jeudi 6 janvier 2011
Fin et suite
mardi 21 décembre 2010
Avant-dernier billet et un joyeux noël
- 850 billets
- 200 000 visites dont (70 000 via paperblog et autres sites dérivés)
- 500 000 pages vues
- 75 000 visiteurs dont 25 000 réguliers et 5 000 très réguliers
- 85% des visiteurs viennent d'Europe (principalement de France, de Belgique et de Suisse), 5% d'Amérique et 5% d'Afrique
- 10 minutes de temps moyen de lecture par billet
- un classement wikio entre 1 000 et 2 000 sur 375 000 blogs (entre 5 et 30 pour l'international)
samedi 11 décembre 2010
Les nouveaux défis stratégiques
jeudi 9 décembre 2010
Un message pour nos militaires en OPEX par Zone militaire

Déclin scientifique, déclin tout court !

dimanche 5 décembre 2010
Cafés stratégiques n°3 - Géostratégie des espaces maritimes
Pour leur troisième édition, les Cafés Stratégiques (AGS) auront le plaisir d'accueillir, le 8 décembre prochain, le professeur Hervé Coutau-Bégarie, qui viendra nous parler de géostratégie des espaces maritimes. Directeur de recherche au CID, chercheur à l'IHESS, animateur infatigable de Stratégiques et autres revues, HCB a animé, pendant un temps à lui seul, la recherche stratégique fondamentale en France. Longtemps spécialisé en stratégie navale, il est l'auteur de la référence incontournable, le Traité de stratégie. Nous l'accueillerons, comme d'habitude, au Café le Concorde, à partir de 19h00.
Venez nombreux !
samedi 4 décembre 2010
Modèles et stratégie


- Nous n'avons pas assez de modèles en stock en raison du manque de recherche sur les modèles. Pour l'instant, nous avons 4 ou 5 grands modèles de guerre (deux ou trois de guerre régulière, deux de guerre irrégulière). Parfois une "école prend le pas sur une autre" et cela tourne dans le temps au gré des évènements, des modes...ou du vent.
- Les modèles se déclinent en lois, théorèmes, principes, probabilités, etc. Plus la palette est grande, plus il est possible de trouver les outils qui permettent de répondre aux problèmes posés.
- J'ai peu vu de modèles originaux développés depuis les quelques années où je m'intéresse au sujet. Les nouveaux modèles sont souvent des recyclages parfois très intelligents. S'ils changent par rapport aux modèles en vigueur, ils ne sont pas inédits.
- Les chercheurs proposent peu de modèles. Les grandes propositions originales datent d'un demi-siècle avec l'arrivée de l'arme nucléaire. L'US Army vient d'intégrer la notion de modélisation dans sa méthode de planification, ce qui me parait une bonne avancée méthodologique pour coller à la réalité.
- Les modèles sont pris pour la réalité (une dérive fréquente) d'où quelques déceptions cuisantes car on ne peut pas tordre la réalité pour coller au modèle (mais on peut changer de modèle). On peut déduire un modèle de l'étude d'un conflit mais la réciproque est un sport difficile.
- Les modèles n'ont pas besoin systématiquement d'être prouvés tant qu'ils fonctionnent (croyances, théorèmes en maths, clés crypto, etc.). Tout ne peut être prouvé. J'ai bien peur d'attendre longtemps une réponse définitive à ce problème philosophique (déterminisme/non déterminisme) non résolu depuis au moins l'Antiquité.
- Les modèles qui sont censés être appliqués ne le sont pas toujours. L'échec n'est pas dans le modèle mais dans ce qui est fait dans la réalité. Les hommes sont alors mis en cause et il devient alors plus facile d'incriminer le modèle (ni bon, ni mauvais dans l'absolu car relatif) plutôt que son application. La doctrine US du COIN est-elle vraiment totalement mise œuvre ? L'approche globale est elle appliquée ?

vendredi 3 décembre 2010
Bouffer encore le chapeau en Côte d'Ivoire ?

