Pages

mercredi 31 décembre 2008

2009

Encore une nouvelle année qui s'annonce. Avec un peu d'avance, je présente mes meilleurs voeux à tous les lecteurs du blog "pour convaincre". Une pensée particulière pour tous les militaires en opérations qu'ils soient français ou de nations alliées.
A 2009.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

dimanche 28 décembre 2008

Extraits des stratégiques de l'anonyme de Byzance

Le site http://remacle.org/bloodwolf/erudits/anonymedebyzance/strategique.htm a mis en ligne des extraits du traité byzantin des Stratégiques, grâce à la numérisation de l'oeuvre par M. Marc Szwajcer.
La défense des places :
1. Lorsque l’ennemi nous menace, nous devons, en premier lieu, établir des postes et des avant-postes, allumer des feux pour servir de signaux, et organiser des tours d’observation, afin d’annoncer son approche.
2. — En second lieu, pour se mettre à l’abri de ses attaques, nous élèverons des remparts, nous construirons des fortifications avancées, et nous creuserons des fossés, de sorte que, lorsque l’ennemi arrivera, nous pourrons rassembler la multitude à l’intérieur de nos murs, ou lui fournir les moyens de gagner les hauteurs, de se retirer dans les îles, dans les cavernes, ou dans tout autre lieu capable de protéger ceux qui y chercheront un refuge.
3. — En troisième lieu, il faut occuper les positions d’où il est le plus aisé de surveiller l’ennemi, et les environner de palissades, de fossés, de chausse-trappes, de trous de loup, de piquets et d’autres défenses semblables.
4. — En quatrième lieu, lorsque l’ennemi marche contre nous et que nous sommes trop faibles pour lui résister, nous devons faire diversion, soit en soulevant contre lui les peuples voisins, comme l’a fait notre roi, soit en nous montrant disposés à attaquer son propre pays; non pas que cette attaque doive se faire réellement, quoique cela ait eu lieu plus d’une fois, mais dans le seul but de l’éloigner de notre territoire. Cet artifice a souvent réussi; ainsi, il est arrivé qu’un général voulant éloigner les ennemis, leur a envoyé, sous forme de transfuges, des prisonniers ou des esclaves avec mission de leur annoncer qu’il faisait des préparatifs pour aller attaquer leur propre pays: les ennemis quittèrent alors notre territoire pour aller défendre le leur.
5. — En cinquième lieu, lorsque nous sommes dans l’impossibilité absolue de rien opposer à l’ennemi, nous devons prendre le parti de la paix, bien qu’il en résulte pour nous quelque dommage; car de deux maux il faut choisir le moindre. C’est d’ailleurs le moyen le plus sûr de conserver ce que l’on possède : aussi doit-on préférer la paix à tout le reste.
6. — En dernier lieu, et cela est cependant le commencement et la fin de toute défense, il faut s’occuper avec le plus grand soin de tout ce qui concerne le boire et le manger, non seulement quand on est dans les camps, mais encore quand on est dans les villes.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

vendredi 26 décembre 2008

2d Radio Battalion USMC : Radio reconnaissance platoon

Un site (non officiel en anglais) à découvrir par les passionnés de guerre électronique, de marines et de forces spéciales. http://www.radioreconplt.com/
voir aussi : source wiki
Le concept est simple : une équipe légère d'appui électronique capable d'appuyer d'autres équipes des forces spéciales (2 en 1 pour faire simple). Il allie rusticité et haute technicité, tout un programme, notamment en contre insurrection (COIN)...

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

mercredi 24 décembre 2008

La guerre comme expérience intérieure (III) : Horreur

Horreur
Dans ce chapitre, Jünger montre comment le sentiment de l’horreur, combinaison de terreur et de dégoût, si souvent absent des esprits dans les sociétés évoluées resurgit. Selon lui, l’horreur est le « premier éclair de la raison » qui différencie l’homme de la bête, qui peut avoir peur ou être angoissée. Il rappelle également que l’homme et surtout l’enfant aime ce sentiment en écoutant « d’angoissantes histoires ». Il en vient naturellement à la vision du premier mort pour le combattant : « un instant inoubliable qui figeait les cœurs et les sangs en cristaux de glace roidies ». Elle se grave pour l’éternité dans le cerveau tel un fantôme. L’horreur est liée, entrelacée à la mort. Il décrit abondamment la pourriture des corps qui prend tous les sens. Certes, elle est vue (la croute noire des cheveux, les lèvres bleuies, etc.) et sentie (odeur douceâtre) mais aussi l’entendue (hurlement des blessés, gaz échappés des cadavres, etc.), touchée (« quand on marchait sur eux [les morts], les pas laissaient des traces phosphorescentes »). Pour l’auteur, l’horreur peut être atténuée par le rire mais il fait le constat pessimiste : « entre le rire et la folie, il n’y a jamais que le fil du rasoir ».
Face à l’horreur décrite crûment, l’auteur cherche à expliquer l’insoutenable de sa description : « A quoi bon ménager vos nerfs ? […] Qui peut parler de guerre, qui n’a point été dans nos rangs ? ».
Ce chapitre décrit avec froideur l’effroi qu’éprouve le combattant dans des guerres similaire à celle de 14-18. La mort est partout et surtout dans les têtes. Cette description me semble intéressante car elle diffère notablement d’une description héroïque de la guerre et surtout de la mort. Elle permet de mieux comprendre que beaucoup d’hommes ne se remettent jamais mentalement de ces moments.

Prochain chapitre la tranchée.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

lundi 22 décembre 2008

Stratagèmes de Polyen : Cesar (suite)

LIVRE VIII - CHAPITRE XXIII CÉSAR (suite)
VI. César, informé que Q. Cicéro, assiégé par les Gaulois, perdait courage, envoya un soldat avec un billet qu'il lui ordonna d'attacher à un javelot, et de lancer dans la place. Le soldat le fit, et les gardes des murs ayant trouvé le billet, le portèrent à Q. Cicéro qui y lut : « César à Cicéro. Courage. Attends du secours. » Peu de temps après on vit s'élever de la fumée et de la poussière, c'était César qui ravageait le pays. Il fit lever le siège, et non seulement il délivra Cicéro, mais il châtia encore les assiégeants.
VII. César, à la tête de sept mille hommes, faisait la guerre aux Gaulois. Pour faire croire qu'il avait encore moins de troupes, il fit dresser des retranchements de peu d'étendue, et, ayant choisi un lieu couvert, qui lui parut commode, il s'y cacha avec la plus grande partie de ses soldats. Quelques cavaliers sortirent des retranchements pour escarmoucher avec les Barbares qui, voyant si peu de gens, vinrent à eux en sautant. Les Romains se mirent à couvert de leurs tranchées, et les Barbares s'attachèrent à défaire la palissade. Pendant ce temps‑là le signal fut donné par la trompette, et à l'instant les gens de pied sortirent des retranchements, et César sortant de son embuscade avec la cavalerie, vint attaquer les ennemis de l'autre côté. Les Gaulois se trouvèrent enfermés au milieu, et la plupart furent tués.
VIII. César assiégeait un fort des Gaulois. Après que les Barbares eurent fait une longue résistance, il tomba une pluie si abondante, que ceux qui gardaient les murs, abandonnèrent tous leurs postes. César fit prendre les armes au même instant, et attaquant les murs, il les trouva sans défense. Il n'eut pas de peine à monter dessus, et la place fut emportée.
IX. César avait entrepris de se rendre maître de la plus grande ville des Gaulois, nommée Gergovie. Il avait devant lui Vercingétorix, roi des Gaulois, avec une armée de sa nation. Il y avait un grand fleuve qui portait bateaux, et dont le passage paraissait impossible. Les Barbares avaient du mépris pour César, et se persuadaient qu'il n'oserait passer le fleuve. Pendant la nuit, il cacha dans une forêt épaisse deux légions, qui, pendant que les Gaulois observaient César, rétablirent un ancien pont qui était vers le haut de la rivière. On l'avait rompu, mais les piles de bois étaient encore sur pied, et les traverses qui manquaient, furent coupées dans la forêt, et mises en place avec tant de promptitude, que les Romains passèrent de l'autre côté avant que les Barbares s'en fussent aperçus. Ce passage exécuté contre toute apparence, les étonna et les obligea de prendre la fuite. César fit traverser le fleuve au reste de ses troupes sur des radeaux, et apprit aux Gaulois à le craindre.
X. César assiégeait Gergovie, qui était une ville très forte, par la bonté de ses murs, et par son assiette avantageuse. Elle était bâtie dans un lieu élevé et sûr, sans hauteurs du voisinage qui la dominassent. À gauche il y avait des taillis bas et épais, qui joignaient la colline sur laquelle était la ville, à droite, c'était un précipice où il n'y avait qu'un petit sentier que les Gergoviens gardaient avec beaucoup de soin et de troupes. César prit les plus dispos de ses soldats et les plus endurcis à la fatigue, et les envoya la nuit dans les taillis. Il ne leur donna que des javelots très courts, et des dagues de peu de longueur, à cause de l'embarras des broussailles, et leur ordonna de se couler doucement dans ces taillis, non pas tout debout, mais couchés et en se traînant sur les genoux. Ces gens se traînèrent ainsi jusqu'au point du jour, au côté gauche de la colline. Au côté droit, César présenta son armée, pour y attirer les Barbares. En effet, ils s'opposèrent fortement à l'ennemi qu'ils voyaient, pendant que ceux qu'ils ne voyaient pas gagnaient la hauteur.
XI. César assiégeait Alésia, ville dès Gaules. Les Gaulois avaient rassemblé contre lui, jusqu'à deux cent mille hommes. La nuit, César fit un détachement de trois mille soldats bien armés, et de toute la cavalerie, et leur ayant fait faire le tour du camp des ennemis à droite et à gauche, leur ordonna de se montrer le lendemain à la seconde heure du jour, d'attaquer les derrières des ennemis, et de combattre vigoureusement. Au point du jour il mena le reste de ses troupes au combat. Les Barbares, fiers de leur multitude, reçurent les Romains comme en badinant. Mais quand ceux qui étaient derrière, se furent montrés, en poussant de grands cris, les Barbares environnés n'espérèrent plus de pouvoir s'échapper. Ils se troublèrent, et l'on convient qu'il y eut un très grand carnage de Gaulois.
XII. César voulant s'emparer de Dyrrachium, dont Pompée était le maître, avait peu de cavaliers, au lieu que la cavalerie des ennemis était nombreuse. Voici l'artifice dont il usa, pour donner à croire qu'il avait beaucoup de chevaux. Ayant fait monter à cheval quelque peu de cavaliers, il les fit précéder par trois compagnies d’infanterie, qui n'avaient d'autre ordre, sinon d'exciter, en traînant les pieds, le plus de poussière qu'ils pourraient. Les nuages qui s'en élevèrent, firent croire aux ennemis que César avait un corps considérable de cavalerie. La peur les saisit, et ils prirent la fuite.
XIII. César se retirait avec son armée par un chemin étroit. Il avait à sa gauche un marais, la mer à sa droite, et les ennemis en queue. Il contenait ceux‑ci par de vigoureuses attaques et par des haltes fréquentes. La flotte de Pompée, qui le côtoyait, l'incommodait fort, en tirant sur ses troupes. Pour rendre inutiles tous les traits qu'on lançait du côté de la mer, il ordonna à ses soldats de passer leur bouclier de la main gauche à la main droite, et par ce moyen ils se trouvèrent à couvert du côté de la flotte ennemie.
