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jeudi 12 mars 2009

La France dans l'OTAN : M. Le maire

Pour continuer à se faire une idée sur la place de la France dans l'OTAN.
Audition de M. Bruno Le Maire, secrétaire d’État chargé des affaires européennes, sur l’avenir de la France dans l’OTAN et la construction de l’Europe de la défense .
M. Michel Voisin, président. Mes chers collègues, nous avons le plaisir d’accueillir M. Bruno Le Maire, secrétaire d’État chargé des affaires européennes, pour évoquer avec lui les relations entre la France et l’OTAN et la question de la construction de l’Europe de la défense. Je vous prie d’excuser le président Teissier qui, retenu par une autre obligation, ne peut présider cette audition.
Monsieur le secrétaire d’État, vous avez été nommé en décembre dernier, alors que s’achevaient les six mois d’une présidence française de l’Union européenne qui, chacun s’accorde à le dire, furent particulièrement positifs et constructifs pour l’Europe de la défense.
Sachant que le sujet vous tient à cœur, nous avons souhaité vous entendre sur l’évolution de la place de la France au sein de l’Alliance atlantique, qui constitue un élément déterminant pour le développement d’une politique européenne de sécurité et de défense forte et autonome, et cela à quelques semaines du Sommet de Strasbourg-Kehl qui célébrera les soixante ans de l’Alliance.
M. Bruno Le Maire, secrétaire d’État chargé des affaires européennes. Monsieur le président, chers amis, c’est pour moi un plaisir et un honneur d’intervenir devant votre commission pour évoquer avec vous la pleine intégration de la France dans l’OTAN et sa relation avec la défense européenne. Avant de répondre à vos questions sur un sujet que vous connaissez parfaitement bien, je voudrais présenter quelques remarques d’ordre général.
J’attire tout d’abord votre attention sur le fait que le contexte stratégique a changé et sur la nécessité de bien avoir présent à l’esprit le moment où la décision d’un retour dans le commandement intégré de l’OTAN est envisagée par le Président de la République. Je rappelle que si le général de Gaulle a décidé en 1966 le retrait de la France du commandement militaire intégré, c’était pour que notre pays retrouve le plein exercice de sa souveraineté sur son territoire, notamment en n’ayant pas de troupes américaines sur le sol français et en interdisant le survol automatique de celui-ci par des troupes étrangères. Dans le même temps, dans le courrier qu’il adressait au Président américain, il rappelait l’attachement de la France à l’Alliance atlantique. Cette décision a été prise à un moment où les relations entre le bloc soviétique et les pays occidentaux étaient en train de se dégrader. La France a choisi de se tenir à l’écart de cette dégradation, pour essayer de construire une politique étrangère originale et plus autonome vis-à-vis de ses alliés.
Le contexte stratégique est radicalement différent aujourd’hui : d’une part, l’opposition entre les blocs a disparu au profit d’un ensemble multipolaire et, d’autre part, la France participe de façon pleine et entière à l’ensemble des opérations militaires de l’OTAN, en Afghanistan comme dans les Balkans, puisqu’elle est actuellement le quatrième contributeur de troupes pour ces opérations. La question du retour de la France dans le commandement militaire intégré se pose donc dans un environnement géostratégique radicalement différent et les options qui s’offrent à la France ne sont plus les mêmes qu’auparavant.
En deuxième lieu, je tiens à faire remarquer que la poursuite et le renforcement de la politique européenne de sécurité et de défense restent une priorité absolue de la politique étrangère française et ne manqueront pas de se concrétiser au cours des années à venir, sous forme de décisions pragmatiques. Je souhaite, en tant que responsable des affaires européennes de ce gouvernement, que les progrès accomplis se poursuivent. La décision du retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l’OTAN, si elle est prise lors du sommet de Strasbourg-Kehl, devra s’accompagner d’un renforcement de la politique européenne de sécurité et de défense – c’est une priorité – et constituer un point de départ.
Depuis une dizaine d’années, la politique européenne de sécurité et de défense a connu deux accélérations majeures, dans deux champs très différents.

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