BloggerCommuniqué de l'ONU 3 décembre 2010 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a félicité vendredi Alassane Ouattara pour son élection à la Présidence de la Côte d'Ivoire et a appelé le Président sortant Laurent Gbagbo, battu au second tour du scrutin, à coopérer pour permettre une transition politique en douceur."Le Secrétaire général félicite M. Alassane Ouattara du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) pour son élection et appelle le Président élu à travailler pour obtenir une paix durable, la stabilité et la réconciliation en Côte d'Ivoire", a dit son porte-parole dans une déclaration publiée à New York."Le Secrétaire général appelle le Président Laurent Gbagbo à contribuer au bien du pays et à coopérer à une transition politique en douceur dans le pays", a-t-il ajouté. "Le Secrétaire général souhaite souligner que la volonté du peuple ivoirien doit être respectée, et appelle tous les Ivoiriens à accepter le résultat certifié et à travailler ensemble dans un esprit de paix et de réconciliation pour la stabilité et la prospérité de leur pays"."Le Secrétaire général prévient que ceux qui pourraient inciter ou commettre des violences en seront tenus pour responsables", a dit encore le porte-parole.Un peu plus tôt, le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Côte d'Ivoire, YJ Choi, qui avait pour mandat de certifier les résultats définitifs du second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre, avait estimé que les résultats annoncés par le Conseil constitutionnel ivoirien et qui donnaient vainqueur le Président sortant Laurent Gbagbo « ne correspondaient pas aux faits ».Le Conseil constitutionnel ivoirien a invalidé les résultats provisoires du second tour de l'élection annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI) et a publié vendredi des résultats définitifs donnant le Président Gbagbo gagnant face à son adversaire Alassane Ouattara qui avait été déclaré vainqueur par la CEI.« Il faut noter que j'ai implicitement certifié le déroulement du second tour lors d'une conférence de presse tenue le 29 novembre 2010. Ainsi, la proclamation des résultats définitifs par le président du Conseil constitutionnel, avec l'annulation du vote dans neuf départements du nord, qui donne la victoire au candidat Laurent Gbagbo, peut seulement être interprétée comme une décision ne correspondant pas aux faits », a dit YJ Choi dans une déclaration.« La seule question qui demeure est de savoir si l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) est tenue de se plier au verdict du Conseil Constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire », a-t-il ajouté.« En tant que certificateur des élections ivoiriennes, j'ai procédé à l'évaluation et à l'analyse de tous les procès-verbaux transportés par l'ONUCI et reçus de la CEI. Même si toutes les réclamations déposées par la Majorité Présidentielle auprès du Conseil Constitutionnel étaient prises en compte en nombres de procès-verbaux, et donc de votes, le résultat du second tour de l'élection présidentielle tel que proclamé par le Président de la CEI le 2 décembre ne changerait pas, confirmant le candidat Alassane Ouattara vainqueur de l'élection présidentielle », a-t-il encore dit.Face à la situation tendue en Côte d'Ivoire, le Secrétaire général de l'ONU a eu des discussions avec plusieurs chefs d'Etat pour coordonner la réponse aux événements à la suite de l'annonce des résultats du second tour de l'élection présidentielle, a indiqué vendredi son porte-parole.Le Secrétaire général s'est notamment entretenu jeudi par téléphone avec le Président français, Nicolas Sarkozy. Vendredi matin, il a appelé le Président de l'Union africaine, Jean Ping, ainsi que le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, en tant que médiateur de l'accord de paix ivoirien.Il s'est également entretenu avec le Président du Nigéria, Goodluck Jonathan, et avec la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, la Représentante des Etats-Unis auprès des Nations Unies, Susan Rice.Il doit discuter vendredi après-midi avec la Haut représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton, a précisé son porte-parole.
jeudi 2 décembre 2010
Prix Amiral Duval décerné à Charles Bwele

lundi 29 novembre 2010
Wikileaks, envoyez la suite ?
samedi 27 novembre 2010
La guerre technologique en débats
mercredi 24 novembre 2010
Combats en Corée, le 23/11

lundi 22 novembre 2010
DAMB, le rapport du Sénat

vendredi 19 novembre 2010
Résilience, un concept délicat


jeudi 18 novembre 2010
La NSA en première ligne et nouvelle arme cyber chinoise ?

mercredi 17 novembre 2010
La politique industrielle d'armement et de défense de la Vème République

dimanche 14 novembre 2010
Moyen-Orient, coeur de crises ?
Déjà publié sur AGS
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Depuis l’antiquité, le Moyen-Orient a été le siège d’empires puissants : empires perse, babylonien, égyptien, byzantin, ottoman… Selon l’historien René Grousset, cette zone géographique s’impose depuis plusieurs millénaires comme un carrefour commercial, religieux et politique entre de grandes civilisations. C'est aussi le coeur de crises entre puissances.