XIV. Pendant que César et Pompée étaient en Thessalie, celui‑ci, qui était dans l'abondance de toutes choses, évitait de combattre tandis que César avait impatience d'en venir à une action décisive. Pour exciter les ennemis à se déterminer au combat, César fit semblant de décamper, comme pour aller aux vivres, et mit ses troupes en marche. Celles de Pompée prenant cela pour une fuite, méprisèrent l'armée de César, et ne pouvant plus se modérer, elles s'avancèrent et forcèrent Pompée à les emmener au combat. Quand César les vit en mouvement, il les attira dans une plaine, et ayant fait volte‑face, en ce lieu, il donna une bataille fameuse, dont le succès lui fut glorieux, par une victoire complète.
XV. Les soldats de César, ennuyés de porter les armes, se soulevèrent, et demandèrent leur congé avec grand bruit. César s'avança au milieu de la multitude, avec un visage gai et une contenance assurée. Il dit : « Camarades, que demandez‑vous ? » Ils crièrent tous : « D'être congédiés. » Il répondit : « À la bonne heure, citoyens, demeurez en repos, et ne faites point de tumulte. » Ce terme de citoyens, employé par César, au lieu de celui de camarades, piqua les soldats. Ils changèrent de sentiment à l'heure même, et crièrent : « Nous aimons mieux être appelés camarades que citoyens. » César répondit en riant : « Pour redevenir camarades, faisons donc de nouveau la guerre ensemble. »
XVI. Dans une bataille contre le jeune Pompée, César voyant les soldats prendre la fuite, descendit de cheval, et s'écria : « Camarades, n'avez‑vous point de honte de m'abandonner au pouvoir des ennemis, et fuyant lâchement ? » Ce discours donna de la confusion aux fuyards ils firent volte-face, et revinrent au combat.
XVII. César voulait que ses soldats se tinssent toujours prêts à marcher, les fêtes, pendant la pluie, la nuit, le jour, à toute heure, et c'est pour cela qu'il ne marquait jamais d'avance ni le jour ni le moment.
XVIII. César faisait toujours ses irruptions à la course, afin que lés traîneurs ne pussent l'atteindre.
XIX. Quand César voyait ses soldats troublés par le bruit qui se répandait que les ennemis attendaient de nombreuses troupes, loin de le nier, il faisait encore le renfort plus considérable qu'il n'était, et disait à ses troupes, pour les animer que plus on avait d'ennemis, plus il fallait apporter de courage à les combattre.
XX. César voulait que les armes de ses soldats fussent enrichies d'or et d'argent, non seulement parce qu'elles en étaient plus belles, mais aussi parce que les voyant d'un grand prix, ils combattraient d'autant plus vivement pour ne les pas perdre.
XXI. César ne faisait pas d'attention à toutes les fautes des soldats, et les coupables, il ne les punissait pas toujours selon la rigueur des lois. Il estimait que l'indulgence dont il usait en ces rencontres, rendait les soldats plus courageux. Mais il ne pardonnait jamais de s'être révolté ni d'avoir quitté son poste.
XXII. César appelait ses soldats camarades, dans le dessein de les rendre plus courageux dans les combats, par l'honneur qu'il leur faisait de les égaler à lui.
XXIII. César ayant appris que des légions avaient été défaites dans les Gaules, jura de ne se point faire couper les cheveux, qu'il n'eût vengé la mort des Romains. Cela lui causa l'affection de tout le monde.
XXIV. César, dans une disette de grains, fit faire du pain pour ses soldats, avec une certaine plante. On donna un de ces pains à Pompée, pendant la guerre qui se faisait entre César et lui. Pompée fit cacher ce pain, pour ne pas apprendre à ses soldats jusqu'où les ennemis pouvaient pousser l'abstinence.
XXV. César étant près de donner bataille à Pompée, vers Pharsale, observa que la plupart des ennemis étaient de jeunes gens que leur beauté rendait vains. Il ordonna à ses soldats de pousser la pointe de leurs lances et de leurs javelots, non pas contre le corps des ennemis, mais contre leurs visages. Ces beaux garçons craignant d'être défigurés, prirent honteusement la fuite.
XXVI. Les soldats de César ayant reçu un échec aux environs de Dyrrachium, s'offrirent d'eux‑mêmes à être décimés. Non seulement César ne voulut point les punir, mais il les consola, et les exhorta à réparer le malheur par de nouvelles tentatives. Cela fit que dans les combats suivants, le grand nombre des ennemis ne les empêcha point de remporter la victoire.
XXVII. Pompée avait fait dénoncer comme ennemis tous ceux qui se tiendraient neutres entre César et lui. César, au contraire, déclara qu'il regarderait comme amis ceux qui ne se porteraient ni pour l'un ni pour l'autre.
XXVIII. César était en Ibérie auprès d'Ilerda. II s'était fait une trêve et pendant qu'elle durait encore, les ennemis ayant fait irruption dans ses quartiers, y tuèrent beaucoup de ses soldats, qui ne s'attendaient point à une pareille surprise. César fit renvoyer sains et saufs tous ceux qui se trouvèrent dans son camp, et cela lui fit gagner l'estime et la bienveillance des ennemis.
XXIX. César ayant vaincu Pompée à Pharsale, vit que ses troupes n'usaient pas de la victoire avec modération. Il s'écriait « Épargnez les ennemis. »
XXX. César ayant heureusement terminé toutes ses guerres, permit à chacun de ses soldats de sauver celui des ennemis qu'il voudrait. Par cette humanité il rappela tous les Romains qui lui avaient été opposés et la ville se remplit de gens qui lui devinrent affectionnés.
XXXI. César fit redresser les statues de Pompée et de Sylla, ses ennemis, que la multitude avait renversées. Cela plut extrêmement aux Romains, et lui en attira la bienveillance.
XXXII. Un Aruspice dit une fois que le sacrifice n'était pas de bon augure. César répondit : « Il le sera, quand je voudrai. » Par ce discours il rassura les soldats.
XXXIII. Une victime fut trouvée sans cœur. « Quelle merveille, dit César, qu'une bête manque de cœur ! » Ces paroles donnèrent du courage aux soldats.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

