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samedi 24 janvier 2009

La guerre comme expérience intérieure (VI) : Pacifisme

Le pacifisme.
Le chapitre commence ainsi : « la guerre est la plus forte rencontre des peuples ». Comment mieux résumer l’affrontement dantesque que fut la Première guerre mondiale. Pessimiste, Jünger constate qu’il n’est pas possible de se soustraire à la guerre. Cela relativise d’emblée la notion de pacifisme.
Il affirme ensuite qu’il existe deux types de pacifisme : l’idéalisme (refus de la guerre par amour des hommes) et la peur (refus de la guerre par de sa propre perte). Selon lui, l’idéalisme est estimable car cela revient à placer l’humanité au-dessus de la nation. Au contraire, la peur de perdre la vie est détestable car l’individu se place au-dessus de tout. Paraphrasant Voltaire (on dit que Dieu est toujours du côté des gros bataillons), il se demande si les « gros bataillons ne sont pas du côté de la civilisation la plus haute ». C’est pourquoi, il estime que les civilisations « avancées » doivent posséder des armées fortes pour pouvoir lutter contre la barbarie. Cette question immémoriale (civilisé contre barbare) garde tout son sens encore aujourd’hui, concernant la défense des valeurs auxquelles adhère une civilisation. Après quelques exemples historiques, il aborde ensuite le décalage entre le front et l’arrière pour les combattants. Il décrit une nouvelle fois l’horreur du champ de bataille : le corps déchiquetés, les flots de sang, etc.
Jünger raconte ensuite un épisode de fraternisation durant lequel il avait été obligé, avec ses camarades, de sortir de la tranchée en raison de pluies trop violentes. Étonné de voir sortir de terre une multitude de combattants, il décrit une sorte de résurrection de l’homme qui découvre un autre soi en l’autre, un autre combattant. Et puis, la guerre reprend ses droits, implacable, et le sang coule à nouveau…
Prochain chapitre : bravoure.

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