La délimitation du Moyen-Orient varie selon les pays et les auteurs. Au cœur de l’arc de crises, il inclut le Proche-Orient et comprend la zone qui s’étire de la vallée égyptienne du Nil à l’Iran et de la côte turque de la Mer Noire au Golfe d’Aden. Malgré la montée en puissance de nouveaux pays comme la Chine et l’Inde et l’augmentation du trafic commercial dans le Pacifique, le Moyen-Orient est toujours un enjeu géopolitique. Paradoxalement, les trois puissances régionales sont la Turquie, Israël et l’Iran, dans cet espace majoritairement arabe.
*
1. Les ressources naturelles : un enjeu interne et externe
L’eau et les hydrocarbures sont les deux ressources naturelles cruciales pour le Moyen-Orient, en considérant leur aspect économique et sécuritaire. Les routes commerciales revêtent également une importance stratégique.
1.1. L’eau
L’eau douce est utilisée pour la consommation domestique, agricole et industrielle. Compte-tenu du climat régnant au Moyen-Orient, ce paramètre est vital pour l’ensemble de ces pays.
La répartition des réserves hydriques reste très inégale. L’antique croissant fertile (la Turquie, l’Iran, l’Irak et le Liban) concentre environ 80% des ressources d’eau douce renouvelables. Ceci a pour conséquence des disparités importantes concernant les ressources en eau. Dans les pays pauvres en eau douce, les eaux fossiles ou renouvelables sont surexploitées et le recours au dessalement, dont la moitié est effectué dans la péninsule arabique, demeure extrêmement coûteux en énergie. Cette situation a tendance à s’aggraver en raison d’une forte croissance démographique. En effet, la population de la Syrie, de l’Iran, de la Turquie, de l’Arabie Saoudite, a au moins doublé durant les 25 dernières années. Facteur aggravant, la consommation urbaine augmente aussi en raison du changement des comportements qui tendent à s’aligner sur ceux des occidentaux.
Par ailleurs, l’agriculture absorbe plus de 80% des eaux consommées. La surconsommation agricole ne profite qu’en partie à l’alimentation des populations et une concurrence s’installe entre les eaux nécessaires à l’urbanisation et les eaux à destination de l’agriculture. Au Yémen, la lucrative culture du qat, arbuste dont les feuilles ont un effet psychotrope, est responsable de la baisse des réserves d’eau alors que la moitié des enfants de moins de 5 ans sont mal nourris. La culture de ce stupéfiant n’est pas sans responsabilité dans la déstabilisation du pays. La concurrence entre les eaux à destination urbaine ou agricole et entre les cultures vivrières et non vivrières a des conséquences géopolitiques internes indéniables.
La gestion de l’eau demeure un enjeu qui se traduit par des pratiques de coopération mais surtout de confrontation. Les eaux iraquiennes et syriennes dépendent des eaux turques du Tigre et de l’Euphrate. Le projet de Güneydogu Anadolu Projesi (GAP) qui vise à l’aménagement de ces deux fleuves a provoqué des conflits parfois à la limite de l’affrontement militaire. Le remplissage du barrage Atatürk, en janvier 1990, a fait baisser le débit de l’Euphrate d’un quart. Cette situation va empirer jusqu’à la fin des travaux, en 2015, en l’absence d’accord tripartite entre la Turquie, l’Iraq et la Syrie. Par ailleurs, le bassin du Jourdain est irrigué par les territoires occupés par Israël au Liban (Ghajar, fermes de Chebaa et collines de Kafer Chouba) et en Syrie (Mont-Hermon et Golan) depuis 1967. La Cisjordanie occupée et la bande de Gaza sont placées sur les deux nappes phréatiques les plus importantes de la Palestine mandataire.
Les tensions dues à la gestion de l’eau sont réelles à l’intérieur des pays de la région et entre eux. Ces tensions s’ajoutent à celles générées par les hydrocarbures.
1.2. Les ressources en hydrocarbures
Les hydrocarbures sont des enjeux géopolitiques internes et externes car presque deux tiers des réserves mondiales actuellement exploitables sont situées au Moyen-Orient. Ils constituent la moitié des sources mondiales d’énergie.
L’argent des hydrocarbures irrigue directement ou non la région, sous forme de revenus de l’extraction, du transit ou de donations publiques ou privées. Le pétrole a permis de financer l’expansion urbaine, l’arrivée d’immigrés et la construction des infrastructures : ports, aéroports, routes, réseaux de communication, etc. 98% des habitants du Koweït sont des citadins comme 87% de ceux d’Arabie saoudite. Les agglomérations sont cosmopolites et sont parfois composées à 80% d’étrangers attirés par les revenus de l’Eldorado pétrolier. Au Koweït, 15% de la population est Indienne et 13% sont Egyptiens alors que les nationaux représentent 31% de la population. La rente pétrolière a donc d’abord un effet de transformation des caractéristiques démographiques et urbanistiques des pays.
L’exploitation, l’exportation des hydrocarbures et actuellement le développement d’une industrie pétrochimique restent des objectifs politiques et financiers pour de nombreux pays. Ils permettent aux Etats de percevoir des dividendes, parfois importantes selon les cours du pétrole. En retour, cela leur impose d’instaurer une stabilité sécuritaire avec des conséquences sur les pratiques politiques et militaires. Lors d’un discours d’inauguration du Yemen liquefied natural gasproject, le 7 novembre 2009, appuyé militairement par l’Arabie Saoudite, le président yéménite Ali Abdullah Saleh a affirmé que les combats contre la rébellion Al-Houthi, débutés depuis deux mois, iraient jusqu’à leur terme pour rétablir la sécurité et la stabilité que nécessite ce projet.
Les économies développées reposent principalement sur le pétrole pour la production d’énergie, l’agriculture, les transports et la production de matières premières. Les ressources en hydrocarbures du Moyen-Orient appartiennent à leur pays mais aussi à des compagnies pétrolières, comme Total ou Exxon, qui représentent des acteurs extérieurs puissants. Pour les Etats-Unis et l’Union européenne, la demande en pétrole moyen-oriental a tendance à baisser, pour diminuer leur dépendance envers cette région politiquement instable. Selon les chiffres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, la demande asiatique en forte croissance, en particulier de l’Inde et de la Chine compenserait largement cette baisse.
En fin de compte, le pétrole moyen-oriental reste bien un enjeu à l’échelle mondiale.
1.3. Les flux commerciaux et numériques
Les routes de tout type qui traversent le Moyen-Orient dépassent très largement leur importance locale car elles mettent en relations l’Asie, l’Europe et l’Afrique de l’Est.
L’importance des routes aériennes et terrestres demeure souvent limitée. Le Moyen-Orient représente surtout une zone importante de transit et d’escales pour le transport aérien et le transport terrestre, essentiellement routier, reste local ou régional. Les câbles sous-marins de télécommunications passent pour l’essentiel, depuis un siècle, par la Mer Rouge pour rejoindre l’Asie du sud, depuis l’Europe. L’interconnexion numérique en cours permet de rattraper le retard pris sur les liaisons transatlantiques ou « transpacifiques ». C’est un enjeu de pouvoir régional, au regard de l’isolement relatif de l’Iran à ce titre.
Les routes maritimes parmi les plus stratégiques au plan mondial passent par la région. L’importance des détroits et du canal de Suez est toujours réelle qu’il s’agisse de celui de Bab El-Mandeb, du Bosphore et des Dardanelles ou d’Ormuz. Pour s’en convaincre, un tiers de la flotte de guerre mondiale vogue dans les eaux bordant le Moyen-Orient. L’Iran menace régulièrement de bloquer les exportations de pétrole par le détroit d’Ormuz, à partir de sa base navale de Bandar Abbas. En 1987 et 1988, l'opération maritime « Cleansweep » l’Union de l’Europe occidentale a été déclenchée pour le déminer. Plus récemment, les opérations de lutte contre la piraterie, comme Atalante, et les bases françaises et américaines de Djibouti permettent de sécuriser le détroit de Bab El-Mandeb. En 1956, la crise du canal de Suez, quotidiennement emprunté par 60 navires, a démontré l’importance du canal et la perte de puissance des Européens.
Les routes pétrolières internationales empruntent les routes maritimes, des oléoducs et de gazoducs. Ces deux derniers limitent les risques politiques de passage des détroits et font généralement l’objet d’accords internationaux pour le transit des hydrocarbures. Par exemple, le pétrole kurde iraquien peut être exporté via le port de Fao, sur le Golfe persique ou via le port de Ceyhan en Turquie, ce qui permet d’avoir directement accès à la méditerranée. Depuis les années 1980, le pétrole saoudien des zones d’Al-Ghawar, situées à l’Est du pays, est en partie transporté par l’oléoduc Est-Ouest jusqu'au port de Yanbu. Cela permet d’éviter un éventuel blocus du détroit d’Ormuz, en cas de crise grave avec l’Iran.