dimanche 21 décembre 2008

Stratagèmes de Polyen : Cesar (partie I)

Quelques stratagèmes du grand César.
LIVRE VIII - CHAPITRE XXIII CÉSAR
I. César étant sur mer, pour aller trouver Nicomède, fut pris sur la côte de Malée par des pirates de Cilicie, qui lui demandèrent une rançon considérable. César leur promit le double de ce qu'ils demandaient. Ils abordèrent à Milet, au- dehors des murs. César envoya dans la ville Épicrate, esclave milésien, qui était à son service, et pria par lui les Milésiens de lui prêter de l'argent. On lui envoya dans le moment tout ce qu'il demandait. Épicrate avait eu ordre en même temps de préparer un grand festin, avec une cruche pleine d'épées, et du vin mêlé de suc de Mandragore. César compta aux pirates la double rançon qu'il leur avait promise, et leur présenta le festin qui leur avait été préparé. Les pirates joyeux de voir une si grosse somme, acceptèrent le régal, et burent amplement. La quantité de vin qu'ils prirent, et la mixtion qu'il y avait, les livrèrent au sommeil. César les voyant endormis, les fit tuer, et rendit sur‑le‑champ aux Milésiens l'argent qu'ils lui avaient prêté.
II. César entrant dans les Gaules, eut les Alpes à traverser. On lui apprit que les troupes des Barbares montagnards gardaient les passages. Il étudia la nature du climat, et vit que du haut des montagnes, il descendait en bas beaucoup de rivières, qui formaient des lacs, d'une grande profondeur, desquels, à la pointe du jour, il s'élevait des brouillards fort épais. César prit ce temps même pour faire faire le tour des montagnes à la moitié de ses troupes. Le brouillard en déroba la vue aux Barbares, qui ne firent aucun mouvement. Mais quand César se trouva sur la tête des ennemis, ses troupes jetèrent de grands cris. L'autre moitié de son, armée, qui était en bas, répondit à ces cris par d'autres, et toutes les montagnes des environs en retentirent. Les Barbares furent épouvantés, et prirent la fuite. Ce fut ainsi que César traversa les Alpes sans combat.
III. César faisait la guerre aux Helvétiens. C'est une nation de la Gaule, et ils avaient fait une incursion sur les terres des Romains, au nombre de trois cent mille hommes, dont il y en avait deux cent mille qui portaient les armes. César faisait toujours retraite devant eux, à une journée de distance. Cette timidité apparente animait d'autant plus les Barbares à le poursuivre. Enfin ils arrivèrent au Rhône, et comme ils étaient sur le point de le passer, César campa auprès du fleuve. Le fleuve est rapide, et les Barbares eurent bien de la peine à le passer. Ils n'avaient encore mis que trente mille hommes de l'autre côté, et le reste ne devait passer que le jour suivant. Ceux, qui étaient passés, se reposaient de leur fatigue sur le bord du fleuve. César survint la nuit, et les ayant attaqués, les mit tous en déroute, à cause que le fleuve les empêchait et de se joindre et de faire retraite.
IV. Dans une incursion des Germains, César n'osait donner combat. Mais ayant appris que leurs devins les avaient avertis d'éviter d'en venir aux mains avant la nouvelle lune, il se hâta de faire avancer ses troupes, dans l'espérance que la superstition rendrait les Barbares moins ardents au combat. En effet, pour avoir bien pris son temps, il remporta une victoire éclatante sur les Germains.
V. César étant dans l'île de Bretagne, voulait passer un grand fleuve. Cassivellane, roi des Bretons, s'opposait au passage, avec une cavalerie nombreuse et beaucoup de chariots. César avait un très grand éléphant, animal que les Bretons n'avaient jamais vu. Il l'arma d'écailles de fer, lui mit sur le dos une grande tour garnie de gens de trait et de frondeurs, tous adroits, et le fit avancer dans le fleuve. Les Bretons furent frappés d'étonnement à l'aspect d'une bête si énorme qui leur était inconnue. Et qu'est‑il besoin de dire que leurs chevaux en furent effrayés, puisqu'on sait que parmi les Grecs même, la vue d'un éléphant nu fait fuir les chevaux. A plus forte raison ceux des Barbares ne purent supporter la vue d'un éléphant armé et chargé d'une tour d'où volaient des pierres et des traits. Bretons, chevaux, et chariots, tout cela prit la fuite, et les Romains, par le moyen de la terreur que donna un seul animal, passèrent le fleuve sans danger.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

vendredi 19 décembre 2008

La guerre comme expérience intérieure (II) : Sang

Avant-propos
Jünger énonce rapidement son idée directrice : « C’est la guerre qui a fait les hommes et des temps ce qu’ils sont ». L’homme tel qu’il est à une époque donnée est non seulement façonné par les guerres passées mais également, par les guerres qu’il mène, il façonne l’avenir. Au-delà de l’idée de progrès (technique), moteur de ce début de XXème siècle, l’homme qui croyait maitriser ainsi son avenir se retrouve brusquement pris dans un conflit dantesque, la Première guerre mondiale. Ainsi, il retrouve ses pulsions « trop longtemps endiguées par la société et ses lois ». Il se pose ensuite la question à laquelle il tente de répondre dans son ouvrage : « qu’avons-nous été pour elle [la guerre] et qu’a-t-elle été pour nous ? »
Sang (premier chapitre)
Il commence par décrire l’homme comme un vecteur de tout ce qui « fut fait et pensé avant lui » Cette idée, contenue dans la théorie des mèmes (années 1970), est une des lignes directrices du rapport de l’homme à la guerre selon l’auteur. Malgré tout ce que la société et la « chaîne sans fin des aïeux » ont construit, l’homme ne peut pas d’effacer le « bestial qui n’en dort pas moins au fond de son être ». Au combat, la bête se fait jour en se conformant à une effrayante simplicité : « anéantir l’adversaire ». La culture ne peut faire oublier deux émotions de l’individu au combat que sont l’épouvante et la soif de sang.
C’est d’abord la volonté de tuer qui pousse l’homme dans « le vertige de la lutte ». Quelles que soient les armes utilisées, finalement, le combat se termine toujours par deux hommes qui luttent pour leur existence ; il n’y aura qu’un vainqueur et qu’un vaincu. C’est après le combat ou la bataille que l’homme, blêmissant, reprend alors pleinement conscience de son comportement animal et des périls auxquels il vient d’échapper. Jünger ajoute que c’est à partir de cette limite, et seulement là, que commence la bravoure. La bravoure n’est donc pas le fait de l’inconscient qui va au combat la fleur au fusil mais bien la qualité de celui qui, ayant pris conscience de sa nature profonde et ayant connu l’effroi du combat, reprendra les armes.
Dans sa vision du combat, l’auteur ne décrit pas la guerre, politique par essence, ou la bataille, traditionnellement militaire, mais bien le combattant dans la lutte pour la vie. Nulle place pour le Droit, la pitié, la justice, la politique, la technique, la tactique ou la raison. L’auteur présente l’homme dépouillé de ses oripeaux culturels, dans toute sa brutalité. Sa vision, bien évidemment extrème, est marqué l’expérience militaire de l’individu, idéologiquement controversé et complexe, blessé 14 fois pendant la Première guerre mondiale, qui a combattu dans les troupes de choc allemandes. Un siècle plus tard, cette vision peut paraître choquante, surtout dans des sociétés qui ne connaissent plus la guerre ou plutôt le combat pour la survie. Pourtant, sous certains aspects, cela ne semble pas très éloigné d’images provenant de conflits récents : Bosnie, guerres des Grands lacs, etc. Je laisse le lecteur seul juge.
C’est donc ainsi que débute l’expérience intérieure de Jünger.
La guerre comme expérience intérieure (I) Prochain chapitre : l’horreur.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

jeudi 18 décembre 2008

Stratagèmes : Thémistocle

Polyen dans ses Stratagèmes, un recueil de textes concernant les ruses de guerre, revient sur des épisodes de l'Antiquité en mettant à l'honneur les actions de déception. Dans certains billets, je citerai quelques extraits.

