Pages

jeudi 12 février 2009

La guerre comme expérience intérieure (XI) : Entre soi

« Cela fait une éternité que je suis dans cette tranchée ». C’est ainsi que commence le chapitre « Entre soi » dans lequel Jünger décrit l’ennui, l’exiguïté de son petit morceau de tranchée, la perte des sens, la mort. Le temps semble s’être suspendu. « Cela fait trois ans que cette sentinelle [ennemie] est à la même place » même si parfois, elle est relevée ou tuée. Les individus n’ont plus d’importance seules les fonctions qu’ils occupent comptent. Jünger parle ensuite de son « amour » irrépressible, son attachement, pour ses hommes. Lorsqu’ils se pressent autour de lui dans la bataille, il essaie de sourire alors qu’il se sent, au fond, aussi perdu qu’eux.
Ensuite, il revient vers ses descriptions sensorielles du front : l’odeur de l’urine ou des cadavres, les démangeaisons dues aux poux, etc. Devant « l’horreur qui pèse sur la tranchée comme un nuage immobile », l’amertume du combattant s’aggrave avec le temps. Le problème existentiel de la mort s’ajoute à l’incompréhension entre les hommes du front et l’arrière. Un remède est de passer le temps en créant des liens avec les autres, dans la tranchée...
Prochain chapitre : Angoisse

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire