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mardi 9 décembre 2008

L'hybridation de la guerre ?

Les Blogs Etudes Géopolitiques Européennes et Atlantiques et Athéna et moi, dont je suis un lecteur assidu, reviennent sur les notions de guerres régulières et irrégulières. Cette dichotomie restrictive de la guerre ne me semble pas toujours adaptée car ces « modes » ou « types » de guerre sont difficiles à définir de façon séparées et ne correspondent pas vraiment à une réalité opérationnelle souvent complexe. Je propose donc les quelques éléments de réflexion suivants.
Tout d’abord, il est possible de différencier les forces régulières, les armées, des forces irrégulières. Une armée peut être définie comme étant l’ensemble des troupes régulières d'un État. Celles-ci sont permanentes et soldées. Les forces irrégulières sont les autres combattants servant un État ou non. Actuellement, les sociétés militaires privées sont souvent des forces irrégulières de certains États (ex forces américaines en Iraq). Un autre exemple plus ancien (XVII) : le pirate et le corsaire étaient des ennemis irréguliers des États mais l’un servait un État et l’autre non.
S’il semble simple de différencier les forces régulières et irrégulières, il est plus difficile de définir une guerre régulière ou irrégulière. Ceci étant, est-ce vraiment nécessaire ? La plupart des conflits passés montrent que la guerre a deux composantes, non exclusives l’une de l’autre. L’une peut être qualifiée de régulière et l’autre d’irrégulière. Une de ces composantes est parfois négligée par l'Histoire mais généralement existe. Il est possible de trouver de nombreux exemples depuis l’avènement du système étatique westphalien (1648) dans lesquelles ces deux composantes apparaissent : la guerre d’indépendance américaine (patriotes, armées de Rochambeau et de Washington), la campagne d’Espagne napoléonienne (guérilla et armées coalisées menés par Wellington), la guerre 14-18 (combat en Europe, combats du général Paul Von Lettow-Vorbec en Afrique orientale allemande), la deuxième guerre mondiale (résistance, partisans), la guerre d’Indochine (opération Atlante, Dien Bien Phu), la guerre en Irak…
Ainsi, l’hybridation de la guerre irrégulière et de la guerre régulière ne serait-elle pas simplement une « nouvelle » évolution de la manière de faire la guerre (dans toutes ses dimensions) avec des troupes régulières et/ou irrégulières ? Cette « hybridation » implique sans doute de se préparer à la guerre probable, de penser autrement et de conceptualiser ce type de guerre.

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