LIVRE I - CHAPITRE XXX. - THÉMISTOCLE (bataille de Salamine -480)

  1. Un oracle donné aux Athéniens, portait : « Divine Salamis, tu perdras les enfants des femmes. » Les Athéniens étaient alarmés de cet oracle ; mais Thémistocle les rassura, en disant : « Il ne regarde que les ennemis ; car le dieu n'aurait point appelé Salamis divine, si elle devait faire périr les enfants des Grecs. » Dans une autre rencontre, on cherchait le sens d'un oracle qui disait : « Jupiter qui voit de tous côtés, donne un mur de bois à Minerve. » La plupart des Athéniens étaient d'avis que cela signifiait qu'il fallait fortifier la citadelle. Mais Thémistocle soutint que le sens de l'oracle était qu'il fallait confier aux galères le salut de la république, et que c'était là le mur de bois que Jupiter devait donner à la ville de Minerve. On le crut, on arma les galères, on s'en servit à combattre les ennemis, et l'on remporta la victoire.
  2. Thémistocle tenait Salamine bloquée par mer. Les Grecs étaient d'avis de se retirer, et Thémistocle voulait que le combat se donnât dans un lieu où la mer était fort resserrée. Comme on ne se rendait pas à ses raisons, il fit partir secrètement l'eunuque Sycinne, précepteur de ses deux fils, qui allant trouver de nuit le roi des Perses, lui dit, comme en confidence, que les Grecs se disposaient à prendre la fuite, et que l'occasion était favorable pour attaquer leur flotte. Le roi le crut légèrement, et attaqua les Grecs dans le détroit. La disposition du lieu contraignit les Grecs à tenir leurs galères serrées entre elles, et la sagesse de leur général leur procura la victoire malgré eux.
  3. Les Grecs, après la victoire de Salamine, proposèrent de rompre le pont de bateaux que Xerxès avait fait sur l'Hellespont, afin qu'il ne pût prendre la fuite. Thémistocle s'opposa à cette résolution, et dit : « Le roi, privé de ce moyeu de faire retraite, combattra de nouveau ; et souvent le désespoir fait obtenir des succès que le courage n'a pas donnés. » Après cela il fit passer secrètement du côté du roi un autre eunuque, nommé Arsace, qui lui dit que s'il ne prenait au plus tôt le parti de la retraite, les Grecs ne manqueraient pas de rompre le pont. Le roi craignit que cela n'arrivât ; il se hâta de prévenir les Grecs, passa le pont, et prit la fuite. Ce fut ainsi que Thémistocle trouva moyen de conserver aux Grecs, sans risque, tout l'avantage de leur victoire.

Ref : POLYEN. Ruses de guerre. dans "Commentaires" publ. par MM. Ch. Liskenne et Sauvan. Bibliothèque historique et militaire ; Anselin, 1840.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

dimanche 14 décembre 2008

La guerre comme expérience intérieure (I)

La guerre en tant qu'affrontement des masses et des Etats, ou en tant que fait politique et militaire, a largement été commentée. Le combat, c'est-à dire la lutte violente entre un ou plusieurs individus, a rarement été commenté comme l'a fait Ernst Jünger dans la guerre comme expérience intérieure. Dans son ouvrage, il revient sur son expérience de la première guerre mondiale. Non, ce n'est pas un autre Orage d'acier, autre ouvrage remarquable, de Jünger mais c'est bien la vision de la guerre par l'être humain, avec ses grandeurs, ses faiblesses et ses déchéances. Ce livre, dont la description de la violence peut paraître anachronique pour les Européens qui ont majoritairement oublié la guerre ou feint de l'oublier, permet de comprendre la culture et la barbarie européenne (cf. Edgar Morin) mais au-delà la barbarie humaine qui ne peut être dissociée du contexte culturel et historique.
Pourquoi combattre ? Certes, il existe souvent une adhésion à certaines valeurs collectives mais aussi à des valeurs intimes, tapies au plus profond de soi. En occident, ce rapport intime de l'homme à la guerre fait peur. Il terrifie car il rappelle la bestialité dont nous sommes sans doute tous capable. Ce rapport intérieur à la guerre dont nous par le Jünger n'est pas sans évoquer la notion de jihad intérieur (dont je ne suis vraiment pas un adepte), dans laquelle le combat contre l'autre est aussi un combat contre soi-même.
Je compte commenter les différents chapitres de ce livre dans plusieurs billets qui correspondront globalement aux chapitres (Sang, Horreur, La tranchée, Eros, Pacifisme, Bravoure, Lansquenets, Contraste, feu, Entre soi, Angoisse, De l'ennemi, Veillée d'armes).
Extrait d'un commentaire d'André Glucksmann (1997) :
" Ce manifeste est un texte fou mais nullement le texte d'un fou. Une histoire pleine de bruit, de fureur et de sang, la nôtre, est anticipée sans qu'il convienne d'en tenir responsables ces quelques pages ivres et hagardes, possédées par une Mauvaise Nouvelle qu'elles tentent fiévreusement d'énoncer comme Bonne. Comment, demanderez-vous, lecteurs d'aujourd'hui, ne pas s'inquiéter après coup de l'éloge du brise-tout pour qui "vivre égale mourir" ? Comment ne pas frémir face à l'apologie sulfureuse des frénétiques "dont le pas de charge disperse au vent comme feuilles d'automne toutes les valeurs de ce monde" ? Vous avez raison. Même à l'orée du XXIe siècle de telles propositions donnent la chair de poule... Certes mais les commodités faciles d'une condamnation rétrospective risquent pourtant de masquer l'ampleur d'un texte où l'avenir de la planète (pas seulement de l'Allemagne) bégaie avant de passer à l'acte. "

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

Le déni de réalité : une cause de défaite ?

