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dimanche 18 janvier 2009

La guerre comme expérience intérieure (V) : Eros

Eros
Dans le chapitre Eros, Jünger revient sur l’exacerbation des sens du combattant, « le péril fait resurgir des émotions déroutantes comme les rêves ». Il constate que plus la guerre durait, plus elle imposait son empreinte à la vie sexuelle. La peur et l’effroi, au centre de la vie dans la tranchée, marque le combattant qui cherche à profiter de l’instant présent aussi bien vis-à-vis de l’alcool que des femmes. Jünger, dans sa présentation de soirées bruxelloises, notamment avec des prostituées, parvient à allier le sordide au poétique : il fallait trouver « l’amour là où il se trouvait sans voile». Ainsi, la peur du lendemain « oblige » à jouir du présent. « Les guerriers et les filles, un motif qui ne date pas d’hier » est son constat. Il balaie dans ce chapitre toute forme de moralité dans l’acte sexuel, comme il l’élude dans ses descriptions du combat. L'omniprésence du danger change tout, y compris certaines valeurs, au moins momentanément. Encore une fois, l'homme est décrit dans toute sa dimension bestiale, dans laquelle la notion d'amour perd son sens. Encore une fois, la guerre tue ou façonne l’homme.
Prochain chapitre : Pacifisme

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