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jeudi 16 avril 2009

Lutter contre la piraterie

Les États-Unis ont débuté une vaste revue de la stratégie de lutte contre la piraterie au large de la Somalie. La piraterie est un problème pour l’ensemble des nations maritimes. Environ 20 000 cargos et 5 000 pétroliers passent tous les ans dans cette zone. L’État somalien n’est pas en mesure de faire valoir sa souveraineté sur ses rivages et dans ses eaux territoriales.

US Navy

Actuellement 16 nations de l’ensemble de la planète ont déployé des navires de guerre dans la région pour lutter contre la piraterie. Ils contribuent à améliorer la situation mais la tâche est immense ! Ils font un travail exceptionnel qu'il faut reconnaître et soutenir. Le président américain a déclaré le 13 avril, à ce sujet, qu'il fallait prévenir les actes de piraterie, se préparer à les contrer et traduire les coupables en justice pour leurs crimes. Il fait suite à de nombreuses déclarations politiques similaire, à commencer par la France.
Le même jour, le chef d'un groupe de pirates, Abdi Garad, avait promis de venger la mort de ses 3 hommes tués récemment par les forces spéciales américaines. Le 15 avril, les pirates sont montés d'un cran en s'attaquant, à coup d'armes automatiques et de RPG, au Liberty sun, un bateau civil américain qui transportait 20 américains et des vivres du Programme alimentaire mondial, en représailles des opérations militaires de la semaine précédente.

US Navy

Quelles solutions sont envisageables à part payer des rançons :
  • A court terme, armer les navires comme ce fut le cas lors de périodes historiques précédentes, escorter militairement les navires marchands et prononcer un effort de renseignement sur les réseaux de piraterie
  • A moyen terme, par une puissante opération interarmées internationale sous l’égide des Nations unies, détruire les embarcations des pirates. Ensuite, pour les capturer et les juger, traquer les pirates dans leurs bastions au sol sans chercher à tenir le terrain, avec le risque de pertes collatérales à assumer (les cibles des pirates sont des civils...)
  • A long terme, aider l’État somalien à recouvrer sa souveraineté et offrir d’autres moyens de survie aux populations

Certes, rien n’est simple pour lutter contre la piraterie mais la première question à se poser est : est-elle tolérable ?

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4 commentaires:

  1. Merci pour la citation, même si je ne suis pas sûr de la mériter vraiment (lol).
    Il me reste encore à compléter la liste des attaques pour les derniers mois de 2008 et les premiers mois de 2009...
    Je n'ai trouvé par contre aucun ouvrage de référence sur le sujet, en français ou en anglais.

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  2. J'ai oublié d'en parler hier, mais je penche plutôt pour ta troisième solution, sur le long terme : la reconstruction de la Somalie. Car tout le problème vient de là : pauvreté flagrante, guerre civile qui déchir le pays depuis presque 20 ans, décomposition sociale et politique, etc.
    La première solution est effectivement applicable mais la deuxième l'est-elle vraiment ? Quelle nation pourrait monter une opération de cette ampleur ? Les Etats-Unis pourraient prendre le leadership d'une offensive multinationale, mais certains américains restent encore marqués par le syndrôme "Restore Hope" et l'échec de 1993. Et le recours à un intervenant extérieur africain (l'Ethiopie) n'a pas apporté de solution plus satisfaisante.
    A mon avis, la clé du problème pirate passe par la remise sur pied de la Somalie. Pour le coup, on est dans un cas où l'on pourrait presque parler de "revanche de la pauvreté"... j'ai bien dit presque.

    A bientôt !
    Stéphane.

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  3. La cause de la Piraterie me semble plus l'appat du gain que la pauvreté. Les bateaux qu'utilisent les pirates ne sont pas des bateaux de peche cotière. Ils sont rapides, couteux et capables d'intervenir en pleine mer. Il existe de nombreux pauvres sur la planète (c'est la majorité de l'humanité) qui ne se comportent pas ainsi et qui restent dignes. Par ailleurs, dans les pays riches, les phénomènes de crime organisé prospèrent partout où l'Etat est faible. Pour moi "offrir d'autres moyens de survie aux populations" c'est leur permettre de vivre sans être dépendant indirectement de l'argent du crime organisé. La remise sur pied de la Somalie ou de Somalies est certainement la clé du problème à long terme.
    Concernant une action de la mer contre la terre, la grande différence avec Restore hope, c'est qu'il ne serait pas nécessaire de tenir le terrain. Il s'agirait de s'attaquer aux bases des pirates par des raids. Tenir ces bases n'apporterait pas grand chose de plus car les pirates pourraient s'installer ailleurs. Après c'est une question de volonté qui ne semble pas encore d'actualité comme vous le relevez fort à propos.
    A bientot et merci pour les commentaires
    SD

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  4. Effectivement, les pirates ont bien su profiter de l'aubaine "géographique" dans laquelle ils se trouvent. Il est certain que l'on a affaire aujourd'hui à des bandes très organisées et capable de déployer des moyens relativement sophistiqués : on n'en est plus au stade des pêcheurs frustrés reconvertis.

    Concernant les solutions, effectivement une opération amphibie pour détruire les nids de pirates semble être le meilleur compromis moyens disponibles/résultats (en supposant que les Américains mènent l'opération par exemple). Si on combine l'éradication des ports pirates avec un début de reconstruction politiques d'une ou de plusieurs Somalies (comme vous le soulignez très justement), on tient la clé du problème.

    Je m'interroge tout de même sur le fait qu'on ne parle pas beaucoup, dans les médias par exemple, des deux volets, justement : l'accent répressif semble dominer (ce qui est évidemment légitime, dans le cadre du combat contre la piraterie) mais on a peut-être tendance à trop évacuer la question du règlement politique en Somalie ; mauvais souvenirs, mauvaise conscience pour certains responsables politiques occidentaux ?

    Merci en tout cas pour votre réponse et à bientôt pour de nouvelles discussions intéressantes.

    Stéphane.

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