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dimanche 28 juin 2009

Coup d'Etat au Honduras

Le président du Honduras Manuel Zelaya a été arrêté le 28 juin, peu avant l'aube, par des militaires qui l'ont conduit sur une base de l'armée de l'air à la périphérie de la capitale Tegucigalpa. Elu en novembre 2005 pour quatre ans, le président Zelaya avait décidé de maintenir aujourd'hui un référendum, organisé malgré l'opposition de l'armée, du Congrès et de la Cour Suprême, qui l'a déclaré illégal. La population devait se prononcer sur une éventuelle révision de la Constitution, afin de permettre au président de briguer un nouveau mandat, en novembre. Il serait en exil au Costa Rica voire au Venezuela.

Le président vénézuélien Hugo Chavez et l'ancien leader cubain Fidel Castro lui ont exprimé leur soutien. Hugo chavez a qualifié cette action de "coup d'Etat troglodyte" et "d'outrage contre le peuple du Honduras et l'Amérique latine." Il a ajouté qu'il ferait tout son possible pour annuler le coup d'Etat et a mobilisé son armée.

Mme Hillary Clinton, Secrétaire d'État des États-Unis, a déclaré que l'action militaire contre Zelaya violait les préceptes de la démocratie et devait être condamné par tous". Le président des Etats-Unis, Barack Obama, s'est déclaré "profondément préoccupé" par la situation et a demandé "le respect des normes démocratiques, la primauté du droit et les fondements de la Charte démocratique interaméricaine ".

Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA) José Miguel Insulza, qui a convoqué une réunion d'urgence de son Conseil permanent pour débattre de la crise, a également condamné le coup d'état.

Ce coup d'Etat fait désordre dans une amérique latine qui semblait avoir vaincu certains de ses vieux démons. Force est de constater qu'il s'agit du premier coup d'état réussi dans cette région depuis la fin de la Guerre froide. Ce dérapage pourrait dégénérer en conflit interétatique (peu probable mais possible) si personne n'y prend garde.

Sans préjuger des évolutions, ceci pourrait constituer un bon nouveau chapitre dans Coup d'Etat, mode d'emploi d'Edward Luttwak.

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2 commentaires:

  1. Coup d'état militaire contre tentative de coup d'état présidentiel ?
    Il est vrai qu'il aurait mieux valu que le parlement ou la cour suprême le destitue plutôt que de le virer manu militari.

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  2. il a été destitué apparement, et viré dans le même mouvement.

    mad

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