L’eau, les hydrocarbures et les routes commerciales interrégionales représentent donc des enjeux géopolitiques internes et externes. Toutefois, ils sont intimement liés aux problèmes territoriaux palestiniens et kurdes.
*
2. Les défis des peuples sans terre
La Palestine et le Kurdistan restent des enjeux géopolitiques. Ces problèmes territoriaux, issus des partages frontaliers décidés par les occidentaux au début du XXème siècle, ont des conséquences sécuritaires indéniables sur l’ensemble de la région et sur la stabilité mondiale.
2.1. La partition de la Palestine
Le plan de partage de la Palestine de 1947 fixait la répartition des frontières entre Israël, un Etat arabe et la Transjordanie. Jérusalem, ville sainte pour les musulmans, les chrétiens et les juifs, devait être placée sous statut international. Ce plan constitue le début du problème palestinien et d’une suite de conflits armés déstabilisant cette région : guerre israélo-arabe de 1948, guerre des 6 jours (1967), septembre noir (1970), guerre du Kippour (1973), guerre civile libanaise (1975-1990), opération Cast Lead à Gaza(2008-2009), etc.
La tendance générale depuis 60 ans est une augmentation de l’emprise israélienne en Cisjordanie et un reflux de Tsahal des terres occupées depuis 1967, en dehors de la Cisjordanie. Le processus de création d’un Etat palestinien, à partir de l’Autorité palestinienne, issue du processus d’Oslo, reste erratique.
L’Autorité palestinienne, dominée par l’Organisation de libération de la Palestine, de tendance nationaliste, doit faire face aux problèmes :
- de l’occupation et de la colonisation israélienne de la Cisjordanie et de Jérusalem ;
- de l’émergence de groupes terroristes à majorité palestinienne comme Fatah Al-Islam, liés à Al-Qaïda, et de l’existence de mouvements nationalistes terroristes puissants comme le Front populaire de libération de la Palestine- Commandement général ;
- de l’instabilité politique liée à la victoire élective du Hamas, le 26 janvier 2006, puis à la guerre civile de juin 2007 entre Hamas et Fatah qui entraîna la sécession entre Gaza (1,5 million d’habitants) et de la Cisjordanie (3 millions d’habitants) ;
- de la divergence de destin des différentes populations palestiniennes hors territoire de l’autorité palestinienne : 600 000 réfugiés dans les camps de l’United Nations Relief and Works Agency, environ 4 millions de Palestiniens vivant en dehors des camps au Moyen-Orient et 1,5 million de palestiniens de nationalité israélienne.
Le « retour » de ces réfugiés, si cela reste une revendication permanente des Palestiniens, est économiquement et politiquement peu réaliste en l’état actuel des choses. Peu d’entre eux sont déjà allés à Gaza ou en Cisjordanie. Aucun plan sérieux n’a été présenté aux instances internationales qui financent l’Autorité palestinienne, pour préparer le retour de centaines de milliers de réfugiés. Les arabes israéliens sont souvent plus attachés à leur pays qu’ils ne le clament, au regard de leur soutien très modéré aux autres palestiniens.
A court terme, la complexité de la situation, la puissance conventionnelle et nucléaire israélienne et la puissance irrégulière palestinienne qui s’est exprimée lors des Intifadah (soulèvements) rendent illusoire toute solution simple à ces problèmes. Le problème de l’Etat palestinien paraît ne pouvoir être résolu à moyen terme que par un accord entre l’Etat hébreu et les Palestiniens, par une réconciliation inter-palestinienne et par des traités de paix entre Israël avec les pays arabes encore officiellement en guerre, notamment le Liban et la Syrie. A plus long terme, certains mouvements palestiniens misent sur une fécondité arabe réputée plus importante que la fécondité et l’immigration juive, pour submerger Israël par le nombre.
2.2. Les Kurdistans
La population kurde est répartie sur les territoires de la Turquie, de l’Iraq, de la Syrie, de l’Iran et de l’Arménie, depuis le traité de Lausanne de 1923 et malgré la création d’un Etat kurde par le traité de Sèvres de 1920. Presque un siècle après, le problème kurde reste un enjeu régional, notamment dans les trois grandes régions kurdes.
