir.
La guerre a pris de nouvelles formes (qui dépassent le domaine militaire) même si cela reste fondamentalement la guerre car le but ultime est d'obliger l'ennemi à satisfaire ses propres intérêts.
Les auteurs constatent que l'humanité n'a jamais "dompté" la guerre malgré le droit international qui protège interdit certaines armes, protège les prisonniers ou les civils, etc.
Mais, ce sont les grandes puissances qui fixent ces règles dont les forces non étatiques "guerrières" se soustraient à leur guise (pirates, hackers, groupes terroristes, etc.). Ce mépris des règles et des États induit une perte de légitimité des territoires reconnus par la communauté internationale. Le Califat (non cité par les auteurs) réclamé par les jihadistes est un exemple de cela. La guerre change, il y aura moins de champs de bataille, pour des batailles rangées, mais le nombre de victimes sera toujours plus important.
US GOV
La conséquence tirée est que "face à un ennemi qui méprise les règles, il n'y a certainement pas de meilleur tactique pour s'en défendre que de les transgresser aussi". Au plan tactique, c'est peut-être vrai mais cela pourrait devenir douteux au plan stratégique (Ndlr).
Les auteurs font ensuite l'éloge de la combinaison interarmes et interarmées au cours des siècles, en précisant qu'à l'avenir, il serait nécessaire de combiner des moyens militaires et non militaires pour arriver à ses fins, sur le plan tactique et stratégique (citant Machiavel).
US GOV
Ils critiquent ceux qui croient que la guerre c'est tuer et seulement disposer de troupes impressionnantes sur un champ de bataille. Ils n'auraient rien compris. Ils soulignent également que lorsque une armée se prépare trop spécifiquement à un ennemi, elle néglige celui qui est hors de son champ de vision. Cela me semble un bon principe général qui n'a pas été démenti par la fin de la guerre froide et peut-être demain, par la fin (pause) dans les guerres de contre-insurrection.
En définitive, ce chapitre fait la promotion de la combinaison de tous les moyens à la disposition du stratège pour arriver à ses fins. C'est souvent écrit mais pas toujours appliqué. Cela se rapproche de notions comme le smart power.
Prochain chapitre : à la recherche de la règle de la victoire : porter l'épée au flanc de l'adversaire.

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