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dimanche 15 février 2009

La guerre comme expérience intérieure (XIV) : Veillée d'armes

Veillée d’armes est le dernier chapitre et couvre les « derniers jours » de la guerre de tranchée (avant le 21 mars 1918). Jünger rappelle l’espoir de fin de la guerre que représentait cette tentative (réussie) de retour à la guerre de mouvement. Les mots de « gloire » et de « joyeuse mort au champ de bataille » sont devenus « pâles et creux » mais recouvraient alors leurs accents de 1914. « Oui, nous sommes joyeux et sûrs de la victoire ». Il décrit ensuite la mise en place des troupes chargées de l’offensive allemande. Il se pose la question de l’homme et de la machine à la guerre. « Le combat des machines est si colossal que l’homme est bien près de s’effacer devant lui ». Cependant, il constate que « seul l’homme peut orienter les machines, leur donner un sens ». Un constat qui serait actuellement d’une grande utilité aux tenants du « tout technologique » comme à ceux de « l’homme est tout » au combat. Jünger conclut sur les unités montant au front : « devant ce flot énorme qui roule sans discontinuer vers le combat, toutes les œuvres s’annihilent, tous les concepts sonnent creux lorsque se manifeste l’élémentaire, la colossale énergie qui fut et toujours sera, alors même que depuis longtemps auront disparu les humains, et les guerres avec eux ».

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