Le Kurdistan turc a un intérêt géopolitique indéniable en tant que château d’eau de la région (cf. 1.1) et représente un quart de la superficie de la Turquie. Le problème de la guérilla formée à partir du Parti des travailleurs kurdes et la dissolution, en 2009, du parti de la société démocratique, représentant les kurdes au parlement, montre que cette zone reste un enjeu sécuritaire et politique turc. Cette question kurde pèse également directement sur la candidature de la Turquie pour entrer dans l’Union européenne.
Le Kurdistan iranien ne représente pas une région officielle. Sa population serait d’environ 7 millions de kurdes et sa superficie est estimée à 195 000 km2, soit un peu moins que le Kurdistan turc. L’Iran fait face à des groupes terroristes kurdes dont le « Parti pour une vie libre au Kurdistan » qui s’attaque aux forces de sécurité de l’Iran. En août 2009, l’Iran a obtenu des succès tactique contre cette guérilla, sans parvenir à l’éliminer. L’intégrité territoriale de l’Iran est donc l’enjeu principal.
Le Kurdistan iraquien peut être considéré comme autonome depuis 1991, après l’opération Desert storm contre l’Iraq de Saddam Hussein. Son autonomie a été renforcée, à la suite de l’intervention américaine de 2003. Son intérêt géopolitique réside dans ses réserves d’hydrocarbures dans la région de Mossoul. Il sert aussi de base arrière aux indépendantistes kurdes des pays voisins et dispose d’une armée, les gardes régionaux kurdes, en cours d’intégration dans l’armée iraquienne. Cela lui vaut des interventions militaires frontalières de l’Iran (mai 2009) et de la Turquie (février 2008) qui pourraient, si elles s’intensifiaient, dégénérer en conflit interétatique.
En somme, la création d’un Kurdistan bouleverserait l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient, ce que ne veulent pas la Turquie et l’Iran.
*
3. Trois puissances régionales
La Turquie et l’Iran ont des traditions nationales historiquement très anciennes fondées, d’une part, sur les empires seldjoukide et ottoman et, d’autre part, sur des successions d’empires depuis les Achéménides. L’ancrage d’Israël n’est pas moins ancien malgré une discontinuité du contrôle de cette terre par les Hébreux. La particularité historique des républiques turques et iranienne est d’avoir à un moment ou l’autre de leur histoire, dominé le Moyen-Orient ainsi qu’une partie de l’Asie centrale et de l’Europe balkanique. Pour sa part, les origines - à l’horizon d’un siècle - européennes d’une grande partie de la population israélienne en font un acteur singulier dans cette région.
3.1. Israël : une puissance apparemment isolée
Israël est une puissance régionale au Moyen-Orient, ce qui est connu et qu’il n’est pas nécessaire de développer en détail dans cet article. Il reste tout de même nécessaire de garder en mémoire quelques éléments. Tout d’abord Israël est la puissance nucléaire – non déclarée – du Moyen-Orient. Au-delà des conflits régionaux, cela lui confère une place singulière qui créée une asymétrie avec ses voisins, pour la plupart plus faibles conventionnellement que l’Etat hébreux. Appeler à la destruction physique de l’Etat d’Israël, c’est appeler à sa propre destruction avec le fait nucléaire. D’ailleurs, l’Iran s’installe peu à peu dans une dialectique de dissuasion (nucléaire, conventionnelle) avec Israël, bien avant l’aboutissement d’un éventuel programme militaire nucléaire iranien.
Israël peut aussi s’appuyer sur Tsahal ; son armée est forte de 160 000 soldat (400 000 mobilisables), 2500 chars de combat, 15 navires de guerre,48 patrouilleurs, 3 sous-marins de classe Dolphin, 200 hélicoptères de combats, 900 avions de combats (liste non exhaustive et indicative)… Il ne faut pas oublier ses services secrets capables d’intervenir dans de nombreux pays.
Israël a toujours des contentieux territoriaux avec la Syrie et le Liban, pays qui ne la reconnaissent pas et la considèrent comme un ennemi dans les discours officiels. Néanmoins, il existe un cessez-le-feu surveillé par la FINUL et la FNUOD. Ces pays sont pour l’instant exclus officiellement de pourparlers de paix en Palestine. Mais, comment discuter de sécurité d'Israël en ne cherchant pas la paix sur son front nord, connaissant le nombre de Palestiniens présents dans ces pays ?