Qu'est-ce que le déni ? Cet acte consiste à refuser de prendre en compte la réalité, en partie ou en totalité, en l'ignorant et en considérant que cette réalité perçue n'existe simplement pas. Le déni repose sur le plaisir et en quelque sorte l'ego. Il permet à l'être humain de supporter la réalité en la niant...
Le déni de la réalité a souvent été observé à la guerre ou en opérations. Et bien souvent, il conduit à la défaite. La cause en est souvent le mépris de l'ennemi, un Ego surdimensionné de certains responsables, la croyance dans sa propre propagande, la peur...
Quelques exemples :
  • Dien Bien Phu semble bien être un exemple de déni de réalité (ce n'est bien sur pas la seule cause). Cf. fin de ce billet.
  • Hitler, lors de la bataille de Berlin en 1945, engageait au combat face aux Soviétiques des divisions qui parfois n'existaient que sur le papier (Cf. la chute de Berlin. Anthony Beevor. 2002).
  • Le 7 avril 2003, le ministre irakien de l'information a déclaré à la télévision qu'il n'y avait aucun "soldat américain à Bagdad". Pourtant depuis 48h,les GI sont dans Bagdad, ce qui n'a pas vraiment échappé à la population et au reste du monde...
Les lecteurs de ce billet auront sans doute de nombreux exemples de ce phénomène psychologique...
Extrait d'une note du CEHD :
"Le 3 décembre 1953, le général Navarre accepte la bataille pour Diên Biên Phu. À cette date, il sait que Giap peut lui opposer au moins trois divisions complètes, plus des régiments indépendants avec toute leur logistique, soit 85 000 hommes, pendant trois mois. Malgré ces forces très supérieures aux moyens jusque-là opposés par le Viêt-minh, il reste confiant dans l’issue de la confrontation. Pourtant, moins d’un mois plus tard, il ne cache plus son pessimisme sur le résultat de la bataille. Cette opinion, qui n’est pas celle de la majeure partie des membres des différents états-majors, a été alimentée par ses services de renseignements. Ceux-ci on appris l’ordre de mobilisation générale lancé par Giap le 6 décembre. Ils savent que c’est tout le corps de bataille Viêt-minh qui se dirige vers la base aéroterrestre. Le 2ème Bureau sait aussi que Giap a décidé de faire de cette bataille l’ultime confrontation entre les deux adversaires. Le tout sur fond de négociations en cours ou annoncées à Genève.
La question n’est pas de savoir si le général Navarre connaissait les intentions Viêt-minh, mais de savoir pourquoi il n’a pas rétracté son dispositif fin décembre, alors que c’était encore possible.
De très nombreux témoins se sont montrés surpris de la violence de l’artillerie du Viêt-minh lors de l’offensive du 13 mars. Beaucoup d’éléments ont été reprochés au 2ème Bureau : la sous-estimation de la dotation des pièces en munition, leur non localisation et surtout la non détermination de leur mode d’utilisation. En fait, les capacités de la logistique du Viêt-minh étaient parfaitement suivies. Les différentes estimations du 2ème Bureau faisaient état de 15 000 obus de 105 mm en Haute région le 10 mars, dont 9000 dans la zone de la cuvette. Il connaissant aussi le nombre de pièces de 105 dont disposait la division lourde 351. Le seul point sur lequel le 2ème Bureau peut prêter le flanc aux critiques est sur le mode d’utilisation de cette artillerie. Le Viêt-minh ne s’en était encore jamais servi sur une telle échelle. Néanmoins, les SR ont su dire que la préparation avant l’assaut serait sérieuse, et que la technique de tir ferait surtout appel au tir direct. Les artilleurs Viêt-minh ne s’étant que très peu entraînés au tir indirect. Si les pièces de furent pas découvertes, c’est que les principales d’entre elles ne furent mises en position que le 9 mars, dans des abris prévus à l’avance. Sur ce point, il faut ajouter que les plans des casemates ainsi que leur localisation en contre-pente et sur les crêtes ont été annoncés par le Deuxième bureau.
Pour la campagne de Diên Biên Phu, les organes de renseignements ont donné des informations fiables au commandement. Il existe évidemment une marge d’erreur, mais qui ne peut être mise au passif des SR. Les erreurs tactiques et stratégiques furent le fait d’un commandement sans culture du renseignement qui sous-estimait chroniquement son adversaire."

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

samedi 13 décembre 2008

La seconde guerre punique vue par Polybe

L'été dernier, j'ai publié quelques billets concernant la seconde guerre punique vue par Tite-Live :

Hannibal Barca

Ayant trouvé des textes de Polybe sur le site remacle.org (mettant de nombreuses traductions à disposition), je propose d'ouvrir les liens suivants pour avoir une vision un peu différente des mêmes batailles :

Tite-Live : (Titus Livius en latin), né en 59 av. J.-C. et décédé en 17 ap. J.-C. dans sa ville natale de Padoue, est un historien de la Rome antique, auteur de la monumentale œuvre de l'Histoire romaine (Ab Urbe condita).

Polybe : né entre 210 av. J.-C. et 202 av. J.-C., à Megalopolis, (Arcadie), en Grèce, dans le Péloponnèse - mort en 126 av. J.-C., général, homme d'État, historien et théoricien politique, est sans doute le plus grand historien grec de son temps.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

vendredi 12 décembre 2008

Les poliorcétiques d'Apollodore de Damas

Les poliorcétiques d'Apollodore de Damas sont un ouvrage à lire pour les passionnés de techniques de siège. Composés pour l'empereur Adrien, les explications sur cet art de la guerre sous l'Antiquité sont très intéressantes.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

Presidential Citizen Medal : une nouvelle promotion

Le 10 décembre, lors d'une cérémonie à la Maison Blanche, quatre personnes qui ont soutenu l'armée américaine, dont deux officiers en retraite et une star de télévision, ont été parmi les 23 personnes qui ont reçu la Presidential Citizen Medal du président George W. Bush.
Le président George W. Bush a remis cette médaille à Gary Sinise pour son action en soutien des militaires américains. En effet, avec son groupe de musiciens, le Lieutenant Dan Band (Cf. Forrest Gump), ce dernier a fait des tournées pour soutenir les soldats américains en Irak et a également financé la construction d'écoles pour les enfants Irakiens. Le général en retraite Wayne A. Downing, M. Arnold Fisher et l'amiral en retraite James D. Watkins ont également été décorés.

