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lundi 2 mars 2009

Pandémie de grippe aviaire, le plan français

Dans un précédent billet, je présentais l'OPLAN du CDC américain pour lutter contre une pandémie. La France n'est pas en reste !
Le Plan national de prévention et de lutte « Pandémie grippale » (n° 150/SGDN/PSE/PPS du 20 février 2009 qui abroge et remplace le plan national n° 40/SGDN/PSE/PPS du 9 janvier 2007) concernant une pandémie liée à la grippe aviaire (H5N1) est mis en ligne sur un site dédié, dépendant du SGDN. Il est interministériel, présente la stratégie de l’État français et les mesures à prendre jusqu’au niveau le plus bas, le citoyen. Il prend en compte les conclusions du livre blanc de la défense et de la sécurité nationale.
Pour les commentateurs et amateurs de stratégie, il me semble nécessaire de le lire car il donne un bon exemple de stratégie et d’action de l’État sur le territoire national (donc d’OPINT). Il informe également en amont tous les acteurs. Je trouve cela remarquable.

Hôpital de campagne n°45 de l’armée américaine à Aix-les-Bains, pendant la pandémie de grippe espagnole en 1918 © National Museum of Health and Medicine, Armed Forces Institute of Pathology, Washington

La stratégie générale française se décline selon les axes suivants :

  • prendre en compte, en amont, la menace de pandémie
  • aider les pays atteints par l’épizootie
  • limiter autant que possible l’épidémie à la source par une action d’assistance internationale
  • coopérer de façon privilégiée avec les Etats-membres de l’Union européenne
  • ralentir l’apparition sur le territoire national et le développement d’un nouveau virus adapté à l’homme, par des mesures de santé publique précoces et d’emblée drastiques (contrôle des frontières, limitations ou arrêt temporaire des transports, interruption des liaisons passager avec les pays concernés, etc.)
  • prendre en charge les ressortissants français à l’étranger
  • sensibiliser les professionnels de santé, les autres professionnels exposés ainsi que le public au respect des mesures de protection et d’hygiène
  • organiser et à adapter le système de santé en pandémie (création de centres de soins, maintien au domicile de malades, mobilisation du corps de réserve sanitaire, etc.)
  • organiser la continuité de l’action de l’État et de la vie sociale et économique, ainsi que le maintien de l’ordre public et du respect de la loi dans un contexte dégradé
  • organiser la communication,
  • veiller à maintenir un consensus social autour de principes éthiques
  • évaluer en permanence le degré de préparation du dispositif

Quelques commentaires sur cette stratégie :

Cette stratégie pose la question de la mise en oeuvre, inédite pour les différents ministères, qui demandera une coordination importante à grande échelle. Ceci implique l'utilisation de la décentralisation de la mise en oeuvre et de la subsidiarité.

La problématique de la conservation de la cohésion sociale est aussi au coeur de cette stratégie. La population urbaine des grandes métropoles pourra difficilement supporter, sans heurts, plusieurs semaines de régime sécuritaire et sanitaire drastique et précoce.

Cela demande donc des forces de sécurité formées à ce type d'actions contraignantes. Contraignantes pour les forces car elle devront faire appliquer des règles très strictes à leur propre population, faire face à beaucoup plus de missions, avec des effectifs entamés également par la pandémie.

En résumé, cette stratégie est ambitieuse et ne semble pas cacher grand chose. Après, il est toujours possible de faire un déni de réalité ou de prêcher la théorie du complot.

Virus de la grippe espagnole reconstitué

Hypothèses prises en compte :

La cinétique et l’impact d’une pandémie ont été modélisés par l’Institut de veille sanitaire sur la base des pandémies historiques. En l’absence d’intervention sanitaire, le bilan français pourrait s’établir à 9 à 21 millions de malades, et 91 000 à 212 000 décès en fin de pandémie (ndr la bataille de France en 40 avait tué environ 100 000 militaires français). 500 000 à un million de personnes pourraient développer des complications nécessitant leur hospitalisation.

Outre son impact sanitaire majeur, une pandémie pourrait provoquer durablement :

- une désorganisation du système de santé en raison de la saturation rapide des services de soins ;

- des difficultés graves pour certains secteurs d’activités d’importance vitale ou d’autres services essentiels au fonctionnement de la société et de l’État en période de pandémie ;

- une désorganisation de la vie sociale et économique. Une étude de la Banque mondiale évalue ainsi à 3000 milliards de dollars le coût d’une pandémie ayant la gravité de la grippe espagnole de 1918-1920.

Mesures spécifiques Défense en cas de Pandémie sur le territoire national :

  1. Rappel des réservistes de la réserve militaire opérationnelle pour assurer, en priorité le fonctionnement de la chaîne de l’organisation territoriale interarmées de défense.
  2. Restriction et contrôle sanitaire des accès aux installations de la dissuasion, aux locaux dédiés aux moyens d’intervention, aux moyens en alerte et aux centres de gestion de crises.
  3. Limitation des relèves des détachements militaires en opérations ou stationnés à l’étranger.
  4. Limitation ou arrêt des activités non indispensables (exercices, stages, missions, etc.).
  5. Règles spécifiques appliquées aux escales, aux mouvements transfrontaliers et aux exercices multinationaux.

Lire :

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1 commentaire:

  1. c est un signe de la fin des temps parmi d' autres !

    letempsdelafin.blogs.fr/

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