Malgré tout, Israël est moins isolé qu’il n’y parait. Ce pays est d’abord soutenu par de nombreux pays, au premier rang desquels les Etats-Unis. Il fait l’objet d’un soutien objectif, non déclaré, de la Jordanie, de l’Egypte et encore souvent de la Turquie sur de nombreux sujets. L’enjeu actuel de sa sécurité est certes lié à la Palestine mais il faut regarder vers la montée en puissance de l’Iran au plan régional.
3.2. L’Iran : la puissance en reconstruction
L’Iran offre un modèle de reconstruction d’une puissance régionale qui appuie ses actions extérieures sur la lutte contre le sionisme et surtout contre les Etats-Unis. La Révolution islamique de 1979 est d’abord une réaction à l’occidentalisation forcée du pays, sous le régime pro-américain du Chah. Malgré ses efforts, l'Iran, de population majoritairement perse et chiite, n'a jamais totalement réussi à s'imposer au Moyen-Orient, majoritairement arabe et sunnite. Deux axes actuels de sa politique régionale sont de rompre son isolement géopolitique et de se sanctuariser face aux Etats-Unis et leurs alliés.
Depuis la marginalisation internationale du pays à la suite de la révolution de 1979 et de la guerre contre l’Iraq (1980-1988), l’Iran s’est installée dans une logique obsidionale pour l'Iran qui a été confortée par le renforcement des États-Unis de leurs alliés. Ces derniers ont renforcé leur dispositif, depuis 2001, à la frontière iranienne : implantation au Qatar, guerre d'Irak, guerre d'Afghanistan, « alliance stratégique » avec le Pakistan contre Al-Qaïda, renforcement de la marine américaine dans la région (5èmeet 6ème flottes), bases de l'OTAN en Turquie, création d’une base française à Abu Dhabi...
L'Iran et les Etats-Unis n'ont pas les moyens politiques et militaires de s'affronter directement, avec des chances raisonnables de succès rapide. Ces deux pays ont donc des stratégies de confrontation indirecte s’appuyant sur des facteurs géopolitiques anciens. Au XXIème siècle, le conflit d’Iraq (2003), la guerre au Yémen entre le gouvernement de Sanaa et la rébellion zaydite du nord (2004), la guerre du Liban (2006), entre Israël et le Hezbollah, l’opération de Gaza (2009), entre le Israël et le Hamas, traduisent cet affrontement. Dans un camp, les Etats-Unis comptent sur leurs alliés égyptien, israélien, saoudien, yéménite ou jordanien. Dans l’autre camp, l’alliance hybride (étatique et non-étatique) entre l’Iran, la Syrie, le Hezbollah et le Hamas s’impose comme un contrepoids à la puissance américaine. La visite officielle du président iranien Ahmadinejad à Damas, le 25 février 2010, en présence de M. Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah libanais, et de responsables du Hamas l’illustre. L’Iran développe donc des alliances, en soutenant des résistances islamiques chiites et sunnites, pour rompre son isolement géopolitique.
Stratégiquement encerclé et soumis à des sanctions économiques internationales, l'Iran a dû trouver des palliatifs à son déficit de puissance. Il a presque intégralement développé une industrie de défense autonome : avions de chasse, drones, missiles balistiques, satellites, frégate, radars, etc. Signataire du traité de non prolifération nucléaire, l'Iran dispose du droit de développer un programme nucléaire civil. Toutefois, le développement de missiles balistiques de portée de plus en plus grande laisse penser qu'un programme nucléaire civil cacherait des applications militaires. A cela s’ajoutent les déclarations régulières du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, sur la destruction d'Israël. Elles lui permettent de s'imposer comme leader de l’antisionisme dans le monde musulman et de renforcer sa position dans le dossier « nucléaire », en usant de menaces durant les phases de négociation.
Le développement d’un programme nucléaire militaire iranien à son terme permettrait à l’Iran de peser face à deux de ses voisins dotés de la bombe atomique, le Pakistan et la Russie, - la Turquie bénéficie de la "protection" nucléaire de l'OTAN - et de se sanctuariser face à Israël et aux Etats-Unis, par la dissuasion. Cette situation, a priori régionalement et internationalement inacceptable, entraînerait un bouleversement géopolitique majeur du Moyen-Orient, voire une confrontation armée pour réduire la puissance iranienne.