Crédit DoD

Cette médaille a été créé le 13 Novembre 1969, afin de reconnaître les citoyens américains qui ont accompli des actes exemplaires au service de la nation.
Elle se présente sous la forme d´une médaille en forme de disque d´émail doré basé sur le sceau du président, avec l´aigle présidentiel entouré d´une couronne de lauriers. Elle est suspendue à un ruban bleu foncé avec une ligne centrale bleue claire et des coins blancs.
Au-delà du côté Show-bizz, cette médaille crée durant la guerre du Vietnam semble maintenant faire partie du lien armées-nation américain.
A quand une médaille en France pour reconnaître les actions des personnes, connues ou non, qui oeuvrent pour les troupes ou les forces civiles françaises en opérations ou pour le soutien de leurs familles ?

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

jeudi 11 décembre 2008

Le terrorisme est-il un fléau mondial?

Le 9 décembre 2008, selon M. Ban Ki Moon, Secrétaire général des Nations unies, « le terrorisme est un fléau mondial". Il a ajouté que "les carnages qu'il cause sont ignobles et moralement répréhensibles » et qu'il s'agit "d'une des principales menaces pesant sur la paix et la sécurité internationale". Il a également déclaré que « la meilleure réponse à cette idéologie corrosive et malveillante est de réaffirmer fermement la résistance collective" et que "nous devons défendre les droits de l'homme que le terrorisme viole si brutalement".
Par ces déclarations, M. Ban Ki Moon montre clairement qu'il estime que la lutte contre le terrorisme est une nécessité pour la sécurité internationale mais aussi que la fin ne justifie pas les moyens, notamment en matière de droits de l'homme.
Ainsi, la lutte contre le terrorisme serait d'abord une lutte de légitimité entre les terroristes et ceux qui les combattent. Serait-ce un nouvel avatar de la "guerre juste"?

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

mercredi 10 décembre 2008

60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (Universal Declaration of Human Rights)

Le 10 décembre 1948, les 58 Etats Membres qui constituaient alors l’Assemblée générale des Nations unies ont adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme à Paris, au Palais de Chaillot. Force est de constater que, 60 ans après, l'on est loin du compte.
Le texte :
Préambule Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.
Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l'homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l'humanité et que l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l'homme.
Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression.
Considérant qu'il est essentiel d'encourager le développement de relations amicales entre nations. Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des droits des hommes et des femmes, et qu'ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande. Considérant que les Etats Membres se sont engagés à assurer, en coopération avec l'Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Considérant qu'une conception commune de ces droits et libertés est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement. L'Assemblée Générale proclame la présente Déclaration universelle des droits de l'homme comme l'idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la société, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre national et international, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-mêmes que parmi celles des territoires placés sous leur juridiction.
Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 2
1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2.De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.
Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.
Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.
Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
Article 11
1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.
Article 12
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
Article 13
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.
Article 14
1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.
Article 16
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.
Article 17
1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.
Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.
Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Article 20
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.
Article 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.
Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.
Article 25
1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.
Article 26
1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.
Article 27
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.
Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.
Article 29
1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seule le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.
Article 30
Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

mardi 9 décembre 2008

L'hybridation de la guerre ?

Les Blogs Etudes Géopolitiques Européennes et Atlantiques et Athéna et moi, dont je suis un lecteur assidu, reviennent sur les notions de guerres régulières et irrégulières. Cette dichotomie restrictive de la guerre ne me semble pas toujours adaptée car ces « modes » ou « types » de guerre sont difficiles à définir de façon séparées et ne correspondent pas vraiment à une réalité opérationnelle souvent complexe. Je propose donc les quelques éléments de réflexion suivants.
Tout d’abord, il est possible de différencier les forces régulières, les armées, des forces irrégulières. Une armée peut être définie comme étant l’ensemble des troupes régulières d'un État. Celles-ci sont permanentes et soldées. Les forces irrégulières sont les autres combattants servant un État ou non. Actuellement, les sociétés militaires privées sont souvent des forces irrégulières de certains États (ex forces américaines en Iraq). Un autre exemple plus ancien (XVII) : le pirate et le corsaire étaient des ennemis irréguliers des États mais l’un servait un État et l’autre non.
S’il semble simple de différencier les forces régulières et irrégulières, il est plus difficile de définir une guerre régulière ou irrégulière. Ceci étant, est-ce vraiment nécessaire ? La plupart des conflits passés montrent que la guerre a deux composantes, non exclusives l’une de l’autre. L’une peut être qualifiée de régulière et l’autre d’irrégulière. Une de ces composantes est parfois négligée par l'Histoire mais généralement existe. Il est possible de trouver de nombreux exemples depuis l’avènement du système étatique westphalien (1648) dans lesquelles ces deux composantes apparaissent : la guerre d’indépendance américaine (patriotes, armées de Rochambeau et de Washington), la campagne d’Espagne napoléonienne (guérilla et armées coalisées menés par Wellington), la guerre 14-18 (combat en Europe, combats du général Paul Von Lettow-Vorbec en Afrique orientale allemande), la deuxième guerre mondiale (résistance, partisans), la guerre d’Indochine (opération Atlante, Dien Bien Phu), la guerre en Irak…
Ainsi, l’hybridation de la guerre irrégulière et de la guerre régulière ne serait-elle pas simplement une « nouvelle » évolution de la manière de faire la guerre (dans toutes ses dimensions) avec des troupes régulières et/ou irrégulières ? Cette « hybridation » implique sans doute de se préparer à la guerre probable, de penser autrement et de conceptualiser ce type de guerre.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

L'annuaire statistique de la défense 2007-2008

L’annuaire statistique de la défense a pour but de rassembler les principales données, de toutes natures, concernant la défense. Il a été élaboré par l’Observatoire économique de la défense, en collaboration avec les différents services du ministère.
  1. Le Chapitre I présente la place de la défense dans l’économie nationale.
  2. Le Chapitre II présente les principales données budgétaires.
  3. Le Chapitre III passe en revue les effectifs et abordent des données telles que les soldes ou la démographie (avec des comparaison entre les différentes armées).
  4. Le Chapitre IV aborde la structure et les activités de l’industrie de défense stricto sensu à partir des données fournies essentiellement par la délégation générale pour l’armement.
  5. Le Chapitre V compare les efforts de défense de certains pays industrialisés (Allemagne, Espagne,États-Unis, Italie et Royaume-Uni).

Ce document permet de trouver les principaux chiffres concernant la défense mais aussi de contribuer à des études statistiques à partir des quelques tableaux fournis.

A lire pour se faire une idée personnelle de la défense française.

Site du MINDEF/SGA :

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

lundi 8 décembre 2008

Le colonel Jean Deuve, résistant et spécialiste du renseignement, est décédé

Le colonel Jean Deuve, résistant et figure du renseignement Français, est décédé le 1er décembre à l'âge de 90 ans à Granville (Manche) (annonce de sa famille dans le carnet du Figaro relayée entres autres par Le monde et Theatrum-belli.com).
Officier durant la Seconde Guerre mondiale, blessé pendant la campagne de France, Jean Deuve rejoint en 1943 la Force 136, une unité des Forces spéciales britanniques en Inde chargée des opérations clandestines contre les Japonais, puis prend la tête du maquis laotien.
Après la guerre, il dirige le service de renseignement des forces francaises au Laos, puis la police nationale de ce pays. Après l’indépendance du Laos en 1954, il devient conseiller politique pour la sécurité nationale auprès du Premier ministre jusqu’en 1964. Affecté ensuite jusqu'en 1968 au poste d'attaché militaire à Tokyo, il a supervisé les services secrets français en Extrême-Orient et a terminé sa carrière en 1978 au Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece, devenu DGSE).
Jean Deuve est officier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du Mérite, commandeur de l'ordre du Million d'Éléphants et du Parasol Blanc et décoré de la Croix de guerre 39-45, de la Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures, de la Médaille de la Résistance.
Spécialiste du renseignement, il était également l'auteur d'une vingtaine de livres intéressants (au moins pour ceux que j'ai lu), originaux et bien documentés (cf. un précédent billet).

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

dimanche 7 décembre 2008

La défense stratégique (US) antimissile avance.

Le 5 décembre 2008, les forces armées américaines ont détruit un missile ennemi factice, en employant un important système de capteurs (radar en réseau). Lors d'une conférence de presse, l'Army Lt. Gen. Patrick J. O'Reilly, directeur de la Missile Defense Agency, a déclaré que ce test avait été un succés. Un missile factice tiré de Kodiak (Alaska) a été intercepté par un missile intercepteur tiré de la base de Vandenberg (Californie) environ 30 minutes plus tard.

LTG Patrick J. O'Reilly crédits : DoD.

Ce test qualifié de réaliste par le Pentagon aurait coûté entre 120 et 150 millions de dollars. 13 autres tests auraient été effectués depuis 1999 (7 auraient été couronné de succès). Au total, 100 milliards de dollars auraient été dépensés depuis 10 ans pour les programmes de défense antimissiles (officiellement les nord-coréens et iraniens). Le DoD disposerait de 24 intercepteurs basés à terre et de 21 intercepteurs basés en mer.

Les sommes engagées sont phénoménales (3 fois le budget militaire annuel de la France en 10 ans et 2 mois de coût de l'ensemble des OPEX françaises pour un seul test). Au regard des sommes engagées, nul doute que le but ultime du programme de défense antimissile n'est pas d'abattre quelques missiles en vol mais bien de développer une technologie mature permettant d'abattre tous (ou presque) les missiles intercontinentaux en vol. Cela à long terme pourrait remettre en cause l'équilibre mondial de la terreur (nucléaire), au même titre que les États proliférant.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

samedi 6 décembre 2008

Annuaire des sites de Zone militaire

L'annuaire des sites internet publié dans le site de Zone militaire est l'un des plus complets, s'agissant des sites et blogs francophones. A découvrir en même temps que cet excellent blog complet et mis à jour très régulièrement.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

vendredi 5 décembre 2008

Le Zimbabwe, la sécurité sanitaire et la sécurité alimentaire

Le 4 décembre 2008, M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU, a conversé au téléphone avec le Président sud-africain Kgalema Motlanthe de la situation au Zimbabwe, confronté à une très grave crise humanitaire et notamment à une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 500 morts. Au 1er décembre 2008, le Ministère de la Santé du Zimbabwe avait notifié au total 11 735 cas de choléra, dont 484 mortels, depuis août 2008. Le taux moyen de létalité est de 4 % mais il peut atteindre 30 % dans certaines zones isolées. Cette épidémie peut-être attribuée à la mauvaise qualité de l'eau distribuée, aux mauvaises conditions sanitaires, à l'effondrement du système de santé et à l'incapacité du gouvernement à faire face à cette situation d'urgence.
© FAO 2008
En résumé, cette catastrophe est une conséquence de la défaillance de l'Etat. Cette défaillance alliée à la "réforme agraire" du président Mugabe pourrait rapidement dégénérer en famine (la population est mal alimentée ou sous-alimentée). La situation ne cesse de se dégrader et l'épidémie de choléra ne pourrra qu'empirer les choses. Par ailleurs, l'inflation de 231 000 000 % (231 millions) par an et l'insécurité politique (cf. élections présidentielle et législatives de 2008) rendent tout espoir de règlement rapide provenant de ce qui reste de forces vives de ce pays.
Reste à espérer que l'insécurité alimentaire et sanitaire ne dégénère pas en crise sécuritaire généralisée et plus classique dont la cause, il ne faut pas être dupe, reste politique.
Note : la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire sont deux des sept composantes de la sécurité humaine.

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger

jeudi 4 décembre 2008

Un exemple de mondialisation : l'alimentation

Aujourd'hui, je propose un modeste billet sur la mondialisation de la nourriture ; un sujet de relations internationales un peu plus léger que celui de la future famine au Zimbabwe que j'aborderai prochainement je pense...
La mondialisation ne s'arrête pas à la finance. Bien au contraire ! L'exemple de l'alimentation, apparemment anodin, est souvent controversé. En première approche, le "Mac Do" et la pizza semblent avoir la palme de la diffusion des "goûts" culinaires et des réactions de type "lutte contre la malbouffe".
Or, la mondialisation alimentaire qui existe depuis plusieurs centaines d'années (au moins) a souvent été passée par "pertes et profits" des relations internationales. Les histoires de la tomate, de la pomme de terre et du mais, implantés en Europe pendant les grandes découvertes (XVI) l'illustrent. La consommation mondiale de vins de Bordeaux (un peu de chauvinisme ne peut vraiment nuire) est également un autre bon exemple.
Toutefois, pour avoir un exemple précis et intéressant, il convient d'ouvrir le lien suivant : Les influences européennes et américaines sur la cuisine japonaise par Jean-Robert PITTE Université Paris-Sorbonne

Partager ce billet:

Facebook Twitter Technorati

Blogger