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dimanche 26 avril 2009

Quelques réflexions sécuritaires parcellaires sur la grippe porcine

Le début d’épidémie ou de la pandémie de grippe porcine, l’avenir le dira, a brutalement rappelé que les maladies pouvaient tuer massivement. Ironie du monde de l’information, elle survient le lendemain de la journée pour la lutte contre le paludisme qui intéresse peu et tue beaucoup, mais pas dans les pays développés.
Les quelques réflexions suivantes sont sans doute discutables
1/La période actuelle est quelque peu propice aux pandémies
Kenneth Arrow, repris par M. Jacques Fontanel, économiste et universitaire français, dans ses cours d’économie de la défense et de la sécurité, caractérise la mondialisation. Je cite : « Il est possible de distinguer au moins cinq aspects différents de la globalisation: le commerce international, les mouvements de capitaux, la migration des peuples, la migration des biotopes exotiques (incluant les pathogènes) et la diffusion et l’homogénéisation possible des cultures et des idées de tout genre ».
La globalisation du commerce et les mouvements de capitaux sont une réalité, ce que confirme la crise. La migration des peuples est aussi une réalité depuis longtemps. L’homogénéisation des cultures est en cours même si de nombreuses résistances sont à l’œuvre et j’ai du mal à le déplorer. Et les migrations de pathogènes ? Cela existe tous les ans, pour les épidémies de grippes par exemple, mais les conséquences sécuritaires ne sont pas significatives.
On pourrait ajouter l’urbanisation qui regroupe les humains et favorise la contagion.
2/Les pandémies ont eu de graves conséquences sécuritaires et sociales
Les épidémies de grippes ont été meurtrières au XXème siècle (lire). D’autres pandémies ont eu des conséquences sécuritaires majeures au cours de l’histoire.
La peste noire (1347-1351 en Europe) causa en autres :
  • 7 millions de morts en France sur 17 millions d’habitants
  • Une pénurie de main d’œuvre qui entraina le retour en friche de certaines zones
  • Désurbanisation massive
  • Présécutions de populations et troubles à l’ordre public

La conquête de l’Amérique latine a également causé des épidémies :

Les épidémies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de diphtérie (1614), de rougeole (1618) auraient tué plus de 95% de la population indigène. Cela a précipité l’effondrement des sociétés locales et a incité les européens à développer la traite négrière pour remplacer la force de travail des indigènes. Encore une fois, on ne peut pas nier les conséquences sécuritaires.

Peste noire

3/ Une crise à prendre au sérieux sans céder à l'irrationnel

En résumé, il faut prendre au sérieux le risque de pandémie (comme le fait le Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale) dans ses dimensions sécuritaires :

  • Collectivement, par le rôle de l’État (plans et mise en œuvre) et par la cohésion du corps social
  • Individuellement, en adoptant un comportement raisonnable, en ne cédant pas à la panique et en adoptant une attitude civique

Pour être positif, la crise sanitaire actuelle devrait au moins être une bonne occasion de s’assurer de la pertinence de mesures envisagées et de les adapter.

Voire aussi :

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3 commentaires:

  1. Bonjour, pouvez vous indiqué vos sources concernant les épidémies dans les Amériques ?

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  2. Un livre disponibles sur le net ''Peste: entre épidemies et sociétés'' indique les grandes épidémies, mais je n'ai pas trouvé le taux de 95 % de pertes indiqué pour les fléaux touchant les amérindiens.

    Cordialement, Frédéric.

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  3. Les maladies concernées ne sont pas la peste. Mes sources wiki et Géopolitique des Amériques. En 1500, les Amérindiens représentent 60 à 100 millions de pers. Pour une population mondiale de 0,5 milliard. Aujourd'hui, ils représentent moins de 50 millions d'habitants pour 6,7 milliards d'ha. Les métissages sont comptés à part et amplifient me semble-t-il le mouvement (dans le décompte). Après les chiffres dépendent d'évaluations discutables, faute de recensements fiables dans les archives de cette époque.

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