Pages

vendredi 2 janvier 2009

Soft, Hard ou smart power ?

Non l'asymétrie, si elle existe, n'est pas récente ou limitée aux niveaux tactique et opératif. A la guerre, l'ennemi accepte rarement de combattre sur un champ de bataille (unité de lieu, de temps et d'action?), sans y être obligé ou incité. L'ennemi face à une force trop importante peut également se dérober. Personne ne cherche sa propre destruction pour un effet nul sur le terrain ou sur l'ennemi. Il me semble que c'est du bon sens.
Au niveau stratégique, il en est de même. Lorsqu'une stratégie est vaine en raison de moyens disproportionnés, il est toujours possible de contourner la puissance adverse en utilisant son point faible pour appliquer sa propre force.
Un exemple valant mieux qu'un long discours, l'exemple de l'Inde, à la fin de la période coloniale britannique me semble intéressant.
Le court texte suivant (Extrait de Tibor Mende, Conversations avec Nehru, Paris, le Seuil, 1956 in Christophe Jaffrelot, New Dehli et le monde. Une puissance émergente entre realpolitik et softpower. Autrement. 2008) me parait bien résumer cette exemple de contournement efficace de la stratégie de l'adversaire (mouvement pour l'indépendance de l'Inde). Dans ce cas les moyens sont principalement non militaires. Pourquoi se l'interdire? Pourquoi s'interdire le Soft power lorsque l'on n'a pas les moyens du Hard power ?
" Nous sommes entrés en conflit avec la domination britannique et nous avons lutté contre elle. Mais, nous avons lutté non pas sur le plan militaire - nous ne pouvions pas -, nous avons lutté de manière pacifique. Pour un grand nombre de raisons, nous avons réussi. Nous sommes donc enclins à attacher moins d'importance aux solutions militaires qu'aux solutions pacifiques, sans compter que nous n'avons pas les moyens d'avoir recours à des solutions militaires."
Une question à se poser sur le long terme pour une (grande) puissance, peut-on séparer le Soft power du Hard power? La réponse est globalement non, dans le concept de Joseph Nye, qui préconise l'utilisation du Smart power, une combinaison du hard et du soft power.
Lire aussi : influence ou autorité, deux approches du pouvoir.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

1 commentaire: