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vendredi 15 mai 2009

Le rapport d'information sur la piraterie

La piraterie est un sujet de préoccupation sécuritaire dont les conséquences sont peu connues du grand public. Le 13 mai dernier, la commission de la défense nationale et des forces armées de l'Assemblée nationale a examiné le rapport d'information sur la piraterie maritime (M. Christian Ménard). Ce rapport est bien évidemment documenté et relativement synthétique. Je le conseille à ceux qui veulent se faire une idée sur ce thème. Il est possible d'y trouver la stratégie du groupe Total, des éléments sur l'organisation du renseignement français pour lutter contre la piraterie, des définitions officielles, des cartes, etc.

US DoD

Christian Ménard, rapporteur d’information. Depuis le 4 avril 2008, jour de l’attaque du voilier de croisière le Ponant, la piraterie n’a plus quitté la une des médias et chaque semaine apporte son lot de nouvelles attaques. L’opinion publique s’étonne de voir resurgir des pratiques qu’elle croyait révolues. Pourtant, la piraterie n’est pas une nouveauté puisqu’elle remonte à l’antiquité – Jules César lui-même a été pris en otage en 78 avant J. C. – et a continué au cours des siècles, suivant une courbe sinusoïdale. Au début du XIXe siècle, alors que les Barbaresques faisaient encore beaucoup de dégâts en Méditerranée, la lutte contre la piraterie a même été l’occasion pour les jeunes États-Unis d’Amérique de conduire leur première opération navale internationale.
Mais la piraterie est également un phénomène contemporain. Au début des années 2000, elle sévissait en mer de Chine et dans le détroit de Malacca et aujourd’hui même, alors que tous les projecteurs sont braqués sur le golfe d’Aden et les côtes somaliennes, une piraterie bien plus dangereuse et violente touche les installations pétrolières du golfe de Guinée et des eaux nigérianes.
Grâce à une prise de conscience précoce des enjeux et des risques, la France a joué et joue toujours un rôle de premier plan dans la lutte contre la piraterie. De l’escorte des navires du programme alimentaire mondial, le long des côtes somaliennes, jusqu’à l’engagement de la première opération navale de l’Union européenne, Atalante, notre pays a fortement contribué à la mobilisation de la communauté internationale sur ce sujet.
Au-delà de ses conséquences les plus directes – attaques, otages, rançons –, la piraterie a mis en évidence l’importance des enjeux de sûreté maritime, aux frontières de la défense et de la sécurité. Alors que 94 % du commerce mondial transitent aujourd’hui par la mer et que celle-ci constitue une formidable réserve de ressources, l’économie mondiale est désormais étroitement liée à la maîtrise du milieu marin et sous-marin. Il y a là un enjeu stratégique essentiel, souvent mal connu en France.
La piraterie est l’exemple parfait de la menace asymétrique : elle provient de formations réduites, dotées de moyens légers et peu classiques et vise de gros bateaux, civils mais aussi parfois militaires. Conduite dans le golfe d’Aden avec des moyens dérisoires et un certain degré d’amateurisme, elle a eu un impact médiatique extraordinaire et généré, à juste titre, une spectaculaire mobilisation de la communauté internationale, dans un relatif consensus.
La première réaction aux attaques de pirates a nécessairement été de nature militaire et navale. Pourtant, chacun s’accorde à dire que la piraterie n’est que le symptôme d’un mal beaucoup plus profond : la solution durable au problème est essentiellement politique et réside à terre, là où l’autorité des États riverains est défaillante et où la misère pousse les plus démunis à tenter d’attaquer la caravane qui croise à quelques milles de leurs côtes.
Consciente de l’importance du phénomène de la piraterie et de ses enjeux en matière de sécurité mondiale et de sûreté maritime, notre commission a décidé, le 28 mai dernier, de créer une mission d’information sur le sujet. [...]
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