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dimanche 14 juin 2009

La Corée du nord isolée

Selon le communiqué de presse de l’ONU, le Conseil de sécurité a alourdi le 12 juin dernier le régime de sanctions en vigueur contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC), après son essai nucléaire du 25 mai dernier. Présentée par les États-Unis, la France, le Japon, la République de Corée et le Royaume-Uni, la résolution 1874 (2009), adoptée à l'unanimité, étend les mesures d'embargo sur les armes prévues par la résolution 1718 (2006) à tous les types d'armes et de matériels connexes, à l'exception des armes légères et de petit calibre. Les opérations financières, la formation, les conseils, les services ou l'assistance techniques liés à leur fourniture, à leur fabrication, à leur entretien ou à leur utilisation sont également concernés.
La résolution demande à tous les États de procéder, « dans le respect du droit international », à l'inspection dans leurs ports maritimes et aéroports, des chargements à destination et en provenance de la RPDC, y compris des navires se trouvant en haute mer, « avec le consentement de l'État du pavillon ». Si ce dernier n'y consent pas, il devra ordonner au navire de se rendre dans un « port approprié et commode pour les inspections requises ».
Le Conseil appelle les États Membres à empêcher la fourniture de services financiers ou le transit par leur territoire de « tous fonds, autres actifs ou ressources économiques » susceptibles de contribuer aux programmes ou activités nucléaires ou balistiques de la RPDC, en gelant ceux-ci ou en exerçant une « surveillance renforcée ».
Novosti
Le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de créer, pour une période initiale d'un an, un groupe de sept experts au maximum chargé de suivre les directives du Comité créé en application de la résolution 1718, en vue de l'aider à s'acquitter de son mandat.

Dans la résolution condamne « avec la plus grande fermeté » l'essai nucléaire du 25 mai dernier et décide que la RPDC doit abandonner « totalement toutes armes nucléaires et tous programmes nucléaires existants, de façon vérifiable et irréversible », et cesser « immédiatement toutes les activités qui y sont liées ».

Le Conseil exige de la RPDC « qu'elle ne procède à aucun nouvel essai nucléaire ou tir recourant à la technologie des missiles balistiques ». Il décide qu’elle doit suspendre « toutes activités liées à son programme de missiles balistiques » et rétablir ses engagements en faveur d’un moratoire sur les tirs de missiles. Il exige, en outre, que la RPDC « revienne immédiatement sur l'annonce de son retrait du TNP ». Il l'engage à adhérer « au plus tôt » au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et lui demande de « reprendre les pourparlers à six immédiatement, sans conditions préalables ».
L’adoption de ce texte intervient alors que la Corée du Nord se préparerait à un nouvel essai nucléaire et à de nouveaux essais de missiles de longue portée. La Corée du nord a affirmé, le 13 juin, quelle riposterait par la guerre (la continuation de la politique par d’autres moyens) si les États-Unis ou ses alliés cherchaient à l’isoler. Elle compte poursuivre l’enrichissement de l’uranium et l’utilisation du plutonium à des fins militaires.
Cette résolution, si elle est appliquée intégralement, pourrait marquer à terme la mort du régime Nord-Coréen par asphyxie de ressources. Elle attaque directement les fondements du régime qui a lassé ses appuis chinois et russes. Une nouvelle résurgence de la violence de la part de cette démocratie populaire héréditaire stalinienne demeure fortement probable. Et, un risque de guerre interétatique n'est plus à exclure froidement.
Une comparaison entre la résolution 1718 et la 1874 par le département d'Etat américain (Press Releases: North Korea Sanctions: Resolution 1718 Versus Resolution 1874 )

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