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mardi 10 mars 2009

Védrine sur l'OTAN

M. Védrine s'est exprimé le 3 mars 2009 sur la "réintégration" de la France dans l'OTAN, à l'Assemblée nationale. Ses propos clairs et nuancés feront avancer certainement la réflexion des lecteurs de cette audition.
Audition de M. Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères, sur l’avenir de la France dans l’OTAN et la construction de l’Europe de la défense (Extrait)
M. Hubert Védrine.
Le rapport que j’ai rédigé à la demande du Président de la République – après que celui-ci m’eut garanti que ce document serait rendu public – visait à répondre à la question de savoir si la France devait apporter des changements fondamentaux à ses positions internationales. Il était divisé en deux parties : la première, sur laquelle je ne reviendrai pas ici, portait sur la mondialisation et la deuxième sur la politique étrangère et de défense. Ma conclusion était alors déjà, comme aujourd’hui, que la position occupée par la France vis-à-vis de l’OTAN était commode de tous points de vue et ne présentait pas d’inconvénients, de telle sorte qu’il n’y avait guère d’intérêt à en changer. Je le dis sans esprit de polémique : je n’ai pas changé d’avis.
J’observe tout d’abord que s’était construit au fil du temps, dans notre pays, un consensus assez large entre la droite et la gauche sur les positions que le général de Gaulle avait été dans la nécessité de prendre. De fait, bien que certains soulignent le caractère brutal de sa décision, c’est après avoir essayé sans aucun succès, durant huit ans, de 1958 à 1966, d’obtenir une modification du fonctionnement de l’Alliance atlantique et de l’OTAN dans le sens d’une meilleure écoute des alliés, et, en particulier en France, qu’il s’était finalement résigné à en sortir. Une grande interrogation demeurait : la gauche française, si elle exerçait un jour les responsabilités, respecterait-elle cette position, alors qu’elle l’avait contestée, à tort selon moi ?
Les positions prises par François Mitterrand dès avant son élection et plus clairement encore après celle-ci, ont tranché la question : à partir de 1981, la position de la France n’a pas été remise en cause et, sur la politique étrangère, une certaine synthèse – pour ne pas dire un certain syncrétisme, ou une sorte de « gaullo-mitterrandisme » – a prévalu. Ce consensus était soutenu par une grande partie de la droite et la gauche, malgré quelques contestations de part et d’autre, car il a toujours existé un courant atlantiste lié à une certaine droite française classique d’avant le gaullisme et son équivalent à gauche.
Le consensus s’est révélé le plus fort et a été respecté dans ses grandes lignes par tous les successeurs du général de Gaulle. De nombreux aménagements et accords techniques sont intervenus au fil du temps et ont permis à la France de conserver cette position particulière, tout en décidant au cas par cas par des coopérations et des missions auxquelles elle souhaitait participer au sein de l’OTAN, ce qui ne posait aucun problème.
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