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samedi 1 novembre 2008

Afghanistan : compte-rendu des députés Lamy et Lellouche

A la suite de l’embuscade survenue à Uzbine le 18 août dernier, plusieurs députés se sont rendus en Afghanistan.
Au sujet de ce fait d'arme, tout et son contraire a déjà été entendu, y compris les commentaires les plus débiles de la part de certains, émis dans l'instant, à distance et sans informations précises.
La mission des députés, représentants de la nation, est donc, selon moi, positive pour placer les débats à un niveau supérieur à celui du Café du commerce, dont malheureusement internet a été un des vecteurs.
Selon le rapport de cette mission, certains enseignements peuvent être tirés dont les suivants :
  • la guerre en Afghanistan est une guerre "à la carte" comprenant les pays qui se battent, ceux qui ne se battent pas et ceux qui font semblant;
  • aucune solution n'est envisageable au conflit sans lutte contre le trafic de stupéfiants ;
  • il existe une grande faiblesse de l'aide civile francaise en Afghanistan ;
  • l'afghanisation du conflit serait une clé de la réussite ;
  • la cohérence du dispositif militaire doit être recherchée ;
  • le moral élevé des combattants français ;
  • la nécessité de déployer des moyens de reconnaissance, de surveillance et d'appui électronique perfectionnés ;
  • l'interopérabilité avec les alliés doit être recherchée.

Lire le compte-rendu de MM. François Lamy et Pierre Lellouche

En résumé et ce n'est pas nouveau, l'Afghanistan est une guerre dure, au sein des populations, contre un ennemi redoutable.

Il est sans doute temps de penser et d'agir autrement c'est-à-dire penser le combat comme une lutte des intelligences et des volontés et non comme une lutte de moyens cumulés, une guerre de machines ou de rapports de force théoriques et abscons.

En somme, face aux logiques comptables, mécaniques et normatives, face à la tentation des solutions prédéfinies et figées, il faudrait sans doute penser à remettre à l'honneur la stratégie et la tactique.

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2 commentaires:

  1. Pour le retour de Clausewitz et de sa basique mais essentielle lutte des volonté!

    Tout un livre sans jamais parler de fusils, de tirs, de chevaux, de canons ou de régiments et de bataillons cumulés ou accumulés...

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  2. Merci pour tous ces liens utiles et sérieux ainsi que pour ces remarques personnelles frappées du coin du bon sens.
    Je pense que, parmi les pistes évoquées, nous devrions bien réfléchir à ce que nous entendons par « afghanisation »… Sans entrer dans le détail, ni nier l’évidence de créer un appareil sécuritaire efficace et reconnu là-bas, l’histoire nous enseigne la prudence face à ces solutions lorsqu’elles sont appliquées de façon trop rigide, c'est-à-dire : sur le modèle occidental. Favoriser l’émergence d’un outil militaire (et, peut-être plus important encore sur le long terme, policier) unanimement respecté par la population locale passe peut-être par une adaptation plus grande aux réalités locales (claniques, ethniques, etc.)…
    Questions partielles, je sais, et sans réponses pour l’instant.
    Bonne continuation.

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