3.3. La Turquie ou la puissance pivot
La Turquie possède un rôle géopolitique particulier au Moyen-Orient car elle s’impose comme une zone pivot entre l’Asie centrale, l’Europe et le monde arabe. Sa diaspora présente dans ces régions représente environ 20% de la population turque. La Turquie est l’héritière de l’empire ottoman mais également l’héritière des tribus nomades turcophones d’Asie centrale. Par sa population de 77 millions d’habitants, comme l’Iran, elle possède une économie relativement prospère et ouverte qui n’est pas fondée sur une rente. Elle tire ses principales richesses et son développement de la mondialisation. Ceci lui a permis de bénéficier de délocalisations industrielles européennes. Ce pays représente aussi un marché avec de réelles possibilités d’expansion, liées aux accords avec l’Union européenne. Son poids démographique et économique (15ème économie mondiale) attribue naturellement à la République de Turquie une importance indéniable au Moyen-Orient.
La Turquie est l’un des plus anciens et des seuls pays laïcs du Moyen-Orient. Bien que dirigé par un parti islamiste, le parti de la Justice et du Développement (AKP), son modèle politique qui s’appuie sur l’armée lui permet d’avoir des relations diplomatiques poussées avec tous les pays de la région, y compris Israël. L’armée turque, institution puissante, est en effet devenue un facteur régulateur, en raison de son appartenance au commandement intégré de l’OTAN et de son rôle de garant constitutionnel de la laïcité. Malgré un affaiblissement récent, en raison de demandes européennes, et la volonté gouvernementale de soumettre les militaires, les armées s’avèrent autant un pilier institutionnel qu’une force puissante. Leur participation aux opérations de maintien de la paix, comme à la Force intérimaire des Nations unies au Liban, de stabilisation en Afghanistan ou de coercition, dans le nord Iraquien, leur confère une réelle crédibilité régionale.
La question de Chypre reste encore sensible pour l’armée et l’opinion publique turque. C’est le seul pays à reconnaître la « République turque de Chypre-Nord ». Le rapprochement engagé avec la Grèce depuis 1999 limite les conséquences géopolitiques de ce conflit qui apparaît quelque peu anachronique et facteur d’instabilité.
A part cet exemple, la Turquie souhaite favoriser la stabilité du Moyen-Orient, sur la base des frontières reconnues et de frontières devant être délimitées. Bénéficiant de la confiance de nombreux pays, elle a servi de médiateur dans les négociations bilatérales entre la Syrie et Israël à partir de 2006. Elle développe de bonnes relations avec l’Iran, autre puissance régionale et se pose aussi en médiateur dans le dossier nucléaire iranien. Elle reste en bons termes avec tous les partis libanais et de la plupart des factions palestiniennes, ce qui lui permet de jouir d’une réelle influence au Proche-Orient. Les relations qu’elle entretient avec l’Iraq sont marquées par le problème kurde et des considérations économiques. La Turquie s’est beaucoup investie, y compris par la force, depuis 2003 pour éviter un démembrement de l’Iraq. Ankara a, par ailleurs, fourni un effort significatif pour renforcer ses liens avec de nombreux pays du Moyen-Orient, comme l’Egypte et la Jordanie.
La Turquie peut donc s’appuyer sur un très bon réseau diplomatique et sur sa force militaire pour renforcer son influence au Proche-Orient, dans différentes crises. C’est une puissance pivot entre l’Orient et l’Occident.
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Conclusion
Le Moyen-Orient reste un enjeu géopolitique majeur au XXIème siècle, comme il le fut dans les siècles précédents. Les enjeux sur les ressources vont s’amplifier avec la baisse des réserves d’eau et de pétrole, liée à l’augmentation prévisible de la population du Moyen-Orient. Les questions des peuples palestiniens et kurdes ne semblent pas avoir de solutions dans un avenir proche. Elles réclameront des années pour être résolues, même après d’éventuels accords politiques. L’émergence, à la suite d’Israël, de deux autres puissances moyen-orientales non arabes, l’Iran et la Turquie, pourrait changer les rapports de force régionaux. La conséquence pourrait être l’édification d’une véritable puissance régionale arabe et sunnite, comme l’Egypte ou l’Arabie saoudite. Ceci pourrait déclencher de nouveaux conflits, éventuellement violents, entre ces puissances régionales qui sont toutes appuyées par des acteurs extérieurs ayant des besoins énergétiques et commerciaux...
Sources chiffres : wiki et MAE
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