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dimanche 22 février 2009

Smart power ou la "nouvelle" diplomatie américaine

Mme Hillary Rodham Clinton, Secrétaire d’Etat américaine vient de terminer une tournée en Asie qui l’a menée au Japon, en Indonésie, en Corée du Sud et en Chine, du 16 au 22 février. Ce fut la première grande tournée du nouveau Secrétaire d’Etat.
Hillary Clinton à Jakarta (US State department)
L’Asie est donc au cœur des préoccupations de la politique extérieure américaine. Cela montre une nouvelle fois le basculement, déjà largement commenté, du « centre de gravité mondial » de l’Atlantique vers le Pacifique.
US State department
L’utilisation quotidienne du « smart power » dans les discours de la diplomatie américaine, depuis le 16 février 2009, traduit aussi le changement de politique extérieure américaine. Le concept de Joseph Nye du smart power, dont je parlais déjà le 2 janvier 2009 (voir mon billet), allie les concepts de soft power (souvent attribué à tord à la diplomatie de l’administration Clinton) et de hard power (souvent attribué à tord à la diplomatie de l’administration G.W Bush). L’usage d’une combinaison de la Force et de l’influence peut caractériser le smart power. On pourrait également parler de la politique de la « carotte et du bâton ».
Joseph Nye (crédit : Harvard Kennedy School)
Je cite Mme Clinton à Séoul, le 21 février : « Je veux utiliser une diplomatie robuste et le développement pour renforcer nos partenariats avec d’autres gouvernements et créer des réseaux collaboratifs d’individus et d’ONG, pour trouver des solutions innovantes aux problèmes globaux. C’est cela que nous appelons le smart power ».
Il est donc probable d’assister prochainement à une politique néolibérale de l’administration Obama (au sens des théories des relations internationales). Le néolibéralisme politique épouse certaines conceptions du réalisme (système international anarchique, État acteur central, État rationnel et égoïste), mais les modifie afin de mettre en évidence le rôle et l'influence des institutions internationales ou des ONG.

L'ambassadeur Kathleen Stephens et le Major-Général Frank A. Panter (U.S. Forces Korea) saluent Mme Hillary Rodham Clinton à la base aérienne de Séoul : une illustration du Smart power

Au-delà du discours, cela pourrait augurer, avec le discours du Vice-président Biden à Munich, le 7 février 2009, un changement stratégique réel des Etats-Unis vers le multilatéralisme.

Lire aussi : influence ou autorité, deux approches du pouvoir.

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1 commentaire:

  1. Du softpower au smartpower. L'ère "W" est bel et bien terminée...

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